Vidéoprojecteur

Epson EH-TW9000

Par Jean Eparvier - Publié le 22/05/12
sans Must AV
Prix indicatif : 2 899 € TTC
Note AVCesar.com
Type : tri-LCD
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
Contraste : 200 000:1
Iris : dynamique
Modèle : 3/4 de salle
Lens Shift : horizontal et vertical
Dimensions (L x H x P) : 466 x 395 x 140 mm
Poids : 8,15 kg
L’essentiel
Un peu frileux au départ sur la question de l'image en relief, le premier fabricant mondial de matrice transmissive s’est finalement mis en tête de démontrer les qualités de sa technologie avec la ferme intention d’imposer la 3D dans le grand public. Un revirement que l’on doit : « À un engagement fort de la part des fournisseurs de contenus pour les appareils 3D », d’après le chef produit d’Epson Europe, Madlyne Colson.

L’Epson EH-TW9000, et sa déclinaison sans fil dotée d’un boîtier HDMI Wireless (cf. visuel plus bas, sous les lunettes) l'Epson EH‑TW9000W, se présente comme la tête de pont de cette offensive avec des caractéristiques techniques de premier plan et, surtout, un prix contenu. À la base, on trouve donc un trio de panneaux LCD transmissifs Epson D9 prêt pour la 3D active, dont on peut profiter sur les contenus adaptés, mais aussi sur l’ensemble des sources connectées via une conversion 2D/3D, à travers les deux paires de lunettes Epson ELPGS01 livrées avec l’appareil (cf. photo plus bas). Pour faire honneur à ces nouvelles matrices et optimiser le rendu 3D, le constructeur japonais propose un traitement numérique sophistiqué sur 12 bits, capable d'afficher l’image jusqu’à la fréquence de 480 Hz (2 x 240 Hz) afin de réduire significativement la période de latence entre l’œil droit et l’œil gauche. L’Epson EH‑TW9000 offre également une puissance lumineuse confortable de 2 400 lumens pour compenser l’assombrissement lié aux lunettes actives.

Des qualités qui profitent également à l’image 2D (240 Hz), grâce à un rapport de contraste annoncé à 200 000:1 et une gestion avancée des couleurs certifiées ISF. Mais toutes ces technologies ne seraient rien sans une optique performante : il s’agit d’un zoom 2,1x concocté par Fujinon, muni d’un Lens Shift horizontal (96%) et vertical (47%) manuel, tout comme la mise au point et le grossissement réglable par l’intermédiaire de deux bagues situées sur le dessus du projecteur.

En matière de connectique, l’Epson EH‑TW9000 va à l’essentiel : deux entrées HDMI 1.4 CEC, une YUV et une Composite, sans oublier l’entrée Sub‑D15. On dispose également d’une entrée RS‑232 et d’une sortie Trigger 12V, pour le contrôle d’un écran par exemple. L’Epson EH‑TW9000W ajoute un petit boîtier externe, muni d’une entrée HDMI, permettant d’envoyer un signal Full HD 3D vers le vidéoprojecteur en sortie, par exemple, d’un amplificateur audio‑vidéo assumant le rôle de sélecteur de sources. Pratique et bien vu, à l’image de l'émetteur IR permettant au vidéoprojecteur de se synchroniser sur les lunettes 3D, intégré à l’appareil, et non déporté comme chez certains de ses concurrents. Ce dernier est pourtant disponible en option dans le cas où l’Epson EH‑TW9000 serait trop loin de l’écran.

En matière d’installation et de convivialité, l’Epson EH‑TW9000 fait donc bien les choses. Les menus, sans être d’une beauté transcendante, proposent toutes les options nécessaires à une installation basique ou experte. Et la télécommande, à laquelle il manque pourtant des accès directs aux réglages essentiels comme le contraste ou la luminosité, possède de grosses touches rétroéclairées pour une sélection facile des actions.
Concurrence
La 3D semble avoir donné des idées à tous les constructeurs sérieux de la planète ! Sur son chemin, l’Epson EH‑TW9000W retrouve le Panasonic PT‑AT5000E, avec lequel il partage ses matrices, mais aussi le Sony VPL‑HW30ES ou encore le Mitsubishi HT7800D et sa matrice DLP. Du beau monde, surtout en ajoutant le JVC DLA‑X30 et sa formidable technologie D‑ILA.
Fiche technique
Type : tri-LCD
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
Luminosité : 2 400 lumens
Contraste : 200 000:1
Iris : dynamique
Lampe : UEH, 230 W, 5 000 h
Modèle : 3/4 de salle
Lens Shift : horizontal (manuel) et vertical (manuel)
Zoom : 2,1x (manuel)
Mise au point : manuelle
Connectique : 2 entrées HDMI (v 1.4), 1 entrée YUV (RCA), 1 entrée Data (Sub-D15), 1 entrée Composite, 1 port RS-232, 1 sortie Trigger, compatibilité RVB vidéo via Sub-D15
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing), conversion 2D/3D, Data (WXGA)
Usage : CEC, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 16/9, zoom Letterbox, zoom Letterbox sous-titres, Overscan, télécommande rétroéclairée
Réglage : température de couleur (paramétrable en RVB), réglage de gamma (paramétrable), renforcement des noirs (dynamique), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24
Consommation : 340 W (0,35 W en veille)
Bruit : 22 dB
Dim. (L x H x P) : 466 x 395 x 140 mm
Poids : 8,15 kg
ph image
Verdict technique
Arrivé après le Panasonic PT‑AT5000E utilisant les mêmes matrices, l’Epson EH‑TW9000 se devait de faire aussi bien si ce n’est mieux. Nous attendions donc beaucoup de l’appareil lorsque le cache s’est ouvert sur son objectif de course et… le résultat est contrasté ! En matière de mise en œuvre, l’Epson alterne le bon et le moins bon. Avec son zoom 2,1x et son Lens Shift dans les deux sens de grande amplitude, on lui trouve facilement une place derrière les spectateurs sans trop s’offusquer de son bruit de fonctionnement, compte tenu de la confortable puissance lumineuse dont il dispose : un atout pour les images en relief comme nous le verrons plus loin. En revanche, en matière de couleur, il faut bien reconnaître que les modes proposés d’origine n’ont rien de folichon ! Le réglage Dynamique est trop saturé, Salon est tout simplement inutilisable et Naturel l'est seulement dans l’esprit de son concepteur. Au final, le mode Cinéma est, d’origine, le « moins mauvais ». Mais il nécessite tout de même de s’en remettre à une calibration pour bénéficier d’une image sympathique.

Une fois ces réglages effectués, on profite de la précision et de la luminosité de l’Epson EH‑TW9000 sans arrière-pensée, même si l’extrême précision des détails ne donne pas naissance à un rendu très cinéma. Le rapport de contraste, comme toujours surévalué, permet une excellente lecture des scènes en basses lumières. Et l’Epson EH‑TW9000 parvient même à rester très lumineux sans brûler les blancs. Bravo ! La fluidité est également au rendez-vous, notamment grâce à un mode Interpolation Image comptant quatre niveaux : Off, Bas, Normal, Haut. Si le dernier crée visiblement des artefacts et accentue le caractère dur de l’image de l’Epson EH‑TW9000, les deux premiers offrent un bon compromis. Nous conseillons le mode Bas en présence de signaux 50 Hz ou 60 Hz et le mode Normal avec un signal 1 080p/24. Précision, en revanche, ce procédé n'est plus disponible en 3D. Un mot sur le désentrelacement, très bien géré sur ce modèle, le plus huppé de la gamme Epson. En 2D, l’Epson est donc un bon projecteur, très piqué, mais le manque de volume de l’image peut déplaire à certains…

Il est vrai que pour ça, il y a la 3D ! Dans ce domaine, l’Epson EH‑TW9000 s’en sort vraiment bien, notamment grâce à sa puissance lumineuse importante et son rafraîchissement d’image à 480 hertz. Ensemble, ils compensent efficacement l’action des lunettes actives, notamment dans les zones sombres du film Pirate des Caraïbes par exemple, qui restent très lisibles. D’une manière générale, la sensation de profondeur est au rendez-vous, avec des effets de jaillissement surprenants, et toujours avec un piqué d’enfer et assez peu d’effet fantôme. Pour être précis, ce dernier reste un poil visible mais pas assez pour réellement gêner la vision d’un film en relief. Nous avons vu bien pire. En revanche, en matière de couleur, là encore, il faut batailler avec les paramètres pour trouver un équilibre satisfaisant. D’origine, l’Epson EH‑TW9000 est vraiment trop saturé et une petite calibration permet de remettre tout ça en ordre, sans toutefois toucher à l’excellence. À savoir, comme tous les projecteurs 3D testés, l’Epson EH‑TW9000 est très sensible à la qualité du lecteur Blu‑Ray qui délivre les images. Il ne faut donc pas négliger ce point pour en profiter au mieux. Sinon, les lunettes livrées avec le projecteur ne sont pas trop lourdes sur le nez et s’avèrent peu fatigantes à l’usage, même si au bout de deux heures, on est tout de même heureux de retrouver ses yeux ! Dans ce contexte on évoque du bout des prunelles la conversion 2D/3D, peu performante et fatigante, comme chez la majeure partie des concurrents il faut l'avouer.

Au final, si l’Epson EH‑TW9000 n’est pas le vidéoprojecteur le plus naturel de sa génération, il offre une précision et une fluidité remarquables aussi bien en 2D qu’en 3D, prouvant la pertinence du travail des ingénieurs japonais. La qualité de la 3D ravira notamment les amateurs de jeux vidéo qui profiteront de sa puissance lumineuse importante pour jouer confortablement pendant plus d’une heure d’affilée. Pour les cinéphiles, il faudra pourtant aller chercher les vraies couleurs avec une calibration dans les règles avant d’en profiter complètement.
+ Les points forts
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Souplesse d’installation
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Émetteur infrarouge intégré
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Piqué et fluidité de l’image
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Bonne luminosité en 3D
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Deux paires de lunettes incluses
- Les points faibles
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Rendu des couleurs manquant de naturel avant calibration
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Contraste surévalué
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Compensation de mouvement inactive en 3D
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Pas d’Auto LipSync
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