Interview
Tom Selleck - Blue Bloods
Depuis quatre saisons, Tom Selleck, 67 ans, a troqué la chemise hawaïenne de Thomas Magnum pour l’uniforme du chef de la police de New York dans Blue Bloods. Une occasion immanquable de revenir avec lui sur sa carrière. Un être charmant, drôle, disponible et plutôt philosophe !

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez reçu le scénario de Blue Bloods ?
TS : j’ai demandé à la production : où est-ce que vous tournez ? (rires)

Pourquoi ?
TS : je suis quelqu’un de très attaché à sa famille et à son environnement. J’adore vivre dans mon ranch et il me faut vraiment de bonnes raisons pour en sortir. Au moment de recevoir le script de Blue Bloods, je n’étais pas très enclin à refaire une série télévisée. Incarner un héros récurrent demande beaucoup d’implication… Mais Blue Bloods était un excellent script. C’est pour ça que j’ai demandé le lieu du tournage. Quand ils m’ont répondu New York, j’ai réellement pesé le pour et le contre. Finalement, j’ai accepté.

Qu’avait ce script de plus que les autres par rapport aux séries policières qui envahissent les écrans ?
TS : justement, Blue Bloods n’est pas seulement une série policière classique. Ses protagonistes n’ont pas constamment le nez vissé sur un microscope. Blue Bloods, c’est avant tout une série sur les membres d’une même famille, qui font tous le même travail et qui racontent au quotidien la manière dont ce travail a des conséquences sur leur vie. C’est cet aspect de la série que j’ai tout de suite aimé.

Il est matérialisé dans la série par des scènes de dîners familiaux assez intenses…
TS : j’ai moi‑même grandi dans une famille où ce genre de dîner avait lieu très régulièrement. C’est une sorte de tradition très américaine. Je crois que les fans de Blue Bloods sont autant fascinés par les enquêtes que par ces fameux dîners qui sont, pour moi, le cœur du récit.

Vous êtes entouré de jeunes comédiens comme vos partenaires Donnie Wahlberg et Bridget Moynahan. Vous voient‑ils comme une sorte mentor ?
TS : je ne suis pas si vieux que ça (rires) et surtout je n’ai pas cette prétention. S’ils me demandent, et que je peux aider, je le fais. Par exemple, Sami Gayle, qui joue merveilleusement Nicky dans la série, me pose sans arrêt des questions sur ma manière de travailler, mes rôles, mon expérience… Mais je me vois mal aller vers un acteur en prodiguant des conseils, alors qu’il ne m’a rien demandé.

Êtes-vous un acteur intimidant ?
TS : non, je ne crois pas. Vous savez, sur le plateau pendant la première saison, c’est moi qui étais très intimidé. C’est la première fois de toute ma carrière que je jouais un père de famille qui a des enfants adultes. C’était un challenge pour moi. Aujourd’hui, mon nouveau challenge est d’accepter que, désormais, mes partenaires soient en majorité plus jeunes que moi (rires).

Pensez-vous que la série TV a changé de visage en trente ans ?
TS : la technique a changé, les gens ont changé, la manière de faire des séries a changé, mais que ce soit aujourd’hui ou il y a trente ans, on demande toujours la même chose à une série : être bonne. Magnum est, au moment où je vous parle, encore diffusé dans plus de cent pays et ce n’est pas parce que la moustache et la chemise hawaïenne sont revenues à la mode ! (rires). C’est parce que la série met en scène des personnages qui ont une résonance avec le public, qui peut s’identifier. C’est la même raison qui fait que Blue Bloods continue saison après saison.

On a beaucoup évoqué une adaptation de Magnum au cinéma. Qu’en est-il vraiment ?
TS : cela a bien failli se faire dans les années 90. Tom Clancy (célèbre écrivain à qui l’on doit notamment la saga Jack Ryan, NDLR) était un énorme fan de Magnum et avait même écrit un scénario pour le cinéma. Le problème est venu du studio Universal. Pendant cette période, le studio a changé trois fois de directeur, et à chaque fois qu’on pensait qu’on allait y arriver, on devait recommencer et représenter le projet au nouveau décideur. Au final, comme il n’était pas à l’initiative du projet, il a fini par refuser.

Et qu’en est-il aujourd’hui ?
TS : aujourd’hui, Hollywood adore acheter des concepts de série pour les adapter au cinéma et dépenser des centaines de millions de dollars pour tout faire péter devant les caméras. C’est quelque chose qui ne fonctionnera pas avec Magnum. Ça ne veut pas dire qu’ils n’essaient pas. Pour être tout à fait honnête, ils sont en train de chercher un nouvel acteur pour le faire au cinéma et ils ne m’appellent pas pour que je les conseille (rires).

Seriez-vous partant ?
TS : si, dans cette adaptation cinématographique, Magnum a 17 ans, je ne vais pas pouvoir (rires). En revanche, si c’est pour se demander où Magnum est passé pendant tout ce temps, qu’a‑t‑il fait et pourquoi, ce serait le bon démarrage d’un film.

Quels sont vos autres projets ?
TS : je crois bien que le projet de suite de Trois hommes et un bébé (remake américain de Trois hommes et un couffin) va voir le jour. Ted Danson, Steven Gunttenberg et moi, nous sommes tous partants et le script est presque terminé.

Avez-vous entendu parler du projet d’adaptation de Friends au cinéma ?
TS : oui, comme tout le monde (rires). Si ça devait arriver, je serai ravi de rejouer Richard. Ce serait bien qu’il s’immisce à nouveau entre Monica et Chandler. Mais pour moment, je n’ai lu aucun script.

Regrettez-vous toujours d’avoir refusé le rôle d’Indiana Jones au cinéma ?
TS : je n’ai pas refusé de faire Indiana Jones, je ne suis pas si stupide que ça ! (rires). Le problème est que lorsque j’ai passé des essais, je venais de tourner le pilote de Magnum. J’avais un contrat et CBS a refusé que je fasse Indiana Jones.

N’auriez-vous pas pu faire les deux ?
TS : si ! Et c’est ce qui est très énervant dans cette histoire. À l’époque, Steven Spielberg et George Lucas m’avait laissé lire le scénario. Tout était là, c’était fantastique. Et ils se sont battus pendant plus d’un mois avec CBS pour que je puisse faire le film. Il faut vraiment être philosophe pour accepter qu’un tel rôle vous passe sous le nez. Maintenant, et pour toujours, Indiana Jones, c’est Harrison Ford et je ne peux imaginer personne d’autre à sa place. Et puis j’ai été très heureux de faire Magnum, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.
Par Cédric Melon • Publié le 06/01/14
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