Sony KD-75X9405C

Par Jacques Guiot - Publié le 07/03/16
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Alors, que vaut ce nouveau fer de lance signé Sony en matière d'image ? Qu'apportent réellement ce nouveau processeur X1 et la technologie HDR ? Nous abordons le point crucial de ce test, la qualité d'affichage offerte par le Sony KD‑75X9405C. Certes, l'absence de films au format Ultra HD natifs est toujours aussi regrettable, mais ils arrivent dans quelques semaines maintenant. On commence aussi à trouver quelques programmes UHD sur Netflix et même si cela reste du streaming, certains offrent tout de même une qualité assez impressionnante. Néanmoins, il faudra encore longtemps se rabattre sur du contenu issu de l'Upscaling UHD de TV. Bon point, ce dernier a encore été amélioré pour profiter d'un rendu bluffant avec de « simples » Blu‑Ray 1 080p. D'autre part, on trouve d'autres technologies pour améliorer le rendu des couleurs et la dynamique de l'image. Bref, il y a de quoi faire !

Pour remettre les choses dans leur contexte, lors du test du Sony KD‑65X9005C (cliquez sur la référence pour découvrir le test du produit par la rédaction d'AVCesar.com) nous avions retrouvé toute la qualité de l'Upscaling Sony, mais sans toutefois véritablement apprécier une amélioration due au nouveau processeur X1, ou alors légère. Cependant, suite à une récente mise à jour, les performances d'Upscaling et de traitement vidéo ont nettement été améliorées. Dorénavant, l'apport du X1 est incontestable. Sur certains contenus 1 080p les améliorations sont réellement bluffantes, que ce soit avec les chaînes HD de la TNT, ou encore plus spectaculaires avec les Blu‑Ray upscalés en 2 160p qui affichent une image tout simplement exceptionnelle de précision, de finesse tout en restant naturelle !
L'apport du X1 permet d'affiner la précision, d'enrichir la texture et la finesse du grain, d'améliorer le désentrelacement et de mieux corriger les éventuels effets d'escalier. L'image affiche une précision d'orfèvre, une profondeur de champ à perte de vue et donc, forcément, un relief naturel saisissant, ce qui renforce le réalisme. Il est vrai que dorénavant, de nombreux téléviseurs UHD offrent une image remarquable, mais l'image proposée par le Sony KD‑75X9405C affiche une texture vraiment riche et surtout très naturelle. Plus étonnant, nous n'avons relevé aucune trace visible du travail, pourtant pas facile, de mise à l'échelle 2 160p. L'amélioration la plus flagrante concerne les chaînes de la TNT HD. Le désentrelacement est plus précis, l'image plus fine, les effets de peigne réduits et les artefacts de compression Mpeg bien mieux corrigés.

Il est clair que nous sommes tous impatients d'accueillir dans nos salons les nouveaux disques Ultra HD Blu‑Ray, mais devant le travail remarquable d'Upscaling 2 160p des Blu‑Ray 1 080p, croyez‑nous les BD actuels sont (très) loin d'être dépassés et nous les regarderons encore avec plaisir même lorsque les contenus UHD seront disponibles en nombre. Pour résumer à quel point l'Upscaling offert par le traitement du X1 associé au X‑Reality Pro 4K est performant, le résultat visuel dépasse nettement l'Upscaling UHD des meilleurs lecteurs Blu‑Ray actuels comme les Oppo BDP‑103D ou 105D, les Pioneer BDP‑LX58 et LX88, ou même le Panasonic DMP‑BDT700 !
Il est alors inutile de vous préciser à quel point un contenu 4K natif, fourni par Sony ou par Samsung (encodé en 10 bits) affiche une qualité d'image grandiose. Mais ça, c'est plus facile. Cependant, l'an dernier, le Reality Creation était trop doux sur les contenus UHD natif, dorénavant son apport est plus visible. Sur certaines démos, nous avions la réelle sensation de regarder des paysages à travers une fenêtre ouverte sur le monde. L'image propose une telle précision et un tel réalisme, les pixels ne sont même plus visibles, et cela, même avec une vidéo UHD lue via USB ou en streaming sur Netflix. Par contre, il faut avouer que sur Netflix, les contenus Ultra HD/4K de qualité sont rares. La plupart offrent une qualité en deçà d'un Blu‑Ray 1 080p uspcalé en 2 160p, seuls quatre ou cinq titres offrent une très grande qualité. C'est rassurant, car cela prouve que même en streaming il est possible de proposer d'une image UHD/4K de qualité.

Jusqu'ici, rien de bien différent par rapport aux téléviseurs Sony X90C et Sony KD‑55X8505C déjà testés, si ce n'est cette amélioration de l'Upscaling, suite à cette fameuse mise à jour. Par contre, il y a un secteur sur lequel le Sony KD‑75X9405C se démarque, c'est évidemment le contraste, mais pas forcément au niveau du contraste natif avec une mesure du noir à 0,03 cd/m², pour un contraste natif de 4 000:1, soit équivalent au Sony X85C. En revanche, le contraste perçu est nettement plus puissant par rapport au X85C. En effet, le système de rétroéclairage Local Dimming sur 128 zones est évidemment bien plus efficace que son homologue Frame Dimming. Lors des scènes sombres, le X94C affiche la plupart du temps un noir abyssal, ce qui renforce nettement le contraste perçu. D’ailleurs, sur certaines séquences sombres, mesurées de façon empirique sur un film, image en mouvement, le noir peut même descendre à 0 cd/m². Les bandes noires sont également couleur ébène, et ça aussi ça renforce le contraste perçu.

Malheureusement, tout n'est pas parfait, car le nombre de zones n'est pas assez élevé et certaines scènes affichent un léger Blooming. D'autre part, sur les scènes claires‑obscures, le rétroéclairage se cherche un peu et il n'est pas rare que l'intensité reste importante, ce qui entraîne des noirs un peu grisonnants. Cela peut paraître étonnant, mais le Sony X93C que nous avons également pu ausculter précisément, un spécimen LED Edge lui, offre un meilleur contraste perçu sur de nombreuses scènes. Ce la s'explique tout simplement parce que son contraste natif est plus puissant. D'autre part, ces soucis de Blooming et ce manque de zones posent un petit problème avec les contenus HDR.
Alors, précisons tout de même qu'e nos remarques concernent les rares extraits HDR disponibles actuellement, et qu'il est possible que la qualité des Ultra HD Blu‑Ray HDR soit bien mieux gérée (après tout, nous en sommes au tout début de l'histoire HDR) ou que tout simplement la fonction HDR du X94C soit améliorée lorsque les premiers UHD Blu‑Ray seront disponibles. Toujours est‑il que, pour le moment, le spectacle HDR est mitigé. Pour être totalement transparents, nous avons réalisé nos tests avec plusieurs clips HDR sur le port USB du X94C, avec le lecteur multimédia du téléviseur. Lorsque la lecture démarre, le TV bascule en mode HDR avec le rétroéclairage poussé au maximum et le X‑Tended Dynamic Range Pro enclenché sur Haut. Et là, nous restons tout de même perplexes, car avec le rétroéclairage au max, forcément la luminosité est bien trop élevée pour regarder un film dans ces conditions en salle obscure pendant deux heures ! Nous espérions un pic lumineux intense uniquement sur quelques infimes parties de l'image, mais non, là c'est toute l'image qui est trop surexposée. Cette luminosité très élevée entraîne forcément des noirs plus gris et aggrave le phénomène de Blooming. Le rendu est vraiment exagéré et manque cruellement de réalisme et de naturel. De plus, cela fatigue les yeux rapidement. Bref, c'est beaucoup trop lumineux !

Nous avons donc préféré baisser le rétroéclairage en le ramenant au pic lumineux habituel de 120 cd/m². Dans ces conditions, l'apport du HDR est plus discret, mais tout de même bien visible, le spectacle est stupéfiant ! Les noirs restent profonds, et l'image gagne nettement en dynamique. Les passages d'Exodus en HDR sont superbes, les reflets lumineux sur les dorures ou sur l'eau apportent un réalisme étonnant, les textures des métaux semblent plus vraies.
Fort a cette expérience, on constate que le procédé HDR semble plus efficace lorsqu'on regarde un film en salle éclairée qu'en salle obscure. En effet, avec une lumière ambiante, il est très difficile de percevoir la perte de profondeur des noirs, mais on profite du gain au niveau de l'intensité lumineuse et du gain en dynamique. Au regard de nos essais, il nous semble évident qu'une exploitation satisfaisante du procédé HDR en salle obscure doit impérativement être associée à des téléviseurs dotés d'un système de rétroéclairage Full LED Local Dimming, ou mieux vie un écran Oled. Bref, le Sony KD‑75X9405C offre un rendu HDR très convaincant en salle éclairée, mais mitigé en salle obscure. Il manque de zones pour exploiter convenablement la technologie HDR dans le noir complet. Il faut limiter l'intensité du pic lumineux pour ne pas trop perdre en profondeur de noir et réduire les effets de Blooming.

Même constat avec la fonction X‑Tended Dynamic Range Pro. Sur le mode bas, cela apporte un net gain en dynamique, c'est même très intéressant sur certains passages, mais là aussi il faut y aller doucement au niveau du rétroéclairage pour ne pas engendrer de Blooming ou trop réduire la profondeur des noirs. Pour vous donner un exemple, avec un pic lumineux à 120 cd/m², le téléviseur affiche un noir à 0,03 cd/m², mais si on active l'X‑Tended Dynamic Range sur Bas, le noir monte à 0,07 cd/m², et réglé sur Haut il dépasse 0,10 cd/m² ce qui entraîne des noirs grisâtres. Et plus vous monterez l'intensité lumineuse, plus les noirs seront gris.
En général, la fonction X‑Tended Dynamic Range booste la luminosité de certains objets dans une image. Un puissant algorithme analyse l'image, et s'il repère une lumière, un reflet sur l'eau, une étoile, un coucher de soleil, un phare de voiture, un lampadaire, etc., il va booster la luminosité à cet endroit précis de l'image. Cependant, il arrive que cet algorithme se trompe. Ainsi, il n'est pas rare qu'il interprète une chemise blanche comme étant une source lumineuse, ou les lignes d'un terrain de foot comme étant des néons. Bref, une fonction intéressante, qui apporte un réel gain en dynamique, mais engendre quelques erreurs d'interprétation et réduit la profondeur des noirs. Chacun jugera de son intérêt...

En ce qui concerne le réglage Mastered in 4K (activé uniquement avec un signal 1 080p en 24 im/s) proposé par le traitement X‑Reality Pro 4K, aucun changement sur les écrans cuvée 2015. On peut facilement constater que les Blu‑Ray Mastered in 4K offrent un meilleur rendu qu'un Blu‑Ray « classique ». Si ça ne saute pas aux yeux, les contours sont toutefois légèrement plus nets et la précision des arrières‑plan est renforcée, ce qui permet d'améliorer la profondeur de champ. Sachant que ces Blu‑Ray sont encodés avec un gamut DCI, vous pouvez également opter pour ce dernier dans les réglages images. En effet, dorénavant, les TV Sony proposent trois gamuts au choix, le Rec.709 habituel, utilisés par les Blu‑Ray et la TNT HD, le DCI utilisé par la plupart des films au cinéma et que l'on retrouve sur les Blu‑Ray Mastered in 4K et sur les prochaines Ultra HD Blu‑Ray, et le gamut Rec.2020 que l'on devrait retrouver plus tard sur certains UHD Blu‑Ray sachant que pour le moment, un seul film a été capté en Rec.2020, il s'agit de Vis‑Versa, un long‑métrage d'animation.
Attention sur ce réglage ! Si vous optez pour un gamut DCI ou Rec.2020 et que votre contenu est en Rec.709, les couleurs seront saturées. Si vous voulez des couleurs plus éclatantes, il vaut mieux passer par le mode Couleur Naturelle, car celui‑ci utilise l'algorithme Triluminos. Ce procédé ne sature pas les couleurs « bêtement » en étirant les coordonnés des couleurs, mais il remastérise les couleurs au gamut DCI, ce qui n'a rien à voir. Les coordonnées des couleurs sont alors recalculées, et non étirées. Cela permet d'offrir des teintes plus éclatantes, plus saturées, sans dénaturer les nuances (la carnation reste, notamment, plus naturelle). Par contre, les couleurs s'avèrent tout de même moins authentiques comparées à un contenu capté nativement en DCI. Forcément.

Ce téléviseur propose également une compensation de mouvement MotionFlow XR1200 très performante, sur du contenu 2D ou 3D. C'est sans doute la plus naturelle, ou presque, disponible sur le marché. Bien réglé à partir du mode Expert, le MotionFlow offre une fluidité naturelle quel que soit la cadence de la vidéo (24, 50 ou 60 im/s), sans effet caméscope, ou vraiment très peu, sans artefacts, sans saccade, tout en préservant une belle précision des images en mouvement.

Et la 3D dans tout ça ? Il faut bien avouer que ce n'est pas le point fort du Sony KD‑75X9405C. Même si l'effet fantôme est plutôt discret, on se rend compte que la résolution de l'image en 3D est divisée par deux, ce qui entraîne des effets d'escalier, un durcissement de l'image et une perte de définition. Étonnant, car logiquement la 3D active permet de conserver la pleine définition des images. Ce n'est pas non plus catastrophique, et pour tout dire, certaines personnes de passages dans nos locaux ne remarquaient même pas cette perte de définition, sauf en plaçant côte à côte un autre TV 3D qui ne dégrade pas l'image. On sent tout de même que la 3D n'est plus la priorité des fabricants, rien est fait pour améliorer l'expérience 3D, c'est même plutôt le contraire, elle tend à se dégrader...
Image
Optimisation de la netteté dans les mouvements
SD
480i/576i
ED
480p/576p
HD
720p/1 080i
Full HD
1 080p/50/60
Full
HD 1 080p/24
Ultra HD
2 160p/24
oui oui oui oui oui oui
Compensation de mouvement
SD
480i/576i
ED
480p/576p
HD
720p/1 080i
Full HD
1 080p/50/60
Full HD
1 080p/24
Ultra HD
2 160p/24
3D
oui oui oui oui oui oui oui
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