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Captation 3D de la Légende du roi Arthur

Alors que la troupe de la Légende du roi Arthur vient d'entamer la tournée des Zénith en France, en Belgique et jusqu'en Suisse, elle a passé plusieurs jours à Paris, au Palais des Congrès, sur une scène qu'elle connaît bien, pour le tournage du spectacle en 3D. Avec en ligne de mire une diffusion en salles en 3D, une sortie en Blu-Ray 3D et une exportation en relief en Asie.

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Alors que l'équipe technique se met en place et peaufine les derniers réglages, les danseurs, eux, répètent et prennent les consignes auprès de Giuliano Peparini, le chorégraphe du spectacle et ex-danseur étoile du Ballet National de Marseille. Et autant vous dire qu'avec ce coaching de tous les instants, chacun finit par vraiment donner le meilleur.
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C'est une équipe cosmopolite et polyglotte qui assure cette captation 3D. Près des moniteurs de contrôle pour la 3D, installés en peu en retrait de la scène, les techniciens parlent anglais, allemand, coréen. Ils sont équipés de casques et de radios HF leur permettant de transmettre et d'appliquer les consignes données depuis le QG technique installé en sous-sol.
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Pour cette captation en 3D des principales scènes du spectacle, 15 caméras ont été déployées (quasiment toutes en 3D, excepté la caméra installée en fond de salle et la steadycam) dont trois montées sur des loumas (grues téléscopiques), ce qui autorise des mouvements de grande amplitude, permet de se rapprocher de l'action sans la gêner et surtout de prendre de la hauteur. Un technicien gère le déploiement de la louma et ses mouvements.
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Au bout de la louma, un berceau accueille la caméra Sony et le système motorisé 3Ality Technica utilisé pour la 3D sur des superproductions comme Le Hobbit : la désolation de Smaug, Jack le chasseur de géants ou le dernier volet de Transformers. Pendant qu'un technicien gère la louma, un autre se charge de piloter la caméra et un troisième d'assurer la mise au point.
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Placée au même niveau que la scène, la caméra 3D centrale, elle, ne peut que pivoter. En dessous (vous ne le voyez pas), un rail longe la scène, utilisé par une autre caméra 3D pour les travellings latéraux.
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Nous sommes restés sur place plus de 2 heures et seule une chanson a pu être captée intégralement en relief. Du réalisateur au chorégraphe en passant par le stéréographe (celui qui gère la 3D) et le producteur, chacun donne ses consignes pour qu'à la première prise tout soit parfait. Le temps, c'est de l'argent. Et ici, il est compté. D'autant que l'équipe n'avait alors que deux autres journées (dont une en public) pour boucler ce tournage. D'où ce déploiement de force.
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Le cadreur de la caméra installée au bout de la louma est aux manettes (comme dans un jeu vidéo) et effectue quelques vérifications. Il est enquiquiné par un moirage (provoqué par les LED affichant les décors numériques en fond de scène) typique lorsque la caméra n'est plus en mouvement.
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À côté du cadreur, un écran de contrôle permet à un autre technicien de vérifier lors du tournage la parfaite mise au point de la caméra. Il est entièrement dévolu à cette tâche.
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Le technicien coréen affecté à la caméra centrale attend les ordres. Tout le monde est prêt. On va enfin pouvoir tourner.
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Comme au cinéma, le clapman donne le top départ et quitte rapidement la scène. Ce qui, rappelons-le, synchronise l'image et le son. Et facilite le montage.
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Sur scène, une steadycam est aussi utilisée pour se rapprocher des chanteurs. Pendant que l'opérateur steadycam se concentre sur l'action et les ordres que lui intime le réalisateur via son oreillette, un second technicien est là pour l'orienter et éviter les chutes ou les mauvais placements.
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Arthur (Florent Mothe) déloge Excalibur de son rocher et provoque la colère de Méléagant (Fabien Incardona) qui entonne alors la chanson Advienne que pourra, l'un des clous du spectacle. Si la première prise nous avait déjà semblé excellente, la seconde lui était supérieure encore en termes d'implication et d'émotion.
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En sous-sol, dans la salle technique, Mark H. Weingartner, le stéréographe américain connu pour ses contributions à la 3D et aux effets spéciaux d'Inception, The Dark Knight Rises ou encore d'Interstellar, donne ses indications aux techniciens coréens, à la fois au niveau du cadrage et de la profondeur. Il a d'ailleurs multiplié les aller-retour autour de la scène pour dialoguer avec les cadreurs et techniciens français.
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De dos, en pull beige, voici Myron Jung, le réalisateur coréen de cette captation scénique en 3D. C'est déjà lui qui avait officié sur les captations 3D de Mozart l'Opéra Rock et 1789 les amants de la Bastille. Avec son équipe, il est installé à part des techniciens dédiés à la 3D.
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L'équipe de production coréenne est arrivée sur place avec son propre matériel, notamment des moniteurs 3D JVC. Vous les découvrez ici avec leurs lunettes 3D passives sur le bout du nez et un drôle de joystick entre les mains pour réduire ou ajouter de la profondeur, selon les souhaits du réalisateur et du stéréographe.

Guillaume Lagorce, responsable de l'exportation du spectacle à l'international, nous explique la complexité de l'entreprise et comment les différentes équipes présentes sur place se sont réparti le travail.

 

Quel est votre rôle ?

GL : je négocie les accords d'exploitation du spectacle à l'étranger, notamment avec la Corée, le Japon, l'Australie et bien d'autres pays.

 

Quelle est la principale difficulté de ce genre d'entreprise ?

GL : de réunir tout le monde sur un délai très court, car il y a des équipes qui viennent de France, de Corée et des États‑Unis. Vous avez Myron Jung qui gère la réalisation dans son coin, de l'autre le stéréographe et ses techniciens qui s'occupent la 3D. Et en haut, toute l'équipe technique et le chorégraphe.

 

La 3D est-elle une réelle plus-value sur ce type de spectacle ?

GL : (il nous tend une paire de lunettes et nous invite à nous installer face aux écrans). C'est assez incroyable la profondeur et les effets de relief que l'on parvient à obtenir. Et en la matière, Mark Weingartner est une pointure. Nous sommes par ailleurs en pourparlers avec LG et Samsung afin qu'un extrait du spectacle en 3D soit disponible sur les téléviseurs des deux marques. Et nous discutons aussi avec Oculus afin de fournir un extrait en vidéo immersive pour alimenter en contenus son casque de réalité virtuelle.

 

Et vous n'aurez pas de public ?

GL : aujourd'hui non, car nous voulions avoir nos aises pour tourner les principales séquences. En revanche, demain, la captation aura lieu en public, mais avec un dispositif technique beaucoup plus léger.

 

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