Eat that Question : Frank Zappa in his Own Words

Année : 2016
Réalisateur : Thorsten Schütte
Avec : Frank Zappa
Éditeur : Blaq Out
DVD : DVD-9, 89', zone 2
Genre : documentaire, couleurs et N&B
Interdiction : tous publics
Sortie : 02/05/17
Prix ind. : 19,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.33
SD 576i (Mpeg2)
4/3
Bande-son
Anglais Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Digital 2.0
Sous-titres
Français
19,99 €
10,99 €
24,90 €

Même ses plus grands fans doivent le reconnaître : découvrir l'œuvre de Frank Zappa est un pur cauchemar vu de l'extérieur. Aussi pléthorique que bordélique, sa carrière s'étend sur quatre décennies différentes avec plus d'une cinquantaine d'albums allant d'un anti‑rock satirique (la trilogie parfaite Freak Out!, Absolutely Free et We're Only in it for the Money de 1966 à 1968) à un jazz fusion virtuose (Hot Rats, The Great Wazoo) en passant par de perpétuelles obsessions modernistes et expérimentales (de Uncle Meat en 1969 jusqu'à ses œuvres pour orchestre comme The Yellow Shark en 1993). Une musique idiosyncrasique et reconnaissable entre mille, qui mélangeait parfois embranchements mélodiques terriblement complexes et humour carrément potache, avec pour seule constante celle de ne pas vouloir prendre son public pour des idiots, bien au contraire. Ayant fait bande à part toute sa vie, impossible donc de ranger Zappa dans une case, ni même le résumer. C'est sans doute à cela qu'est dû son statut à part dans l'histoire de la musique du XXe siècle : une difficulté à saisir l'artiste mais également l'homme derrière l'œuvre monumentale, quitte à laisser parfois circonspect les nouveaux venus.

 

C'est pourtant ce défi que relève le réalisateur Thorsten Schütte avec Eat That Question, rétrospective de la carrière du compositeur intégralement basée autour d'une contrainte simple : n'offrir la parole qu'à Zappa, par le prisme de quarante années d'archives et d'interviews sur les télévisions du monde entier. Comme pour ne pas trahir son sujet et ne pas faire plonger le documentaire dans l'exercice de l'hagiographie balourde (pas d'intervenants extérieurs, pas de voix off), Schütte fait le choix de l'image d'époque comme unique matériau, dans ce qu'il admet lui‑même être une sorte de grand zapping. Construit de manière à peu près chronologique, le film est ainsi une belle galerie de moments à passer avec Zappa, depuis sa première apparition à l'écran (alors inconnu et sans moustache) en 1963 pour « jouer de la bicyclette » devant un public médusé, jusqu'aux ultimes entretiens épuisés, tournés peu avant sa mort en 1993, à l'âge de 52 ans seulement. Personnalité iconique et fourmillante, Zappa crève l'écran. Passionnant et passionné, alliant un cynisme mordant à des positions libertaires très tranchées (particulièrement sur la bien‑pensance américaine qu'il n'a eu de cesse de combattre), il porte tout le film par son verbe et sa présence. Et ce dernier semble alors réussir d'une certaine manière son pari : faire revivre Zappa, lui rendre la parole pour mieux aller à sa rencontre et célébrer sa géniale excentricité, entre deux extraits live bien sentis.

 

Mais quand arrive finalement le générique de Eat That Question, il ne reste qu'un drôle de goût d'inachevé, troublé d'une vague question : à qui donc s'adresse ce film ? Bien sûr, les fans absolus de Zappa seront sans doute heureux de parcourir avec légèreté cette promenade ludique à travers le temps, même si certains ont déjà vu la moitié de ces séquences sur YouTube depuis des lustres. Mais les autres risquent de rester sur leur faim, tant ce pot‑pourri d'archives frôle doucement la superficialité. Refusant les repères temporels ou les détails historiques, maniant l'art de l'ellipse jusqu'à en devenir complètement flou chronologiquement, le documentaire semble avoir tellement peur de laisser de côté son public néophyte qu'il ne lui offre au fond que le spectacle d'un musicien cool, incompris, unique, mais toujours aussi lointain. Dans un élan d'auto‑critique assez lucide, le film s'ouvre sur Zappa déclarant que l'interview est un des plus exercices les plus contre‑nature qui soit. C'est pourtant uniquement cela que propose Thorsten Schütte, cet entre‑deux où la parole libérée d'un artiste s'exprime dans un contexte rigide et parfois crispé de la télévision (et de journalistes/animateurs parfois médiocres). Pris au piège dans des documents qui tiennent plus souvent de l'anecdote que de la révélation, le documentaire amuse plus qu'il n'instruit. Parler de Frank Zappa en 90 minutes est‑il impossible ? Malgré sa générosité et sa passion, Eat That Question laisse finalement cette question sans réponse.

Émilien Villeroy - Publié le 13/11/17
Liste des bonus
- Le grand zapping, rencontre avec Thorsten Schütte (16')
- Zappa, l'apprenti chimiste de la musique, entretien avec Guy Darol (21')
- Entretiens inédits avec quelques musiciens de Frank Zappa, par Thorsten Schütte (45')


Commentaire

À ceux qui trouveraient le documentaire Eat Your Question un peu léger sur le plan musical, les bonus proposés avec le DVD ont de quoi les rassasier. Tout d'abord grâce à une interview très complète avec Guy Darol, biographe français de Zappa, qui détaille avec pédagogie la musique de Zappa et ses particularités uniques. Et pour aller plus loin, pas moins de 45 minutes d'interviews inédites avec quelques musiciens de Zappa durant les années 70 et 80, fourmillantes de détails et de souvenirs qui raviront les fans. Plus anecdotique, une interview avec le réalisateur du documentaire, Thorsten Schütte, revient sur la génèse du projet.

Note bonus : 5/6
Image

Du grain des années 60 jusqu'aux parasites des années 90, Eat That Question a également des allures de rétrospective de l'évolution des techniques télévisuelles à travers les décennies. Et malgré l'hétérogénéité des archives télévisuelles présentées, qui restent le seul matériel du film, rien ne vient gâcher le spectacle, avec une image propre, maîtrisée et authentique.

Top image : 13'40 (images rares de Zappa au travail chez lui), 71'50 (interview très drôle d'un Zappa à peine réveillé en peignoir)
Note image : 4/6
Son

Il n'était pas garanti qu'un son 5.1 soit vraiment nécessaire pour regarder des captations télé dont certaines ont probablement été enregistrées en mono, mais effectivement, les passages chantés s'en portent un peu mieux. Un niveau sonore de bonne qualité malgré, là encore, la disparité des sources proposées.

Top son : 39'30 (belle version de Cosmik Debris à la télévision allemande)
Note son : 4/6



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