Enceinte

Focal Stella EM

Par Jérôme Prin - Publié le 06/05/10
Mustav
Prix indicatif : 70 000 € TTC
Note AVCesar.com
Système : 2.0
Colonnes : Stella EM (70 000 € la paire)
Dim./Poids : 553 x 1 558 x 830 mm/165 kg
    
L’essentiel
Oubliez tout ce que vous avez déjà entendu… Voici la gamme Utopia III, le fleuron du fabricant d’enceintes français Focal. Cette troisième génération se décline aujourd’hui en cinq modèles : Diablo (bibliothèque), Scala, Maestro, Stella EM et Grande EM (toutes des colonnes). La Focal Stella est ainsi la « petite sœur » (notion toute relative) de la Focal Grande qui culmine au firmament des Utopia. Elle reste cependant destinée à un public fortuné : comptez 70 000 € la paire. Du côté des finitions, quatre coloris existent (noir, blanc, rouge et gris) mais Focal répond aussi aux demandes spécifiques, sous réserve d’un délai de fabrication bien sûr.

La gamme Utopia a déjà une longue histoire. Son premier modèle date de 1995 et avait marqué le début des membranes W. En 2002, la seconde génération consacrait le tweeter Béryllium. Pour cette troisième version, Focal a revu une nouvelle fois sa copie et propose sur les modèles Grande et Stella un nouveau haut-parleur de grave à excitation. Mais c’est aussi tout le coffret qui a été revu et amélioré.

La Focal Stella est une enceinte trois voies composée de quatre blocs (deux médium, un tweeter, un caisson de grave) dans un coffret similaire à la Grande, enceinte quatre voies avec cinq blocs. Lorsqu’on la compare avec sa grande sœur, la Stella ne propose pas de voie bas médium et ne nécessite plus le système d’articulation qui permet de modifier l’inclinaison de chaque blocs. Son haut‑parleur de grave est plus « modeste » (33 cm contre 40 cm), son poids est réduit (165 kg contre 260 kg) de même que sa taille (10 cm de moins en largeur, 50 cm de moins en hauteur). Comme l’expliquent les ingénieurs Focal, la Stella est prévue pour être utilisée dans un cadre domestique. La Grande, quant à elle, est une enceinte sans concession dont l’environnement doit être adapté à son utilisation.

Chaque monobloc est réalisé en MDF de 50 mm d’épaisseur. Son caisson de grave électromagnétique utilise un haut‑parleur de 33 cm à membrane W (sandwich composite dont la découpe est dorénavant réalisée au laser). La bobine est en cuivre sur support Kapton. Elle est constituée d’un seul enroulement, mais cela lui assure une excellente légèreté et grâce au champ magnétique de l’électroaimant, elle fournit très peu de BL à l’ensemble (le champ électromagnétique de l’ensemble est d’environ 18 T, l’excursion de la bobine est de ±4 cm, voilà qui permet de sacrément remuer les oreilles !). L’ensemble pèse 24 kg et est alimenté par un boîtier externe qui offre une puissance de 90 watts. Un sélecteur propose trois positions : la première atténue d’environ 1,5 dB la bande passante entre 50 Hz et 200 Hz, la seconde dite « nominal » ne touche à rien, la troisième booste la même bande passante. Le grave monte haut, il est coupé à 220 Hz, les deux médiums prennent alors le relais.

Ces deux haut-parleurs médium sont directement issus de la Grande Utopia III et emploient un moteur à aimants dits « Power Flower » (les aimants sont disposés comme des pétales autour d’un pistil). Leur membrane est du même type que celle utilisée pour le caisson. Le tweeter, enfin, situé au centre pour un alignement optimal avec les oreilles de l’auditeur est lui aussi issu de la Grande (c’est d’ailleurs le même dans toute la gamme). On retrouve ainsi le dôme en Béryllium inversé chargé par une tuyère ouverte ce qui réduit fortement les distorsions.

Enfin, le filtrage est réparti dans le caisson. Un module se situe dans le caisson, l’autre derrière le médium supérieur qui dispose d’une trappe où se cache les réglages de l’enceinte. Car, afin d’améliorer la restitution sonore selon votre pièce, il est possible de jouer sur différents facteurs : le grave (trois positions qui accentue ou altère la réponse dans l’extrême grave), le médium (trois positions : Doux, Normal, Présence), deux réglages pour le tweeter (l’un qui modifie la réponse générale : -1 dB/0/+1 dB ; l’autre qui accentue la réponse à 2 000 Hz, zone de la fréquence de coupure).
Concurrence
Dans le très haut de gamme, chaque marque propose un ou plusieurs modèles spécifiques employant des technologies et des brevets développés pour l’occasion. On peut citer la Nautilus (65 000 € la paire) de B&W au design en forme de coquillage, mais également la Sphère de Cabasse (qui tourne aux alentours de 120 000 € la paire, système d’amplification compris) ou bien encore le haut de gamme Magellan de Triangle (45 000 €). Citons aussi, de l’autre côté de l’océan, le constructeur JBL avec l’Everest DD 66000 (60 000 € la paire). De quoi se faire mal au portefeuille…
Verdict technique
Pour ce test en avant-première, nous avons écouté la Stella dans des conditions optimales mises en œuvre par le magasin Présence Audio Conseil au sein d’un magnifique show‑room. Et si la Focal Stella est prévue pour être plus facile à mettre en œuvre que la Grande, elle reste recommandée pour un salon de plus de 50 m2. On éloignera l’enceinte des murs sauf à vouloir récupérer du grave, mais vu ce que l’enceinte envoie déjà, cela ne paraît pas outrageusement nécessaire. Lors de notre écoute, elle était alimentée par un amplificateur numérique haut de gamme qui a l’avantage d’offrir une sonorité neutre (bien qu’un peu aseptisée) et une bonne puissance. Tous les cavaliers étaient en position Neutre. L’auditeur s’installe idéalement au sommet du triangle isocèle que forme l’angle de fermeture des enceintes.

Une première écoute de voix jazz offre un panorama étendu des qualités de l’enceinte en ce qui concerne la justesse des timbres et la présence de l’artiste. La contrebasse est rapide, sans sensation de lourdeur, le grave est une des grandes forces de la Stella. Il sait être délicat, rapide, mais d’une présence folle sans être lourd, pachydermique.

Second point, la très belle définition. Les détails de l’orchestre et l’aération entre les instruments ouvrent l’espace sonore. On regrettera peut-être l’enthousiasme du grave par moment (on aurait pu placer l’alimentation de l’électroaimant sur la position 1 qui atténue le bas du spectre sans craindre de manquer de puissance !). Le son peut paraître un peu énorme, notamment pour celui qui fréquente régulièrement les salles de musiques classiques. En revanche, pour le rock ou le jazz, les enregistrements vous projettent au cœur de l’événement.

La directivité de l’enceinte reste peu prononcée quand on est bien placé, mais même situé un peu sur le côté, on reste dans une atmosphère musicale intense. On objectera que ‑parfois‑ le son est plus gros qu’il n’est naturellement (notamment pour un orchestre classique dans une salle de concert). Mais pour le rock ou un système Home Cinéma de nabab, la Focal Stella offre un plaisir d’écoute intense.

Elle bénéficie d’une qualité de restitution de grande envergure qu’il faut juste apprendre à bien maîtriser. Son prix la destine à une classe très aisée, mais la Stella reste plus accessible (et plus facile à installer !) que sa grande sœur. On est, ici, dans le cadre d’enceintes d’exception, on ne peut guère reprocher un prix qui se justifie par les technologies employées, par le savoir-faire et par une fabrication sans critique possible.
+ Les points forts
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Grave roboratif
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Fabrication hors norme
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Des timbres purs
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Nombreuses possibilités de réglages
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Plage dynamique excellente
- Les points faibles
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Un son parfois trop gros
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Encombrement qui reste massif
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Visa Black ou Mastercard Platinum nécessaire
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