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Sony HMZ-T1

Par François Poindimié - Publié le 24/12/11
Mustav
Prix indicatif : 799 € TTC
Note AVCesar.com
Type : Visiocasque Oled
Diagonale de l'image : 19 m à 20 m de distance
Standard : HD Ready
Résolution native : 1 280 x 720 pixels
100 Hz : Non
Contraste : TruBlack
Connectique : 1 entrée/1 sortie HDMI 1.4 (CEC)
Compatibilité : NTSC (480p), Pal (576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing jusqu’au 1080p/24)
Usage : télécommande intégrée au casque, CEC, 16/9, Zoom, commande de volume, overscan
Réducteur de bruit : D NR & Mpeg NR
Consommation : 15 W (0,35 W en veille)
Dimensions : (L x H x P) : 210 x 126 x 257 mm
Poids : 420 g
Dimensions processeur : 180 x 36 x 168 mm
Poids processeur : 600 g
L’essentiel
Peu connu du grand public, le visiocasque est en revanche courant dans le monde de la simulation et de la réalité virtuelle, que ce soit pour l’industrie, l’armée, ou le jeu. Le modèle Sony HMZ‑T1 cible quant à lui une nouvelle utilisation : le Home Cinéma.

Comme un casque audio, un visiocasque adresse directement les sens de son porteur, par contact direct. Ici, la vue et l’ouïe. Et, bien sûr, la principale difficulté avec ce genre de matériel est de donner une impression de distance, afin d'éviter le sentiment de confinement, alors que la source émissive est en fait très proche. Le haut‑parleur frôle en effet l'oreille et l'écran est à quelques centimètres de l’œil.
Le constructeur japonais emploie donc ici un double procédé : psychoacoustique, pour le son, avec un traitement surround 5.1 et optique pour l’image, via un système agrandisseur à lentilles. C’est ce qui explique la forme allongée à l’avant du Sony HMZ‑T1. Et son poids aussi…

Le Sony HMZ-T1 est composé de deux parties : le visiocasque et son unité centrale. Pour fonctionner, elles doivent être reliées par un cordon propriétaire de 3 mètres. Contrairement aux apparences, le Sony HMZ‑T1 n’est pas une solution audiovisuelle mobile. L'engin s’utilise chez soi où, au moins, dans un endroit où l’on trouve du 220 V et une source type lecteur Blu‑Ray à raccorder en HDMI, le seul connecteur disponible. Oubliez donc l’idée de l’emporter avec vous, dans le train par exemple, sauf à vouloir le transporter à un autre endroit.

Pour l’image, le Sony HMZ‑T1 utilise deux panneaux Oled, un pour chaque œil, et non LCD. L’avantage est très net en termes de profondeur des noirs. Mais c’est ce qui explique aussi le coût plutôt élevé de ce matériel. Le système optique agrandisseur transforme ces petits panneaux en une immense image équivalente à 19 m de base située à 20 m de distance. Cela correspond à un angle de vue horizontal de 45° environ, mais surtout à une sensation « Grande salle de cinéma », et non « Petite lucarne télévisée ».
Les deux panneaux affichent une résolution native de 1 280 x 720 pixels, ce qui permet au Sony HMZ‑T1 de concourir dans la catégorie des diffuseurs HD Ready. Il est également 3D Ready, car il embarque tout le nécessaire pour afficher de la 3D (Blu‑Ray, jeu, diffusion TV). Et même une 3D de qualité grâce à l’indépendance totale des panneaux devant chaque œil, ce qui élimine de facto tout risque de diaphotie (effet fantôme).

Pour la partie son, le Sony HMZ‑T1 intègre deux petits écouteurs supra‑oraux amplifiés. En option, pour les pistes multicanales d’origine 5.1, il est possible d’appliquer un traitement surround virtuel de type Virtualphones Technology. Pour information, on retrouve ce procédé sur le casque télé sans fil Sony MDR‑DS6500.
Concurrence
Il n’existe pas d’autres systèmes visiocasque Oled grand public sur le marché. Zeiss a bien en projet une version Oled de son Cinemizer, mais il n’est pas encore disponible. En revanche, les lunettes LCD sont plus nombreuses. De nombreuses marques chinoises se sont positionnées sur ce créneau, depuis fort longtemps. En Europe, c’est la marque Vuzix qui possède le plus large catalogue de lunettes vidéo, de résolution maximum WVGA. Dernièrement, Epson a révélé un concept de casque vision innovant, l'Epson Moverio BT‑100, attendu en France pour le début de l’année prochaine. En effet, son système d’affichage LCD n’obstrue pas la vue et permet de voir l'environnement en transparence, voilà qui ouvre des perspectives intéressantes pour des applications de réalité augmentée. D’autant qu’il intègre un petit périphérique Android, pour profiter notamment de la navigation Internet ou de jeux.
Verdict technique
Le plus important, pour pleinement profiter du Sony HMZ-T1, c’est de bien le positionner sur sa tête, par‑dessus des lunettes de vue le cas échéant. L’objet est en effet assez lourd, et il ne faut absolument pas que tout son poids repose sur le nez. Sans quoi l’engourdissement risque très vite d’entraîner un arrêt définitif de l’expérience. Et ça serait dommage.
Sony a donc mis en place un système de serrage à double ancrage : un patin frontal, et une boucle de sangle, à ajuster/serrer à l’arrière du crâne. Malgré tout, il faut bien avouer que trouver la position parfaite n’est pas évident, car pour avoir les écrans bien en face des yeux, on est tenté de rabaisser le casque, et faire pression sur son nez… De fait, si vous êtes allongé sur un fauteuil relax, nous vous conseillons de soulager ce poids en vous aidant d’une petite cale, posée sur votre thorax. Un boitier CD audio par exemple. Ça rend la mise en scène encore plus incongrue (pour les autres), mais au moins, votre nez tiendra toute la longueur d'un film...

Pour le son, l’ajustement est nettement plus facile. Les écouteurs sont montés sur une sorte de rail, pour s’adapter à un maximum de morphologies. En revanche, ces écouteurs ne sont pas amovibles : vous ne pouvez donc pas les remplacer par les vôtres, plus performants par exemple.

Le Sony HMZ-T1 est prévu pour s’intercaler sans créer de problèmes au sein d'un système téléviseur + platine Blu‑Ray existant. C’est ce qui explique son entrée/sortie HDMI. Quand il est éteint, le visiocasque est transparent, pour continuer à profiter de son lecteur Blu‑Ray sur le téléviseur. Quand le Sony HMZ‑T1 est allumé, sa sortie HDMI est coupée et l’image du lecteur Blu‑Ray s’affiche dans le visiocasque. Idem si vous possédez un amplificateur Home Cinéma. En intercalant le visiocasque entre le lecteur BD et l’amplificateur, il est possible de profiter en alternance des deux systèmes.

Il n’y a pas de télécommande fournie avec le Sony HMZ‑T1. Logique, car une fois le casque chaussé, on se retrouve totalement coupé du monde et des objets qui nous entourent. Sony a donc placé tous les boutons de commande sous le casque à droite, de manière à ce qu’ils tombent naturellement sous la main. Et c’est bien le cas. Par contre, Sony annonce la possibilité de piloter le lecteur Blu‑Ray par ces boutons, grâce au CEC de la HDMI. Si là aussi c’est louable, dans les faits, c’est impraticable. Le nombre de bouton simulé est bien trop restreint. Du coup, gardez la télécommande de votre lecteur à côté de vous, et apprenez à vous en servir à l'aveugle… Néanmoins, il faut le reconnaître, l’accès aux menus Son et Image du visiocasque est vraiment aisé.

Le menu Image du Sony HMZ‑T1 est réduit par rapport à celui d’un téléviseur. Il n’y a pas vraiment de section Calibrage par exemple. Néanmoins, les grands réglages classiques sont là. Sony ajoute deux options supplémentaires pour ajuster la profondeur et la lisibilité dans les noirs, lesquelles se sont avérées forts utiles. En effet, le Sony HMZ‑T1, capable d’afficher des noirs vraiment totalement opaques (du noir, quoi…), est en même temps très discriminent sur les encodages défaillants. En clair, s’il y a du bruit numérique dans les ombres, ce qui est très fréquent, le visiocasque sera très content de vous le montrer. Et vous, beaucoup moins de voir tout ces pixels danser la samba. Du coup, disposer de la capacité de « boucher » légèrement les noirs de temps en temps aide à cacher tout ça sous le tapis… Car, et c’est à la fois la force et la faiblesse d’un tel agrandissement, quand le programme est bien encodé, le spectacle est magnifique avec un plongeon absolument vertigineux dans l'image. Mais si l’encodage a en revanche le moindre problème, vous le percevez comme le nez au milieu de la figure ! C’est d’ailleurs encore plus flagrant en 3D, où la moindre disparité anormale entre l’œil gauche et droit saute aux yeux (sans jeu de mots) !

Mais abordons les côtés positifs du Sony HMZ‑T1. Et il y en a beaucoup. D’abord, le ressenti. Pour la première fois sur un visiocasque le spectateur a réellement l'impression de regarder un très grand écran de cinéma, tout en étant assis à la meilleure place. Par contre, si vous bougez la tête, l’écran bouge aussi, ce qui est un peu incongru et peut facilement perturber vos sens (haut le cœur…). Mieux vaut donc rester immobile pendant la séance. Ensuite, la qualité d’image affichée est vraiment très bonne, avec un étalonnage couleur très proche des normes (d’après ce que nous avons pu comparer), et une excellente définition. Les pixels de la structure de l’image sont peu visibles et s’oublient vite, alors même que l’agrandissement est très élevé et la résolution native de seulement 720p (HD Ready). Mais le plus incroyable reste quand même le rendu des noirs, plus noirs que n’importe quel cinéma. C’est bien simple, avec un film au format Cinémascope (2.35), on a l’impression que l’écran du Sony HMZ-T1 est, lui aussi, au format Cinémascope. Le côté grand spectacle des films est magnifié et le spectateur vit l’aventure à 100%.
Et puis, bien sûr, par‑dessus tout cela s’ajoute une expérience en relief absolument renversante, avec une fenêtre de profondeur parfaite et une immersion totale. Il n’y a pas de perception devant/derrière l’écran, mais juste une ouverture béante dans laquelle on vient glisser ses yeux. Au sens propre d’ailleurs… Il faut en effet être bien calé pour que l’image perçue soit nette sur toute sa surface. Si c'est la cas, aucune diaphotie ni perte de luminosité à signaler. On n’a jamais vu si belle 3D.
Pour le son en revanche, on est nettement moins emballé : il faut beaucoup d’imagination pour croire à ce pseudo surround dont les effets sont vaguement placés à l'arrière, mais ne colle jamais les dialogues sur l’écran, virtuellement placé à 20 m devant vos yeux. Comme si un souffleur vous racontait l’histoire, collé à votre tête… ou à l’intérieur. Apparemment, il est plus difficile de berner l’oreille humaine sur les questions de distance que la vue…

Confortable d’origine ‑c'est-à-dire sans cale au sol ou ballon rempli à l’hélium pour le soutenir‑ et doté d’un vrai système son surround pour casque efficace de type Smyth Realiser A8 (cliquez pour découvrir le test de la rédaction d'AVCesar.com), le visiocasque Sony HMZ‑T1 aurait été la tuerie absolue, le nec plus ultra des systèmes audio‑vidéo, le summum de l'immersion pour le home cinéphile solitaire… C'est tout de même déjà le meilleur de sa catégorie (le plus cher aussi), et c'est déjà très bien.

NB 1 : le Sony HMZ-T1 est pour l’instant distribué uniquement dans le Sony Store Parisien, la faute à des difficultés de production. Néanmoins, vous devriez pouvoir le trouver dans toutes vos boutiques habituelles en 2012.

NB 2 : il est bien sûr possible d’utiliser le Sony HMZ‑T1 pour des jeux vidéo HD ou même 3D. Certes, sur le papier, ça parait génial. Mais primo, vous ne voyez pas votre manette même si ce n'est pas le plus gênant pour les joueurs patentés. Par contre, deuxio, si vous êtes du genre à vivre l’action, attention au mal de mer si vous hochez trop la tête !
+ Les points forts
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Immersion totale
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Qualité de l'image 2D
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Qualité de l'image 3D
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Noirs abyssaux
- Les points faibles
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Poids important
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Sources vidéo de qualité obligatoire
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Son surround peu crédible
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À utiliser sans trop bouger sous peine de haut le cœur
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