Interview
Oliver Stone - Alexandre Resisited
Métaphore sur une certaine politique étrangère des États-Unis, provocation historique sur le personnage d'Alexandre, quels que soient les sentiments générés par le film d'Oliver Stone, le metteur en scène ne laisse pas indifférent. Nous l'avions rencontré lors de la sortie de son film en DVD. Extraits.

Un personnage qui accède au pouvoir pour accomplir la destinée de son père, qui s'invente un prétexte pour aller déclarer une guerre à un pays qui ne lui a rien fait et qui poursuit son ennemi le plus loin qu'il peut, on ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec un certain président américain… L'Histoire ne serait-elle qu'un éternel recommencement ?
OS : (rires). Il va vraiment falloir que je réponde à cette question en anglais pour être sûr de ce que je dis (Oliver Stone parle tout de même très bien français, NDLR). Si le film avait été produit par Hollywood, Alexandre serait l'histoire d'un jeune homme qui venge la mort de son père, punit Darius et gagne à la fin. Ça marche, c'est simple. Mais la vérité est plus complexe. Peut-être bien que Darius était impliqué dans la mort de son père, mais encore aujourd'hui, la vérité est ambiguë, voire inconnue. Si j'avais la possibilité de remonter le temps, de rencontrer Alexandre, je lui poserais ces deux questions : « Que savez-vous du meurtre de votre père ? Et pourquoi êtes-vous parti de chez vous pendant onze ans, quittant votre mère sans jamais plus la revoir ? ». Tout cela reste un grand mystère. Pour répondre précisément à votre question, Alexandre, lorsqu'il était jeune, a utilisé la mort de son père pour se venger de Darius, mais aussi pour acquérir la puissance et la gloire. Il n'avait pas d'idéal de démocratie, peut-être de liberté. Sa ligne directrice se résumait à quelques mots : un roi, un monde, lui. Il y a bien plus de sens dans son parcours qu'il n'y en a dans celui de George W. Bush.

D'où vient votre fascination pour Alexandre ?
OS : elle remonte à mon enfance. C'est en lisant un bouquin sur sa vie que le personnage m'a passionné. Je ne me rappelle plus exactement le titre du livre, mais il était représenté comme un héros jeune et beau qui conquiert le monde à l'âge de 27 ans. Depuis Alexandre, personne d'aussi jeune n'a jamais assumé autant de pouvoir. Castro ? Che Gueverra ? D'autres au Nicaragua ? Mais cela reste exceptionnel. Aujourd'hui, le monde de la jeunesse n'a plus soif de conquête. Dans la société
d'aujourd'hui, pour beaucoup de personnes, les jeunes n'ont qu'un potentiel commercial. Ils représentent l'argent que l'on peut se faire sur leur dos.

Il semble y avoir plusieurs degrés sur la sexualité d'Alexandre dans le film, assumés ou non. Avez-vous une nostalgie de cette époque où l'on ne jugeait pas les mœurs de ses contemporains ?
OS : la mémoire de cette société nous échappe très vite. La génération qui nous suit est axée sur le dessin animé et le jeu vidéo. J'aimerais bien lui rappeler qu'à cette époque, la société grecque était amoureuse de la connaissance, même si beaucoup de problèmes étaient les mêmes qu'aujourd'hui. Il y avait un idéalisme dans la jeunesse : « Refaire sortir le meilleur de chacun, c'est le meilleur de l'amour ». Pour moi, c'est la base du grand amour de la vie d'Alexandre. C'est la confiance qu'il pouvait avoir en Hephaistion et personne d'autre. Je crois qu'il adorait sa mère et son père, mais que ce sont les événements qui l'ont trahi. C'est Hephaistion qui lui a redonné cette confiance et cet amour (cf. la scène du balcon). On ne sait pas pourquoi il est allé avec Roxane et qu'il a mis dix ans à l'épouser, car politiquement, elle ne pesait pas bien lourd. C'est Hephaistion qui lui a apporté un certain équilibre. Il pensait avoir trouvé l'amour en Roxane, mais c'était aussi peut-être pour fuir autre chose. Les réponses sont ambigües. On pourrait même se dire qu'il s'est marié avec sa mère et qu'il a tué son père. Vous pouvez prendre tous les événements du film un par un, et je pourrais vous proposer le miroir de chaque situation et son contraire, sans aucun problème.

Avez-vous appréhendé Alexandre différemment au fur et à mesure du film ?
OS : oui. Au début, on est plus en surface, pour s'investir de plus en plus dans sa complexité. Depuis combien de temps n'avez-vous pas vu de héros qui combine autant sa part féminine et sa part masculine, un personnage capable d'être tendre et féroce à la fois ? Depuis les années 80, les héros de cinéma sont de plus en plus durs. Rambo, Schwarzie, Stallone, Mel Gibson ou Brad Pitt sont très forts, très durs, très masculins. Colin est parvenu à donner vie à un être qui assume ces deux parties. J'adore retrouver ça dans les films d'action, et comme il s'agit d'un personnage historique, je me dis que c'est lui qui est authentique, pas les autres. Les jeunes en Amérique, et même en France, n'ont pas l'habitude d'aller voir des films d'action où le héros est ambigu dans sa sexualité. Je pense à Peter O'Toole dans Lawrence d’Arabie, qui faisait remarquablement bien ressortir cette vulnérabilité. En France, même si vous avez plus l'habitude de ça dans les films d'action, c'est autre chose. Jean Réno par exemple, ce n'est pas vraiment ça (rires).

Vous avez souvent écrit sur des personnages qui disent littéralement que le monde est à eux et qui ensuite chutent. Que préférez-vous : l'ascension ou la chute ?
OS : pourquoi pas les deux ? En ce qui concerne Alexandre, il y a trois actes. Le premier se termine à la fin de la première bataille, quand il se met à pleurer. Ce n'est pas naturel de pleurer pour un héros. Mais il n'est pas Achille ou Héraclès, cela va plus loin. Le deuxième acte commence avec l'entrée à Babylone et se termine avec le meurtre de Cletos. C'est le moment où il est fort. Le troisième acte, l'ascension et la chute, commence avec le meurtre de son père, la confrontation avec sa mère, et finit à la mort d'Alexandre. J'appelle ce troisième acte « la restauration d'Alexandre ». C'est le moment où Alexandre redevient lui-même. Il regagne cet honneur qu'il croit avoir perdu avec la mort de son père, en livrant cette terrible bataille aux Indes.

Êtes-vous fasciné par l'Histoire ?
OS : j'aime l'Histoire. J'écris, je mets en scène et j'adore les bonnes histoires. Je change de style chaque fois, parce que les histoires changent. Beaucoup de gens m'ont dit qu'Alexandre n'était pas un film d'Oliver Stone. Je réponds que je me suis adapté à l'histoire que je devais raconter.

Quel pourrait être le message du film pour la jeune génération ?
OS : l'idéalisme d'un jeune face à la réalité de la vie, et qui gagne. En fin de compte, Alexandre a gagné. Il a fait son monde à lui. Il n'a peut-être pas fait tout ce qu'il voulait, mais il a réussi dans un sens très profond et inestimable. Il n'a plus eu peur de la mort.

Un dernier mot sur la violence du film qui est bien réelle, mais pas vraiment représentée comme dans vos autres longs métrages…
OS : je suis responsable de beaucoup de morts au cinéma (rires). Mais je n'ai pas ce côté sadique, cela ne m'intéresse pas. J'ai fait tellement de batailles que c'est devenu une profession. J’en fais le minimum pour que ce soit efficace. Que le public croit ce qu'il voit. La violence au temps d'Alexandre était effroyable. Ils tuaient avec leurs mains. La guerre était une profession sérieuse : un homme faisait la guerre. Alexandre est le premier roi à avoir pleuré pour ses morts. Mais je ne veux pas montrer une tête écrabouillée par un rocher, c'est trop pour un public moderne, qui sortirait de la salle pour vomir ! Ce n'est pas dans mon intérêt de dégoûter les gens. J'essaie de faire une violence nette, rapide et sérieuse. Je ne veux pas qu'on parle de cette violence en évoquant une langue coupée comme dans Midnight Express ou la tronçonneuse dans Scarface. J'essaie d'être de bon goût.

Et particulièrement pour ce film ?
OS : la violence contenue dans Alexandre n'a pas été le problème aux USA. Ils ont même trouvé que ce n'était pas assez sanguinolent ou effroyable. Vous savez, j'ai eu tellement de soucis là-bas avec Tueurs nés… Je n'ai pas compris pourquoi ils s'acharnaient sur moi, alors qu'il y a tellement de films qui sont faits en utilisant la violence gratuitement, sans aucun recul, sans effet, juste pour faire plaisir aux yeux. Cette violence est devenue un immense jeu vidéo aux États-Unis. Les Américains ne la comprennent pas. En fait, c'est quelque chose de sérieux. Par contre, dans certaines régions du Sud des États-Unis, le film a posé problème au sujet du sexe. La presse s'est empressée de faire tout un plat autour de la sexualité d'Alexandre. C'est bête et superficiel comme analyse. Les Grecs à leur époque n'avaient pas de mot pour homo ou bisexualité… Alex l'Homo (rires)… Un héros comme ça, c'est différent pour eux. Pour certains jeunes, c'est même très difficile à assimiler. Les critiques ont été virulentes pour la plupart. Pas toutes, mais pour la majorité d'entre elles. De toute façon, les critiques cinéma ont un problème avec moi depuis des années. Jamais une fois depuis Platoon, je n'ai eu une majorité de bonnes critiques. Et puis ils ont un problème avec les péplums. Que ce soit Spartacus, Gladiator, et plus récemment Troie, même si ce dernier n'est pas très bon, ils les ont massacrés. Ils veulent en terminer avec ce genre et je ne comprends pas pourquoi. C'est un autre mystère.
Cédric Melon - Publié le 03/06/09
 
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