16 septembre 2026 - 11h50

Les Contrebandiers

VO
The Weight
année
2026
Réalisateur
InterprètesRussell Crowe, Ethan Hawke, Julia Jones
éditeur
genre
sortie salle
16/09/2026
notes
critique
7
10
A
soutenir
© SND
© SND
© SND
© SND
© SND
© SND
%C2%A9+SND
%C2%A9+SND
%C2%A9+SND

Oregon, 1933. À la suite d’un excès de zèle policier, Samuel Murphy, un père veuf, est envoyé dans le camp de travail d’une mine d’or. Séparé de sa fille, il fera tout pour la retrouver, quitte à accepter un marché avec le directeur du camp : faire passer clandestinement de l’or à travers une région sauvage et dangereuse…

 

La soif de l’or

Pour son premier film en tant que réalisateur, le chef‑monteur Padraic McKinley s’attèle à une partition bien balisée tout en parvenant à en faire un beau petit film assez personnel. Un savant mélange entre Le salaire de la peur, Les Douze Salopards et les pubs Levi’s des années 90 signées Leslie Dektor (Levi’s Crotch Rivet). Bien évidemment, la poussière en moins et la forêt luxuriante en plus, magnifiée qui plus est par la sublime photographie de Matteo Cocco. Encore un film où la nature est omniprésente…

 

Encore une fois, les as du marketing sont passés à côté de la subtilité du titre original, The Weight, qui fait référence au poids des sacs d’or que vont devoir se coltiner les contrebandiers du titre bien sûr, mais également au poids de la responsabilité d’un père vis‑à‑vis de sa fille. Les Contrebandiers prend en effet le temps de poser son personnage principal, incarné tout en intériorité par Ethan Hawke à son meilleur. Ce père veuf, pris dans le tourbillon de la Grande Dépression, fera tout pour subvenir aux besoins de sa petite fille et tenir ses promesses de bonheur malgré la dureté de la vie.

 

Le film prend également le temps de poser la relation entre Murphy et Clancy, le directeur de la prison. Russell Crowe donne corps à ce personnage trouble et rappelle au passage combien il peut être un bon acteur. Et puis enfin, les sacs d’or sont posés sur les épaules et l’aventure peut commencer. Avec une nuance : une femme va intégrer ce casting au demeurant très masculin de taulards en cavale et casser un peu l’équilibre attendu.

 

Car le film est dans l’ellipse et la métonymie. La backstory du personnage incarné par Julia Jones est à peine esquissée, mais on comprend assez bien d’où elle vient. Il en sera de même pour le discours pro‑amérindien du film. Subtil mais assez clair.

 

L’aventure, c’est l’aventure

Les Contrebandiers se veut surtout un film d’aventure efficace, un western captivant, une traversée sauvage où la nature recèle de pièges qu’il faudra éviter davantage par son intellect que par la seule force physique ou la violence.
Bien évidemment, les rebondissements de ce périple sont assez prévisibles et plutôt légers. Le réalisateur arrive tout de même à chaque fois à prendre des chemins de traverse et à finalement nous surprendre par ses choix narratifs et sa mise en scène.

 

Le passage obligé de ce genre de film ‑le pont suspendu brinquebalant‑ est par exemple très bien traité avec un suspense véritable malgré une scène vue et revue mille fois au cinéma. Il en sera de même pendant tout le film, jusqu’à la conclusion et à la confrontation du héros avec ses antagonistes.

 

Indéniablement, le film a le charme du suranné, à l’ancienne, sans prétention, et cela fonctionne à merveille. Une belle petite surprise, donc, qui ne révolutionnera pas le genre mais une petite pépite quand même en ce début de saison cinématographique.

sur les réseaux
proposer une vidéo
en plus
soutenir
Recevez l’actualité tech et culture sur la Newsletter cesar
Inscrivez-vous
OK
Non merci, je suis déjà inscrit !