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TV - Écran plat

Sony KD-65ZF9

Mustav
Prix indicatif : 2 990 € TTC
Note AVCesar.com


Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui
Contraste : 3 500:1
TNT : double tuner (HD et UHD)
HDMI : 4 (v 2.0b, dont 3 arrières et 1 latérale)
Dim. (L x H x P) : 1 453 x 906 x 314 mm
Poids : 29,5 kg
2921,90 €
Amazon.fr
L’essentiel

Le téléviseur Sony KD‑65ZF9 en test aujourd'hui dans colonnes est‑il le digne remplaçant du Sony KD‑65ZD9 apparu au catalogue de la marque en 2016 (cliquez sur la référence pour découvrir le test du produit par la rédaction d’AVCesar.com) ? La question est posée de but en blanc.

 

 

En effet, le ZF9 est un modèle difficile à positionner dans la gamme du constructeur japonais. Techniquement, il ressemble plus à une évolution du XF90 qu'à un véritable remplaçant du ZD9. Son prix contenu comparé au ZD9 explique bien sûr cela : 2 990 € pour le Sony KD‑65ZF9 et 4 490 € pour le Sony KD‑75ZF9 contre, respectivement, 4 990 € et 7 990 € pour les spécimens ZD9 ! Pourtant, comme vous le découvrirez tout au long de ce banc d'essai, le ZF9 « dépose » tout de même le ZD9 sur bien des critères. Mais autant être clair d’emblée, il n'embarque pas le référentiel système de rétroéclairage Black Master Drive qui permettait au ZD9, une vraie bête de course, de se démarquer de tous les autres Full LED avec des noirs très profonds et un contraste Ansi extrêmement puissant. Certes, au sein de la marque nippone, la série TV Oled Sony AF9 répond largement à ces attentes. Pourtant, remplacer l’une pour l’autre n’est pas aussi simple que ça, il reste en effet de nombreux adeptes de la technologie LED, plus performante que l'Oled sur certains critères tels la luminosité, le Color Volume ou la richesse colorimétrique.


Pour revenir aux TV ZF9, d'un point de vue électronique et équipement, ils embarquent ce qui se fait de mieux actuellement chez le géant japonais avec le tout nouveau processeur X1 Ultimate d'une puissance impressionnante, en avance sur son temps. Et pour cause, il est taillé pour la technologie 8K. C'est aussi un TV UHD Full LED Local Dimming, compatible HDR10, HDR HLG et HDR Dolby Vision. Un modèle très alléchant, donc, sur le papier. Seules inconnues, le type de dalle employé et ses performances sur le terrain, ce que nous vous proposons de découvrir tout au long de ce test complet.…

 

Design et Full LED Local Dimming (mais pas de Black Master Drive) 

Soyons honnêtes, ce ZF9 n'affiche pas un design aussi raffiné que le ZD9 de 2016 qui disposait d'une qualité de fabrication exceptionnelle, véritablement digne d'une série Master. Ce qui n'est clairement pas le cas ici avec un design strictement identique aux XF90 millésime 2017. Certes, comme déjà évoqué, le prix largement plus attractif du ZF9 peut expliquer cela. Reste cependant à savoir si ces écrans, dans ce cas, méritent le label Master Serie ? Ne soyons pas trop durs tout de même, on retrouve évidemment l'ADN Sony dans ce design sobre et très élégant. Il faut reconnaître au constructeur nippon de n'avoir jamais fait dans le tape‑à‑l'œil, et d’avoir toujours privilégié l'élégance et un design qui se fond dans tous les intérieurs, ou presque. Ce spécimen ne déroge pas à la règle. De toute évidence, avec les écrans ZF9, Sony souhaite proposer avant tout un rapport performance‑prix imbattable permettant au consommateur de profiter d'un écran Full LED équipé du nouveau processeur X1 Ultimate et des toutes dernières technologies pour un prix attractif : 2 990 € pour le 65 pouces !

  

 

Côté système de rétroéclairage, sur le procédé Full LED Local Dimming utilisé par le ZF9, nous avons pu mesurer 128 zones de contraste indépendantes, soit deux fois plus que sur le XF90, mais quatre fois moins que sur le ZD9. Rappelons que Sony maîtrise à la perfection la technologie de Peaking (pic lumineux) avec la fonction X‑Tended Dynamic Range Pro 4K, mais aussi l'adaptation du système de rétroéclairage selon la luminosité des scènes. Le tout associé à l'excellente fonction ACE (Advanced Contrast Enhancer) qui permet d'améliorer le contraste intra‑image de façon dynamique avec d'excellents résultats. Vous le lirez plus loin, il suffit de comparer les mesures de contracte avec et sans Local Dimming pour s'en assurer.

 

Nous revenons bien sûr plus avant dans ce test sur les mesures pures de contraste et sur notre appréciation du contraste perçu, mais sachez déjà la maîtrise de Sony du système de rétroéclairage Local Dimming permet de grandement améliorer la profondeur des noirs perçus et de limiter grandement le phénomène de Blooming, y compris en affichage HDR.

 

 

On retrouve également une qualité de fabrication robuste avec une dalle parfaitement cerclée d'un cadre en acier ultra‑fin et noir (contour de 0,9 cm d'épaisseur), siglée du fameux logo Sony en bas au centre. Celui‑ci peut être allumé, ou éteint pour les amateurs de séances en salle obscure. L'arrière du coffre est biseauté (cf. deuxième photo cidessous) avec une esthétique relativement fine, tout en conservant une certaine épaisseur au centre (7 cm maximum) pour une bonne ventilation de l'électronique. En revanche, le coffre est principalement en PVC épais avec toutefois une bande au coloris noir laqué qui apporte une petite touche de raffinement à un design résolument très sobre. Quant aux pieds, là aussi Sony fait dans le sobre avec deux barres en aluminium chromé qui contrastent avec la dalle gris anthracite et noir. Bon point, le TV repose quasiment à la verticale. Et si le système range câble n'est clairement pas aussi perfectionné que sur les spécimens de 2017, on retrouve tout de même la possibilité de les dissimuler dans les pieds.

 

 

Quelques mots s’imposent sur le traitement antireflet qui fait partie de ce qui se fait de mieux actuellement, le tout sur une dalle semi‑mate. Les réfections sont donc très contenues, y compris en plein jour. Précisons que l’on trouve actuellement encore plus performant (traitements plus perfectionnés pour profiter de dalles brillantes sans reflet), mais pour un coût parfois très élevé au regard d’une amélioration minime. Inutile en revanche de s'attarder sur le contenu du carton, les accessoires se limitent à un manuel, des cales pour faciliter l'accroche murale et une télécommande nouvelle génération, très ergonomique, avec micro intégré pour la recherche vocale (cf. photo ci‑dessus). Signalons au passage que cette fonction est vraiment très aboutie chez Sony, même de très jeunes enfants arrivent à l'utiliser sans la moindre difficulté (nous avons expérimenté la chose), y compris dans un environnement bruyant.

 

 

 

Pour faire simple, les différences entre le Sony KD‑65ZF9 et son homologue ZD9 concernent le processeur X1 Ultimate, une interface Android TV 8.0 associé à des chipsets plus puissants, un CMS désormais complet, la fonction AutoCal signée CalMan, la nouvelle compensation de mouvement X‑Motion Clarity Drive (une version améliorée de l’algorithme Motionflow déjà très performant) et le revêtement X‑Wide Angle pour des angles de vision élargis.. Avouez que c’est donc loin d’être négligeable en termes d'évolutions…

 

Pour le reste, on retrouve donc les mêmes technologies que sur le ZD9 avec une dalle Ultra HD 10 bits dotée d’une fréquence de rafraîchissement native 120 hertz. On retrouve en effet cette association exceptionnelle de deux puissants processeurs vidéos, le X‑Reality Pro 4K et le 4K HDR X1 Extreme. Le premier processeur est présent sur les TV Sony depuis plusieurs années et se charge du post‑traitement vidéo afin d'améliorer le désentrelacement et le piqué de l'image grâce à plusieurs filtres : Netteté (amélioration des contours), Résolution (amélioration des détails) et trois réducteurs de bruit vidéo (D NR, Mpeg NR, Mosquito NR). Le second processeur est une évolution du X1 et prend en charge de nombreux paramètres dont l'Upscaling Ultra HD, mais assiste aussi le premier processeur pour améliorer le traitement vidéo.

 

 

Pour résumer l'architecture de ce processeur surdoué, on peut souligner :

 

  • Le Super Bit Mapping 4K HDR : un traitement interne sur 14 bits des couleurs qui va réduire considérablement l'effet de postérisation en améliorant les dégradés avant de repasser en 10 bits lors de l'affichage. Ce procédé réduit également le bruit résiduel de l'image. Il est essentiel pour assurer un rendu HDR d'excellente qualité.
  • Object-based Super Resolution : ce nouvel algorithme est exclusif au X1 Ultimate et apporte une amélioration visuelle flagrante. Chaque objet présent dans les images est détecté, analysé en temps réel pour améliorer sa précision et ses contours, ce qui permet de le détacher lde l'arrière‑plan. Il faut rajouter à cela que chaque plan focal est également optimisé pour améliorer la profondeur de champ. Le résultat est très impressionnant et offre une sensation d'image 3D sans lunettes vraiment bluffante !
  • La technologie Object-Based HDR Remaster : permet d'ajuster la gamme dynamique de la source selon les capacités de l'écran, en fonction de son pic lumineux et de sa gestion de la courbe de transfert EOTF (affichage dynamique de la luminance selon les zones de l'image ; on peut aussi considérer cette courbe EOTF comme un réglage de gamma dynamique au sein d'une même image permettant d'afficher des zones lumineuses sensiblement différentes, simultanément)
  • Dual Database Processing : procédé architecturé sur divers algorithmes inédits et deux bases de données pour améliorer l’image et l’Upscaling Ultra HD/4K plus, bien sûr, la lecture des disques Ultra HD Blu‑Ray. La première base de données est utilisée pour nettoyer l’image et, ainsi, réduire le bruit à l’écran. La seconde sert à convertir la résolution afin d’accroître la clarté. Ces deux puissantes bases de données travaillent de concert et améliorent les pixels de l’image de façon dynamique et en temps réel. Chacune comporte des dizaines de milliers de références accumulées au fil des ans, à travers l'expérience de Sony en termes de création de contenus pour la télévision et le cinéma.
  • Advance Contrast Enhancer (ACE) : habituellement nous n'aimons pas les procédés de contraste dynamique, mais ce dernier ne modifie pas trop la courbe de gamma qui reste assez linéaire. Le but est avant d'adapter la courbe de luminance en fonction des capacités intrinsèques de la dalle, des réglages et du contrôle du rétroéclairage pour déboucher les noirs et éviter les blancs brûlés. L'ACE améliore considérablement l'efficacité du système Local Dimming et réalise également des miracles sur certains films qui manquent de contraste.
  • X-Tended Dynamic Range Pro : tout simplement l'une des meilleures conversions SDR/HDR à la volée du marché. Cet algorithme qu'on appelle plus vulgairement le « Peaking » fait également un remapping de tonalité au niveau de l'échelle de gris pour l'adapter à une forte luminosité. Son action dépend aussi des réglages de l'ACE, du rétroéclairage et du Local Dimming, mais là encore le but est d'offrir une image plus lumineuse sans boucher les noirs, ni brûler les blancs..
  • Le X-Motion Clarity : pour faire court, ce nouvel algorithme permet de conserver un pic lumineux élevé tout en activant le système BFI. Pour rappel, le BFI (Black Frame Insertion) est un mode qui, comme son nom l'indique, intercale des images noires entre les images d’un signal vidéo dans le but d'améliorer la précision des plans en mouvement tout en conservant une parfaite fluidité. Un procédé particulièrement apprécié des personnes allergiques à l'effet caméscope, mais qui entraîne une chute de luminosité parfois handicapante, surtout pour le rendu HDR. Ici, l'algorithme va analyser intelligemment l'image, repérer le ou les objets en mouvement et désactiver uniquement les diodes qui se trouvent sous cet objet. Ainsi, la perte de luminosité est moins importante tout en conservant une meilleure précision. Ce n'est donc plus une pleine image noire qui est intercalée. Si ce procédé permet de limiter la perte de luminosité, la perte est tout de même notable, surtout à partir du réglage +2. Cela dit, le ZF9 propose un pic lumineux très élevé et peut compenser cette perte. À chacun de faire son choix, activer ou pas cette option...
  • TriLuminos : cet algorithme Wide Gamut présent depuis plusieurs années chez Sony a été souvent mal compris. C'est avant tout un remapping de l'espace colorimétrique pour upsampler un gamut Rec.709, DCI‑P3, xvColor ou même Rec.2020 en Wide Gamut. Car chaque écran possède un espace couleur natif qui n'est pas en forme de triangle comme peuvent l'être les « triangles CIE » (ou « gamut CIE) de référence. Cet algorithme permet donc d'exploiter tout l'espace colorimétrique de la dalle en recalculant toutes les coordonnées des couleurs, au lieu d'étirer ces coordonnées comme le font de nombreux moteurs d'amélioration des couleurs qui donnent généralement des teintes saturées et une carnation atroce. Ici, le naturel de l'image est conservé tout en proposant des couleurs plus riches. Ce n'est évidemment pas aussi naturel qu'un gamut natif, mais le TriLuminos fait tout de même un travail remarquable avec des résultats de plus en plus convaincants au fur et à mesure que les GPU (processeur graphique) gagnent en puissance. Le X1 Ultimate permet d’ailleurs d'obtenir des résultats assez impressionnants de ce point de vue.

 

Motionflow et X-Clarity Motion 

Il est nécessaire de revenir plus en détail sur le nouveau Motionflow, toujours aussi performant certes, mais dont certains choix nous ont laissés perplexes. Bon point, on retrouve évidemment les performances du Motionflow en termes de fluidité et de naturel, le tout avec une meilleure précision des images en mouvement. En revanche, nous ne comprenons pas pourquoi Sony a retiré plusieurs modes préréglés. En effet, désormais, plus de Motionflow Standard, ni Fluide, ni Cinema, ni 24p Cinéma. Seuls deux modes sont proposés : mode Auto et mode Expert (cf. capture ci‑dessous), ce dernier ayant été introduit avec le processeur X1. Le souci, c'est que le mode Auto ne nous a pas du tout convaincus avec une fluidité souvent trop poussée, donc un effet caméscope qui ne plaira pas à tout le monde et surtout des artefacts de mouvement autour des objets ou personnes en mouvement.
Heureusement, le TV Sony ZF9 possède le mode Expert, mais celui‑ci propose seulement trois niveaux de précision et trois niveaux de fluidité, là où certains précédents modèles de la marque proposaient jusqu'à cinq niveaux, ce qui permettait d'affiner les réglages pour correspondre aux goûts de chacun.

 

 

Alors, de notre côté aucun problème, puisque nous avons pu retrouver un réglage qui respecte la fluidité naturelle sans engendrer d'artefacts, ni de scintillement, mais est‑ce que tout le monde y trouvera son bonheur ? Pas si sûr... Chacun jugera ce qui lui convient le mieux, mais en présence d’un signal SDR nous conseillons de sélectionner +2 pour la fluidité et +1 pour la précision, car à +1 le X‑Clarity Motion Drive fonctionne à luminosité quasi‑constante. En revanche, avec un contenu HDR nous préférons le mettre à 0 pour exploiter tout le potentiel de cette dalle. Avec ces réglages, nous obtenons une image fluide, naturelle et surtout aucun artefact. Malheureusement, ceux qui aiment les fluidités extrêmes auront plus de mal à trouver leur compte (réglé à +3, des artefacts commencent à être visibles).

 

Réglages simplifiés, mais outils de calibrage plus riches !

Le Sony ZF9 propose également toute une batterie de paramètres pour améliorer l'image. Les plus avertis d'entre nous le regretteront peut‑être, mais Sony a voulu simplifier les réglages qui étaient un peu trop nombreux et complexes pour la majorité des utilisateurs. Ainsi, nombre d’entre eux ont donc été automatisés. Comme le Motionflow où certains modes Image ont disparu comme le Cinema Pro. D'un autre côté, les outils de calibrage ont été enrichis avec la présence d'un vrai CMS (Color Management System). Dorénavant il est donc possible de calibrer la Balance des blancs sur 10P, mais aussi chaque couleur primaire et secondaire pour ajuster les gamuts Rec.709, DCI‑P3 ou Rec.2020 (cf. capture ci‑dessous). Et ça, c'est une excellente nouvelle. Nous pouvons désormais obtenir une colorimétrie d'une justesse vraiment impressionnante. Vous le découvrirez plus loin, mais le ZF9 fait encore mieux que le XF90 (cliquez sur le lien suivant pour découvrir le test complet du Sony KD‑65XF9005 par la rédaction d’AVCesar.com) qui proposait déjà une colorimétrie de rêve.

 

 

Connectique classique avec Wi‑Fi et Bluetooth 

Au niveau de la connectique, la proposition du Sony KD‑65ZF9 est plutôt complète, mais assez classique : port Ethernet, sortie optique, deux ports USB 2.0, un port USB 3.0 compatible Fat32, exFat et NTFS avec la possibilité d'enregistrer des émissions TV en formatant un HDD externe avec un système de fichiers propriétaire. Nous notons, comme d'habitude, quatre entrées HDMI 2.0b compatibles HDCP 2.2, CEC, eARC, MHL 3.0, 2 160p/60 en 4:4:4 et 12 bits, HDR HLG, HDR10 et HDR Dolby Vision. Il faut préciser que pour prendre en charge les disques Ultra HD Blu‑Ray sans perte de qualité en HDR10 ou HDR Dolby Vision, l'entrée HDMI sur laquelle est connecté le lecteur doit être réglée sur Format Amélioré.

 

 

Le reste de la connectique regroupe également un double tuner DVB‑T2/DVB‑S2/DVB‑C, autorisant l'enregistrement d'une chaîne différente de celle regardée. Toujours présente, la sortie mini‑Jack 3,5 mm peut être configurée en sortie RCA stéréo, sortie casque ou Subwoofer. Enfin, les fonctions Wi‑Fi et Bluetooth 4.1 sont intégrées sachant qu'il est possible de connecter la sortie audio à une enceinte active, une barre sonore ou un casque également compatible Bluetooth. Quelques regrets cependant, la capacité de stockage intégré est limitée à 16 Go, et réservée à l'usage d'Android TV. D'autre part, la fonction ARC n'est toujours pas compatible audio HD, donc impossible de véhiculer du DTS‑HD ou du Dolby Atmos via HDMI ARC, ce qui peut limiter l'usage multimédia d'Android TV avec Kodi par exemple ou nécessiter de séparer l'audio de la vidéo si on préfère connecter notre lecteur Blu‑Ray directement au TV.

 

Enfin, inutile de dédier un chapitre au système audio, très classique contrairement à ce dont nous avait habitués Sony, avec deux haut‑parleurs et une puissance de 2 x 10 watts. Certes, la qualité s’avère très correcte au niveau de la reproduction des voix et dialogues, mais il n’y a rien d'exceptionnel à signaler. Cela dit, il suffit de rajouter un petit caisson de grave connecté à la sortie audio pour disposer d'un système audio sonore très convenable.

 

Android TV 8.0 Oreo : plus complet, plus puissant, plus réactif

Comme toute la gamme TV 2018, le Sony KD‑65ZF9 embarque un OS Android TV 8.0 Oreo avec une interface entièrement revue et corrigée, plus rapide, plus stable, entièrement personnalisable et surtout plus claire et aérée que lors des versions précédentes. Les séries Master de Sony qui regroupent les TV AF9 (Oled) et TV ZF9 (Full LED) embarque de nouveaux processeurs CPU et GPU plus puissants. On retrouve donc un SoC Mediatek MT5893 et un CPU Quad Core ARM Cortex‑A73 (@1500 MHz) pour booster l'utilisation des applications, des jeux et la réactivité de l'interface. Le GPU est un spécimen ARM Mali‑G71. La différence de réactivité est flagrante et se ressent à l'allumage avec un lancement de l'interface cinq fois plus rapide !

 

 

Il est important de préciser que Sony propose l'une des interfaces Android TV les plus stables et fonctionnelles que nous ayons pu tester. Encore faut‑il prendre le temps de la découvrir et de l'adapter à sa propre utilisation. En effet, on peut quasiment tout faire ou presque avec cette interface, qui propose une offre de services et d'applications tellement vaste qu'elle permet de se passer de décodeur ADSL ou satellite, ou encore de lecteur multimédia. Elle peut aussi faire office de petite console de jeux avec le support des manettes dont celles de la PS4. On trouve même une application permettant de transformer son Android TV en boîtier de type Apple TV avec la gestion de l’AirPlay.

 

 

Aucun changement côté multimédia qui était déjà un secteur très complet en dehors de l'absence de prise en charge des formats audio HD qui tarde un peu, d'autant plus que certains TV gèrent actuellement le Dolby Atmos. La gestion multimédia dépend surtout du logiciel qu'on utilise : Kodi, VLC ou Archos Media Player qui permettent de profiter d'un véritable jukebox très fun et rapide à configurer. Cerise sur le gâteau, la qualité de décodage associée au superbe traitement vidéo du X1 Ultimate offre des résultats vraiment exceptionnels. Certaines vidéos Ultra HD HDR lues via USB offrent une qualité d'image incroyable, qui n'a rien à envier à un bon lecteur Ultra HD Blu‑Ray. Et la quasi‑totalité de nos vidéos ou musiques de tests a été lue sans encombre, sans bug, le tout avec une parfaite fluidité.

 

À savoir, Archos Media Player disponible en version gratuite ou payante est une alternative très intéressante à Kodi, qui a surtout l’avantage de proposer une configuration ultra‑simple et rapide, car entièrement automatisée. Quelques secondes suffisent pour renseigner le chemin d'accès de vos vidéos stockées sur disque dur Nas, via UPnP ou Samba, et le logiciel scanne toutes vos vidéos et leur associe les jaquettes, synopsis et fanarts adéquats, dans le but d’afficher un superbe système de jaquettes avec de nombreux filtres pour les trier par catégorie, genre, date, etc.

 

 

On dispose également de nombreuses offres VOD, Catch‑Up TV ou des possibilités d'abonnement à des chaînes cryptées sans avoir besoin de passer par un décodeur tiers. Citons par exemple Molotov qui regroupe de nombreuses chaînes gratuites et payantes, la possibilité d'abonnement ou encore une sorte d'EPG en temps réel pour faire le tri parmi des centaines de programmes disponibles en direct ou rediffusion. Netflix est disponible en Ultra HD/4K HDR10 et HDR Dolby Vision grâce au support HEVC alors que YouTube l'est en HDR10 via VP9. Précision, le ZF9 propose le Netflix Calibrated Mode conçu pour profiter des productions originales Netflix et reproduire la qualité d'image d'un moniteur professionnel de studio. Évidemment, cela ne remplace pas le calibrage de l'écran lui‑même...

 

Au final, cette interface utilisateur est à chaque itération plus réussie et, si on s'en donne la peine, elle peut même révolutionner notre façon d'utiliser le téléviseur, regroupant des possibilités énormes et variées à travers moult applications et services. Par défaut, l'écran d’accueil Android TV met en avant des propositions de programmes télé ou VOD en rapport avec vos goûts, et affiche les applications choisies, comme l'accès à Netflix, Youtube, Google Play, ou autres services, jeux, etc. Cela dit, sachez que l'interface est entièrement personnalisable et les plus débrouillards pourront même la « programmer » sur mesure (via clé USB). Mention spéciale pour les joueurs, comme déjà spécifié on peut connecter diverses manettes de jeux y compris celles des PS3 et PS4 (en filaire ou Bluetooth pour cette dernière).

 

Concurrence

De plus en plus de fabricants comme Panasonic, LG, Loewe ou Philips ont choisi la technologie Oled pour les modèles phares de leur gamme. Le Sony KD‑65ZF9 rencontre donc moins de concurrence qu’à l’accoutumée (Sony joue sur les deux tableaux pour ses TV haut de gamme avec les séries Oled AF9 et LCD ZF9).

 

On peut toutefois citer le Samsung QE65Q9F (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) certifié UHD Premium, un TV Full LED Local Dimming doté de plusieurs centaines de zones et compatible HDR10+, mais pas HDR Dolby Vision, qui se démarque par sa technologie QLED à base de Quantum Dots et diodes au phosphore pour offrir des couleurs très riches et dynamiques, un contraste puissant et une forte luminosité. Comme tous les ans, Samsung s’illustre également grâce à des téléviseurs bourrés de fonctionnalités et dotés d'un équipement très complet (double tuner TNT/Sat, large choix d'application, traitement vidéo puissant, possibilité de calibrage avancé et gestion multimédia très abouti). Précisons également le traitement vidéo Auto Motion Plus avec un indice de fluidité PQI 3400.

 

Le second, c'est le LG 65SK9500, un TV LCD Full LED doté d'un procédé Local Dimming Pro et d'une dalle Ultra HD 10 bits (un profil IPS nouvelle génération avec Nano Cell, adapté au HDR, capable d'atteindre un pic lumineux bien plus important qu'avant, proche de 1 200 nits sur cette référence et un noir plus profond). Il embarque un processeur Alpha7 et bien sûr toutes les spécificités LG comme le WebOS ThinQ AI propulsé par un processeur Quad Core, les compatibilités HDR10, HDR Dolby Vision et HDR HLG ainsi qu'une compensation de mouvement TruMotion dotée d'un indice de fluidité PMI 3700. On relève également une particularité intéressante, avec le support du Dolby Atmos via HDMI ARC et en lecture multimédia.

Fiche technique
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
HDR : HDR10, HDR HLG, HDR Dolby Vision
100 Hz : oui
Contraste : 3 500:1
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), SAT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), Câble (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0b, dont 3 arrières et 1 latérale), 1 entrée Stéréo + Composite (frontale), 1 sortie casque (latérale), 1 sortie audio stéréo, 1 sortie audio numérique (optique), 1 sortie subwoofer, 1 port CI+, 3 ports USB Host (arrière et latéral) dont 1 USB 3, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.2 + EDR, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV (Widgets), accès Web
Usage : télécommande préprogrammée, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : Espace couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs paramétrable (20P), réglage de gamma (préréglage), rétroéclairage (dynamique par zone), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Son : puissance (2 x 10 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (S-Force Front Surround ), traitement audio (S-Master Digital Amplifier), égaliseur, AVL
Consommation : 95 W (0,5 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1 453 x 906 x 314 mm
Poids : 29,5 kg
ph image
Verdict technique

Technologiquement parlant, le Sony KD‑65ZF9 propose un système de rétroéclairage moins performant que le ZD9, mais attention à ne pas l'enterrer trop vite, car en dehors du contraste forcément en retrait, ce ZF9 est bourré de qualité, propose une homogénéité exemplaire, des angles de vision très ouverts et affiche probablement la plus belle colorimétrie que nous avons pu voir, car il fait mieux que le XF90 qui était jusqu'ici la référence dans ce domaine ! C'est en quelque sorte un XF90 boosté, puisque le ZF9 est tout aussi lumineux que le ZD9 et qu’il embarque le tout nouveau processeur X1 Ultimate auteur de véritables prouesses dans le domaine de l'Upscaling et du traitement vidéo. Nous pesons nos mots en disant qu'en dehors des noirs moins profonds que ceux du ZD9 et un Local Dimming qui dispose de moins de zones, le ZF9 fait partie des TV LED les plus performants qu'il nous a été donné de tester à ce jour. Et cela pour plusieurs raisons que nous allons aborder tout au long de ce verdict technique. Nous rappelons que pour réaliser nos tests, et toutes les mesures, nous utilisons du matériel professionnel de haute précision compatible HDR10 et HDR Dolby Vision et le logiciel CalMan sous licence ISF et THX avec la collaboration de Cédric Louis, calibreur professionnel certifié ISF et THX Level II.

 

 

Présentation de la fonction AutoCal

Si, à l’instar de LG, Sony propose la fonction AutoCal signée Calman, contrairement à la marque coréenne, le 3DLut n'est pas ouvert à l'utilisateur. Cela étant dit, lorsque l’on connaît le soin apporté par Sony au calibrage usine de ses TV, c’est un moindre mal. Pour faire court, sur l’intégralité des TV testés cette année, nous n'avons jamais vu une colorimétrie aussi belle en sortie de carton. Voilà qui facilite grandement la tâche des calibreurs. Et si l’on peut objecter que les outils de calibrage proposés ne sont pas aussi complets que sur un TV Panasonic, compte tenu de la justesse et de la linéarité des courbes en sortie d’usine, ils s'avèrent cependant largement suffisants.

 

 

La fonction AutoCal de Calman est surtout une fonction utile pour ceux qui ne veulent pas trop se fatiguer et calibrer leur TV en quelques minutes, car à l’heure d’écrire ces lignes, aucune solution automatisée ne remplace le savoir‑faire d'un professionnel de l'image. Maintenant que vous en savez plus sur la fonction AutoCal, il nous faut préciser que cette dernière n’était pas efficiente dans la version du Firmware du TV au moment de notre test. Nous avons donc procédé à notre calibrage habituel (en 10P pour la balance des blancs et non en 20P comme l’aurait permis l’utilisation du mode AutoCal) pour publier toutes les mesures de ce banc d’essai.

 

 

Précisons aussi que l'AutoCal nécessite l'achat du logiciel Calman et de posséder des sondes compatibles. Bref, si cette fonction a le mérite d'exister, pour nous l’essentiel est finalement ailleurs, c'est‑à‑dire dans le fait que Sony propose cette année, enfin, un vrai CMS (Color Management System) pour ajuster finement les gamuts.

 

Colorimétrie qui tutoie la perfection 

Nous retrouvons donc les mêmes types de réglages vidéo que sur les précédents TV Sony avec de nombreux modes Image (Cinema, Expert, Standard, Dynamique, Graphique, etc.), mais un tout nouveau CMS qui permet de calibrer les gamuts Rec.709, DCI,et Rec.2020 en intervenant sur la Luminosité, Saturation et teinte des couleurs primaires et secondaires. Évidemment, on retrouve également les habituels réglages de Luminosité, Contraste, Local Dimming, Niveau de noir, Gamma, Amélioration Avancée des Contrastes (AEC) et le fameux mode X‑Tended Dynamic Range Pro 4K. Pour ce dernier, même si ses performances sont indéniables avec des résultats très convaincants, voire bluffants, ceux qui cherchent à se rapprocher le plus possible des standards du cinéma ne l'utiliseront pas puisqu'il s'agit d'un mode dynamique. Mais chacun ses goûts, il est tout à fait possible de calibrer son TV sans activer ce réglage puis de l'activer ou pas selon ses envies du moment. Car le véritable exploit de Sony, c'est de justement permettre à l'utilisateur de changer la puissance du rétroéclairage, activer ou pas l'ACE, le Local Dimming ou l'X‑Tended Dynamic Range sans dérégler le calibrage. Et ça c'est réellement très intéressant, car même en activant le capteur de luminosité la colorimétrie reste parfaitement stable.

 

 

Côté colorimétrie, Sony est donc d'une régularité inébranlable. Tous les modèles haut de gamme du constructeur bénéficient d'une colorimétrie juste, équilibrée, naturelle et riche en sortie de carton (cf. capture ci‑dessus). Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées, et on considère qu’en présence d’un Delta E en dessous de 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles. Les mesures de pré‑calibrage affichent une Balance des Blancs déjà très juste avec un Delta E moyen relevé à 2,46 (avec des écarts maximums de 3,21) et une température de couleur de 6 793K au lieu des 6 500K recherchés. En clair, on peut très bien profiter du TV sans le faire calibrer même si les plus exigeants recherchent un Delta E inférieur à 1...

 

Précision, en baissant le paramètre contraste (via le menu Luminosité) on peut s'apercevoir que le gamma devient encore plus linéaire et qu'il n'y a plus aucune dérive colorimétrique, notamment dans les blancs qui peuvent afficher une teinte légèrement rosée si le contraste est réglé trop haut. Lorsque le contraste est bien réglé, chacun peut ajuster le niveau de luminosité à son goût sans dérégler l'équilibre des couleurs, y compris après calibrage. La linéarité de ce gamma et des courbes chromatiques en général, nous indiquent à quel point Sony fait l'effort de bien calibrer le 3DLUT interne de ses TV. La qualité de fabrication en usine et la rigueur des contrôles permettent également de limiter les dérives chromatiques sur chaque modèle.

 

 

Surprenant ! Ce 65ZF9 se démarque des autres TV grâce à son spectre colorimétrique atypique et d'une qualité étonnante (cf. capture ci‑dessus). Ce spectre est typique des dalles PFS (Panel FS, déclinaison de dalles VA avec du phosphore rouge), une quasi‑exclusivité Sony puisque nous n'avons pas retrouvé ce type de dalles sur d'autres TV testés récemment. Ces dalles utilisent des diodes au phosphore rouge qui permettent cette colorimétrie unique en son genre, plus chaleureuse. On peut voir notamment que la courbe est bien plus élevée dans les teintes orange/rouge que sur les spectres des TV Oled ou PVA (Panel VA). Ce spectre ressemble un peu à celui des dalles [abc]IPS[/abc], mais avec un meilleur contraste et un pic lumineux bien plus élevé. Alors qu'il ne fait aucun doute qu'il ne s'agit pas d'une dalle IPS au regard de son contraste, mais aussi de ses sous‑pixels. Il en résulte une colorimétrie typée cinéma, chaleureuse et qui ne tire pas sur le bleu comme la grande majorité des TV LED. Cela à un impact flagrant sur la qualité des couleurs et surtout du rouge bien plus dense, riche et éclatant.

 

 

D'autre part, les mesures TLCI (Television Lighting Consistency Index) définissent la qualité intrinsèque de ces dalles (la capacité des diodes à reproduire une colorimétrie la plus proche possible de celle perçue par l'œil humain), les mesures donnent des résultats impressionnants. Avec une valeur moyenne de 55/100 (cf. capture ci‑dessus) c'est tout simplement le nouveau record ! À titre comparatif, les TV Oled affichent un score de 28, sauf pour les TV Oled de Panasonic qui grimpent jusqu'à 45 ! Jusqu'ici, le record appartenait au Sony XF90 avec une valeur moyenne de 54. À noter, le Samsung Q9 affiche un score de 36. Certains vidéoprojecteurs réalisent d'excellents scores dans ce domaine et dépassent les 65…

 

Calibrage SDR ultra‑rapide 

C'est désormais une constante sur les TV Sony équipés d'un processeur X1, le gamma est d'une telle linéarité qu'il suffit d'une petite demi‑heure pour calibrer le ZF9 avec une perfection rarement vue. À savoir, il n'est pas utile de calibrer le gamut, car en calibrant la Balance des Blancs ce dernier se corrige aussi. Cependant, nous l'avons tout de même fait dans un souci de perfection afin de tirer le meilleur de cet écran. Pour être plus précis, même en passant plusieurs heures à calibrer un TV en mode ISF, il peut être difficile d'atteindre une telle justesse. En effet, après calibrage en SDR, nous relevons une Balance des Blancs qui affiche des écarts Delta E maximum à 0,67 pour un Delta E moyen de 0,31 (cf. capture ci‑dessous). C’est tout bonnement insignifiant ! La courbe de gamma parfaitement linéaire est mesurée à 2,21 pour une température de couleur relevée à 6 510K. Nous avons opté pour un gamma 2.2 pour conserver une lisibilité optimum dans les noirs. En effet, comme ces derniers ne sont pas très profonds, le Local Dimming sera réglé sur Haut et la luminosité limitée à 136 pour afficher les meilleurs noirs possible tout en conservant une image dynamique et fouillée. L'adaptation du rétroéclairage fait baisser la luminosité dans les scènes sombres pour améliorer les noirs, ce qui peut boucher un peu le voisinage du noir si on opte pour un gamma à 2.4. En optant pour un gamma à 2.2 le voisinage du noir est bien plus lisible....

 

 

Enfin, en retouchant rapidement le gamut grâce au nouveau CMS nous arrivons à améliorer encore un peu plus cette colorimétrie avec un Delta E moyen mesuré à 0,59 et un écart maximum relevé à 1,37 ! Cela dit, cette justesse va bien au‑delà de ce que nous montrent les mesures, car avec une telle linéarité, même les teintes intermédiaires sont parfaites. Nous pouvons le constater lorsque nous vérifions les teintes de peau, tout simplement sublimes. C'est pourtant un domaine souvent très difficile à gérer sur les dalles, mais le profil du spectre de cette dalle PFS associé à cette justesse chromatique permet d'offrir une carnation parfaitement naturelle.

 

Calibrage tout aussi rapide en Ultra HD HDR10

 

 

Sans surprise, comme sur les précédents TV Sony de ces dernières années, nous remarquons que réaliser un calibrage Rec.709 agit également sur le calibrage en Rec.2020 (cf. capture ci‑dessus avant calibrage HDR). Ce dernier nécessitera donc seulement quelques retouches pour atteindre, là aussi, la perfection. La Balance des Blancs est parfaitement alignée de 0 à 60% (cf. capture ci‑dessous), seules les plus hautes luminosités nécessitent quelques ajustements. Le calibrage HDR prendra seulement quelques minutes pour atteindre un Delta E inférieur à 0,5, que ce soit sur le gamut ou la balance RGB.

 

 

À noter que c'est tout aussi simple en HDR Dolby Vision puisque, contrairement à LG, le calibrage HDR10 calibre aussi le mode HDR Dolby Vision. Le processeur X1 Ultimate se charge de tout, de l'étalonnage du 3DLUT en HDR Dolby Vision et de charger les métadonnées dynamiques de façon automatique. Les téléviseurs actuels compatibles HDR sont basés sur un gamma 2.2 au niveau du panneau. L'EOTF HDR (ST2084 ou HLG) est ensuite « mappée » sur la réponse native de la dalle.

 

Mesures Color Volume 

Il suffit de procéder aux mesures du Color Volume du Sony ZF9 pour constater la marge de progression (cf. captures ci‑dessous). Le Color Volume indique la justesse colorimétrique du TV en partant de la luminosité minimum jusqu’à son maximum. Plus le Color Volume sera « plein », plus les couleurs conserveront toute leur dynamique, leur richesse et leur naturel avec une faible ou une forte luminosité. Dans ce dernier cas, il s’agit d’une donnée évidemment essentielle pour juger de la qualité d'affichage HDR. Le ZF9 fait bien mieux que le XF90 dans ce domaine. Nous constatons que cette dalle peut afficher 137% du volume de couleur en Rec.709, 92% en DCI/P3 et 62% en Rec.2020. C'est évidemment moins bon que le Samsung Q9, la référence dans ce domaine, mais pas si loin que ça (à notre grande surprise). Pour rappel, le Samsung Q9 couvre 66% du Color Volume en Rec.2020. Le ZF9 se place donc en seconde position de tous les TV calibrés ces deux dernières années !

 

 

Encore une fois, pour en terminer avec ce chapitre, si comme tous les autres fabricants, Sony est évidemment limité par la capacité des dalles LCD actuelles à gérer toutes les composantes associées à la technologie Ultra HD (Rec.2020…), force est de constater que le fabricant maîtrise parfaitement la colorimétrie de ses TV. De toute évidence, Sony a réalisé des efforts remarquables et remarqués dans la procédure de pré‑calibrage de ses écrans. Cela fait partie des atouts majeurs de la marque, car bénéficier d'une telle colorimétrie en HDR, cela change considérablement l'expérience Ultra HD. Les couleurs sont justes, magnifiques avec une teinte de peau parfaitement naturelle (cf. capture ci‑dessous). Le gain en qualité apporté par les disques Ultra HD Blu‑Ray est alors d'autant plus visible.

 

 

Contraste en retrait face au Sony ZD9 

Voici donc le secteur décevant sur ce ZF9… Pour tout dire, à la lecture des premières spécifications, nous attendions de bien meilleures performances que celles mesurées. Nous pensions même que ce ZF9 allait faire mieux que le ZD9. Mais non, le pic lumineux est assez similaire, environ 1 700 nits sur des mires APL de 10%. Le problème vient surtout du niveau de noir qui est mesuré à 0,08 nit en natif et qui peut vite grimper à plus de 0,20 nit dans les scènes HDR. Heureusement le Local Dimming permet de réduire la profondeur à 0,04 nit en SDR, mais c'est tout de même très loin des noirs mesurés à 0,02 nit sur le ZD9. Malgré une qualité hors normes sur bien des secteurs, ce manque de punch au niveau des contrastes va inévitablement peser lourd dans la balance au moment du verdict final. Même le XF90 était plus contrasté que le ZF9…

 

La mesure du contraste On/Off nous donne des noirs à 0,005 nit et des blancs à 136 nits pour un ratio contraste de 104 018:1 (cf. capture ci‑dessous). Évidemment, le contraste Ansi est bien plus parlant pour avoir une idée de la dynamique de l'image. Avec une mire Ansi le contraste tombe à 3 500:1 avec des noirs mesurés à 0,04 nit. Évidemment, dans les scènes sombres ces noirs peuvent tomber sous la barre de 0,01 nit. Le contraste perçu est donc tout de même très bon, d'autant plus que le contrôle du rétroéclairage est vraiment excellent (même en HDR le Blooming est très peu visible).

 

 

Car, nous le répétons suffisamment dans les colonnes d’AVCesar.com, les mesures sont nécessaires mais pas suffisantes. Dans le cadre d’un téléviseur, le plus important reste la perception visuelle. C'est là que la maîtrise de Sony dans le domaine de la gestion du rétroéclairage permet d'obtenir un contraste perçu bien meilleur qu'avec un LED concurrent qui disposerait du même nombre de zones. Il faut ajouter à cela la qualité exceptionnelle de la dalle choisie pour équiper ce ZF9. Cela dit, forcément, comparé au ZD9 qui affichait un contraste Ansi de 8 000:1 l'image est moins contrasté et surtout moins dynamique. Cela se ressent évidemment plus encore avec des contenus HDR avec lesquels les noirs peuvent sembler parfois un peu grisâtres. Et cela est décevant sur une série Master. Pour dire le fond de notre pensée, ces performances au niveau du contraste sont aussi liées au revêtement X‑Wide Angle qui a pour mission de diffuser largement la lumière et les couleurs en provenance d’un pixel.

 

 

Avec du contenu SDR l'illusion est parfaite, le contraste vraiment puissant, mais un ratio de contraste plus faible aura toujours une répercussion au niveau de la dynamique de l'image. En présence d’un signal HDR la différence avec le ZD9 se fait clairement ressentir. Les 128 zones indépendantes et le manque de contraste natif ne passent pas inaperçus lors de certains passages très sombres et contrastés. Et si, comme déjà mentionné, les soucis de Blooming sont rares, voire imperceptibles avec la grande majorité de scènes sombres, lorsqu’il est visible, le halo n'est pas tranché, plutôt du genre diffus. Toutefois, il « grise » cependant une bonne partie de l'image. De même, avec les films au format Cinémascope, les barres noires en haut et en bas de l'écran peuvent laisser apparaître un halo lumineux si un spot de lumière est situé près de l'une d'elles. Évidemment, l’expérience décrite ici concerne une séance visuelle organisée en salle obscure. En salle éclairée, aucun Blooming n'est visible. Sinon, autre souci, le moindre sous‑titre « grise » considérablement les bandes noires et crée un effet de pompage.

 

Excellente homogénéité, sans Clouding 

Voici encore une très belle surprise que nous a réservé le Sony ZF9. La qualité de fabrication, d'assemblage, l'emploi d'une dalle PFS d'excellente qualité et la présence d'un rétroéclairage Direct LED se perçoivent immédiatement via une parfaite homogénéité sur toute la surface de la dalle. C'est même stupéfiant, car la répartition de la lumière est digne d'un TV Oled comme vous pouvez le constater sur nos mesures Delta E (cf. capture ci‑dessous) relevés sur toute la surface de la dalle. Aucune fuite n'est visible dans les coins, aucun DSE, ni Banding, ni Clouding ne vient ternir le contraste ou la qualité des noirs. Cela se voit évidemment également au niveau des couleurs qui restent bien équilibrées sur toute la surface. À savoir, l'homogénéité a un impact bien plus important qu'on ne le pense sur la qualité d'image perçue par le spectateur.

 

 

On note également une amélioration surprenante par rapport au XF90 qui dispose pourtant du même style de dalle, grâce à la technologie X‑Wide Angle qui permet d'offrir des angles de vision très larges alors que la même dalle PFS sur le XF90 présentait une certaine directivité. Pour obtenir ce résultat, les ingénieurs Sony ont doté les téléviseurs ZF9 d’un revêtement optique qui, pour schématiser, diffuse l’information de chaque pixel sur ses côtés.

 

Traitement X1 Ultimate HDR 4K : révolutionnaire ! 

Le processeur X1 fut une véritable révolution qui a totalement changé la qualité des TV Sony depuis son apparition et ce, dans tous les domaines : colorimétrie, fluidité, rendu HDR ou encore qualité et précision des images. Le X1 nous a toujours surpris jusqu'ici, et sa déclinaison Ultimate pousse encore le bouchon plus loin. La version X1 Ultimate de la puce Sony prouve à quel point le post‑traitement vidéo peut valoriser une image Ultra HD, ce qui sera d'autant plus vrai avec la définition 8K. La finesse de la texture, du grain, du piqué permet de proposer des traitements vidéo très puissants sans durcir l'image. On peut créer des impressions de relief naturel (3D) vraiment bluffantes avec de telle définition (cf. capture ci‑dessous). Le X1 Ultimate est véritablement un pionnier dans ce secteur et c'est le grand défi qui sera proposé aux différents fabricants : proposer de puissants traitements vidéo qui permettront de valoriser la définition 8K pour préserver l’expérience du spectateur sur des diagonales d’écran toujours plus grande, avec des sources en immense majorité de définition inférieure.

 

 

C'est véritablement du très grand art que nous propose Sony avec ce processeur surpuissant. Celui‑ci nous a vraiment bluffés par ses capacités de traitement vidéo en temps réel, quel que soit le type de contenu (SD, HD, [abc]Ultra D[/abc], SDR ou HDR). Comme nous l'avons précisé en introduction de ce banc d’essai, il s'agit de la dernière évolution de cette puce. Le secret de cette dernière vient probablement du fait qu'il opère une sorte de remasterisation totale de l'image avec une mise à l'échelle Ultra HD associée à une conversion 14 bits par couleur, un Upsampling RVB 4:4:4, un « re‑mapping » des couleurs ultra‑performant et enfin, une des deux meilleures conversions SDR/HDR à la volée avec celle proposée par TP Vision sur les derniers TV Oled Philips. Enfin, le dernier algorithme Object‑based Super Resolution qui analyse chaque objet de l’image apporte un gain très impressionnant. C’est ce dernier procédé qui autorise un rendu très proche d'une image 3D sans lunette avec beaucoup de profondeur de champs, ce qui renforce le réalisme et l'immersion, surtout sur de grandes diagonales. Quand on voit l'image absolument sublime que peuvent délivrer de « simples » disques Blu‑Ray 1 080p, on est scotchés. Le résultat est tout bonnement stupéfiant !

 

Ce traitement est d'autant plus efficace qu'il arrive même à offrir une image d'excellente qualité avec les DVD, jeux ou chaînes télévisées, que ce soit via TNT, satellite ou box TV, le tout avec une parfaite fluidité. On retrouve également le fameux filtre pour améliorer les dégradés grâce à un Upsampling sur 14 bits par couleur (introduit avec le ZD9 en 2016). Disponible sur trois paliers, il améliore le niveau de gradation pour lisser l'image en réduisant la postérisation, notamment autour des halos. C'est très efficace, mais il vaut mieux éviter de dépasser le premier niveau, car au‑delà il adoucit trop l’image qui perd en piqué, détail et précision. Ajoutons à cela les autres filtres pour améliorer la résolution, les trois réducteurs de bruits déjà évoqués, le réglage de netteté, le mode X‑Tended Dynamic Range Pro... Bref, c'est très complet et impressionnant d'efficacité. Le plus étonnant c'est que même en poussant au maximum le filtre Résolution et Netteté, cela n'entraîne quasiment aucun Ringing Effect (ou doubles contours).

 

Enfin, pour terminer le chapitre dédié au traitement vidéo, petite précision concernant les jeux qui profitent évidemment de l'excellent traitement vidéo, mais aussi des progrès réalisés du côté de l'Input Lag. Désormais, Sony s'aligne sur les meilleurs avec un Input Lag mesuré à 21 ms en 1 080p comme en 2 160p que ce soit en 24, 50 ou 60 hertz. Celui‑ci tombe même à 12,4 ms en 1 080p/120 hertz. C'est parfait !

 

 

Pour conclure 

Difficile de conclure de manière tranchée avec ce téléviseur tellement il se montre performant dans de nombreux secteurs tout en s’avérant décevant dans le domaine du contraste. Surtout lorsqu’il s’agit d’une série Master dont on attendait une progression comparée à la précédente, la série ZD9. Certes, c’est bien là le seul critère en deçà de son prédécesseur en matière de performance pure, mais cela montre aussi à quel point le contraste est un critère important, surtout à l'heure du HDR, pour jauger de la qualité d’image. Nul doute que le revêtement X‑Wide Angle est ici responsable (le XF9005 dépourvu de ce revêtement affiche un contraste de 6 000:1 avec seulement 64 zones Local Dimming). C’est donc le prix à payer pour un meilleur angle de vision.

 

Le design est également un peu trop basique pour un modèle haut de gamme, mais compte tenu du prix, cela reste tout à fait acceptable, d'autant plus que la qualité de fabrication est toujours aussi rigoureuse avec une homogénéité parfaite et une colorimétrie en sortie de carton qui permet de se passer de calibrage. C’est pourquoi, techniquement parlant (et nous pesons nos mots), il s'agit de l'un des meilleurs TV LED que nous avons testés à ce jour avec une colorimétrie qui tutoie la perfection. Non seulement ce modèle excelle dans tous les domaines, mais en plus nous avons eu la grande surprise de trouver une dalle particulière avec un spectre de lumière qui rappelle la colorimétrie des Plasmas, très typée cinéma, naturelle (notamment sur les teintes de peau), chaleureuse et capable de reproduire un rouge très riche.

 

En dehors de ce contraste décevant, le Sony KD‑65ZF9 affiche des performances de très haut vol et un traitement vidéo tout simplement époustouflant, capable d'améliorer n'importe quel type de contenu SD, HD, UHD que ce soit en vidéo, disque ou une chaîne de TV. Le ZF9 est doté de l’un des plus puissants traitements vidéo testés à ce jour et affiche une parfaite homogénéité. On peut également citer l'OS Android TV qui offre d'innombrables possibilités et applications.

Le Sony KD‑65ZF9 représente donc l'un des meilleurs rapports qualité/performance/prix actuels et constitue donc un excellent choix dans l’absolu. Mais, à l’heure du HDR, il risque de décevoir les plus exigeants en quête de puissants contrastes pour visionner leurs films en salle obscure.

+ Les points forts
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Colorimétrie exceptionnelle, très naturelle et juste en sortie de carton
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Pic lumineux mesuré à 1 700 nits
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CMS complet + fonction AutoCal
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»  
Compensation de mouvement de référence
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Traitement vidéo et Upscaling é‑nor‑mes
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Expérience Ultra HD d'excellente qualité
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Absence de postérisation, homogénéité parfaite
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Interface Android TV 8.0
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Excellent rapport qualité‑prix
- Les points faibles
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Léger Blooming dans de rares scènes
»  
Contraste décevant pour une série Master (3 500:1)
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