Interview
Gillian Anderson - The Fall saison 1
Après neuf saisons et 202 épisodes à jouer Dana Scully, son interprète Gillian Anderson s’est installée à Londres. Pendant douze ans, elle a refusé beaucoup de premiers rôles dans des séries. Pour The Fall, elle change d’avis. L’occasion était trop belle de lui demander pourquoi et de faire un point avec elle sur sa carrière, histoire de confirmer qu’il y a bien une vie après X‑Files.

Depuis que vous avez quitté X-Files en 2002, The Fall est la première série policière avec un rôle récurrent leader. Pourquoi avoir accepté ce rôle‑là en particulier ?
GA : au départ, j’ai dit non. Je ne voulais pas faire une série qui puisse être renouvelée.

Pourquoi ?
GA : j’ai trois enfants et je ne veux pas surcharger mon emploi du temps.

Comment ont‑ils réussi à finalement vous convaincre ?
GA : il leur a fallu beaucoup de temps, de l’abnégation et de l’opiniâtreté (rires). En même temps, après avoir lu le script, je ne me voyais pas refuser un projet aussi bien écrit avec un personnage aussi exceptionnel.

GA : en quoi est‑il exceptionnel ?
GA : le personnage de Stella est une femme fascinante, énigmatique et la voir évoluer dans le contexte d’un thriller psychologique intense me plaisait beaucoup, et continue de me plaire.

Elle est aussi extrêmement froide, fermée…
GA : oui, mais elle a besoin de l’être, car elle travaille dans un milieu exclusivement dirigé par des hommes. Les enquêtes qu’elle mène sont extrêmement dures, il n’y a pas de place pour la légèreté dans le monde dans lequel elle évolue. Elle prend les choses au sérieux, et si elle veut être prise au sérieux, elle se doit de l’être constamment. C’est pourquoi elle est aussi très directe.

C’est un point commun que vous partagez avec elle ?
GA : tout à fait. Et croyez‑moi, ça chagrine beaucoup de personnes (rires), mais je suis quelqu’un de très direct et j’ai beaucoup aimé jouer un personnage qui le soit autant que moi.

Vous avez aussi accepté de jouer dans la série Hannibal le psychiatre du docteur Hannibal Lecter, là aussi un rôle récurent. Ce sont les producteurs qui ont réussi à vous convaincre ?
GA : oui, mais là aussi, j’ai longuement hésité. Mais après avoir parlé avec Bryan Fuller (créateur de la série), je savais que cette série allait avoir un univers unique et fascinant. Ensuite, je donne la réplique à Mads Mikkelsen, Laurence Fishburne et Hugh Dancy, des acteurs fantastiques… Puis je me suis dit : incarner la femme qu’Hannibal Lecter a choisie pour être sa psychiatre, ce n’est pas rien ! C’est même très cool !

Est-ce que Hollywood vous manque ?
GA : non. Je suis installée à Londres depuis presque douze ans. Je me sens chez moi maintenant. Je retourne de temps en temps à Los Angeles pour des rendez‑vous et voir des amis, mais ça s’arrête là. En ce moment, je partage mon temps entre Londres et Chicago où je tourne Crisis, une mini‑série de 13 épisodes pour NBC. Un thriller d’espionnage haletant.

David Duchoveny (X-Files) a récemment déclaré qu’il ne vous avait pas invitée à jouer dans sa série Californication, pour garder intact l’excellent souvenir qu’il avait de sa collaboration avec vous. Qu’en pensez‑vous ?
GA : je trouve ça adorable. Je pense qu’avant tout, qu’il ne voulait pas qu’on croie qu’il exploite le personnage de Scully en m’invitant sur Californication, juste pour faire le buzz.

Seriez‑vous partante pour un troisième long métrage X‑Files ?
GA : oui !

La période où vous tourniez la série vous manque-t-elle ?
GA : non. Travailler dans une série d’une heure, avec 22 épisodes par saison, pendant neuf saisons, est la chose la plus épuisante que j’ai jamais faite et que j’ai la chance de ne plus avoir à refaire. Je ne veux plus jamais replonger dans ce genre de « folie » (rires).
Par Cédric Melon • Publié le 18/11/14
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