Lecteur multimédia

Pioneer N-50

Par Jean Eparvier - Publié le 30/05/12
Mustav
Prix indicatif : 599 € TTC
Note AVCesar.com
Type : passerelle multimédia
Réseau : UPnP (DLNA)
Dimensions (L x H x P) : 435 x 99 x 330 mm
Poids : 7,3 kg
L’essentiel
Aiguillonné par une concurrence prompte à réagir, le constructeur japonais Pioneer étend son offre de passerelles audio stéréo avec un modèle équipé d'un convertisseur numérique/analogique (Dac) sophistiqué, le Pioneer N‑50. De plus, la fonction Lecture réseau, ici extrêmement polyvalente, offre l'accès à la dématérialisation du signal sous toutes ses formes.

En premier lieu, le Pioneer N‑50 est donc un convertisseur numérique‑analogique (N/A) muni d’un Dac 192 kHz/32 bits de dernière génération et de deux entrées numériques, une optique et une coaxiale, afin d’améliorer les performances d’un petit lecteur de CD audio, d’un lecteur de DVD, de Blu‑Ray ou d’une « box » ADSL. Mais cette fonction de base n’est que la partie émergée de l’iceberg !
Doté de la fonction passerelle audio UPnP (DLNA), le Pioneer N‑50 est surtout capable de lire des fichiers Wav, Flac, MP3, AAC et WMA stockés sur un disque dur Nas ou sur un ordinateur connecté au réseau domestique, ou encore sur un périphérique USB relié à son port USB Host de façade (compatible Fat32 mais pas NTFS). Rappelons, au passage, qu’il est parfaitement possible de se constituer soi‑même une bibliothèque de fichiers musicaux de qualité en copiant ses CD audio à l’identique sur un disque dur. Cette opération, que l’on peut réaliser à l’aide d’un programme de « ripage » tels que EAC (Exact Audio Copy) ou DBPoweramp, permet d’extraire le signal musical dans les meilleures conditions, sans erreurs de lecture, afin d’en profiter avec un lecteur réseau tel que le Pioneer N‑50 à travers une liaison réseau local (Ethernet). Pour cela, il suffira de les stocker sur son ordinateur ou sur tout périphérique compatible avec la norme UPnP (DLNA) permettant au Pioneer N‑50 de jouer les plages d’un album, compressé ou non, comme on le ferait avec un simple lecteur CD audio.

Comme la plupart de ses concurrents, le Pioneer N‑50 n’est pas forcément dépendant d’un câble Ethernet pour être raccordé au réseau local. Le constructeur japonais propose en effet un adaptateur Wi‑Fi/Ethernet (Pioneer AS‑WL300) optionnel. Ce dernier permet aussi de profiter de la certification AirPlay. Il existe même un adaptateur Bluetooth (Pioneer ASBT2) pour communiquer avec un smartphone ou une tablette idoine. On peut également s’en servir comme d’une carte son externe en le connectant tout simplement via USB à son ordinateur, pour profiter au mieux de la bande‑son d’un film ou d’un contenu internet. Enfin, si le Pioneer N‑50 n’est pas équipé d’un tuner FM, sa connexion réseau lui ouvre les portes des Webradios à travers le service vTuner offrant plusieurs milliers de radios partout dans le monde. À noter encore, en marge de sa sortie analogique RCA, le Pioneer N‑50 est également équipé de deux sorties numériques ‑optique et coaxiale‑ qui permettront de l’exploiter simplement comme une plateforme multimédia avec un convertisseur N/A externe encore plus performant que celui intégré.

Évidemment, ce florilège de fonctions appelle une interface utilisateur à la hauteur. Cela ne semble pas être tout à fait le cas au premier abord, compte tenu de la petite télécommande peu pratique livrée avec l’appareil. Fort heureusement, Pioneer profite de la compatibilité du N‑50 avec les appareils Apple pour lui offrir une application iPod/iPhone (et iPad en petite taille) téléchargeable gratuitement depuis l’Apple Store. Cette dernière permet d’exploiter la machine, et notamment sa fonction de lecteur réseau, bien plus facilement qu’avec la télécommande, même s’il existe un temps de latence un peu pénible lorsqu’il s’agit de retrouver un fichier audio dans une audiothèque constituée de plusieurs milliers d’albums. Messieurs les ingénieurs, il faudra intégrer une recherche abécédaire à la prochaine version de votre logiciel ! En attendant, on se console en applaudissant le bel écran LCD couleur de la façade, où la pochette et toutes les informations du disque en cours de lecture sont affichées.

Un mot, enfin, pour évoquer la qualité de fabrication remarquable du Pioneer N‑50 : le constructeur japonais n’a pas lésiné sur les moyens en le dotant notamment de deux transformateurs indépendants pour la partie analogique et numérique. Le filtre numérique maison permet aussi de profiter au mieux du convertisseur 32 bits en suréchantillonnant systématiquement les fichiers Wav et Flac en 192 kHz/32 bits et en 48 kHz/32 bits ceux MP3, LPCM, AAC et WMA. Un bel effort pour une machine vendue à un prix encore réaliste, compte tenu de ses performances…
Concurrence
Tous les constructeurs généralistes, ou presque, proposent désormais une passerelle multimédia dotée d’une fonction lecture réseau. La différence se fait sur la qualité des circuits audio, notamment celle du convertisseur N/A intégré, la compatibilité avec les fichiers audio HD (192 kHz/24 bits et 96 kHz/24 bits) et le prix, bien sûr ! On peut notamment citer, dans la même catégorie que le Pioneer, le Denon DNP‑720 aux fonctions à peu près identiques, le Nad 446 muni d’un tuner FM mais qui refuse les fichiers HD, le Marantz NA7004, sensiblement plus cher mais également muni d’un tuner FM ou encore le moins connu Cambridge Audio Sonata NP30.
Fiche technique
Type : passerelle multimédia
Connectique : sortie audio stéréo, sortie audio numérique (optique et coaxiale), sortie XLR, port USB Host, port USB asynchrone, port Ethernet, Wi‑Fi (en option)
Compatibilité : MP3, WMA, AAC, Flac, Alac, DSD
Réseau : UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Airplay, Webradios
Gestion vidéo : sans
Consommation : 34 W (0,3 W en veille)
Finition : noir ou argent
Dim. (L x H x P) : 435 x 99 x 330 mm
Poids : 7,3 kg
ph image
Verdict technique
Certains peuvent se poser la question de l’intérêt d'une passerelle multimédia compte tenu de l’intégration d’une partie de ses fonctionnalités de lecteur réseau au sein de la plupart des platines Blu‑Ray moyen et haut de gamme. Sans parler des amplificateurs audio‑vidéo de dernière génération qui proposent tous cette fonction. En présence du Pioneer N‑50, la réponse tient en deux points, facilement discernables et interdépendants à l’écoute de cet appareil. En premier lieu, tout le monde n’a pas forcément envie d’une installation Home Cinéma de pointe, comprenant un lecteur Blu‑Ray et/ou un amplificateur A/V haut de gamme pour écouter sa musique. En second lieu, si le Pioneer N‑50 fait l’impasse sur la vidéo, c’est bien pour mettre l’accent sur ses qualités audio, nettement supérieures à celle d’un lecteur de Blu‑Ray, fut‑il au même prix.

Une différence qui saute aux oreilles, même des plus néophytes ! Car le Pioneer N‑50 est d’abord un très bon convertisseur numérique‑analogique indépendant, qui améliorera significativement les qualités d’un lecteur CD audio un peu ancien, ou même, pour le coup, d’un lecteur de DVD/Blu‑Ray avec lequel on voudrait écouter de la musique, sans oublier les « box » ADSL et autres boîtiers câble ou satellite… Cette différence se trouve encore magnifiée par la musique dématérialisée stockée sur un disque dur. L’absence d’erreur de lecture, autrement dit la richesse du message musicale, permet ainsi au Pioneer N‑50 d’offrir une qualité de timbre, une image stéréo et une précision supérieure à celle de bien des lecteurs CD audio plus chers. Nous ne sommes pas encore dans le monde audiophile ‑ni au niveau de la qualité, ni au niveau du prix !‑ mais on le touche déjà de l’oreille, tant la musique paraît modulée et rythmée, en un mot engageante. Il ne faut pas non plus oublier les qualités du Pioneer N‑50 utilisé avec un iPod ou une bibliothèque iTunes, dont il transcende les performances pratiques, en ajoutant un petit plus musical à tous les fichiers, mêmes compressé qui y sont stockés. Une solution simple pour se constituer un petit serveur audio facile d’emploi ! D’une manière générale, on gagne clairement en définition aux deux extrémités du spectre, mais aussi en dynamique, sans pour autant atteindre les qualités d’un fichier Wav ou Flac installés sur un disque dur Nas indépendant. Des qualités qui raviront également ceux qui souhaitent s’offrir une carte sonore digne de ce nom pour relier leur ordinateur à leur système Hi‑Fi pour profiter du son d’un fichier vidéo ou d’internet via le port USB B asynchrone (précision, il faut installer un driver Mac/PC spécifique sur l'ordinateur pour la gestion des fichiers 192 kHz). Sans oublier les Webradios qui valent bien des radios FM, même sur un tuner hertzien du même niveau de prix.

Enfin, si l’interface utilisateur du Pioneer N‑50 n’est pas encore tout à fait à la hauteur de celle proposée par les amplificateurs audio‑vidéo haut de gamme du constructeur, elle se démarque favorablement de la concurrence grâce au petit programme pour iPhone/iPod disponible gratuitement sur l’Apple Store. Et la certification AirPlay permet aussi un usage des plus aisés. On apprécie aussi son bel écran LCD pour découvrir la pochette du disque en couleur et toutes les informations souhaitée. Une excellente machine, en somme, que cette Pioneer N‑50 qui justifie son prix par des performances et une polyvalence digne des récentes réalisations du constructeur japonais.
+ Les points forts
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Convertisseur N/A performant
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Passerelle UPnP (DLNA)
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Compatibilité AirPlay
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Entrée USB B, fonction carte son pour ordinateur
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Lecteur réseau musical
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Interface utilisateur conviviale avec l’application iPhone/iPod
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Qualité de fabrication
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Sorties numériques performantes
- Les points faibles
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Télécommande d’origine pénible
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Adaptateur Wi‑Fi/Bluetooth en option
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Interface utilisateur encore à parfaire
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