Divers

Yamaha YH-L700

Par Gwendal Lars - Publié le 07/12/21
Mustav
Prix indicatif : 499 € TTC
Note AVCesar.com
Type : casque supra-aural clos avec réduction active de bruit et son 3D
Transducteurs  : électrodynamiques
Diaphragme : 40 mm
Réponse en fréquence : 8 Hz à 40 kHz
Impédance : 32 ohms
Liaison : Bluetooth 5.0
Profils : A2DP, AVRCP, HFP, HSP
Codecs : AAC, SBC, Qualcomm APT-X Adaptive
Sensibilité : 110 db
Commandes : par poussoirs
Batterie/Autonomie : Li-Polymère/34 h (ANC On, 3D Off)/11 h (ANC On, 3D On)
Temps de charge : 3,5 heures via USB
Câbles : mini-Jack 3,5 mm, câble USB et adaptateur avion fournis
Certification : Hi-Res Audio en mode Filaire
Poids : 330 g
L’essentiel

Yamaha a toujours fait partie des précurseurs en matière de spatialisation du son et de création de sources sonores virtuelles issues de traitements numériques complexes. Il y a déjà de nombreuses années, la marque avait appliqué ses recherches aux projecteurs de sons, des barres de son qui, en exploitant la réflexion des ondes sonores tant sur les murs que sur le plafond, sont capables de délivrer de manière très convaincante une écoute multicanale, compatible Dolby Atmos sans recourir à des enceintes satellites.

 

 

Yamaha YH-L700, son 3D au casque

Avec le YH‑L700, Yamaha s’attelle à l’adaptation du son 3D à l’univers du casque. Or, dans ce cas, pour que le réalisme d’une telle restitution soit total, il faut non seulement restituer les différents canaux capables de recréer la sensation d’immersion sonore dans un monde virtuel, mais aussi prendre en compte les mouvements de tête de l’auditeur.

 

En effet, si sur des enceintes, cette opération se fait de manière naturelle ‑lorsque l’auditeur tourne la tête l’espace sonore « pivote autour de lui » puisque les enceintes sont fixes‑ ce n’est plus vrai dès qu’il s’agit d’une écoute au casque. Dans ce cas le casque bouge en même temps que la tête de son porteur et, bien évidemment la localisation des différents éléments sonores suit le même mouvement. En somme, l’image sonore est ici « solidaire » de la tête de l’auditeur et suit ses inclinaisons et animations. Ce qui n’est évidemment pas le cas si l’écoute se fait à partir d’enceintes ou, plus généralement dans le monde réel.

 

 

Technologie Dynamic Head Tracking

Pour redonner à l’écoute tout son réalisme, le casque Yamaha YH‑L700 met donc à contribution la technologie dite du Dynamic Head Tracking (cf. photo ci‑dessus). Elle fait appel à un savant cocktail de capteurs et de traitements numériques afin de donner au porteur du casque l’illusion que la scène sonore se déplace autour de lui en fonction de ses mouvements de tête, dans l’optique de donner l’illusion de se trouver dans une salle d’écoute ou devant la scène d’un concert. Pour cela, un jeu d’accéléromètres et gyromètres (des petits capteurs comparables à ceux qu’utilisent les smartphones pour faire pivoter l’image qu’affiche leur écran) fournissent au processeur du casque toutes les informations de mouvement de la tête de son porteur.

 

En fonction de celles‑ci, un DSP modifie en permanence les traitements qu’il applique aux différents canaux sonores pour donner l’illusion que la scène sonore est fixe. Les divers traitement ont donc pour objectif que sa perception se modifie en fonction des mouvements de tête. En clair, si par exemple le porteur du casque débute une écoute avec la voix du chanteur devant lui, celle‑ci semblera « dériver » vers sa gauche s’il tourne la tête vers la droite puis revenir devant lui s’il tourne la tête en sens contraire, jusqu’à se déplacer vers sa droite s’il poursuit son rotation de tête vers la gauche. À noter que les meilleurs résultats seront obtenus lors de la lecture de fichiers spécialement conçus pour ce type de restitution. C’est notamment le cas de ceux que propose la plateforme Apple Music sous l’appellation de « Spatial Audio ». Compatible Dolby Atmos, cette technologie n’en est encore qu’à ses débuts et ne cesse d’évoluer. Le Yamaha YH‑L700 devrait ainsi faire partie des quelques équipements capables d’exploiter pleinement ses spécificités.

 

 

Yamaha YH-L700, architecture relativement conventionnelle

Pour le reste, le casque Yamaha YH‑L700 s’articule autour d’une architecture assez conventionnelle. Yamaha a opté pour un format supra‑aural, donc relativement volumineux. Néanmoins ce format offre un grand confort lors des écoutes prolongées tout en garantissant une bonne insonorisation passive vis‑à‑vis des bruits environnants. Elle est d’autant meilleure que les oreillettes du YH‑L700 abritent des charges closes. De plus, un dispositif de réductions active du bruit (ANC : Active Noise Cancellation) vient compléter cette insonorisation naturelle, notamment pour les bruits les plus sourds. Enfin, les transducteurs sont eux également assez conventionnels. Ces mini haut‑parleurs électrodynamiques se dotent d’un diamètre 40 mm, ce qui leur offre une bonne aisance dans le grave et garantit donc une bonne assise pour la restitution. 


 

Yamaha YH-L700, ergonomie

Enfin, un jeu de poussoirs donne accès aux diverses fonctionnalités du casque (cf. photo ci‑dessus). On retrouve les classiques réglages du volume d’écoute ainsi que les sauts de plage avant ou arrière, la mise en pause, la prise de ligne, l’activation ou non de l’ANC, etc. À ceux‑ci s’ajoute une touche marquée « 3D ». Elle propose d’accéder au traitement 3D du son et à l’activation du Dynamic Head Tracking (indissociable l’un de l’autre). Puis, par pressions successives, des traitements spécifiques destinés à recréer virtuellement diverses ambiances sonores peuvent être sélectionnés. Ces différents modes, baptisés Cinéma, Drama, Music Video, Concert Hall, Outdoor Live, Audio Room et Back Ground Music, jouent sur des effets d’écho, de réverbération et de coloration du message sonore pour recréer virtuellement l’ambiance acoustique de différents lieux. Outre des fichiers audio 3D, ces effets peuvent bien évidemment s’appliquer à la lecture de fichiers stéréophoniques conventionnels auxquels ils offrent une nouvelle signature, parfois un peu caricaturale comme nous avons pu le constater lors de nos écoutes.

 

Application Yamaha Headphones Controller

Précisions également que Yamaha propose aussi une application pour piloter son casque. Nommée « Yamaha Headphones Controller » elle est téléchargeable gratuitement tant depuis le PlayStore de Google que de l’Apple App Store. Elle reprend l’ensemble des commandes du casque pour une meilleure ergonomie. Enfin, le Yamaha YH‑L700 est compatible avec les assistants vocaux Siri ou Google Assistant.

 

Concurrence

Les casques équipés de la technologie Dynamic Head Tracking sont encore peu nombreux sur le marché. Apple reste le principal concurrent de Yamaha dans se domaine avec son casque AirPods Max (629 €) qui intègre cette technologie, ou les AirPods Pro (279 €) bien qu’il s’agisse d’intra auriculaires, donc des écouteurs et non d’un réel casque..

Verdict technique

Il est conseillé de charger pleinement sa batterie avant la première utilisation du Yamaha YH‑L700. Ensuite, il suffit de maintenir enfoncé durant trois secondes le petit poussoir de mise en route pour le mettre sous tension. Une voix féminine confirme sa bonne activation. Il se positionne automatiquement en recherche de connexion Bluetooth. Ainsi, il apparaît immédiatement dans la liste des périphériques idoines disponibles sur le smartphone. Il suffit de le sélectionner pour que le jumelage s’effectue. Ici encore, une voix féminine précise que le couplage est effectif. Simple comme bonjour !

 

 

Yamaha YH‑L700, réduction active de bruit

L’insonorisation active dispose d’une efficacité très correcte. Elle vient compléter celle de l’insonorisation passive essentiellement sur les fréquences les plus basses. Si les sons aigus sont ainsi naturellement éliminés, elle prend en charge l’élimination des ronronnements de réacteurs, par exemple, ou bruits de roulement en train. Un poussoir propose de l’activer, de suspendre son utilisation ou de passer en mode « bruits ambiants ». Les bruits extérieurs deviennent alors perceptibles. Clairement, d’autres modèles font mieux dans ce domaine (Bose et Sony) que le Yamaha YH‑L700 mais le résultat reste satisfaisant pour ne pas hésiter à activer la fonction quand le besoin s’en fait sentir.

 

Yamaha YH‑L700, écoute en mode Normal

La qualité de la restitution sonore que propose le Yamaha YH‑L700 est tout à fait plaisante. En mode Normal, c’est‑à‑dire sans enclencher la fonction de spatialisation 3D ni l’insonorisation active, la restitution est très naturelle et bien équilibrée. Si le grave dispose d’une belle profondeur, il reste franc et bien défini. Les larges transducteurs 40 mm lui confèrent une excellente assise associée à un bel impact. À l’autre extrémité du spectre, l’aigu est assez doux et détaillé. L’écoute bénéficie ainsi d’un grand naturel sans être fatigante. Le medium, enfin, se dote d’une bonne présence. Les timbres de voix sont ainsi restitués avec beaucoup de naturel. Un bon point, essentiel, qui démontre que Yamaha ne compte pas seulement sur le mode 3D/Dynamic Head Tracking pour mettre en avant le YH‑L700. En premier lieu, ce dernier assure en mode Normal et la certification Hi‑Res Audio est d'ailleurs de mise en mode filaire, via un câble mini‑Jack 3,5 millimètres.

 

 

Yamaha YH‑L700, écoute en mode 3D

Ensuite les écoutes deviennent plus surprenantes, voire déroutantes, lorsque le mode 3D est activé. Explications… Premier constat, si l’on tourne sur soi‑même on a bien la sensation que la scène sonore pivote elle aussi par rapport au casque de manière à ce que les différents éléments sonores qui la composent soient fixes par rapport au monde extérieur. La sensation est encore accentuée par l’utilisation des différents effets sonores. Le mode Concert Hall, entre autres, offre réellement la sensation de se trouver au milieu d’une salle de concert avec la scène placée dans l’axe de l’auditeur. Une place qu’elle semble conserver lorsque l’on tourne la tête vers la droite ou la gauche, voire, ici encore, si l’on effectue un tour complet sur soi‑même. Elle semble bien passer derrière la nuque pour conserver sa position fixe dans le monde réel. Précisons que ces effets peuvent assez rapidement devenir caricaturaux sur bon nombre de fichiers stéréophoniques conventionnels, c’est‑à‑dire ayant bénéficié d’un enregistrement classique de type studio. Avec ces derniers, le naturel n’est plus au rendez‑vous.

 

 

Il faut donc l’enclencher à bon escient, soit essentiellement avec des fichiers musicaux encodés en Dolby Atmos (Spatial Audio) ou alors avec des enregistrements live qui ont le mérite de contextualiser l’écoute. Dans ce dernier cas, percevoir une scène sonore dissociée des mouvements de la tête ne vient pas heurter les sens de l’utilisateur et les sensations sont alors magnifiées. À tel point qu’en désactivant le mode 3D sur ces contenus audio, une impression de son plat et insipide est immédiatement présente. On a donc une seule idée en tête, réenclencher au plus vite la spatialisation sonore. Autre intérêt, et pas des moindres à l’usage, profiter au casque d’une piste Dolby Atmos présente sur un disque Blu‑Ray ou 4K Ultra HD Blu‑Ray, ou encore proposée par une application de streaming comme Netflix. Là encore, la différence avec un casque dépourvu de cette fonctionnalité est flagrante et joue un rôle primordial sur l’immersion du téléspectateur dans l’action et l’histoire d’un film.

 

Idem, bien sûr, avec les jeux vidéo proposés en Dolby Atmos. En présence d’un tel titre, l’expérience vidéoludique prend une tout autre dimension avec le caque Yamaha YH‑L700. Nous avons pu l’essayer avec une poignée de titres sur Xbox Series X ‑Dirt 5, Gears 5, Halo Infinite, Forza Horizon 4 et Cyberpunk 2077 (le son, vraiment top avec ce dernier jeu, concoure vraiment à l'immersion et l'ambiance du jeu)‑ et, clairement, ça change la donne. Encore une fois, comme pour les contenus live, difficile de revenir en arrière une fois goûté la technologie 3D.

 

 

Conclusion

En premier lieu, les excellentes performances du dernier‑né de Yamaha en mode Normal permettent déjà d’en profiter avec sa bibliothèque musicale « classique ». En présence d’enregistrements 3D ou live, le comportement du Yamaha YH‑L700 est vraiment plaisant, voire jubilatoire, et constitue une expérience à vivre pour entrevoir dès aujourd’hui ce que seront demain, à n’en pas douter, l’essentiel des écoutes au casque. En bref, le Yamaha YH‑L700 élargit le champ des utilisations d’un casque en donnant accès à la technologie Spatial Audio pour des sensations et un réalisme inédits.

+ Les points forts
»  
Effets 3D
»  
Compatibilité Spatial Audio et Dolby Atmos
»  
Qualité globale de l’écoute
»  
Ergonomie des commandes
»  
Coussinets des oreillettes et de l’arceau confortables
»  
Utilisation possible en casque passif sans batterie
- Les points faibles
»  
Léger souffle avec l’ANC enclenché
»  
Effets 3D parfois caricaturaux sur des fichiers stéréo classiques
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