Enceinte

Sonos Play:5

Par Gwendal Lars - Publié le 28/03/16
Mustav
Prix indicatif : 579 € TTC
Note AVCesar.com
Type : enceinte amplifiée multiroom
Amplification  : 6 amplificateurs numériques classe D
Haut-parleurs  : 6 tweeters + 6 mediums‑boomers
Connectique  : port Ethernet RJ45, entrée analogique mini‑Jack 3,5‑mm
Liaison sans-fil  : Wi-Fi 802.11 b/g et système SonosNet
Fichiers lus : MP3, iTunes Plus, WMA (y compris les achats en téléchargement Windows Media), AAC, AAC+, Ogg, Audible (format 4), Alac, Flac (lossless), Wav et AIFF. Prise en charge native du 44,1kHz. Les taux d'échantillonnage de 48 kHz, 32 kHz, 24 kHz, 22 kHz, 16 kHz, 11 kHz et 8 kHz sont également pris en charge
Puissance  : Non communiquée (*)
Réponse en fréquence : Non communiquée (*)
Dimensions  : 203 x 364 x 154 mm
Poids  : 6,5 kg
* : comme d’autres marques américaines, Sonos ne communique pas de chiffres sur les caractéristiques techniques de ses produits.
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L’essentiel

Pionnier et leader du marché multiroom, Sonos présentait il y a quelques mois la « nouvelle » Play:5. Une enceinte multiroom s’intégrant parfaitement à l’écosystème de la marque, polyvalente et redoutablement efficace. Elle vient prendre le relais de la célèbre mais désormais ancienne Play:5, vieille de plus de six ans. Comme de tradition, Sonos reste assez discret sur les spécifications de sa dernière‑née. Impossible, entre autres, de connaître la puissance de ses amplificateurs internes, sa réponse en fréquence ou encore d’autres paramètres tels que sa consommation. Tout ce que le constructeur consent à communiquer concerne son architecture globale. Nous avons toutefois procédé à quelques mesures pour en savoir sur ses réelles capacités (cf. notre Verdit Technique).
La nouvelle Sonos Play:5 s’articule donc autour de six haut‑parleurs, trois tweeters et trois médium‑boomers, et chacun d’eux est piloté par un amplificateur numérique qui lui est propre. Six amplificateurs Class « D » sont donc mis à contribution pour animer la Play:5. On peut d’ailleurs s’interroger sur ce choix. En effet, comme cette enceinte peut assurer directement une restitution stéréophonique, il aurait été logique de trouver soit quatre haut‑parleurs, un tweeter et un médiumboomer par canal, soit éventuellement dans le cas de six haut‑parleurs un tweeter, un médium et un boomer par canal. Cependant, le choix de Sonos se justifie dans le sens où il offre la possibilité de gérer indépendamment chaque haut‑parleur. Cette possibilité est mise à profit pour offrir à la Play:5 une restitution stéréophonique très élargie lorsqu’elle est utilisée seule. Pour cela, un DSP, au sujet duquel la marque reste également très discrète, a pour fonction d’appliquer au signal un traitement destiné à leurrer nos oreilles. Ainsi, en jouant sur la phase des différents signaux, et probablement aussi sur un léger retard, les sons des canaux droite et gauche semblent provenir d’enceintes virtuelles. De plus, pour « aider » le DSP dans ces traitements, les tweeters les plus latéraux sont orientés de manière très particulière. Alignés sur la partie haute de l’enceinte, si le tweeter central adopte une orientation conventionnelle « dans l’axe », ces autres tweeters sont très fortement orientés vers la gauche et vers la droite. Ils sont même encastrés dans la façade de la Play:5 et sa découpe particulière fait office de guide d’onde. Les trois médiums‑boomers, pour leur part, sont simplement côte à côte. Un choix logique puisque la longueur d’onde des fréquences qu’ils ont pour mission de restituer est très supérieure à la distance qui les sépare et ne justifie donc pas d’orientation spécifique. Néanmoins ces différents éléments de la Play:5 se comportent comme si trois enceintes, orientées vers la gauche, le centre et la droite, étaient regroupées au sein d’un même coffret. Une structure apte à ouvrir l’espace stéréophonique et qui vient ici assister le DSP dans sa mission de « spatialisation du son ».

Reste que, Sonos a également prévu de pouvoir jumeler deux Play:5 pour bénéficier d’une véritable écoute stéréophonique. Dans ce cas, les traitements du DSP deviennent inutiles, voire gênants. Pour les supprimer, Sonos a doté son enceinte d’un accéléromètre identique à celui qui équipe nos smartphones pour faire pivoter l’affichage de leur écran. Il vient inhiber les traitements du signal dès que l’enceinte est placée verticalement. Ainsi, lors de l’utilisation de deux Play:5 couplées en stéréo, Sonos conseille de les orienter verticalement. Par la même occasion, cette orientation verticale leur offre une meilleure directivité dans le plan horizontal tout en optimisant leur diffusion verticale. En effet, dans ce cas, les tweeters latéraux se trouvent rayonner vers le sol et le plafond. Chaque enceinte joue ainsi son rôle de « source ponctuelle » sans aucun autre artifice. Bien entendu, comme de tradition chez Sonos, ces différents modes de fonctionnement se paramètrent depuis l’application à télécharger gratuitement soit sur l’App Store, pour les équipements tournant sous iOS, soit sur le Google Play Store pour ceux équipés d’Android.

Par ailleurs, pour optimiser le rendu acoustique de l’ensemble de ses produits, Sonos présente une nouvelle application. Baptisée TruePlay elle a pour fonction de calibrer la réponse en fréquence de l’équipement en fonction de l’acoustique de la pièce et de sa localisation par rapport aux murs, entre autres. En effet, chacun a pu constater qu’un positionnement en angle de pièce pouvait amplifier le grave de manière exagérée et que, inversement, un placement sur une table au milieu d’un salon n’était pas toujours le plus favorable pour disposer d’un grave ample. Son principe est donc de réaliser une mesure du rendu sonore au niveau du point d’écoute, voire de plusieurs emplacements. Cette mesure se fait depuis un iPhone ou un iPad. Après analyse de la réponse acoustique globale de la pièce, des paramètres de correction sont déterminés puis transmis à l’enceinte qui les applique au traitement du signal qu’effectue le DSP. Actuellement cette application n’est disponible que sous iOS. Sonos explique cette limitation par le fait que, pour que le système soit efficace, il faut connaître très précisément les caractéristiques du micro qui équipe le smartphone. Or si le nombre de modèles d’iPhones et d'iPad disponibles reste limité, ce n’est pas le cas sous Android. Difficile pour Sonos, dans de telles conditions, de répertorier les caractéristiques des micros de l’ensemble des smartphones Android. Les imperfections de réponse en fréquence de certains de leurs micros pouvant conduire à un remède pire que le mal. Sonos préfère donc clairement annoncer son choix et le justifier.

Concurrence

Harman Kardon propose l'Omni 20 au prix de 299 euros. Une enceinte mutliroom qui gère également le Bluetooth pour accéder directement aux contenus d’un smartphone, par exemple. L’un de ses points forts réside dans la numérisation des flux analogique ou Bluetooth qui lui sont appliquée pour les répercuter sur l’intégralité du système multiroom.

Samsung avec sa nouvelle WAM7500 commercialisée à 499 € associe multiroom et design. De plus, cette nouvelle enceinte mise sur un rayonnement à 360° pour assurer une sensation d’ambiance sonore enveloppante.

Cabasse, enfin, joue la carte du haut de gamme avec le système Stream 3 (cliquez pour découvrir le test de la rédaction d'AVCesar.com) vendu 999 euros. Il se base sur une configuration 2.1 qui s’articule autour de deux petites enceintes sphériques associées à un caisson de basse. À noter, si le système offre des fonctionnalités multiroom grâce à une application dédiée, il s’adresse en priorité à la restitution du son du téléviseur familial pour pallier la médiocre qualité des haut‑parleurs intégrés aux écrans actuels.

Verdict technique

La mise en service de la Play:5 est simple, elle devient simplissime si son nouveau foyer dispose déjà au moins d'un produit Sonos. Dans ce cas l’intégration de la Play:5 au système se fait directement par l’intermédiaire de SonosNet, le réseau spécifique que les produits Sonos créent directement entre eux. Dans l’application Sonos, il suffit alors de sélectionner, dans paramètres, « Ajouter un lecteur ou un Sub » puis de donner un nom à la Play:5 dès qu’elle apparaît. Attention, si les éléments sont logés dans des pièces très éloignées l’une de l’autre, il se peut que le signal SonosNet ne soit pas capté. Dans ce cas il faut sélectionner « Configuration alternative » puis passer soit par l’intermédiaire du Wi‑Fi conventionnel, soit par un câble Ethernet. Nous avons essayé les différentes configurations et, dans tous les cas, les menus sont clairs et intuitifs. Une fois la nouvelle Play:5 identifiée sur le réseau, on retrouvera l’intégralité des commandes standard, comme Flux audio dédié, mode Party, etc. et la possibilité de la configurer en tant que diffuseur stéréophonique ou affectée à au canal droite ou gauche si deux Play:5 sont couplées, en « vraie stéréo ».

Nous avons débuté nos écoutes sur une unique Play:5, donc en mode « stéréo élargie », l'enceinte étant posée à l’horizontale devant nous. Force est de reconnaître que le DSP réalise un travail impressionnant. En effet, certains sons semblent réellement provenir d’enceintes quasiment logées latéralement de part et d’autre du point d’écoute. De plus, cette sensation de champ stéréo ultra‑large se fait sans qu’apparaisse un « trou central ». C’est sur les enregistrements en public que l’effet est le plus saisissant et bien que l’on se trouve en face d’une enceinte unique, la sensation d’immersion sonore est proche de celle que procure un système multicanal. À savoir, cet effet est le plus marqué lorsque l’on se trouve à faible distance de l’enceinte. La stéréo devient plus réaliste dès que l’on s’éloigne au moins à trois mètres de la Play:5. On retrouve alors une sensation plus naturelle.

Par ailleurs, la Play:5 est assez démonstrative, voire flatteuse dans sa restitution. On retrouve là un comportement assez typique de la plupart des productions américaines. Le grave descend particulièrement bien (la Play:5 est capable de restituer du 50 Hz) et son ampleur surprend de la part d’une enceinte à l’encombrement aussi modeste. Visiblement les trois boomers travaillent efficacement et, bien qu’elle ne soit pas précisée, Sonos leur fournit une puissance généreuse. Autre atout de la Play:5, justement lié à la puissance évoquée, une distorsion plutôt bien maîtrisée sur l'ensemble de la réponse en fréquence même à fort volume. Une bonne surprise, les autres enceintes du genre n'ayant pas la même rigueur sur ce point. Pour revenir à nos séances d'écoutes, après avoir fait le tour d'une partie de notre bibliothèque musicale en gavant la Play:5 de toutes sortes de styles sonores, du classique à l'électro le plus festif, une belle polyvalence est sans conteste le sentiment qui domine. La Play:5 est capable de tout restituer, peu ou prou, même si les amateurs de musique classique resteront sur leur faim. Et encore, pour une écoute d'ambiance, la Play:5 fait largement le job.
Encore heureux qu'elle soit incapable de concurrencer des systèmes bien plus pointus mais aussi bien plus onéreux, là n'est pas son challenge. En poussant toutefois nos tests sur ce genre de musique, l’aigu apparaît détaillé, très présent, sans jamais être agressif. Au final, l’écoute bénéficie d’une légère brillance qui s’avère être assez séduisante. D'ailleurs, cette particularité convient parfaitement aux musiques actuelles. Pour le reste, la Play:5 impressionne avec, on le répète, des graves jubilatoires. Il ne fait aucun doute que la firme Sonos compte en son sein. Globalement, même utilisée seule, la Play:5 remplit plutôt bien sa fonction, même si les puristes pourront lui reprocher un rendu qui peut parfois apparaître un peu artificiel.

Les écoutes que nous avons réalisées en couplant deux Play:5 sont, certes plus réalistes et plus précises en termes de localisation spatiale des sources sonores, mais nous restons là sur du traditionnel. Si la restitution conserve son tempérament flatteur, la restitution ne possède pas le côté surprenant que fournit l’écoute d’une unique Play:5. La prestation, dans ce mode, rappelle beaucoup celle que proposait les Play:3. En revanche, il ne fera aucun doute que la configuration « stéréo réelle » respecte mieux les traditions d’écoute. À ce titre, nous avons de nouveau parcouru de nouveau une bonne partie de nos titres fétiches pour une sensation toujours aussi positive même si la voix (grave) de certains interprètes masculins manquaient un peu de coffre. L'un des rares points faibles observés.

Enfin, nous avons également testé l’application True Play. Elle s’avère efficace pour éviter les basses trop ronflantes lorsque l’on place la Play:5 en angle de pièce, par exemple, mais si elle offre une restitution effectivement très équilibrée, nous trouvons qu’elle donne à la Play:5 un tempérament un peu trop sage. Heureusement il est possible de réajuster manuellement son comportement pour qu'elle retrouve son côté joyeux et flatteur, si séduisant. Quelques mots rapides sur les touches sensitives situées sur le sommet de l'enceinte, elles permettent de gérer le volume bien sûr, mais aussi de passer au morceau de musique suivant ou de revenir au précédent. Mais surtout, lorsque les enceintes sont placées verticalement, les touches tactiles sont automatiquement ré‑assignées pour offrir un contrôle toujours aussi intuitif : les touches du haut gèrent l'augmentation du volume et le saut vers le titre suivant. Un bon point pour « piloter » rapidement l'enceinte sans devoir prendre en mains un périphérique mobile.

Au final, la nouvelle Play:5 s'avère une franche réussite à tout point de vue, reléguant loin derrière sa devancière de même patronyme. Plus important, elle relègue plus loin derrière encore l'immense majorité des enceintes réseau disponible sur le marché. Seules quelques productions typées Hi‑Fi, à l'instar de l'Audio Engine B2 testée dans nos colonnes (cliquez pour découvrir le test de la rédaction d'AVCesar.com), peuvent lui tenir tête (même s'il s'agit seulement de Bluetooth APT‑X) en termes de performances, mais avec une philosophie radicalement différente. La Sonos Play:1, capable de restituer tous les genres musicaux avec bonheur, a pour elle une polyvalence sans égale, une qualité de reproduction sonore toujours excellente, une ergonomie exceptionnelle et une évolutivité qui ne l'est pas moins.
Certes, les spécimens Sonos Play n'intègrent pas la fonction Bluetooth et privilégient le Wi‑Fi ou le filaire (à travers un câble Ethernet), mais c'est en contrepartie l'assurance d'une expérience sonore toujours optimum, sans perte de signal ou temps de latence et avec une qualité audio largement suffisante pour un usage quotidien, même pour les amateurs exigeants. Avec les enceintes Play Sonos, outre la possibilité de constituer d'emblée une configuration multiroom à l'aide de plusieurs modèles de la gamme, constituant l'essence même de la marque, il est aussi possible de débuter avec un seul exemplaire pour, petit à petit, façonner un système Home Cinéma 5.1, lui‑même maillon d'une chaîne audio plus large. Le catalogue de la marque avec une barre de son et un caisson de basses réseau ouvre de très nombreuses réalisations. Sonos fut la première à proposer cette fonctionnalité, copiée depuis par ses concurrents.

Vous l'aurez compris, essayer une enceinte Sonos Play, c'est bien souvent l'adopter et c'est surtout vivre la musique, partout à la maison, tout le temps, via une ergonomie aboutie, sans aucune contrainte. Jubilatoire. Jugez plutôt, absolument tous les services de musique existants, jusqu'au plus récent Apple Music, sont disponibles chez Sonos (un exploit !), et il est aisé d'intégrer sa bibliothèque musicale stockée sur un disque dur/ordinateur. La gestion des écoutes s'effectue très simplement à partir d'un smartphone, d'une tablette ou d'un ordinateur (une application OS X et Windows, excellente, existe). L'expérience et la force du leader…

+ Les points forts
»  
Possibilité de coupler deux enceintes pour une vraie restitution stéréo
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Sensation d’un véritable espace stéréophonique sur une enceinte unique
»  
Profondeur et franchise du grave
»  
Intégration à l’écosystème Sonos et au réseau SonosNet
»  
Touches tactiles sur l’enceinte
»  
Applications associées intuitives et conviviale
»  
Application de contrôle disponible sur ordinateur
- Les points faibles
»  
Connectique limitée à un port Ethernet et une prise mini‑Jack 3,5 mm pour l’analogique
»  
Application TruePlay disponible uniquement sous iOS
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