Laisse-moi entrer

Let Me In
Année : 2010
Réalisateur : Matt Reeves
Interprètes : Kodi Smit-McPhee, Chloe Moretz, Richard Jenkins, Cara Buono, Elias Koteas, Dylan Minnette
Éditeur : Metropolitan Film & Vidéo
BD : BD-50, 116', zone B
Genre : fantastique, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 08/02/11
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français DTS-HD Master Audio 5.1
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres
Français
Amazon
9,59 €
Albuquerque, Nouveau‑Mexique, années 80. Owen, préadolescent martyrisé par les durs de son collège et esseulé depuis que ses parents ont entamé une procédure de divorce, voit l’arrivée de la jeune Abby dans sa résidence comme un salut. Les deux êtres solitaires vont se rapprocher inexorablement. Pendant ce temps, des cadavres fleurissent alentour. Car Abby n’est pas une petite fille comme les autres…

Laisse‑moi entrer ‑et Morse, son modèle suédois de Tomas Alfredson‑ est au film de vampires ce que Monsters peut être au film d’extraterrestres. On y retrouve la même volonté de flirter avec le film d’auteur, de s’écarter des codes du genre, voire de s’en affranchir pour filer la métaphore avec le véritable sujet de l’œuvre : dans Monsters, une histoire d’amour menée par l’urgence de vivre ; dans Laisse‑moi entrer, le rude passage de l’enfance à l’adolescence, la découverte de sa part animale, les premiers émois sexuels et amoureux, la violence du monde.

Il faut reconnaître que ces sujets‑là sont parfaitement traités. Ici, le jeune Owen, interprété au diapason par Kodi Smit‑McPhee (vu dans La route), est bien plus effrayé par les menaces de ses cruels camarades de classe que par la véritable nature de sa nouvelle copine, Abby (Chloe Moretz, géniale super‑héroïne de Kick‑Ass). Surtout, l’enfance est dépeinte comme un mélange d’innocence et de bestialité, de bien et de mal. Le garçon, voyeur (il épie ses voisins avec son télescope) et perturbé par ses pulsions vengeresses, est avant tout un enfant doux mais malheureux car isolé, abandonné par ses parents (à ce titre, les adultes sont les grands absents du film, dépeints pour certains comme des fantômes incapables de communiquer avec leur progéniture).

On peut toutefois se demander l’intérêt d’un tel remake, qui ne s’éloigne que rarement de son modèle, et livre quelques séquences maladroites (on reprochera l'abus de CGI ‑Computer Generated Imagery‑ souvent malheureux, notamment le déplacement animal d'Abby, trop mécanique et spectaculaire, rompant la volonté de réalisme du long métrage). Au lieu de la Suède des années 80, c’est à la même époque mais aux États‑Unis que le récit se déroule. Tourné en hiver au Nouveau‑Mexique, le film de Matt Reeves (réalisateur de Cloverfield) paraît donc un peu plus chaleureux que Morse, son modèle.

Plus timide aussi, moins jusqu’au‑boutiste et plus explicite sur ses thématiques et ses sous‑textes, ce remake est également moins lent et austère, ce qui rendra l’expérience plus abordable pour le grand public. Dommage qu’il faille passer quasi systématiquement par des remakes américains, aussi honnêtes soient‑ils, pour découvrir des œuvres qui ne parviennent que difficilement à sortir de leurs frontières.
Laurence Mijoin - Publié le 24/03/11
Liste des bonus
- Commentaire audio de Matt Reeves, réalisateur
- Mode Picture in Picture
- Interview du réalisateur (23')
- Coulisses (17')
- Description de la scène de l'accident de voiture (6')
- L'art des effets spéciaux (6')
- Scènes coupées en SD (avec ou sans le commentaire audio de Matt Reeves) (5')
- Bandes-annonces
- Internet


Commentaire
Un bel ensemble de suppléments, avec le commentaire audio à écouter dans un premier temps. Le réalisateur Matt Reeves, loquace et passionné, y livre une belle somme de détails et d'anecdotes, aborde sa collaboration avec les jeunes acteurs, et parle surtout de son envie de s'approprier ce projet malgré ses peurs et son respect pour l'œuvre originale. Il explique avoir retrouvé dans le livre de John Ajvide Lindqvist (à l'origine de Morse) des résonances avec sa propre enfance durant la période Reagan. Un metteur en scène humble, aussi intéressant lorsqu'il aborde les points techniques que les thématiques de son scénario.

L'interview sera donc un peu redondante, mais plus rapide à « consommer » que le commentaire. Quant au mode Picture in Picture, il dispense de nombreuses informations, croquis et interventions des membres de l'équipe.
Les effets spéciaux sont décryptés dans deux modules. Le premier, « L'art des effets spéciaux », dévoile certains des nombreux plans truqués du film. Paradoxalement, alors que les images de synthèse les plus visibles ne sont pas très convaincantes (l'animation d'Abby, mue par une force surhumaine lorsqu'elle a faim), il est quasiment impossible de détecter la majeure partie des CGI, utilisés pour ajouter un élément de décor en arrière‑plan ou encore créer un train de toutes pièces. Le second module s'intéresse plus précisément à l'accident de voiture, faux plan‑séquence concocté à partir de prises de vues réelles, de plans tournés en studio (pour simuler le tonneau) et d'images de synthèse combinant ces séquences ensemble et permettant d'ajouter un décor à travers le pare‑brise.

En visionnant les scènes coupées, on se rend enfin compte de l'impressionnant jeu d'acteur et du talent des deux jeunes comédiens, que l'on pourra également voir travailler dans le supplément sur les coulisses du film. Un bonus certes promotionnel mais néanmoins intéressant. En bref, une interactivité complète, soignée et entièrement sous‑titrée. Très appréciable.
Note bonus : 4/6
Image
Cette copie au piqué très satisfaisant (belle profondeur de champ, nombreux détails, effets de particule d'une belle finesse) permet de profiter de la photographie soignée de Greig Fraser (directeur photo sur Bright Star), oscillant entre teintes dorées et chaleureuses lors des scènes de rencontre des deux enfants (lumière générée par les lampadaires dans la cour de la résidence) et couleurs froides des espaces enneigés du Nouveau‑Mexique. Contrastes bien gérés, noirs assez denses et compression discrète : une édition de qualité qui a bichonné ses scènes nocturnes ou sombres, qui représentent la majeure partie du film.
Top image : aucun
Note image : 5/6
Son
VO et VF sont traitées à la même enseigne, chacune bénéficiant du DTS‑HD Master Audio 5.1. Même si l'on préfère la piste anglaise pour le naturel des dialogues, les deux mixages s'avèrent équivalents. Le film étant majoritairement intimiste, le spectateur risque d'être surpris par le dynamisme du 5.1, la présence des basses et l'efficacité de la spatialisation lors des séquences les plus mouvementées (les attaques d'Abby, l'accident de voiture).
Top son : 54'20 (l'accident de voiture)
Note son : 5/6



PLANNING
BONNES AFFAIRES
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