Lecteur multimédia

nVidia Shield Android TV

Par Gwendal Lars - Publié le 15/11/15
Mustav
Prix indicatif : 199 € TTC
Note AVCesar.com
Type : passerelle multimédia
Disque dur : optionnel 500 Go
Réseau : UPnP (DLNA)
Sortie HDMI : v 2.0a
Dimensions (L x H x P) : 210 x 130 x 25 mm
Poids : 0,65 kg
L’essentiel
En ce tout début de banc d'essai, autant commencé par la fin. N'ayons pas peur des mots, avec la Shield Android TV, nVidia nous propose le terminal multimédia ultime, capable de mettre immédiatement à la page un téléviseur dépourvu de fonctionnalité Smart TV, et de s'imposer comme une source privilégiée de contenus pour les TV Ultra HD dernière génération. Tout simplement ! Mais une fois cette affirmation écrite, il s'agit de démontrer pourquoi nous en sommes arrivés à cette conclusion. C'est parti…

Ce petit boîtier est non seulement capable de gérer les flux vidéo Ultra HD, mais aussi d’accepter les plus récents formats audio Hi‑Res ou même de se comporter comme une véritable console de jeu capable de gérer les jeux PC les plus évolués avec une incroyable fluidité. Avant d'aller plus loin dans notre analyse de la nVidia Shield Android TV, il faut savoir que la France est un marché extrêmement particulier en matière d'internet, avec un accès à la télévision par internet très développé. Encore une particularité française… En effet, les « box » que délivrent les fournisseurs d’accès à leurs abonnés intègrent la fonction TV par internet. Dans la plupart des autres pays, y compris les pays européens, les fournisseurs d’accès accompagnent souvent leurs prestations d’un simple modem. Même s’il peut s’agir d’un modèle capable de gérer le très haut débit, celui‑ci fournit uniquement l’accès au réseau des réseaux et en aucun cas il n'est doté d’une connexion permettant de le raccorder directement à un téléviseur et de choisir ses programmes. Un manquement qui explique le succès des « Set Top Box », encore dénommées « Box TV » dans de nombreux pays. Ces dernières ont pour seule vocation d’établir une passerelle entre le téléviseur et internet tout en proposant à l’utilisateur une interface de navigation plus ou moins conviviale. En somme, une fonction qu’intègrent toutes les box des fournisseurs d’accès en France.
Donc, pour qu’un terminal multimédia devienne intéressant pour le public français, il faut que ses prestations vidéo soient supérieures à celles que proposent les box de nos fournisseurs d’accès, ou mieux, qu’il propose des spécifications et des services innovants. Ça tombe bien, c’est dans ce domaine que nVidia frappe très fort avec la Shield.

En premier lieu, la Shield Android TV bénéficie de l’ADN de son créateur nVidia, référence dans l'univers informatique et vidéoludique, en matière de puissance de calcul. Dotée du super‑processeur Tegra X1 de la marque, la Shield s’avère être près de trois fois plus puissante que sa rivale la plus performante, à savoir l’Apple TV nouvelle génération en vente depuis quelques jours. À noter, par rapport à la précédente version de l’Apple TV, apparue en 2012 en France, l’écart atteint cette fois‑ci 34 fois ! Pour disposer d’une telle puissance de feu, le Tegra X1 regroupe un CPU, unité de calcul, à huit cœurs cadencés à 2 GHz et un GPU, processeur graphique, à 256 cœurs. De plus, le GPU est capable d’assurer directement le décodage hardware des vidéos 4K et/ou Ultra HD. Il traite alors directement les flux vidéos encodés en AVC/H.264, en H.265 (HEVC) pour de la véritable Ultra HD cadencée à 60 im/s, ou même en VP9, format développé par Google.

Cette gestion des flux vidéo 4K et/ou Ultra HD en 60 images par seconde est l’un des points forts de la Shield par rapport à ses concurrentes. De plus, outre la fluidité que procure un tel cadencement d’image, la Shield a pour ambition de proposer une qualité d’image hors normes. Pour cela, elle est capable de travailler en dix bits par couleur contre huit traditionnellement. Ainsi, la palette de couleurs passe de 16 millions de teintes à plus de 1 milliard. Cette gestion de quantification, que Nvidia maîtrise déjà sur ses cartes graphiques pour PC, offre beaucoup de finesse aux teintes intermédiaires et aux dégradés en supprimant les effets de halo fugitif qui peuvent se manifester lorsque la quantification est insuffisante et génère des « paliers de couleur » décelables à l’œil.

Bien évidemment, pour acheminer ces flux vidéo jusqu’au téléviseur dans de bonnes conditions, la Shield dispose d’une sortie HDMI 2.0a (compatibles HDRCEC certifiée HDCP 2.2. Outre un large choix de services vidéo en streaming, elle propose également de bénéficier des contenus 4K et/ou Ultra HD disponibles dans les offres des services OTT (Over The Top, c'est‑à‑dire directement par internet), Netflix par exemple, pour peu que le débit de la liaison internet du foyer soit suffisant. Aux dires de nVidia, le minimum nécessaire reste assez raisonnable puisqu’il se situe aux alentours d’une vingtaine de mégabits par seconde, voire moins. Ce que nous avons pu vérifier avec deux localisations distinctes : les 17/18 Mbps utilisables dans notre premier lieu étaient insuffisant pour un résultat satisfaisant sur des contenus UHD/4K, alors qu'avec 23 Mpbs lors de notre second essai, dans un autre local, cela fonctionnait parfaitement.
Au final, la nVidia Shield Android TV s'avère donc le seul lecteur multimédia du marché externe à disposer de toutes les dernières technologies liées à la technologie Ultra HD pour alimenter les TV idoines, en attendant les platines Ultra HD Blu‑Ray prévues dans les rayons des magasins au printemps 2016. Ce n'est pas le plus mince des exploits réalisés par la société californienne.

Ce n'est pas tout ! À ce tableau déjà quasi parfait, nVidia a souhaité aller beaucoup plus loin en proposant de nouveaux services. Le plus innovant concerne le jeu vidéo, et plus précisément le Cloud Gaming. Gérée sous Android, la Shield accède naturellement à tous les jeux vidéo téléchargeables sur le Play Store de Google. Cependant, il s’agit là de jeux essentiellement destinés aux smartphones ou tablettes, donc d’une qualité difficilement comparable à celle des véritables jeux vidéo dédiés aux PC. C'est pourquoi une section spécifique existe, Shield Games, offrant des jeux Google Play dotés d'une réalisation technique évoluée (graphismes plus détaillés, bandes‑son améliorées…) pour un résultat à l'écran déjà très satisfaisant et permettant, même aux joueurs les plus aguerris (il y en a au sein de la rédaction d'AVCesar.com), de trouver leur bonheur et de s'éclater manette en main.
Pourtant, le spectacle proposé par ces titres issus de la ludothèque Shield Games est encore très loin du potentiel de la machine. Pour exploiter pleinement ses capacités, nVidia a donc créé son propre service de jeux en ligne. Baptisé GeForce Now, il propose les jeux PC les plus actuels en 1 080p/60 im/s pour une expérience de jeu identique à celle qu’offrirait un PC gamer de haut niveau, pour peu que la bande passante soit au rendez‑vous (50 Mpbs, sinon le nombre d'images par seconde baisse. À savoir nVidia ambitionne de proposer un jour des jeux en qualité 4K, un débit de 200 Mpbs sera nécessaire).
Ici encore, nVidia a trouvé une solution innovante pour que l’accès aux différents jeux soit quasi immédiat. Elle se base sur le concept du « Cloud Gaming » évoqué plus haut. Le jeu n’est plus téléchargé intégralement, mais directement joué en streaming via un flux AVC/H.264, les serveurs distants nVidia assurant les énormes calculs en temps réels nécessaires à l'affichage des images du jeu. Ce principe de fonctionnement dispose de plusieurs avantages. En premier lieu il évite un téléchargement pouvant durer une heure, voire bien plus sur les connexions à faible débit. Ici quatre à cinq minutes suffisent pour télécharger les éléments indispensables à la gestion du jeu et pour débuter une partie. Par ailleurs, on le répète, le « moteur du jeu » n’est plus géré par la console, mais par les ordinateurs du centre de calcul de GeForce Now. La Shield Android TV peut ainsi consacrer toute sa puissance de calcul à l’animation. Enfin, ce choix limite considérablement la nécessité de stockage dans la console. Ce dernier point explique que la Shield ne dispose « que » de 16 Go d’espace de stockage dans sa version de base. À savoir cependant, entre son slot micro‑SD et ses ports USB 3.0 (sans oublier un micro‑USB 2.0), l’utilisateur a tout de même le choix pour étendre cette capacité en fonction de ses besoins. Si les joueurs peuvent se contenter de la version « Pro » dotée d’un disque dur interne de 500 Go, ceux qui sont en plus amateurs de fichiers multimédia, c'est‑à‑dire vidéos, musiques et photos extrêmement gourmandes en stockage s’orienteront probablement vers le raccordement d'un disque dur externe de forte capacité.
Concurrence
Précurseur en la matière, l’Apple TV bénéficie d’une nouvelle mouture. Proposée à 179 € en version de base, cette nouvelle déclinaison du système multimédia de la marque à la pomme se dote aussi d’une manette de jeu. Cependant, la qualité des jeux reste éminemment inférieure et la 4K et/ou l'Ultra HD n’est pas encore disponible.

Le Nexus Player, estampillé Google et proposé à 99 €, a surtout pour ambition d’offrir un accès simple et convivial à l’interface Android TV en HD 1 080p. Si les jeux Android sont également accessibles depuis Google Play, ils n’ont pas la qualité d’un jeu console, ni ceux de la section Shield Games évoquées plus haut. Enfin, en raison de la faible taille de son boîtier, le Nexus Player ne dispose que d’une connectique embryonnaire. Elle se résume à un port micro‑USB et à une sortie HDMI.

Amazon propose aux États‑Unis le Fire TV. Un appareil aux performances intéressantes, bien que boudant également l'Ultra HD/4K, mais ce produit n'est pas encore distribué en France.

Roku (vendu pour l'instant uniquement à la Fnac), pour sa part, a établi des partenariats avec Vidéo Futur et Arte pour proposer des contenus en VOD. Mais son terminal Roku 3, commercialisé à 119,99 €, se limite également au 1 080p. Il base ses espoirs sur des services vidéo thématiques : films, musique, cuisine, famille, ainsi que des contenus sportifs tirés des chaînes de sport extrême Red Bull TV, GoPro TV et WWE. Les jeux vidéo de base sont également accessibles.
Fiche technique
Type : passerelle multimédia (optionnel 500 Go)
Connectique : sortie HDMI (v 2.0a), sortie XLR, port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : cartes SD, MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, Alac, DSD, DivX (SD et HD), WMV (SD et HD), Mpeg2 (SD et HD), Mpeg4 (SD et HD), Jpeg
Réseau : UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Podcast, Webradios, Web TV
Gestion vidéo : manuelle, Pal (50 Hz), NTSC (60 Hz), Cinéma (24 Hz)
Fonctions : CEC, High BitRate Audio, OSD Français, désentrelacement (vidéo/film) automatique, upscaling vidéo 2 160p, gestion du zoom à partir du 4/3 basique, gamme HDMI standard
Consommation : 10/15 W (3,5 W en veille rapide, 0,1 W en veille)
Finition : noire
Dim. (L x H x P) : 210 x 130 x 25 mm
Poids : 0,65 kg
ph image
Verdict technique
La mise en service de la Shield est simple. Pour notre part nous l’avons connectée au réseau via son port Ethernet. Ce choix permet de se prémunir des aléas de débit du Wi‑Fi, même si dans ce domaine la Shield est particulièrement bien équipée (Wi‑Fi 802.11 ac 2 x 2 Mimo 2,4 GHz et 5 GHz). Ensuite, l’idéal est de la connecter à un amplificateur audio‑vidéo. En effet, si la Shield gère parfaitement les flux audio multicanaux Dolby TrueHD et DTS‑HD Master Audio en bitstream ainsi que l’audio Hi‑Res, elle ne dispose d’aucune sortie audio. C’est d’ailleurs là un des rares reproches que nous lui adressons (voir plus bas pour les autres). Pour l'audio, le plus simple, si l’on ne souhaite pas recourir à un convertisseur externe USB/SPDIF, est donc de récupérer le flux audio numérique au niveau de prise HDMI, seul point où il est disponible. De plus, le choix de passer par un amplificateur offre la possibilité d’intégrer totalement la console à l’ensemble Home Cinéma et de la considérer comme une source à part entière.
Dans le cas précis d'une utilisation de contenus Ultra HD/4K protégés, en provenance de Netflix par exemple, et d'un amplificateur Home Cinéma doté de connecteurs HDMI 2.0 mais non certifiés HDCP 2.2 (un modèle de l'an dernier pour ne pas aller plus loin), il est encore possible de « ruser ». L'astuce est de connecter la Shield Android TV à l'écran TV et d'utiliser pour le son multicanal Dolby Digital Plus 5.1 de Netflix, la fonction ARC via un second câble relié à l'amplificateur. Soit en assignant la fonction ARC à une entrée HDMI libre soit en utilisant l'entrée HDMI compatible ARC, tout en ayant au préalable raccordée la Shield Android TV nVidia sur une autre entrée HDMI. Bien évidemment, cette configuration s'entend en présence d'un téléviseur, elle ne peut malheureusement pas être mise en œuvre avec un vidéoprojecteur où la fonction ARC est inconnue au bataillon.

Autre petit point un peu déroutant : en version de base la nVidia Shield Android TV est livrée accompagnée d’une manette de jeu sans‑fil (liaison Wi‑Fi Direct avec la Shield) rechargeable, mais sans télécommande (liaison Bluetooth avec la Shield). Cette dernière, furieusement proche de celle de l'Apple TV, la section tactile en moins, est optionnelle et proposée à 54,99 euros. On sent ici l’orientation nettement « gamer » de Nvidia, ayant décidé de faire l'impasse sur un accessoire quasi indispensable dans un environnement audio‑vidéo. Ce en quoi, une fois l’effet de (mauvaise) surprise estompé, il faut néanmoins avouer que ce point n’est guère pénalisant. En effet, la manette procure un contrôle aisé et intuitif de l'interface. Celle‑ci, très conviviale, est structurée comme pour les autres produits Android TV avec en premier lieu le moteur de recherche Google Search, puis des recommandations personnalisées en phase avec les habitudes de visionnage et d'utilisation, le chapitre Shield Hub avec les sections Shield Games et GeForce Now déjà évoquées (plus l'application Netflix déjà installée), le segment dédié aux applications (c'est ici que se trouve tous les services de l'univers Google : Google Play Store, Google Play Music, Google Play Film, YouTube…) puis, enfin, la section des paramètres. Et si certains services majeurs sont aujourd'hui absents de la Shield Android TV, Deezer, Spotify ou Qobuz entre autres, certains peuvent heureusement être disponible sur le Shield via la fonction Google Cast. Voilà démontré un autre atout primordial d'Android TV.

Une différence fondamentale et immédiatement remarquable est toutefois à souligner, en comparaison de nos précédentes expériences Android TV : ici tout est extrêmement réactif. Avec la nVidia Shield, c'est devenu un vrai plaisir de parcourir les menus et de naviguer parmi l'offre d'applis proposée. Les joysticks de la manette offrent une bonne ergonomie de navigation. Par ailleurs, pour simplifier encore la recherche d’un contenu, un film par exemple, la Shield gère les commandes vocales. Pour cela un micro est intégré dans la manette, tout comme dans la télécommande optionnelle. Il suffit donc d’énoncer le nom d’un acteur ou d’un réalisateur par exemple, pour que la nVidia Shield Android TV affiche une liste d’œuvres correspondant aux critères de recherche fixés.
Et pour être complet sur le sujet, si la Shield Android TV possède un port IR pour être contrôlée même lorsqu'elle est cachée derrière une porte de meuble par exemple, celui‑ci est directement reconnu par les télécommandes universelles Logitech Harmony. Un bon moyen, pour les possesseurs d'une telle zappette, de pallier l'absence de télécommande fournie avec la Shield. Et pour être véritablement exhaustif en la matière, sachez qu'il est aussi possible d'appairer un clavier Bluetooth à la Shield, pour améliorer encore l'ergonomie.

En tant que source de contenus, ou plutôt d’« interface téléviseur » la Shield présente donc deux principales facettes. La première s’adresse aux films et aux contenus multimédia, la seconde au jeu vidéo. Pour peu que l’on dispose d’un téléviseur compatible Ultra HD, ce qui sera de plus en plus la norme, la nVidia Shield Android TV impressionne tant par la qualité des images qu’elle délivre que par sa fluidité (à un bémol près, un Upscaling 2 160p imposé, voir plus bas), même lors des mouvements les plus rapides ou les « travellings ». En effet, à condition de jouer du réglage de la fréquence (23,976 Hz pour les films et 50/60 Hz pour le reste) disponible dans les menus, au regard du type de contenu affiché, l’image avec Netflix n’est victime d’aucune saccade ou tremblement. On attend tout de même une gestion automatique de la fréquence d'affichage (déjà disponible dans le cadre d'une utilisation multimédia avec un paramétrage adéquat du logiciel Kodi, après être passé en mode Réglage Avancé ou Expert) au niveau de toutes les applications (Netflix en tête) pour éviter des manipulations fastidieuses. Sinon, les cinéphiles ne manqueront pas d’apprécier la finesse de teintes qu’elle est capable de délivrer. Et dire que dans quelques mois (cf. notre actualité HDR Netflix en 2016), la nVidia Shield Android TV délivrera aux TV compatibles des contenus HDR. Bref, le spectacle ne fait que commencer !
Côté multimédia, elle constitue ainsi un remarquable lecteur vidéo, qu’elle pioche ses contenus depuis le net, un disque dur nomade ou une clé USB contenant des fichiers encodés en HEVC, par exemple. De même avec des fichiers MKV, DivX, Xvid, ASF, AVI, TS, M2TS, WMV, Mov, MP4, VC‑1… En SD ou HD, aucun problème à signaler. Idem pour l'audio, elle accepte tous les formats (Alac, Wav, Flac, Ogg, AACMP3…), même ceux moins usités ces derniers temps comme le WMA Pro. Et ce, jusqu'en 192 kHz/24 bits.
Et, une fois installé Kodi par exemple, plus rien (ou presque) ne lui résiste, pas même les flux DSD (transcodés en PCM), ni les fichiers Iso, ni les sous‑titres, ou encore les pistes Dolby Digital ou DTS (il faut par contre activer le mode Pass‑Trough). Parmi les rares manques, avec un fichier Iso BD par exemple, la gestion de la 3D et un zoom disgracieux des sources SD à la résolution HD. Pour gérer parfaitement cela, le mieux est d'attendre la prochaine version du Kodi qui devrait palier ce souci. À savoir, il est également possible d'ajouter l'accès à des services manquants sur la Shield, comme Qobuz, via le système des extensions de Kodi. Voilà qui ouvre de nouveau horizons. Plus généralement, il est vraiment plaisant de profiter de ses contenus audio, photo et vidéo à travers une interface jolie et bien pensée. À savoir encore, Kodi gère parfaitement l'accélération matérielle du processeur Tegra X1.

Au menu des reproches, comme énoncé plus haut, on doit signaler lors d'un raccordement de la Shield Android TV nVidia à un diffuseur Ultra HD, un Upscaling d'office 2 160p impossible à désactiver. Avouez que c'est un peu frustrant en présence d'un diffuseur haut de gamme au traitement vidéo ultra‑performant dans le domaine, par exemple un vidéoprojecteur Sony 4K, comparé à la Shield. L'Upscaling de celle‑ci reste satisfaisant mais logiquement en retrait par rapport au Reality Creation du constructeur japonais). De même, l'Upsampling en 192 kHz/24 bits d'un flux audio via USB ou en liaison HDMI est automatique et non débrayable. La présence d'un mode Source Directe serait judicieuce, espérons‑le lors d'une prochaine mise à jour.

Côté jeu, la Shield devrait aussi impressionner les joueurs les plus avertis. Ici, si l’image n’est gérée qu’en 1 080p/60, la fluidité et le détail des animations n’ont pas grand chose à envier à celle que délivrent les meilleurs PC. De plus, sur grand écran les jeux prennent une nouvelle dimension particulièrement immersive. Petit détail qui plaira au voisinage : les manettes de la Shield disposent aussi d’une sortie casque. Il est ainsi possible de jouer et de participer aux actions les plus extrêmes avec une sensation d’immersion sonore dans le feu de l’action maximum tout en respectant la quiétude de ses proches. Autre atout de la nVidia Shield Android TV, une fois une carte mémoire enfichée, son système installe les jeux sur celle‑ci, autorisant la constitution d'une riche bibliothèque de jeu. Oubliés les soucis de gestion de place sur la mémoire originelle des matériels Android TV en cas d'installations répétées de jeux ou d'applications. C'est là encore un avantage certain sur tous les autres matériels Android TV.
À signaler encore, la fonction GameStream qui propose, en présence d'un PC équipé d'une carte graphique GeForce nVidia (GTX600 au moins), de jouer sur le téléviseur du foyer aux titres installés sur l'ordinateur distant via le réseau local, en filaire ou à travers le Wi‑Fi.

Pour revenir sur la double facette de la nVidia Shield Android TV, il faut encore signaler la possibilité de sélectionner son niveau de performances dans les menus. Le mode Performance est à privilégier lors de parties de jeu vidéo alors que le mode Standard, plus silencieux en vertu d'une moindre ventilation des processeurs conviendra plus à une séance Home Cinéma ou série TV.
Enfin, nVvidia a particulièrement soigné de design de la Shield. Dotée de touches tactiles et d’un coffret ultra‑mince, elle s’intègre parfaitement au sein d’éléments High‑Tech. Elle peut soit être posée « à plat » soit être équipée d’un petit support permettant de l’installer sur la tranche. Cependant, cet accessoire optionnel est vendu à un prix que nous avons du mal à justifier, 34,99 €, alors qu’il ne contient aucun élément actif ou connectique additionnelle. Pour finir, il faut garder à l'esprit que l'expérience proposée par la nVidia Shield Android TV, déjà exceptionnelle, va aller grandissante. Outre la compatibilité annoncée avec Android TV 6.0 (Marshmallow), la compagnie américaine l'a démontré tout au long de son histoire, elle est attentive aux remarques et souhaits de ses consommateurs et elle est de plus, extrêmement réactive pour corriger et/ou améliorer les fonctionnalités de ses matériels via des mises à jour Firmware. Le meilleur est, encore, à venir et c'est génial !
+ Les points forts
»  
Compatibilité Ultra HD/4K 60 im/s
»  
Traitement vidéo 10 bits par couleur
»  
Chromecast intégré
»  
Cloud Gamming
»  
Puissance de calcul offrant une grande fluidité aux jeux
»  
Prise casque et micro sur la manette de jeu
»  
Gestion d’une multitude de formats tant audio que vidéo
»  
Ports USB 3
»  
Wi‑Fi 802.11 ac
»  
Manette de jeu fournie
- Les points faibles
»  
Pas de sortie audio numérique
»  
Mémoire de stockage un peu limitée (16 Go) en version de base
»  
Lecteur micro‑SD (un lecteur format SD eut été plus polyvalent)
»  
Télécommande optionnelle
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