Vidéoprojecteur

BenQ W3000

Par Rémi Larivière - Publié le 10/12/15
Mustav
Prix indicatif : 1 599 € TTC
Note AVCesar.com
Type : mono-DLP
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
Contraste : 10 000:1
Iris : statique
Modèle : 1/3 de salle
Lens Shift : horizontal et vertical
Dimensions (L x H x P) : 330 x 128 x 257 mm
Poids : 3,4 kg
1599,00 €
Amazon.fr
L’essentiel
Depuis son arrivée en France, le constructeur taïwanais BenQ s'emploie a démocratiser la vidéoprojection, afin que nous puissions tous profiter d'une grande et belle image à l'occasion d'une séance Home Cinéma ou d'un événement sportif de type Coupe du Monde de Football, Jeux Olympiques, ou Euro 2016 comme ce sera la cas au printemps prochain, en France.
Successeur attitré du BenQ W1500 (cliquez pour découvrir le test de la rédaction d'AVCesar.com), le BenQ W3000 embarque quelques nouveautés notables pour un spectacle annoncé par son créateur extrêmement fidèle à celui proposé dans les salles obscures. Cela est possible grâce à l'inauguration de la technologie CinematicColor garantissant un calibrage Rec.709 (le gamut de la TV HD ou des disques Blu‑Ray par exemple) développée par les ingénieurs BenQ. Pour information, les vidéoprojecteurs BenQ CinematicColor apparus cette année (les références BenQ W2000 et BenQ W3000) sont calibrés trois fois au cours du processus de leur fabrication, afin de tenir la promesse d'un espace couleur 100% Rec.709, dès la sortie du carton.
En parallèle de cette innovation majeure, comparé au W1500, BenQ pour le W3000 a entièrement revu le bloc optique avec une nouvelle lentille dite ED (Extreme Low Dispersion) dotée d'un revêtement anti‑dispersion. Cette dernière, d'après les dires de son géniteur, offre une meilleure conduction lumineuse pour une luminosité améliorée et minimise la dispersion de la lumière pour réduire sensiblement les aberrations visibles dans les coins de l'image. Au final, le piqué gagne en précision et l'image en homogénéité lumineuse sur toute sa superficie.

Pour le reste, nous sommes donc toujours face à un vidéoprojecteur DLP HD Ready 1 080p et 3D Ready, équipé d'une puce Texas Instrument Darkchip 3 et d'une roue chromatique à six segments pour réduire l'effet arc‑en‑ciel lié à la technologie, récurrent auprès d'environ 20% de la population. Pour être complet sur le sujet, sachez que la taille chacun des segments colorimétriques, liée à la technologie CinematicColor, a été revue pour coller fidèlement à l'espace couleur Rec.709. Comme vous pouvez le constater, il s'agit donc d'une belle évolution du BenQ W1500. Coté design, la coque est légèrement différente, en forme trapézoïdale, avec une robe blanche laquée et tous les boutons de transport positionnés sur le dessus de l'appareil. Évidemment, une télécommande rétroéclairée est livrée pour contrôler l'appareil à distance.

Pour son dernier-né, le constructeur taïwanais annonce une luminosité relativement puissante de 2 000 lumens, de quoi permettre l'utilisation en environnement semi‑éclairé pour jouer à un jeu vidéo ou profiter d'une retransmission sportive par exemple. Le contraste dynamique obtenu grâce au mode Smart Eco (la lampe est sollicitée de manière dynamique selon la nature de l'image affichée) est annoncé à 10 000:1. Et on retrouve évidemment le fameux réglage Brillant Color permettant de booster la dynamique de l'image au détriment d'un fourmillement parfois plus prononcé.
Le BenQ W3000 intègre toujours une compensation de mouvement fonctionnelle en 2D et en 3D, graduée sur trois niveaux. Autre bonne surprise avec ce modèle, une paire de lunettes 3D DLP Link rechargeable via USB est fournie dans la boîte. Nous conseillons d'ailleurs fortement d'utiliser les lunettes proposées par BenQ, même si vous deviez opter pour une ou plusieurs paires supplémentaires. En effet, le BenQ W3000 synchronise les lunettes actives grâce à l'émission d'un flash rouge, contrairement à la majorité des autres modèles DLP Link utilisant un flash blanc. Cela permet d'offrir des noirs plus profonds, mais en contrepartie il faut utiliser des lunettes spécialement étudiées pour compenser cette dérive. Nous vous rassurons, une fois chaussées ces lunettes, l'image retrouve une colorimétrie naturelle. Précision au sujet de cette compatibilité stéréoscopique, elle est gérée nativement grâce aux deux ports HDMI 1.4. Il est donc inutile de passer par un adaptateur pour connecter un lecteur BD 3D, une console PlayStation 3/4 ou une Xbox One, un ordinateur ou un décodeur TV 3D Ready. Bon point. On note aussi une conversion 2D/3D à la volée, et une gestion des formats stéréoscopiques dessus‑dessous et côte‑à‑côte. Enfin, il faut noter la présence d'un port 3D Sync autorisant l'utilisation de lunette 3D à technologie RF, à condition de posséder l'émetteur adéquat bien sûr.

Le Lens Shift est toujours manuel, et essentiellement vertical (monnaie courante sur les vidéoprojecteurs à prix accessible) avec un débattement de 110% à ‑130%. Horizontalement, le décalage est seulement permis sur -5% à +5%. Le focus et le zoom sont également manuels et contrôlables depuis deux molettes positionnées au‑dessus de l'optique. Ce dernier est d'ailleurs assez puissant, il permet d'agrandir l'image jusqu'à 1,6x sa taille d'origine. On trouve également une correction verticale et horizontale des trapèzes accessibles depuis les boutons placés sur le vidéoprojecteur ou directement sur la télécommande. On note aussi un pied réglable en hauteur à l'avant du W3000 pour rehausser si besoin le faisceau lumineux. À savoir, le BenQ W3000 étant un spécimen Table Top, son faisceau est naturellement incliné vers le haut (cf. plus bas).
On remarque aussi une grille d'aération en façade pour évacuer la chaleur dégagée par la lampe. En mode Eco, le W3000 reste relativement silencieux (33 dB sur notre décibelmètre). Par contre, le mode Normal s'est montré un poil bruyant dans le cadre d'une séance de cinéma à bas volume, avec un niveau qui atteint les 41 dB (mesuré à un mètre de l'appareil).
De son côté, le panneau de connectique est très fourni. Il rassemble deux entrées HDMI 1.4 comme déjà spécifié plus haut dont une compatible MHL, une Sub‑D15, une YUV, une Composite, une entrée stéréo RCA, une entrée/sortie mini‑Jack 3,5 mm pour l'audio, un port USB type A alimenté (1,5 V) pour alimenter le module Wireless HDMI BenQ WDP01 optionnel à placer sur un support spécifique, sur le côté du vidéoprojecteur (cf. photo ci‑dessous) ou une clé Chromecast, un port RS‑232, un port micro‑USB type B et même une sortie Trigger 12 V.

Quelques mots maintenant sont nécessaires pour la découverte des réglages disponibles sur ce vidéoprojecteur certifié ISF. Trois solutions s'offrent d'emblée à vous : faire confiance au mode Cinéma (Rec.709) pour profiter des films comme dans un studio de mastering avec un étalonnage parfaitement respecté, réaliser un calibrage ISF (connaissances et matériels nécessaires), ou encore vous débrouillez avec les réglages Image proposés. Dans le premier cas de figure, là encore deux solutions s'offrent à vous : ne rien faire, sauf à appuyer sur la touche Play de votre lecteur BD/DVD et profiter du spectacle, ou bien vérifier au préalable que le gamut Rec.709 annoncé est bien respecté par le W3000. Si vous optez pour cette solution, le deuxième cas de figure lié au calibrage ISF peut également être réalisé par vos soins. Mais vous pouvez aussi faire appel à un professionnel certifié ISF. Ainsi, vous profitez d'un menu avec deux modes ISF : Jour et Nuit.
Dans le dernier cas, vous disposez des réglages basiques avec des modes images préréglés (Game, User 1, User 2, Bright ou Vivid), des réglages traditionnels de luminosité, contraste, couleur, teinte, netteté, couleur chair ou encore la température de couleur (Froid, Normal, Chaud, Lampe d'origine), pour obtenir un rendu visuel proche de vos souhaits. Vous pouvez même pousser un peu plus loin avec le choix du gamma préréglé, l'accès à un CMS (Color Management System) pour régler la saturation, la nuance et le gain des couleurs primaires et secondaires, ou encore aux réglages de l'échelle de gris sur deux points.
Concurrence
Le vidéoprojecteur BenQ W3000 se confronte à quelques concurrents intéressants dans le même ordre de prix. Nous pouvons déjà citer son petit frère BenQ W2000, lui aussi CinematicColor et 3D Ready, affiché à 1 199 euros. En revanche, point de compensation de mouvement et une luminosité un poil moins élevé (1 800 lumens), mais une nouvelle coque pour une ventilation améliorée, donc un bruit de fonctionnement plus faible.

Nous trouvons également l'Epson EH‑TW6600 (1 599 €), un modèle Tri‑LCD annoncé avec un contraste dynamique de 70 000:1 pour une luminosité de 2 500 lumens. Il est également compatible 3D, mais ne dispose pas de compensation de mouvements.

Enfin, citons le Vivitek HD1188 doté d'un procédé d'interpolation d'image, une roue codeuse six segments, 2 000 lumens pour un ratio de 10 000:1 et une puce DarkChip 3. Le tout pour un tarif indicatif de 1 299 euros.
Fiche technique
Type : mono-DLP
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
Luminosité : 2 000 lumens
Contraste : 10 000:1
Iris : statique
Lampe : UHP, 260 W, 4 000 h
Modèle : 1/3 de salle
Lens Shift : horizontal (manuel) et vertical (manuel)
Zoom : 1,6x (manuel)
Mise au point : manuelle
Connectique : 2 entrées HDMI (v 1.4), 1 entrée YUV (RCA), 1 entrée Data (Sub-D15), 1 entrée Composite, 1 port RS-232, 1 port USB, 1 sortie Trigger, compatibilité RVB vidéo via YUV + Composite
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing), conversion 2D/3D
Usage : CEC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, zoom Letterbox, zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), télécommande rétroéclairée
Réglage : température de couleur (paramétrable en CMJRVB), balance des blancs (CMJRVB), réglage de gamma (préréglable), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60
Compensation de mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24
Consommation : 350 W (< 0,5 W en veille)
Bruit : 33 dB
Dim. (L x H x P) : 330 x 128 x 257 mm
Poids : 3,4 kg
ph image
Verdict technique
Après un rapide passage à la sonde, force est de constater que le BenQ W3000 réglé en mode Cinéma (Rec.709) est digne de confiance (le contrat est presque rempli, seul la pointe du vert du triangle RVB n'est pas en ligne avec le diagramme CIE mais il est aisé de corriger ce défaut de justesse). Pour le calibrage ISF, sachez qu'il est de type CCA (Comprehensive Color Adjustment). Il suffit donc de prendre les mesures à l'aide d'un générateur de mire et d'une sonde, de renseigner les coordonnées xyY avec les couleurs relevées et le BenQ W3000 opèrera un calcul automatique pour s'aligner sur les standards cinéma. Si les résultats obtenus avec cette procédure ne sont pas d'une perfection absolue, on obtient néanmoins un Delta E inférieur à 1 sur la balance des blancs, et inférieur à 2,4 pour l'espace colorimétrique, sachant qu'en dessous d'un Delta mesuré à 3 il faut vraiment avoir un œil exercé pour visualiser la différence. De même, en mode Cinéma, le Delta E est là aussi en dessous de 1 pour les blancs (ou l'échelle de gris) et 1,7 au global. Un excellent résultat.

On retrouve la grande qualité des vidéoprojecteurs DLP avec un piqué superbe, supérieure au W1500, le preuve que la nouvelle lentille est efficiente. Une image d'une précision exemplaire, digne de modèles bien plus onéreux. À tel point que la fonction Netteté n'apporte pas de réelle amélioration, même lorsqu'elle réglée au maximum. La fluidité est bonne en 24p sans compensation de mouvement activée mais les saccades lors des panoramiques ou même avec des objets en mouvements sur un plan fixe sont patentes. Une fois l'interpolation d'images enclenchée, l'image affiche une bien meilleure fluidité et ce, dès le mode le plus faible (Bas). Et si vous n'appréciez pas du tout les saccades, il suffit de sélectionner le mode Moyen. Le choix du mode Élevé donne en revanche un aspect caméscope et des artefacts de mouvements. À chacun ses réglages...
La luminosité, très puissante en mode Normal, chute normalement en mode Eco. Cela dit, avec un pic de luminosité mesuré à 91 cd/m² en mode Eco, c'est largement suffisant pour profiter de films en salle obscure. Et pour ceux qui souhaiteraient une image encore plus dynamique sans activer le mode Standard (plus bruyant donc), le procédé Brillant Color permet de booster ce pic lumineux sans éclaircir les noirs. Un très léger fourmillement pourra être perceptible dans les scènes les plus claires, mais rien de bien méchant.
Pour sa part, le niveau du noir est vraiment bon, sans être exceptionnel. Nous l'avons mesurer à 0,08 cd/m², soit exactement comme le W1500. Précision, une toile moins blanche à gain plus élevé que la nôtre devrait permettre des noirs un peu plus profonds. Au niveau de l'homogénéité, là encore c'est un sans faute. Nul doute que le revêtement anti‑dispersion de la lentille jour ici un rôle majeur. Sur ce point précis, le W3000 fait largement mieux que le W1500.
Côté relief, c'est encore des félicitations que méritent le W3000. L'effet fantôme est quasi‑inexistant et, plus généralement, la 3D est lumineuse, avec une bel effet de profondeur et une fluidité à toute épreuve.

Au niveau des reproches, il est certain que les adeptes de jeu vidéo ne trouveront pas le W3000 à leur goûts. En effet, même en désactivant tous les processeurs vidéos, l'Input Lag reste élevé (environ 80 ms), rédhibitoire même pour les joueurs de FPS par exemple. Autre petit souci, sa mise en œuvre ne sera pas des plus aisée au sein d'une salle dédiée, la faute à un Lens Shift limité et une configuration Table Top déjà évoquée, associée à un rapport de zoom 1,6x. Destiné à être placée sur une table basse, le W3000 n'apprécie par la configuration classique d'un local Home Cinéma avec le vidéoprojecteur situé en fond de salle au‑dessus des spectateurs. Dans cette configuration, il faut privilégier le mode Plafond, ce qui oblige la présence d'un support idoine.

Dans son ensemble, la qualité de l'image offerte par le BenQ W3000 est de très haute facture, parmi les meilleurs disponibles à ce tarif. Enchaîner les films Blu‑Ray est un vrai ravissement pour les yeux. Immersion garantie, image dynamique, noirs costauds, colorimétrie excellente en mode Cinéma Rec.709, piqué exceptionnel, des arrières‑plans nets, profondeur de champ bien gérée… Si on ajoute à cela des performances en relief dignes, là encore, des tous meilleurs, le BenQ W3000 est un vidéoprojecteur remarquable du point de vue des amateurs Home Cinéma, mais aussi des utilisateurs occasionnels qui souhaiteraient diffuser une grande image pour une soirée festives entre amis, même avec un éclairage ambiant diffus (la luminosité du BenQ W3000, avec un contraste Ansi mesuré à 1 968:1 le permet aisément).

Au final, nous avons vraiment peu de reproches à faire à ce BenQ W3000. Surtout au regard de son tarif. Tout est là : une compensation de mouvement intéressante en plus, il faut le souligner, d'une fluidité 24p très satisfaisante, un calibrage CinematicColor Rec.709, une certification ISF, une précision d'image de très haut niveau, une belle homogénéité, une luminosité puissante et des noirs profonds pour un vidéoprojecteur à ce tarif, 1 599 euros ! Une très belle réussite.
+ Les points forts
»  
Piqué de toute beauté !
»  
Superbe colorimétrie à l'alllumage
»  
Compensation de mouvement fluide
»  
Luminosité puissante
»  
Noirs extrêmement profonds à ce tarif !
»  
Paire de lunettes 3D fournie
»  
Effet arc‑en‑ciel très réduit
»  
3D précise et lumineuse
- Les points faibles
»  
Interpolation qui dégrade un poil le piqué
»  
Mode lampe Normal relativement bruyant
»  
Lens Shift trop restreint
ACTUALITÉS POPULAIRES
TESTS MATÉRIEL POPULAIRES