Lecteur Blu-Ray

Pioneer UDP-LX800

Par Jacques Guiot - Publié le 12/11/18
Mustav
Prix indicatif : 2 390 € TTC
Note AVCesar.com
Type : lecteur BD Profile 6.0
Décodeur audio : Dolby Atmos et DTS:X
Sortie HDMI : 2 (v 2.0)
Dimensions (L x H x P) : 435 x 131 x 339 mm
Poids : 13,8 kg
L’essentiel

Pour l'utilisateur passionné de belles images et de beaux appareils, il faut bien avouer que le marché du lecteur Blu‑Ray manque cruellement de référence, surtout après le retrait du fabricant chinois Oppo qui nous proposait depuis plusieurs années des platines haut de gamme à la qualité reconnue partout dans le monde. En même si Panasonic a repris le flambeau avec une gamme de lecteurs performants, c'est avec enthousiasme et émotion que nous avons appris l’été dernier le lancement de deux nouveaux lecteurs Ultra HD Blu‑Ray signés Pioneer, les UDP‑LX500 et UDP‑LX800.

 


Rendez‑vous compte, l’inventeur du laserdisc, principal support du marché Home Cinéma au début des années 90, revient à ses premières amours (le disque optique) et investit le marché 4K Ultra HD. Une fois n’est pas coutume, c’est le modèle le plus huppé qui était disponible pour un banc d’essai que nous vous proposons de découvrir sans plus attendre.

 

Présentation du Pioneer UDP‑LX800

C’est sans surprise que le design de la platine UDP‑LX800 reprend trait pour trait celui de la dernière génération des lecteurs Blu‑Ray de la marque, les Pioneer BDP‑LX58/BDP‑LX88. Seule différence, c’est désormais le logo Ultra HD Blu‑Ray (cf. photo ci‑dessus) qui orne le tiroir du lecteur et non plus celui Blu‑Ray. Proposé au tarif de 2 299 € ‑un sacré budget‑ c’est l'un des rares lecteurs disponibles capables de lire tous les supports physiques et dématérialisés, en plus de réunir dans un seul et même appareil des qualités audiophiles et Home Cinéma de très haute volée. En effet, ce lecteur accepte sans broncher les disques Ultra HD Blu‑Ray, Blu‑Ray 2D & BD 3D, DVD, CD audio, SACD et DVD Audio.

 

 

L’UDP‑LX800 se démarque par une qualité de construction impressionnante grâce à plusieurs exclusivités Pioneer, notamment une section audio en provenance directe de la platine CD audio/SACD Pioneer PD‑70AE reconnue comme l’une des meilleures du marché et d’ailleurs justement récompensée partout dans le monde par une multitude de prix. Pour rappel, elle est basée, entre autres, sur des condensateurs électrolytiques exclusifs à forte capacité et un double Dac programmable (un par canal) huit canaux. Il s’agit de modèle ESS Sabre Pro ES9026 192 kHz/32 bits avec filtrage natif du DSD (sur 1 bit) et des fichiers encodés avec la méthode DoP (DSD over PCM). Il dispose d'une gamme dynamique pouvant aller jusqu'à 129 dB (Pondéré‑A) et présente surtout l'avantage d'être programmable par le constructeur qui les intègre dans ses appareils, avec la possibilité laisser à l’utilisateur de choisir le paramétrage du filtre « Roll‑Off ». Ces choix permettent de modifier la réponse en fréquence, pour influer sur le rendu sonore. Nous revenons bien évidemment sur cette fonction dans notre Verdict technique.

 

De même, le traitement du signal sur le canal droit et le canal gauche est réalisé à l’aide de composants agencés symétriquement (cf. photo ci‑dessous) de chaque côté de la barre‑bus (cette dernière officie aussi pour stabiliser la masse). Plus une double alimentation et un circuit analogique symétrique avec connecteurs XLR.

 

 

Pour la section Image (en provenance des platines Oppo), Pioneer a donc mis à jour les circuits de la platine BDP‑LX88 (exit la puce Marvell Qdeo) afin de gérer au mieux les signaux 4K Ultra HD et les fonctions HDR10 et HDR Dolby Vision. Et les ingénieurs maison en ont profité pour « toiletter » les menus associés en élaguant largement les options proposées. Toutefois, nous le verrons plus loin dans le verdict technique, avec le lecteur UHD BD Pioneer UDP‑88, la marque japonaise semble avoir appliqué la recette « Less is More ». Comprenez par‑là que si les possibilités de réglages pour fignoler la qualité vidéo sont moindres, ces derniers sont tous efficients. C’est au final beaucoup plus simple à utiliser. À signaler, un mode Pure Direct numérique audio‑vidéo qui désactive le compartiment analogique pour améliorer le rapport signal‑bruit sur le connecteur HDMI, donc la qualité du signal audio‑vidéo.

De même, le Pioneer UDP‑LX800 dispose d’une gestion multimédia très aboutie. Il accepte toutes sortes de fichiers audio et vidéo, dont les formats dits Hi‑Res Audio comme le Flac, l’AIFF, l’Alac ou le Wav 192 kHz/24 bits, l’Ogg ou le DSD. Au menu aussi les compatibilités AAC, WMA et MP3 pour le son et MP4, WMV, AVI et FLV pour la vidéo.

 

Qualité de fabrication exemplaire 

En termes de fabrication, on retrouve là aussi l’influence du BDP‑L88. Une fois ouvert, le boîtier laisse apparaître trois chambres isolatrices (cf. photo ci‑dessous) avec un agencement quasi‑semblable : alimentation sur le côté gauche (deux en fait pour séparer physiquement celle analogique de celle numérique), lecteur optique au milieu et circuits audio et vidéo à droite. Chaque chambre dispose en plus d'un couvercle là encore traité avec une peinture spéciale contre les vibrations et interférences. Tout respire le sérieux et l’exclusif avec une finition de premier ordre. Les transformateurs sont également isolés pour encager les rayonnements et le tout est fermement fixé au châssis pour éviter les vibrations et résonances.

 

 

Ce dernier est de type double couche, une première d’une épaisseur de 1,6 mm renforcée encore par un fond constitué d’une plaque de métal de 3 mm pour rigidifier l’ensemble et abaisser le centre de gravité. Cette structure double couche du châssis permet de réduire les vibrations au maximum afin d'optimiser la précision des horloges ou encore du bloc optique. Pour aller encore plus loin dans la qualité du transport des signaux numériques et analogiques, Pioneer propose un bouton Direct Transport en façade permettant de couper tous les circuits analogiques afin de réduire le jitter et améliorer le rapport signal‑bruit sur le connecteur HDMI, donc la qualité du signal audio‑vidéo.

 

 

On retrouve également la célèbre technologie de transport numérique PQLS, associée à une horloge haute précision, pour réduire plus encore le jitter audio lorsqu'on utilise un amplificateur Pioneer compatible. À savoir, le circuit imprimé de la platine compte six couches, garantie d’un ratio signal‑bruit élevé.

 

 

De son côté, le lecteur Ultra HD Blu‑Ray reprend une technologie novatrice développée et mise au point à la fin des années 2000, à l’époque du joint‑venture entre Pioneer et Sharp. L’objectif était de fabriquer le bloc optique le plus stable du monde dans le but d’une gamme complète d’enregistreurs Blu‑Ray de salon (qui n’aura finalement jamais vu le jour). Toutefois, les ingénieurs en charge du lecteur étaient parvenus à leur fin avec un mécanisme d’une stabilité extrême, architecturé sur une structure flottante (bain d’huile), que l’on retrouve aujourd’hui dans la platine Pioneer UDP‑LX800. On note aussi un couvercle particulier en nid d'abeille pour une isolation encore plus performante, mais aussi pour réduire les vibrations et optimiser le silence de fonctionnement. Ce dernier est d’ailleurs remarquable.

 

Au final, le lecteur Pioneer UDP‑LX800 accuse un poids de 13,8 kg sur a balance ! Du costaud.

 

Pas de transformateur torique ? 

Certains regretteront peut‑être l’absence d’un transformateur torique. En lieu et place, on trouve une alimentation à découpage haut rendement de très haute qualité avec un transformateur IEC de forte capacité. Ce transformateur dispose de sa propre coque de protection entièrement en cuivre, recouverte d'une peinture traitée (cf. photo ci‑dessous). Comme déjà mentionné plus haut, cette alimentation dispose de deux sections, une pour alimenter le circuit numérique, l'autre pour le circuit analogique. 

La carte principale avec le SoC, le CPU et tous les circuits numériques (audio/vidéo) utilise une structure à six couches afin d'éliminer entièrement le bruit numérique et améliorer, là encore, le rapport signal‑bruit (SNR) dans le traitement du signal audio et vidéo. En clair, il s’agit de réduire au maximum le bruit résiduel vidéo pour offrir une image la plus précise possible.

 

 

Connectique complète de très haute qualité

Le seul vrai regret concerne l'absence de sortie analogique 7.1, mais en dehors de ça, la connectique est complète et surtout propose des borniers de haute qualité (usinés dans la masse), plaqués or 24 carats. Rien n'a été laissé au hasard, même la visserie est en cuivre. Cela étant dit, on reste sur une connectique classique : pas d’entrée HDMI, ou d’entrées numériques qui auraient permis d'utiliser le lecteur comme Dac, ou encore une sortie casque...

 

 

On trouve donc une sortie stéréo symétrique XLR et asymétrique RCA (cf. capture ci‑dessus), une interface RS-2323 réservée aux intégrateurs, un connecteur Zero Signal, deux sorties HDMI 2.0b pour séparer l'audio et la vidéo, deux ports USB 2.0 (dont un en façade), un port Ethernet Gigabit, et deux sorties audio, une optique et une coaxiale. Concernant le raccordement Zero Signal, il s'agit en fait de la possibilité offerte, en présence d'un amplificateur, de connecter la prise RCA Zero Signal Terminal du lecteur à une entrée audio (ou vidéo) libre de l'ampli (via un câble mono), pour unifier la mise à la terre et éliminer les interférences associées.

 

 

Un mot rapide sur la télécommande, pour préciser qu’elle est très bien conçue et dotée de boutons rétroéclairées. On trouve plusieurs touches d’accès rapides aux réglages audio et vidéo, à la définition en sortie, au réglage des deux sorties HDMI, l’activation du mode Pure Audio ou Sortie Directe, et un bouton Display, en haut à droite, pour accéder à toutes les informations techniques liées au disque lu. Précision, laissez le doigt dessus quelques secondes pour celles‑ci voir apparaître…

 

 

Gestion multimédia très aboutie, mais pas de services réseau 

Inutile de s'attarder sur les applications, celles‑ci étaient inexistantes au moment du test. En revanche, la lecture multimédia est bien plus intéressante même en l’absence de fonction Wi‑Fi. Tous nos fichiers vidéo de test ont été lus en dehors des habituelles Iso qui sont définitivement bloquées par la BDA (pour rappel, la Blu‑Ray Disc Association autorise le rip des Iso Blu‑Ray aux seules conditions d’une utilisation personnelle et d’une sécurisation de ce dernier via signature numérique pour éviter le partage sur internet). Même si un lecteur multimédia de qualité comme le Zappiti One Player 4K (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) propose bien plus de possibilités, il faut tout de même avouer que la gestion multimédia est très intéressante et sera largement suffisante pour la grande majorité des utilisateurs.

 

 

 

Le plus important est de la partie, la lecture de toutes les vidéos Ultra HD HDR et 1 080p comme le TS, MP4 ou MKV et même les pistes DTS‑HD, DTS:X, Dolby TrueHD ou Dolby Atmos. Tous les formats populaires sont gérés que ce soit les formats audio ou vidéo comme les AVI, MKV, TS, M2TS, WMV HD, DivX HD & SD, MP3, Flac, APE, WMA, AAC, DTS et Dolby Digital 5.1. La lecture autoframerate en 24/50 et 60 im/s est également présente pour une parfaite fluidité.

 

Aucun souci constaté non plus avec la lecture du Flac, du DSD, de l’Alac et du Wav LPCM, avec affichage des pochettes et des tags et possibilité de naviguer dans les dossiers sans interrompre le morceau en cours de lecture. Pour y voir plus clair sur cette gestion multimédia, nous vous proposons un listing des points essentiels (prise en charge des formats, qualités et défauts) :

 

  • Les systèmes de fichiers NTFS et Fat32 sont reconnus
  • La lecture des fichiers peut se faire via USB ou par le réseau filaire (UPnP/DLNA)
  • Tous les MKV ont été lus sans problème via USB et UPnP (DLNA)
  • Tous les formats populaires sont lus comme les Avi, Mp4, WMV HD, Mov, MKV, TS, M2TS, Divx HD et SD, Flash (FLV)
  • Les vidéos Ultra HD en 24 et 60 im/s sont lus
  • Les vidéos HDR10 sont lues, mais nous n'avons pas pu tester de vidéos HDR Dolby Vision
  • L'autoframerate en 24/50/50 im/s est fonctionnel
  • Le post‑traitement vidéo est fonctionnel en la lecture multimédia, y compris avec les vidéos UHD
  • La qualité de décodage et d’Upscaling sont excellentes, mais certains TV font mieux actuellement
  • Les sous‑titres sont parfaitement gérés en dehors des PGS
  • Il n’y a pas de fonction pour aller chercher un sous‑titre externe
  • Les sous‑titres sont lissés et de très bonne qualité avec la possibilité de les repositionner et changer la couleur
  • On peut synchroniser l’audio de la vidéo, il y a même un Auto Lipsync
  • Les chapitres sont parfaitement gérés avec la plupart des vidéos. On trouve également des sauts d'images et une fonction pour naviguer rapidement dans le film
  • Les pistes DTS‑HD, DTS:X, Dolby TrueHD et [abc]Dolby Atmo[/abc]s sont prises en charge
  • Les Iso DVD, DVD Audio, BD et BD 3D, Ultra HD Blu‑Ray ne sont pas reconnues
  • Les BDMV ne sont pas reconnus, seuls les dossiers AVCHD issus de caméscopes sont lus
  • Les images de CD audio (image disque) sont reconnues
  • Les Flac 2.0 et 5.1 sont parfaitement lus, avec un décodage de très haute qualité jusqu'en 192 kHz/24 bits
  • Les tags sont gérés, avec affichage des pochettes d’albums
  • Le LPCM en Wav est lu jusqu'en 192 kHz/24 bits et 7.1
  • Le MP3, AAC, AIFF, WMA, Alac et M4A sont pris en charge
  • Les fichiers DSD (DSF, DSDIFF) sont lus jusqu'en 5,2 MHz et en 5.1
  • Les rips de CD‑DTS encodés en WAV‑DTS 5.1 sont lus
  • La lecture Gapless est fonctionnelle
  • Il est possible de naviguer dans les dossiers sans interrompre la musique en cours de lecture.
  • Les fichiers vidéo 3D ne sont pas lus à l'exception des MTS 3D issus de caméscopes

Concurrence

Le Pioneer UDP-LX800 compte seulement deux véritables concurrents directs. Le lecteur Oppo UDP‑205EU est certainement le spécimen le plus similaire de par la qualité de fabrication, une carte vidéo proche et donc un Firmware très similaire, malgré un prix bien plus agressif (1 800 €) et la présence d'une sortie analogique 7.1. Cependant, le Pioneer dispose d'une confection bien plus rigoureuse avec un châssis digne d'un véritable appareil audiophile ! 

 

On peut également citer le Panasonic DP‑UB9000, qui propose une qualité de fabrication beaucoup moins huppée que celle du Pioneer, notamment une alimentation moins performante, mais qui se distingue par son Firmware avec de puissants algorithmes de traitement vidéo. Ce lecteur est également bien plus abordable avec un prix indicatif de 999 euros.

 

Enfin, citons également un lecteur Ultra HD Blu‑Ray atypique, le Camridge Audio CXUHD puisque qu'il ne dispose d'aucune connexion analogique malgré la réputation de ce fabricant dans le milieu audiophile. Cambridge a conçu son lecteur pour être spécialement associé avec ses amplificateurs, et n'a donc pas jugé important de les équiper d'un circuit analogique. Là encore, on retrouve une carte vidéo identique à celle des lecteurs Oppo avec le même type de Firmware pour un prix indicatif de 890 euros.

Fiche technique
Type : lecteur BD Profile 6.0
Décodeur audio : Dolby Atmos et DTS:X
Compatibilité : CD audio, CD DTS, DVD vidéo, DVD audio, SACD, BD vidéo, 3D, Ultra HD, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHD, Dolby Atmos, DTS, DTS-HD, DTS:X
Connectique : 2 sorties HDMI (v 2.0), sortie stéréo, sortie audio numérique (optique et coaxiale), 2 ports USB Host, port RS-232, port Ethernet
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, Dolby TrueHD, Dolby Atmos, DTS-HD, DTX:X, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, Fat32, NTFS, UPnP (DLNA)
Fonctions : CEC, xvYCC, Deep Color, High BitRate Audio, désentrelacement (vidéo/film) manuel, upscaling vidéo Ultra HD, gestion du zoom à partir du 4/3 intelligente, gamme HDMI réglable, réglage de netteté
Réducteur de bruit : D NR
Télécommande : rétroéclairée
Consommation : 42 W (0,3 W en veille)
Finition : Noir
Dim. (L x H x P) : 435 x 131 x 339 mm
Poids : 13,8 kg
ph image
Verdict technique

Après cette large présentation, il est temps d’aborder la qualité d'image et de restitution sonore proposée par ce superbe lecteur d'exception. Nous allons également détailler les possibilités de réglages vidéos et audio qui permettent d'optimiser la qualité en fonction du diffuseur de l’utilisateur, mais aussi de son amplificateur et de ses enceintes, ce qui est assez rare pour le souligner. À savoir, lors de notre test, nous avons pu essayer ce lecteur sur des TV LED et Oled compatibles HDR10 et HDR Dolby Vision, des amplificateurs Home Cinéma, mais aussi Hi‑Fi de divers fabricants (Nad, Denon, Yamaha entre autres). Pour les enceintes nous avons utilisé les récentes Focal Sib EVo en 7.1.2 (bluffantes au passage et qui feront l'objet d'un banc d'essai très prochainement), mais aussi des Magnat 1009 S pour la partie Hi‑Fi.

 

Réglages complets pour optimiser le signal vidéo 

De ce côté‑là, rien à dire, on trouve vraiment tous les réglages nécessaires pour optimiser le signal vidéo en fonction des capacités du diffuseur, que ce soit un TV LED, Oled ou un vidéoprojecteur. Le Pioneer UDP‑LX800 propose tous les réglages vidéo habituels comme le choix de la définition en sortie jusqu'en Ultra HD, la possibilité de sortir en YCbCr 4:4:4 ou 4:2:2, RGB 4:4:4 limités (16‑235) ou Full RGB 4:4:4 (0‑255) ou régler la sortie en 8, 10 ou 12 bits (cf. capture ci‑dessous). On peut également choisir la fréquence en sortie, que ce soit 24, 50 ou 60 im/s ou laisser le lecteur choisir automatiquement.

 

 

La présence d'une Sortie Directe est également très utile (cf. capture ci‑dessous). En sélectionnant cette dernière, le signal de sortie reste natif : pas d'Upscaling ni de traitement vidéo. Des tâches prises en charge par le diffuseur, donc, ce qui peut être intéressant lorsqu’un le lecteur est raccordé à un TV très performant dans ces domaines. Il est également possible de convertir le signal HDR10 ou HDR Dolby Vision en SDR si le diffuseur n'est pas compatible ou si le rendu HDR n'est pas satisfaisant.

 

Bien sûr, tous les diffuseurs proposent cette fonction, mais il existe un avantage à le réaliser depuis le lecteur Pioneer : préserver l'espace couleur natif des disques Ultra HD Blu‑Ray, donc du Rec.2020, mais aussi régler parfaitement la luminance en fonction des capacités du diffuseur afin d'offrir la plus belle conversion HDR/SDR possible. Malheureusement, la fonction contraire, soit une conversion SDR/HDR, n’est pas présente.

 

 

On trouve également des filtres vidéo pour optimiser la qualité de l'image avec trois mémorisations possibles. On peut ainsi régler la luminosité, le contraste, la teinte, le niveau de saturation des couleurs, la réduction du bruit (DNR) et le niveau de netteté de l'image (cf. capture ci‑dessous). Ce dernier filtre agit plus comme un réglage de Sharpness, comprenez par‑là qu'il renforce la précision mais aussi les détails et le contour des objets ou personnages à l'écran.

 

Voilà qui confère plus de relief et de texture à l'image avec dix paliers possibles. Ce filtre est intéressant, surtout avec une image UHD native, avec des résultats plus fins. Cependant, ce genre de filtre a tendance à générer des artefacts et des doubles contours assez rapidement (du Ringing Effect). Pour être honnête, ce filtre est dorénavant dépassé par certains processeurs vidéo, à l’instar du X1 Ultimate de Sony présent dans les TV premium de la marque. Largement plus puissant, celui‑ci s'appuie de plus sur de nombreux algorithmes très évolués et intelligents.

 

 

 

Plus globalement, ces filtres sont généralement surtout utiles avec des vidéos compressées ou pour améliorer l'Upscaling UHD. Cela dit, l'image UHD native peut sembler parfois un peu trop douce pour certains. Tout dépend des goûts de chacun. Certains filtres d'amélioration des détails et du relief de l'image UHD font parfois des miracles ! De ce côté‑là, même si les filtres proposés par Pioneer s’avèrent classiques, ils sont de très de bonne qualité. Seul Panasonic fait mieux avec des réglages spécifiquement adaptés à l'Ultra HD.

 

Une qualité d'image hors norme ! 

De son côté, Pioneer avec son dernier‑né a souhaité avant tout proposer un décodage audio et vidéo natif d'excellente qualité, et de ce côté‑là, il écrase toute la concurrence. En effet, avec la qualité des composants et l’excellente alimentation de l’UDP‑LX800, en plus d’une fabrication d’exception, l’idée de Pioneer est d’obtenir le signal numérique le plus pur possible. Et c’est le cas !

 

Après plusieurs heures passées en sa compagnie, il est évident que c'est cette finition qui démarque ‑et de loin‑ ce lecteur de tous ses concurrents. L’image est absolument époustouflante de clarté, de pureté et de précision. La preuve flagrante qu’il ne faut pas sous‑estimer la qualité de signal numérique sur l'image. Pourtant, nous avons mobilisé un lecteur Oppo UDP‑203EU pour étalonner le Pioneer. Mais la différence est flagrante. En éliminant tout bruit résiduel, tout parasite, et en mettant tout en œuvre pour améliorer la précision du signal, l'image devient cristalline, gagne en fluidité, en profondeur de champ, en relief et en précision avec un piqué somptueux.

 

 

Même au niveau des couleurs cela se ressent avec des teintes plus vives, intenses et dynamiques tout en restant parfaitement naturelles. Nous avons tout simplement redécouvert Blade Runner 2049 sur le TV Oled Sony KD‑65AF9 (cliquez pour découvrir le test complet du produits par la rédaction d'AVCesar.com). Certains passages donnent l'impression de regarder une image 3D sans lunette tellement le relief est puissant ! On se perd avec bonheur dans la profondeur de champ lors des prises de vues à bord du vaisseau qui survole la ville. Le plus impressionnant vient aussi du fait que nous n'avions jamais constaté les filtres du TV Sony AF9 aussi performants. La qualité de l'image reçue par le TV est telle que les filtres sont largement plus efficaces avec un piqué très fin, d'une précision chirurgicale. Nous avons alors essayé d'autres TV comme le LG B8, le TCL C76 ou le Panasonic FZ800 (cliquez pour découvrir le test complet du produits par la rédaction d'AVCesar.com) présents dans notre laboratoire et, à chaque fois, les performances des filtres vidéos du diffuseur sont meilleures avec le lecteur Pionner UDP‑LX800 en source.

 

D'autre part, nous avons également remarqué que la visibilité dans le noir, mais aussi dans les blancs des TV Oled étaient sensiblement supérieures avec le lecteur Pioneer, surtout avec des sources HDR10 ou HDR Dolby Vision. Chaque critère de l'image gagne en qualité, que ce soit la stabilité, la précision, la fluidité, la colorimétrie, l'éclat, la dynamique, la lisibilité du voisinage du noir, l'effet de relief et de profondeur de champ, le piqué, le niveau de bruit, etc.

 

Qualité de décodage audio inédite

Tout comme pour l'image, la partie audio dispose de tous les réglages nécessaires pour optimiser le rendu : possibilité d’envoyer le flux audio en bitstream ou en décodage LPCM, d’opérer un downmix stéréo (cf. capture ci‑dessous), d’activer ou pas le DRC (Dynamic Range Control) ou encore de limiter le taux d’échantillonnage en 48, 96 ou 192 kHz (ce qui est surtout utile pour la sortie coaxiale afin de connecter un Dac qui serait, par exemple, limité au 96 kHz en entrée).

 

 

Notez également la possibilité de séparer le flux audio de la vidéo grâce aux deux sorties HDMI ce qui permet de gagner en restitution sonore, surtout avec les disques Ultra HD Blu‑Ray qui utilisent une bande passante conséquente (par exemple Un jour dans la vie de Billy Lynn). Pour la lecture des SACD, c'est fonction de l'amplificateur AV : soit il est compatible DSD et le lecteur enverra le DSD en natif via HDMI, soit il n'est pas compatible DSD et la platine fera une conversion DSD/PCM en 176 kilohertz. Le menu laisse aussi le choix de sortir le DSD en 2.0 ou 5.1.

 

 

Comme nous l'avions précisé dans la première partie de ce test, les Dac ESS Sabre sont programmables et offrent la possibilité à l'utilisateur de choisir un filtre numérique appelé Roll‑Off (cf. capture ci‑dessus). Ce dernier permet de changer légèrement la courbe de réponse en fréquence, surtout dans les hautes fréquences. Trois filtres sont proposés :

 

  1. Filtre Sharp : la réponse en fréquence est légèrement montante et pleine, ce qui offre des aigus très ciselés, très détaillés, mais qui peuvent être légèrement montants sur certaines enceintes.

 

 

  1. Filtre Short : ici, la réponse en fréquence est assez courte et droite, pour un rendu plus droit.

 

 

  1. Filtre Slow : avec ce filtre, la réponse en fréquence est adoucie, rabaissée dans les aigus. Très utile si vous appréciez des aigus plus doux et pour éviter les aigus montants ou les sifflantes avec certaines enceintes. Ce filtre est d'autant plus intéressant, que la réponse en fréquence reste pleine, donc le haut du spectre conserve tous ses détails.

 

 

Le rendu analogique est digne des meilleurs platines audiophiles, même si évidemment il est toujours possible d'aller encore plus loin en y mettant le prix. L'avantage du Pioneer UDP‑LX800 est de proposer une platine polyvalente, pour une utilisation Hi‑Fi et Home Cinéma, sans sacrifice au niveau de la qualité. Pour faire court, et situer le Pioneer vis‑vis de l'Oppo UDP‑205, sachez que la qualité de son rendu audio analogique nous est apparue un poil supérieur.

 

Si l’on retrouve toutes les qualités du Dac Sabre ESS Pro, qui offre notamment de grandes performances en lecture DSD, le rendu reste toutefois assez analytique, d'où l'intérêt des filtres Roll‑Off qui apporte un peu de douceur. Avec de belles enceintes douces, raffinées, et un poil chaleureuses, l'écoute confine à la pure merveille. Quelle musicalité ! Évidemment, la connexion XLR doit être privilégiée (cf. images ci‑dessous), la reproduction stéréo gagne alors en ouverture et profondeur grâce au montage symétrique qui améliore considérablement la diaphonie mesurée à ‑116 dB ! Nous avons relevé un THD insignifiant, preuve que le niveau de bruit est extrêmement bas avec 0,0003% ! Forcément, qui dit niveau de bruit faible, dit gamme dynamique très élevée. Nous relevons une gamme dynamique de 121 dB (pondéré‑A). Nous ne sommes donc vraiment pas loin des 124 dB annoncés par ESS Technologie, preuve d'une parfaite intégration. D’autant plus que nous aurions pu certainement améliorer encore cette valeur en soignant l'installation électrique (avec une ligne dédiée par exemple).

 

 

 

 

Connexion analogique ou numérique, la qualité des dialogues ou des voix sont remarquables d'intelligibilité, de précision. C’est parfaitement soutenu, ferme, détouré et localisable dans l'espace. Des qualités appréciables aussi bien en Hi‑Fi qu'en écoute Home Cinéma.

Concernant la qualité audio via HDMI, par rapport aux autres platines du marché, c’est tout simplement ce qui se fait de mieux actuellement avec un rendu ultra‑dynamique, percutant, des graves profonds et agressifs dans le bon sens du terme, et surtout un gain énorme au niveau spatialisation. La scène sonore est très large, haute et profonde, elle remplit la pièce avec des effets surround qui fusent dans tous les sens. Même le caisson de graves gagne en percussion ce qui là encore démontre la qualité du signal numérique.

 

Pour conclure

Le lecteur Pionner UDP‑LX800 est un véritable bijou, un chef‑d'œuvre technologique qui transcende l'expérience Ultra HD. Jamais nous n'avions pu tester une telle qualité d'image et d'écoute, en connexion analogique ou numérique. Alors certes, on peut regretter l'absence d'une sortie analogique 7.1 ou encore quelques options supplémentaires comme une fonction Dac ou un chapitre multimédia comptant plus d’applications. De même, si la partie post‑traitement vidéo est complète, elle apparaît classique comparé aux derniers processeurs vidéos. Mais c’est clairement une volonté assumée de Pioneer. En effet, avec les progrès colossaux réalisés par les diffuseurs premium en matière de traitement du signal, et l’émergence de la 8K va encore accentuer cette tendance, le constructeur japonais a pris le parti de soigner au maximum la qualité du signal délivré par l’UDP‑LX800, la platine ayant toutes les chances d’être raccordée à un diffuseur haut de gamme.

 

 

Pour le relatif manque en termes de fonctionnalités, sans doute là encore s’agit‑il d’une volonté assumée de la part de Pioneer, celle de ne pas trop grever le tarif de l’UDP‑LX800 déjà élevé. Cela dit, n'exagérons rien, ce lecteur reste tout de même complet et très polyvalent. Et ce qu'il fait, il le fait mieux que n'importe quel autre. Il réussit ainsi la quadrature du cercle, regrouper dans un même boîtier un lecteur Ultra HD Blu‑Ray de référence et une platine audiophile haut de gamme.

On insiste, mais l’image est sans aucun doute la plus belle jamais délivrée par un lecteur 4K Ultra Blu‑Ray. Somptueux !

+ Les points forts
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Qualité de fabrication hors norme
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Platine très silencieuse, qui ne chauffe pas
»  
Lecteur optique exclusif
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Connectique riche avec sortie XLR
»  
Décodage vidéo et audio le plus performant jamais vu
»  
Qualité de transfert numérique exceptionnelle
»  
Une des plus belles écoutes avec le Super Audio CD
»  
Réglages audio et vidéo complets avec filtres numériques audio
»  
Très bonne compatibilité multimédia
- Les points faibles
»  
Pas de sorties analogiques 7.1
»  
Post‑traitement vidéo classique
»  
Pas d'applications (pas encore…)
»  
Le prix
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