Amplificateur audio-vidéo

Rotel RSX-1560

Par Jérôme Prin - Publié le 22/03/10
Mustav
Prix indicatif : 2 500 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby TrueHD et DTS‑HD
HDMI : 4 entrées (v1.3)
Puissance : 7 x 100 W
Dim. (L x H x P) : 431 x 188 x 422 mm
Poids : 15,5 kg
L’essentiel
Rotel, constructeur réputé, dont les appareils offrent un niveau de performances digne de produits audiophiles tout en restant financièrement accessibles n’a pas attendu la haute définition pour investir le monde du Home Cinéma. Cela fait un moment que les amateurs de spectacles image et son trouvent leur bonheur au sein de la gamme du constructeur. Et les matériels de la série 15, la dernière-née, démontre d’ailleurs tout son savoir-faire dans le domaine. Le Rotel RSX‑1560, testé ici, est donc un amplificateur intégré audio-vidéo de 7 x 100 watts. Pour information, et pour les amateurs de Home Cinéma, on trouve également au catalogue la référence Rotel RSX‑1550 (identique au RSX‑1560 mais doté de seulement cinq canaux) et le Rotel RSP‑1570, préamplificateur/processeur qu’il faut impérativement accompagner d’un amplificateur de puissance (solution plus coûteuse…).

Disponible en noir ou alimunium, le Rotel RSX‑1560 est massif, légèrement boutonneux (32 boutons en façade tout de même !), fabriqué avec soin et, comme on va le voir, outre ses capacités vidéo il ne sacrifie rien à l’exigence sonore de la marque. Mieux, il privilégie clairement les fonctionnalités et les performances audio.
Il dispose d’une connectique complète exclusivement située à l’arrière (pas de prise en façade), n’autorise pas d’accès Internet (la prise RJ‑45 concerne uniquement le contrôle de l’appareil dans le cadre d’un système domotique), ne propose rien pour brancher votre baladeur numérique (iPod ou autre) et encore moins de port USB Host. Pour compléter le tableau, signalons aussi l’absence d’égalisation automatique par micro : il faut régler la distance entre les enceintes et la position d’écoute à la main et au mètre. Quant au niveau, c’est à l’oreille ou avec un sonomètre, comme au bon vieux temps des débuts du Home Cinéma. À noter, il est tout de même possible de configurer la fréquence de coupure entre les enceintes et le caisson de grave ainsi que le niveau de ce dernier selon le mode de décodage (Dolby Digital, Dolby Pro Logic IIx, DTS, DSP, entrée multicanale et stéréo). On passe rapidement sur l’OSD qui rappelle les grandes heures de l’ordinateur Thomson TO-7 (les plus anciens imaginent sans peine) pour s’attaquer rapidement à la partie vidéo.

Au cœur du transcodage vidéo, on trouve ainsi une puce Faroudja qui gère l’Upscaling (jusqu’en 1 080p) et le désentrelacement des sources vidéos analogiques. Pour être plus clair, tout signal vidéo (Composite, YUV ou S-Vidéo) peut être récupéré sur la sortie HDMI en 1 080p. En revanche, le Rotel RSX‑1560 n’intervient pas du tout sur une source HDMI (si votre lecteur de DVD sort du 720p, par exemple, en HDMI, le Rotel est totalement transparent, comme un simple pass-through). Seule configuration possible en numérique : la configuration du mode audio pour la HDMI (amplificateur ou TV). Un peu court, jeune homme !

Alors qu’est-ce qui fait la force de ce Rotel RSX‑1560 ? Sans conteste la qualité sonore de l’amplification et le nombre de zones gérées. On compte ainsi trois zones audio (avec une sortie RCA pour attaquer un amplificateur de puissance) et vidéo (sorties Composite et S‑Vidéo) plus la possibilité d’utiliser deux canaux d’amplification sur les sept disponibles pour alimenter directement des enceintes dans une seconde zone. N’oublions pas les six prises Triggers qui permettent l’activation à distance d’autres appareils. On notera également la présence d’une sortie préamplificateur 8.2 ; elle compte deux canaux pour raccorder deux voies centrales. Utile si votre vidéoprojecteur affiche une grande image ! Dernière remarque : la touche « Direct » que l’on trouve en façade ne concerne nullement un mode « Bypass » des circuits vidéos (c’est généralement sous ce nom que l’on trouve cette fonction sur la majorité des amplis A/V), mais sert en réalité à entrer manuellement et directement la fréquence hertzienne d’une radio !
Concurrence
À ce niveau de prix, on trouve des appareils haut de gamme comme le Yamaha DSP‑Z7 ou le Pioneer SC-LX‑82 intégrant un maximum de fonctions dont de nombreuses options vidéos (l’un comme l’autre dispose par exemple d’un transcodeur vidéo qui s’applique aussi bien aux signaux analogiques que numériques), une connectique RJ‑45 associée à la fonction passerelle multimédia UPnP (DLNA), deux sorties HDMI et même une entrée HDMI en façade. Vous l’avez compris, le Rotel RSX‑1560 emprunte une voie différente.
Fiche technique
Type : amplificateur 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby TrueHD et DTS‑HD
Puissance : 7 x 100 W
Entrées : 4 entrées HDMI (v1.3), 3 entrées YUV (RCA), entrées audio et vidéo (7 audio, 3 vidéo et 3 S‑vidéo), entrée multicanale (7.1), entrées numériques (4 optiques et 3 coaxiales)
Sorties : 1 sortie HDMI (v1.3), 1 sortie YUV (RCA), sorties audio et vidéo (3 stéréo, 2 composite et 2 S‑vidéo), sortie préampli (8.2), sorties numériques (1 optique et 1 coaxiale), 6 sorties Trigger
Multimédia : Alac, DSD, AIFF, Bluetooth , NFC, Airplay
Compatibilité audio : 4 modes DSP, Dolby Pro Logic IIx, DTS-Neo, Dolby Digital EX, DTS‑ES, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHDDolby Atmos, , DTS‑HD, DTS:X
Traitement audio : Ciné Re‑EQ, égalisation du caisson
Traitement vidéo : transparence au xvYCC, transparence au Deep Color, transparence au 1 080p/24, transcodage vidéo (vers HDMI), Upscaling vidéo (1 080p)LipSync manuelle (jusqu'à 500 ms)
Fonctions : OSD (français via HDMI), télécommande universelle (préprogrammée) rétroéclairée, CEC, ARC
Consommation : 500 W (3 W en veille)
Finition : noire ou aluminium
Dim. (L x H x P) : 431 x 188 x 422 mm
Poids : 15,5 kg
ph image
Verdict technique
Rotel a l’habitude de proposer des produits dont la partie audio est très aboutie et ce modèle suit totalement les préceptes de la marque dont le fameux « Balanced Concept » qui assure un résultat sonore de qualité par des écoutes comparées selon la procédure suivante : le prototype est testé par des « oreilles » connues et reconnues (ingénieurs du son, musiciens et concepteurs) avec différentes solutions mises en œuvres et chacun note l’appareil. Si cela ne convient pas, il repart en atelier avant une nouvelle session d’écoute. Et ce, jusqu’à satisfaction du produit. Ici, l’amplification audio utilise des modules de puissance numérique qui permettent un gain de place non négligeable. Rotel a de son côté travaillé sur l’alimentation avec un transformateur toroïdal, et a cherché à isoler au maximum les modules de puissance. Le Rotel RSX‑1560 gère la partie audio via un processeur Cirrus Logic avant d’attaquer la conversion numérique/analogique via quatre circuits BurrBrown de qualité.

La connectique est relativement bien organisée, on aurait cependant apprécié une meilleure différenciation entre les entrées et les sorties. Côté vidéo, le désentrelacement des sources SD est de bonne facture et leur Upscaling réussi. On en attendait pas moins du processeur Faroudja. D’aucuns regretteront peut-être l’absence d’une seconde sortie HDMI, présente sur les amplificateurs audio-vidéo haut de gamme ou une cinquième, voire une sixième, entrée HDMI (quatre, c’est assez peu). Mais, on l’a dit et on le répète, le Rotel RSX‑1560 se veut avant tout d’obédience audiophile. Il limite donc les fonctions multimédia ‑pas de RJ‑45 (celle que l’on voit sert au contrôle à distance de l’appareil), pas d’USB, pas de support iPod…‑, sources de très fréquentes interférences.
L’OSD de l’amplificateur reste… austère ! Des écrans noirs et blanc avec des caractères d’un autre âge. Tout cela est cosmétique, certes, mais participe à la bonne prise en main de l’appareil. Ici, c’est un peu froid. Comme on l’a dit plus haut, il n’y a pas de calibrage automatique, encore une décision liée à un désir constant de qualité sonore sans concession (l’audiophile considère que l’égalisation ou le rééquilibrage des voies est sacrilège). On note tout de même la présence du mode Ciné Re‑EQ assignable sur les différentes entrées et d’un retard manuel entre l’audio et la vidéo de 0 à 500 millisecondes.

Les résultats à l’écoute montrent, à raison, le parti pris audiophile de l’appareil. On observe une excellente linéarité de la dynamique avec un grave bien présent et des attaques rapides. Les détails des enregistrements et la précision du placement de chaque instrument dans l’espace est également remarquable. Alors, certes, ses fonctions sont limitées… Mais si la qualité sonore est votre principal critère de sélection et si vous souhaitez aussi, de temps en temps, céder aux plaisirs des yeux et du son multiicanal avec de belles séances Home Cinéma, alors ce Rotel RSX‑1560 est fait pour vous.
+ Les points forts
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Qualité audio
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Multiplication des zones audio et vidéo
- Les points faibles
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Télécommande à l’ancienne
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Pas de calibrage automatique
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OSD perfectible
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