TV - Écran plat

Sony KD-75XD9405

Par Jacques Guiot - Publié le 17/10/16
Mustav
Prix indicatif : 8 990 € TTC
Note AVCesar.com


Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 191 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Dual Core
100 Hz : oui (1 200 Hz)
Contraste : 2 500:1
TNT : double tuner (SD et HD)
HDMI : 4 (v 2.0, dont 3 arrières et 1 latérale)
Dim. (L x H x P) : 1 017 x 1 672 x 327 mm
Poids : 43,5 kg
L’essentiel

Avant d'attaquer le test d'un téléviseur très attendu, le ZD9 qui arrive dans notre laboratoire cette semaine, nous voulions passer en revue le Sony KD‑75XD9405, un spécimen également doté d'un rétroéclairage Full LED, mais uniquement disponible en 75", soit une diagonale impressionnante de 190 centimètres ! Ce modèle est d'autant plus intéressant que, cette année, Sony a décidé de proposer un design plus épuré, sans système audio haut de gamme, pour un prix plus accessible. Annoncé au prix indicatif de 8 990 €, on le trouve actuellement à 6 990 € dans la plupart des enseignes. Reste à savoir ce que cet écran à vraiment dans le ventre… 

 

TV Full LED Local Dimming bourré de technologies !
Compatible 3D, une bonne nouvelle en 2016, le Sony KD‑75XD9405 embarque bien sûr un concentré de toutes les nouveautés technologiques proposées par le constructeur nippon en 2016. Pour ne rien gâcher, il affiche un nouveau design slim, plus élégant, dépourvu du système audio présent sur les séries X9305/X9405 ces deux dernières années, lequel prenait beaucoup de place de chaque côté de la dalle. Très performant, celui‑ci n’était pourtant pas forcément utile pour tout le monde, notamment ceux possesseurs d’une véritable installation Home Cinéma.

 

 

Inutile de préciser que le 75XD9405 profite d'une attention toute particulière comparée au reste de la gamme 2016 du fabricant japonais avec une très bonne qualité de construction, un design toujours aussi épuré, noir brillant, d’une classe folle, rehaussée d’un liseré doré sur les flancs et un pied de type plaque en aluminium brossé. À savoir, une particularité le démarque des autres modèles 2016 du constructeur japonais, un système range‑câbles fameux, largement plus évolué que celui du XD93, permettant de cacher tous les câbles (secteur, HDMI, antenne, etc.). Inutile de s'attarder sur contenu du carton, les accessoires se limitent à une télécommande nouvelle génération, très ergonomique avec micro intégré pour faire des recherches vocales, et c'est tout ! On ne trouve malheureusement plus de lunettes 3D, ni de caméra...

 


Modèle Ultra HD, le Sony KD‑75XD9405 intègre un système de rétroéclairage Full LED Local Dimming doté de 96 zones de contraste indépendantes, ce qui est malheureusement moins que le spécimen Sony KD‑75X9405C de 2015 (cliquez sur la référence pour découvrir le test du produit par la rédaction d’AVCesar.com) qui embarquait 128 zones. C'est à priori décevant compte tenu de la taille de ce téléviseur et d’une exploitation annoncée optimisée de la technologie HDR10 comparé à la précédente génération. Heureusement, pour les plus exigeants, le Sony ZD9 devrait dépasser tout ce qui se fait actuellement en termes de rétroéclairage Full LED Local Dimming, mais nous y reviendrons en détail très prochainement. 

 

 

Ce type de rétroéclairage reste évidemment plus performant qu'un modèle Edge LED, surtout pour exploiter la technologie HDR10, ou HDR en général, avec entre autres un pic lumineux plus élevé et un meilleur contrôle de luminosité par zone de l'image. Cependant, avec si peu de zones, on peut craindre que le contraste Ansi ne puisse être amélioré en activant le Local Dimming, et que le phénomène de Blooming soit assez visibles avec des auréoles plus grosses.

 

Contrairement à certains TV nouvelle génération, le XD9405 n'embarque pas de filtre Quantum Dots, mais des diodes LED au phosphore pour offrir un espace couleur plus riche et une plus forte luminosité. En effet, le Sony KD‑75XD9405 est un modèle qui offre une luminosité très élevée, mesurée à 800 nits (ou cd/m²) avec une mire HDR10 de 10%. C'est nettement supérieur à ce que propose un téléviseur LED classique, mais pas assez pour répondre aux exigences de la certification UHD Premium qui exige un pic lumineux minimum de 1 000 nits. Cela dit, la luminosité offerte par le XD94 permet déjà d'offrir un spectacle saisissant, que ce soit avec les contenus HDR, ou même SDR en activant la fonction X‑Tended Dynamic Range Pro qui agit comme une conversion SDR/HDR plutôt convaincante, surtout que cet algorithme a encore été amélioré cette année. D'autre part, le Sony XD94 dispose de la technologie TriLuminos pour « remastériser les couleurs » dans un espace couleur Wide Gamut sans dénaturer les teintes de peau. Cela permet de profiter d'une colorimétrie bien plus riche, même avec des contenus standards en Rec.709, mais aussi d'exploiter les Blu‑Ray Remastered in 4K proposés par Sony Pictures.


On retrouve également une compensation de mouvement MotionFlow XR1200 (en fait, un affichage 100 Hz associé à une compensation de mouvement XR1200 pour fluidifier les images) dotée de plusieurs réglages, du rendu le plus précis au plus fluide. De plus, comme nous l'avons déjà précisé dans les autres tests, depuis 2015 un nouveau mode Expert fait son apparition pour affiner les réglages à son goût avec une simulation d'affichage BFI (Black Frame Insertion) sur quatre niveaux. Cela a pour conséquence d'améliorer la précision des images en mouvement, mais l'insertion d'images noires réduit forcément la luminosité de façon plus ou moins importante (sur le réglage 4, le pic lumineux n'atteint pas les 90 nits). À nos yeux, il s'agit de l’une des compensations de mouvement la plus fluide et naturelle du marché, mais elle manque encore de netteté dans les mouvements, malgré ce nouveau mode BFI.

 

 

Ce téléviseur intègre également deux des plus puissants processeurs d'image actuels, le X1 et le X‑Reality Pro 4K et son célèbre traitement Reality Creation. Ceux‑ci permettent non seulement un Upscaling Ultra HD de toute beauté, mais également un traitement vidéo performant pour améliorer l'image, peu importe le type de contenu, UHD natif, 1 080p, ou même SD, grâce à plusieurs filtres réglables. On peut citer le filtre Résolution qui améliore les détails et le piqué de l'image, ou encore trois réducteurs de bruit (Mosquito NR, Digital NR et Mpeg NR) qui agissent à la réduction du bruit numérique ou des artefacts de compression.


En plus de ces processeurs d'image, Sony utilise un SoC Mediatek MT5890 et un CPU Dual Core ARM Cortex‑A17 pour booster l'utilisation des applications et la réactivité de l'interface, ce dont le X94C a bien besoin avec son OS Android TV, notamment pour faire tourner les jeux. Pour être honnêtes, nous aurions préféré des processeurs plus puissants pour la partie Android TV, car cela reste un peu juste pour exploiter toutes les applications que propose Google Play. Par contre, rien à dire du côté vidéo, les résultats sont superbes ! 

 

 

 

Entrées HDMI 2.0a, sortie Subwoofer et HDMI 2.0a
Même si on peut toujours mieux faire, le Sony XD94 dispose tout de même d'un équipement assez complet avec notamment un double tuner DVB‑C/DVB‑T2 et DVB‑S2 compatible Mpeg4 et HEVC qui permet de recevoir les chaînes HD et Ultra HD du satellite et de la TNT. Dorénavant, les fonctions Rec USB (pour enregistrer les chaînes sur HDD), ou encore PIP et Time Shifting sont fonctionnelles. On compte également quatre entrées HDMI 2.0a CEC compatibles HDCP 2.2 (dont une compatible MHL 3.0 et une autre dotée du mode ARC). Toutes gèrent parfaitement les fonctions CEC, Deep Color, Rec.709, DCI et Rec.2020, le HDR10, les résolutions 1 080p et 2 160p jusqu'en 60 im/s et avec un encodage Luminance/Chrominance 4:4:4. Précisons toutefois qu'il est nécessaire d'activer la gamme HDMI sur Améliorée pour gérer parfaitement les disques Ultra HD Blu‑Ray et le HDR10 avec un signal vidéo en BT.2020, 12 bits par couleur et YCbCr 4:4:4. À savoir également, il est possible de sélectionner l'espace couleur désiré (Rec.709, DCI ou Rec.2020), mais les espaces couleur DCI et Rec.2020 ne sont pas affichés à 100%. Nos mesures indiquent que le XD94 affiche 96% du DCI, ce qui est tout de même très bon, surtout en considérant la justesse de ces espaces couleur en sortie de carton. Comme nous le disons souvent, il vaut mieux un DCI couvert à 95% avec un Delta E inférieur à 2, que couvert à 100% mais avec un Delta E supérieur à 4.

 


Enfin, au rayon des entrées, on trouve également une stéréo RCA, une YUV, une péritel, mais plus de Sub‑D15, ni de lecteur de cartes, ni même de DisplayPort ou encore de prise RS-2323. Les sorties sont plus limitées, mais on trouve tout de même une sortie mini‑Jack 3,5 mm qui peut servir à la fois de sortie analogique 2.0, de sortie casque ou même de sortie Subwoofer avec un crossover à 80 hertz. Le choix se fait dans le menu audio. Précision, on peut également appairer un caisson de grave sans‑fil Sony SWF‑BR100 avec le téléviseur. Le reste de la connectique rassemble deux ports USB Host 2.0 dont un équipé de la fonction USB Rec (PVR), un port USB 3.0, un port Ethernet et un port CI+. À savoir, le port USB permet de connecter un clavier et une souris (filaire, ou sans‑fil via Bluetooth). Pour finir, même si le XD94 est compatible Wi‑Fi Direct, Miracast et Google Cast, on peut regretter l'absence de Bluetooth pour profiter de contenus audio stockés sur un périphérique idoine. En revanche, connecter un clavier ou une souris vie Bluetooth au 75XD94 est toujours possible.

 

 

 

Interface Android TV
En ce qui concerne l'interface Android TV, nous espérions tester la nouvelle version Marshmallow 6.0, mais à l'heure de rédiger ce banc d'essai, le Sony XD94 évolue encore et toujours sous Android TV 5.1. Par contre, de nombreux bugs ont été corrigés depuis nos derniers tests, l'interface est également bien plus réactive, fluide et agréable à utiliser au quotidien, la lecture multimédia bien plus complète et de meilleure qualité. La quasi‑totalité de nos vidéos ou musiques ont été lues sans encombre ! Netflix et Youtube sont disponibles en Ultra HD/4K grâce au support HEVC et VP9. En revanche, les vidéos qui affichent des bandes noires sont toujours étirées dans le sens de la hauteur, ce qui déforme l'image. Évidemment, nous avons aussi essayé des applications multimédias comme VLC et Kodi qui s'annonçait comme l'un des gros intérêts de cette interface, mais force est de constater que les développeurs n'ont pas encore corrigé tous les problèmes, comme l'Autoframerate 24p ou la gestion du Bitstream audio HD qui ne sont toujours pas efficients. Par contre, le nouveau Archos Media Player nous a semblé pas mal du tout pour ceux qui voudraient profiter d'un système de jaquettes (ou Jukebox), mais là encore, il ne gère pas l'audio HD et présente quelques lacunes. Son installation est simple et rapide et apporte beaucoup de plaisir à la lecture de fichiers multimédia. Malheureusement, et en bref, aucun logiciel de lecture ne permet de profiter à 100% de toutes les capacités multimédia. Il n'est pas rare de devoir basculer sur l'un ou l'autre logiciel de lecture pour lire un format spécifique.

 

 


Au final, cette interface utilisateur, très proche de l'expérience proposée sur smartphone ou tablette Android, offre des possibilités énormes et variées à travers moult applications et services et commence à devenir vraiment intéressante. Nous sommes persuadés que Sony va encore améliorer cette interface et que le passage à Android TV 6.0 permettra de stabiliser l'expérience utilisateur et offrira encore plus de possibilités, même si tout ne dépend pas de la marque japonaise, loin s'en faut (Google reste le maître d'œuvre) et si le XD94 sera toujours limité par la puissance de ses processeurs embarqués.

Au final, l'environnement de cette interface est moderne, dynamique et plus intuitif. Jugez plutôt, l'écran Android TV met en avant des propositions de programmes télé ou VOD en rapport avec vos goûts, l'accès à Netflix bien sûr, plus les dernières applications ou jeux utilisés… Mention spéciale pour les joueurs, on peut même connecter une manette de jeux Android et, Sony oblige, la manette des consoles PS3 ou PS4 est reconnue. Bref, même sans Blu‑Ray ou DVD sous la main à regarder, il y a là de quoi se divertir ! Enfin, on trouve bien sûr un navigateur internet, Opéra pour ne pas le nommer. On le répète, le passage à Android TV 6.0 devrait apporter encore plus de stabilité et possibilités…

Concurrence

 

Le Sony KD‑75XD9405 rencontre peu de concurrents en dehors du KD‑75ZD9, mais il s'agit d'un téléviseur signé du même fabricant. À vrai dire, il n'existe aucun concurrent Full LED en 75" actuellement. Toutefois, en regardant du côté des spécimens Edge LED, on peut citer le Samsung UE78KS9000, un téléviseur incurvé certifié UHD Premium qui offre un rendu HDR10 très puissant (cf. notre test du Samsung UE65KS9000).

 

Ce téléviseur embarque les procédés Local Dimming et Micro Dimming Supreme UHD et la fonctionnalité Precision Black, plus un nombre impressionnant de fonctionnalités : double tuner DVBC/T2 et S2, compensation de mouvement Auto Motion Plus avec indice de fluidité PQI 2400, conversion SDR/HDR avec mode HDR+, dalle 10 bits avec un filtre Quantum Dots, ou encore section Smart TV très complète qui évolue sous l'OS Tizen. Inutile d'évoquer les TV Oled de 77" chez LG, car le seul spécimen commercialisé, le LG 77G6V, coûte la bagatelle de 29 990 €…

Fiche technique
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 191 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Dual Core
100 Hz : oui (1 200 Hz)
Contraste : 2 500:1
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (double tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+), SAT (double tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+), Câble (double tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0, dont 3 arrières et 1 latérale), 1 entrée YUV (RCA), 1 entrée péritel (RVB), 1 entrée Stéréo (arrière), 1 sortie casque (latérale), 1 sortie audio stéréo, 1 sortie audio numérique (optique), 1 sortie subwoofer, 1 port CI+, 3 ports USB Host (latéral) , 1 port Ethernet, Wi‑Fi (b/g/n)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (SD et HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV (Widgets), accès Web
Usage : télécommande simple, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : température de couleur (paramétrable (CMJRVB)), balance des blancs paramétrable (RVB), réglage de gamma (préréglage), rétroéclairage (dynamique par zone), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24), 3D
Son : puissance (4 x 7,5 W), caisson (sans W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (S-Force Front Surround 3D), traitement audio ( ClearAudio+), égaliseur, AVL
Consommation : 190 W (0.5 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1 017 x 1 672 x 327 mm
Poids : 43,5 kg
ph image
Verdict technique

Alors, qu'en est‑il des réelles capacités de ce téléviseur d'exception !? Il faut bien l'avouer, le Sony KD‑75XD9405 s'avère clairement un téléviseur impressionnant et surprenant sur bien des critères ! Les points forts de cette image Ultra HD sont nombreux : système de rétroéclairage Full LED Local Dimming, améliorations au niveau de l'Upscaling grâce au processeur X1, pic lumineux élevé pour exploiter la technologie HDR10, excellente fluidité grâce au nouveau mode MotionFlow Expert introduit en 2015 (avec son affichage BFI et une fluidité parfaite et naturelle), sans oublier une superbe colorimétrie, un traitement vidéo Reality Creation ultra‑performant et un contraste perçu très correct, le tout sur une image de presque deux mètres de diagonale. Nous n'avons qu'une chose à dire : quel spectacle ! Et on ajoute derechef : quel dommage, vraiment, de ne pas trouver au catalogue de la marque une version 65", voire 55"…

 

Colorimétrie juste et un calibrage « simple »
À chacun de nos tests, même rituel, avec une mesure du téléviseur en sortie de carton, puis un calibrage en règle avec des outils professionnels, dont un spectrophotomètre Klein K‑10A. Nous sommes partis du mode Cinema Pro, le plus proche de la colorimétrie utilisée par les professionnels du cinéma. Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées. On considère qu’avec un Delta E en dessous de 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles. Comme souvent, le mode Cinema Pro s'est avéré très juste en sortie de carton avec un Delta E de 3,15 au niveau de la balance des blancs et à peine 1,69 du côté de l'espace colorimétrique Rec.709. Cela peut sembler suffisant, sans nécessiter de calibrage, mais attention, il s'agit d'une moyenne, et si on reprend l'échelle de gris par tranche de 10%, certains niveaux affichent un delta supérieur à 5. Pour les plus exigeants, un calibrage reste donc nécessaire, mais grâce à la parfaite linéarité du gamma ce calibrage ne prendra qu'une petite quinzaine de minutes pour profiter d'un rendu proche de la perfection !

 


Nous retrouvons évidemment les mêmes réglages Image que les précédents TV Sony avec la possibilité d'opter pour un espace colorimétrique Rec.709, DCI ou encore Rec.2020 (celui proposé par les disques Ultra HD Blu‑Ray). Attention tout de même, pour avoir vérifié, même si le réglage Rec.2020 est présent, la dalle n'est pas en mesure de le couvrir intégralement. Elle affiche environ 96% de l'espace cinéma DCI, et 75% de l'espace Rec.2020, soit une légère amélioration comparé aux performances du X9405C de l’an dernier. Également présent, la possibilité de régler la température de couleur par pallier de 2 ou 10 si vous voulez régler encore plus finement le téléviseur. Enfin, on trouve également de nombreux modes Image (Cinema, Expert, Cinema Pro, Standard, Video HDR, Dynamique, etc) et les habituels réglages de Luminosité, Contraste, Niveau de noir, Gamma, et Amélioration Avancée des Contrastes (AEC). Certains pourront regretter l'absence de réglages pour éditer le gamut, mais après avoir calibré le téléviseur comme il se doit, nous arrivons à une justesse colorimétrique tout à fait exceptionnelle avec un Delta E de 0,56 pour la Balance des Blancs, et 1,18 pour l'espace colorimétrique !

 

 

Même constat avec les contenus Ultra HD Blu‑Ray, l'espace colorimétrique Rec.2020 est parfaitement calibré en sortie de carton ! Là aussi, il suffit de 15 minutes et quelques retouches au niveau de la Balance des Blancs pour profiter d'une superbe colorimétrie. Après avoir testé de nombreux téléviseurs UHD nous pouvons clairement dire que Sony propose l'une des plus belles colorimétries avec les disques Ultra HD Blu‑Ray, un point très important qui contribue énormément à la qualité d'ensemble et au plaisir de visionnage. Trop de fois, nous sommes tombés sur des TV qui affichaient des dérives colorimétriques flagrantes, beaucoup trop de postérisation avec les contenus en HDR10 et BT.2020 ou encore une couleur rouge plus proche de l'orange que du rouge intense.

 

Contraste natif et Local Dimming perfectibles
En revanche, tout n'est pas parfait. En effet, la petite déception vient du contraste et du nombre de zones du système Local Dimming, tous deux revus à la baisse par rapport au X94C millésime 2015 ! D'un côté, le nombre de zones passe de 128 à 96, de l'autre le contraste natif passe de 4 000:1 à 2 500:1 en moyenne. Pour être plus précis, après un calibrage basé sur une luminosité maximum de 120 nits, nous relevons un niveau de noir à 0,039 nit. Avec un nombre de zones aussi limité, le fait d'activer le Local Dimming (ou tout autre amélioration du noir ou éventuel contraste dynamique) améliore nullement les mesures de ce contraste Ansi. Par contre, le Local Dimming améliore nettement le contraste perçu, il faut bien l'avouer. Cela dit, si la plupart du temps les bandes noires nous apparaissent bien noires, de nombreuses scènes sombres souffrent de Blooming (une sorte de halo qui entoure les objets les plus lumineux ) et affichent des bandes noires grisâtre. Évidemment, avec un disque Ultra HD Blu‑Ray HDR10 le Blooming est encore plus visible, car le pic lumineux est plus élevé. Forcément, cela entraîne un niveau de noir moins profond. Cela dit, l'expérience HDR est tout de même très convaincante dans son ensemble, d'autant plus pour ceux qui ont l'habitude de regarder leurs films dans un environnement éclairé ou avec une petite lumière d'appoint. Dans ces conditions, le Blooming n'est quasiment plus visible et on remarque évidemment, plus encore, l'apport en dynamique offert par un contenu HDR.

 


D'autre part, il faut bien avouer que la gestion du rétroéclairage est superbement maîtrisée. Par exemple, le fait d'activer l'AEC permet d'apporter un gain en dynamique patent ! L'intensité du rétroéclairage s'adapte à la luminosité des scènes pour améliorer le contraste perçu. Par exemple, lors d'une scène sombre, le rétroéclairage baisse pour améliorer la profondeur des noirs qui passera de 0,04 à 0,02 nit. Seul inconvénient, l'AEC entraîne un effet de pompage avec les sous‑titres ou lorsqu'un objet très lumineux apparaît dans une scène très sombre, mais avec la grande majorité des scènes, le contraste perçu est très bon.


Concernant l'homogénéité, c'est évidement variable d'un modèle à l'autre, nous ne sommes jamais à l'abri d'une mauvaise surprise, mais dans son ensemble les TV à base de rétroéclairage Full LED sont souvent plus homogènes que les TV Edge LED avec une luminosité mieux répartie sur toute la surface. D'autre part, la qualité de fabrication et d'assemblage permet également d'améliorer cette homogénéité. Notre modèle de test ne présente aucune fuite de lumière, ni d'effet de banding, ni de DSE (Dirty Screen Effect). En dehors du Blooming déjà signalé, ce téléviseur offre donc une excellente homogénéité !

 

Upscaling et traitement vidéo, valeurs sûres chez Sony !
Évidemment, comme sur tous les TV Sony crû 2015 et 2016, on retrouve les grandes qualités de traitement vidéo et Uspcaling de la marque, parmi les meilleurs actuellement ! En effet, la qualité d'image du XD94 est identique à celle du XD93 ou XD85. Par contre, sur une telle taille d'image il est évident qu'on apprécie encore plus l'apport de la définition Ultra HD associé à un traitement vidéo aussi performant ! Comme tous les TV à base de processeur X1, l'Upscaling Ultra HD est en net progrès suite aux mises à jour Firmware appliquées cet été avec une mise à l'échelle plus précise et des dégradés bien plus fins, surtout avec les sources 1 080i/p. Les TV Sony à base de dalle 10 bits intègrent l'un des meilleurs systèmes de gradation actuels avec très peu de postérisation y compris avec les contenus HDR10. En effet, la dalle du XD94 est compatible Super Bit Mapping, un traitement interne exclusif à Sony qui gère les couleurs en 16 bits. Cela permet d'améliorer considérablement l'affichage des dégradés et halos lumineux.

 


Avec les sources SD, pas de miracle, ces dernières restent difficiles à « améliorer », surtout sur une telle taille d'image ! Le travail est ardu pour passer d'une image 576i/p très compressée à une image 2 160p sur une image de presque 2 m de diagonale ! Cela dit, ça reste tout à fait acceptable, les réducteurs de bruit sont très performants et permettent de gommer relativement bien les blocs pixels, les traces de compressions, ou le bruit numérique, sans flouter l'image. Mais pour en revenir aux sources HD, en ce qui concerne le Blu‑Ray par exemple, si nous étions déjà très impressionnés les années précédentes par les performances des TV Sony permettant une belle redécouverte de ses films « upscalés » en UHD, le Sony XD94 va encore plus loin ! Autant vous dire que regarder un film en Ultra HD sur une image de 75" est un spectacle époustouflant, avec une immersion impressionnante et un effet de profondeur de champ décuplé. On est littéralement transporté au cœur de l'action ! L'image est dotée d'une foultitude de détails, d'une incroyable précision sur les arrières‑plans, d'une profondeur de champ à perte de vue et donc, forcément, d'un relief naturel saisissant. Les résultats sont évidemment encore plus impressionnants avec un disque Ultra HD Blu‑Ray, mais même en présence de Blu‑Ray 1 080p le spectacle est superbe, d'autant plus avec les galettes bleues Remasterisé en 4K signées Sony Pictures avec lesquels la mise à l'échelle Ultra HD donne des résultats époustouflants !


Au passage, petite précision pour ceux qui ne seraient pas convaincus par le rendu HDR10. On peut tout à fait désactiver le support HDR en limitant la gamme dynamique au niveau des réglages HDMI. Le lecteur UHD Blu‑Ray aura l'impression d'être en présence d'un téléviseur non compatible HDR et fera alors une conversion HDR/SDR qui donne aussi d'excellents résultats.

 

Une image 3D très correcte qui a le mérite d'exister

Le Sony XD94 est probablement l'un des derniers téléviseurs huppés compatibles 3D de la marque avant longtemps, le relief devant encore se raréfier en 2017. En toute logique commerciale, Sony n'a pas travaillé sur l'amélioration du rendu stéréoscopique. On retrouve donc sur le 75XD9405 les mêmes fonctions et réglages, en plus de la même qualité 3D, que sur le Sony 75X94C de l'an dernier. Les BD 3D offrent un joli spectacle, avec une image évidemment trés immersive sur une telle diagonale. Au final, le rendu s'avère de très bonne qualité, mais il reste tout de même en retrait par rapport à la technologie 3D passive proposée par les TV Oled signés LG ou Loewe. Ici, on observe un effet fantôme relativement visible sur les sous‑titres, mais très contenu dans l'image.

Cela dit, l'effet de jaillissement est puissant, l'image est précise grâce à un Uspcaling Ultra HD 3D performant et un traitement vidéo tout aussi efficace qu'en 2D. D'autre part, on retrouve évidemment toutes les qualités du MotionFlow 3D qui offre une image parfaitement fluide et réduit considérablement l'effet de « Filckering » (un clignottement rapide des lunettes qui engendre un effet stroboscopique plus visible sur dalle 120 hz que 240 Hz), un souci que ne rencontre pas la 3D passive. Les réglages 3D sont en revanche assez limités ! On trouve un ajustement de l'effet de jaillissement, de la luminosité des lunettes, une gestion des diverses méthodes d’affichage stéréoscopique, une inversion du sens de lecture, mais pas de conversion 2D/3D (de toute façon pratiquement personne ne l’utilisait).

 

 

 

Pour conclure...
Pour résumer, le Sony KD‑XD9405 propose de nombreux atouts, quelques limitations au niveau du contraste et du rendu HDR10, mais aucun défaut majeur n'est à déplorer ! En revanche, comparé au Sony X94C de l'an dernier, il perd son système audio haut de gamme, propose moins de zones de Local Dimming et un contraste revu à la baisse qui passe tout de même de 4 000:1 à 2 500:1. D'un autre côté, le prix de lancement a lui aussi été revu dans ce sens, avec un design plus fin et moins encombrant.

 

Depuis notre test du Sony X94C de 2015, nous constatons également que de nombreuses mises à jour Firmware ont permis une nette amélioration du traitement vidéo et de l'Upscaling, mais aussi de l'interface Android ! Elle n'est pas encore parfaite, notamment au rayon multimédia, mais elle est tout de même bien plus stable, plus réactive et de nombreux bugs ont été corrigés. On le répète, espérons que le passage à Android TV 6.0 Marshmallow apporte de meilleures performances multimédias afin de profiter pleinement de toutes les énormes capacités dont cet OS est capable !


Comme souvent chez Sony, parmi les grandes qualités du Sony XD94, on, peut citer évidemment la qualité de fabrication, un superbe design sobre et classe, une fluidité parfaite même si on préférerait un peu plus de précision dans les mouvements, une colorimétrie très juste en sortie de carton, en Rec.709 comme en Rec.2020, et ça croyez‑nous, c’est un énorme plus. Profiter d'une colorimétrie juste avec les contenus Ultra HD Blu‑Ray c'est vraiment très appréciable !

D'autre part, le contraste natif du XD94 reste très correct avec une superbe homogénéité. On retrouve évidemment les grandes qualités présentes sur tous les téléviseurs Sony équipés du processeur X1 et X‑Reality 4K avec un Upscaling et un traitement vidéo d'une efficacité redoutable. Au final, avec un prix indicatif actuel de 6 990 €, le Sony KD‑75XD9405 s'avère un téléviseur de choix pour profiter d'une image très grand spectacle de 190 cm de diagonale ! Une immersion absolument grandiose ! Et pour couronner le tout, ce TV propose un nombre impressionnant de fonctionnalités en tout genre. Rajoutons également un Input Lag d'à peine 35,2 ms qui permet de profiter des jeux dans d'excellentes conditions ! Pour les plus exigeants, qui rechercheraient un contraste encore plus puissant, le test du téléviseur Sony ZD9 arrive prochainement...

+ Les points forts
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Design moderne et slim
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Upscaling Ultra HD et traitement vidéo ultra‑performants
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Fluidité exceptionnelle
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Excellente colorimétrie en Rec.709 et Rec.2020
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Interface Android TV
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Belle qualité du rendu HDR10
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Input Lag réduit (35,2 ms)
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Très bonne homogénéité
- Les points faibles
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Contraste perfectible
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Nombre de zones de Local Dimming limité
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Blooming visible en salle obscure
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Pic lumineux perfectible
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Léger effet fantôme en 3D
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