Amplificateur audio-vidéo

Yamaha RX-V775

Par Jacques Guiot - Publié le 27/11/13
Mustav
Prix indicatif : 799 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby TrueHD et DTS‑HD
Paramétrage automatique par micro : oui
HDMI : 6 entrées (v1.4, dont 1 frontale)
Puissance : 7 x 95 W
Dim. (L x H x P) : 435 x 171 x 368 mm
Poids : 10,5 kg
633,59 €
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L’essentiel
Même si le Yamaha RX‑V775 est disponible depuis un moment déjà dans les magasins, nous ne pouvions pas passer à côté du test de l'un des modèles les plus convoités de la nouvelle gamme 2013 du constructeur japonais. Fonctionnalités nombreuses, qualité de reproduction sonore reconnue et prix contenu, le modèle RX‑V7xx de la marque fait partie, tous les ans, des meilleures ventes françaises dans la catégorie des amplificateurs Home Cinéma. Nous avons donc voulu savoir si ce modèle méritait, cette année encore, sa réputation.

De prime abord, le design et la finition du produit restent inchangés et ce n'est pas pour nous déplaire. Le Yamaha RX‑V775 bénéficie en effet de l'une des meilleures qualités de fabrication dans cette gamme de prix, élaborée selon le concept Total Purity propre à la marque avec un châssis épais, entièrement en aluminium, parfaitement assemblé et robuste. Deux potentiomètres sont toujours présents en façade, l'un pour le contrôle du volume, l'autre pour la sélection des sources. Une plaque imitation vitre fumée (en fait un revêtement plastique de haute qualité) placée sur le haut de la façade accueille l'afficheur. Ce dernier, complet, permet d'afficher toutes les informations nécessaires mais aussi de naviguer dans les dossiers d'un ordinateur ou d'un disque dur Nas distant, ou d'une clé USB ou d'un HDD lors de lectures multimédia via la passerelle audio UPnP (DLNA) ou directement à partir du port USB. Au niveau des composants, on retrouve des convertisseurs Burr‑Brown capables de gérer la conversion du signal PCM 192 kHz/24 bits. En revanche, il n'accepte pas le signal DSD des SACD.

Le Yamaha RX‑V775 s'avère impressionnant de fonctionnalités et de possibilités. En premier lieu, sachez qu'il s'agit d'un amplificateur audio‑vidéo 7.2 d'une puissance de 7 x 95 W RMS (sous 8 ohms) issue d'une amplification discrète. Il est donc possible de profiter dans la pièce d'écoute d'un système 7.2 complet avec raccordement d'une paire d'enceintes Surround Back, ou bien d'une configuration 5.1 avec bi‑amplification sur les frontales, ou encore d'une disposition 7.2 constituée de deux enceintes Presence placées au‑dessus des frontales et exploitables avec le mode Cinema DSP HD3. À noter, et pour répondre à certaines questions d'entre vous à l'occasion d'un autre test Yamaha, le Cinema DSP 3D fonctionne uniquement avec un mode DSP activé. Impossible d'en profiter en mode Straight ou Direct ou Pure Direct. En dehors de cette restriction, on peut le sélectionner sur tous les encodages audio, y compris sur les pistes DTS‑HD et Dolby TrueHD. Le Yamaha RX‑V775 est également le premier modèle de la gamme à disposer d'une sortie Pre‑Out 7.2. Il autorise donc le branchement d'un éventuel amplificateur de puissance sept, cinq ou deux canaux. Cela, par exemple, pour exploiter l'excellente pré‑amplification Yamaha avec une amplification plus musclée.

Pour exploiter le tout avec la plus grande simplicité, le Yamaha RX‑V775 propose le fameux calibrage automatique YPAO R.S.C multipoints. Et même si la version présente ici ne dispose pas de la gestion de l'orientation des enceintes, le contrôle de la réflexion du son est en revanche bien de la partie. L'ensemble est géré depuis un OSD (cf. photo ci‑dessous) en couleur, très soigné, permettant d'accéder à bon nombre de réglages et fonctionnalités, dont un égaliseur paramétrique sept bandes qui vient s'ajouter au réglage de tonalité (égaliseur graphique).
Toujours au rayon fonctionnalités, citons par exemple les nombreux modes DSP (dix‑sept au total), les quatre modes Scènes programmables et les fonctionnalités réseau permettant de diffuser plusieurs milliers de Webradios. Il est également permis de profiter de fichiers audio sur clé USB (système Fat32 uniquement) avec la prise en charge des fichiers Flac et Wav en 192 kHz/24 bits, WMA, MP3 et Ogg. Mais aussi, comme déjà précisé au début de ce test, de bénéficier via streaming de la musique stockée sur un ordinateur ou un disque dur Nas à travers la fonction passerelle audio UPnP (DLNA). Il est évidemment toujours possible de « streamer » de la musique et même les bandes‑son des vidéos lues sur un iPad ou un iPhone grâce à la certification AirPlay. À savoir encore, le Yamaha RX‑V775, comme l'ensemble de la gamme des amplificateurs audio‑vidéo la marque japonaise, gèrent les smartphones et tablettes iOS directement sur le port USB Host. Enfin, l'utilisateur peut aussi prendre le contrôle total de l'ampli depuis un ordinateur via une interface réseau très complète, ou de manière plus simplifiée depuis une application iOS ou Android.

La connectique compte six entrées HDMI CEC 1.4 (dont une en façade) transparentes aux signaux 3D, 4K et Ultra HD, au Deep Color, xvYCC et 1 080p/24 (Auto LipSync désactivable ou manuel), deux sorties HDMI dont une dotée de la fonction ARC, plus un processeur vidéo propriétaire en charge, à la fois, de l'Upscaling 1 080p/Ultra HD et du désentrelacement. Par contre, contrairement aux modèles phares de la gamme 2013 Yamaha RX‑A2030 et RX‑A3030, ici, point de traitement vidéo paramétrable, ni de réduction du bruit vidéo, ou encore d'amélioration de l'image. Précisons aussi qu'en l'absence de connecteur HDMI 2.0 (Yamaha n'ayant toujours pas communiqué sur une éventuelle possibilité d'upgrader les connecteurs HDMI 1.4 en 2.0), l'amplificateur ne permet ni d'upscaler en Ultra HD 60 Hz, ni le mode Pass‑Through 2 160p 60 hz, ce qui pourrait devenir contraignant lorsque les chaînes Ultra HD seront disponibles sur les décodeurs satellites, par exemple.
Le reste de la connectique rassemble, à l'avant, une entrée mini‑Jack 3,5 mm pour le micro de calibrage YPAO, une sortie casque amplifiée Jack 6,3 mm, une entrée vidéo Composite, un port USB pour connecter un iPhone, iPad ou un support de stockage pour les fichiers audio (HDD ou clé USB). Puis, sur le panneau arrière, deux entrées optiques, deux coaxiales, quatre entrées/deux sorties stéréo RCA, deux entrées/une sortie YUV, quatre entrées/deux sorties Composite, une entrée Phono, un port Ethernet, une entrée/sortie IR, une prise Trigger 12 V, un port USB dédié à l’alimentation d'un adaptateur Wi‑Fi optionnel Yamaha YWA‑10 ou Bluetooth Yamaha YBA‑11, deux antennes radio FM/AM (fournies), deux sorties caisson de graves, une sortie Pre‑Out 7.2 et, enfin, neuf paires de borniers.
Concurrence
Sur sa route, le Yamaha RX‑V775 est en compagnie de sacrés spécimens comme l'Onkyo TX‑NR626, équipé lui aussi d'un Upscaling Ultra HD via un excellent processeur Marvell et d'un poil plus de puissance, mais pas de certification AirPlay. On trouve également dans les parages le Pioneer VSX‑1123, doté de l'AirPlay et de l'AirJam, d'un Upscaling Ultra HD et d'une bonne puissance. Sans oublier le Denon AVR‑X2000, bientôt en test dans nos colonnes, un amplificateur compatible AirPlay, équipé d'un Upscaling 1 080p et UHD avec un traitement vidéo paramétrable, la calibrage Audyssey MultEQ XT et surtout doté d'une excellente musicalité.
Fiche technique
Type : amplificateur 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby TrueHD et DTS‑HD
Paramétrage automatique par micro : oui
Puissance : 7 x 95 W
Préampli : 7.2
Entrées : 6 entrées HDMI (v1.4), 2 entrées YUV (RCA), entrées audio et vidéo (4 audio et 4 vidéo), sans entrée multicanale, phono (MC et MM), entrées numériques (2 optiques et 2 coaxiales)
Sorties : 2 sorties HDMI (v1.4), 1 sortie YUV (RCA), sorties audio et vidéo (1 stéréo et 1 composite), sortie préampli (7.2), 1 sortie Trigger
Autres : 2 ports USB Host, 1 port Ethernet, 1 port USB asynchrone
Prises de façade : 1 entrée HDMI, 1 entrée vidéo, 1 sortie casque
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Flac, UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Airplay, Podcast, Webradios
Compatibilité audio : 17 modes DSP, Dolby Pro Logic II, DTS-Neo, Dolby Digital EX, DTS‑ES, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHDDolby Atmos, , DTS‑HD, DTS:X
Traitement audio : gestion dynamique du volume (propriétaire Volume), égalisation automatique par micro (paragraphique), nombre de mesures au micro (multiple), égalisation manuelle (paragraphique), gestion onde stationnaire, gestion phase acoustique, gestion réverbération
Traitement vidéo : transparence au xvYCC, transparence au Deep Color, transparence au 1 080p/24, transcodage vidéo (vers HDMI), Upscaling vidéo (Ultra HD), Gestion du zoom 16/9 à partir de sources SD 4/3 (basique), LipSync manuelle (jusqu'à 500 ms), Auto LipSync
Fonctions : pilotage via IP, OSD (français, couleur, via HDMI), télécommande universelle (préprogrammée), CEC, ARC, Tuner FM
Consommation : 300 W (0,15 W W en veille)
Finition : Argent ou Noir
Dim. (L x H x P) : 435 x 171 x 368 mm
Poids : 10,5 kg
ph image
Verdict technique
Après plusieurs semaines de tests et d'associations avec diverses enceintes, nous ne pouvons que constater l'évidence : le Yamaha RX‑V775 est un amplificateur parfaitement ergonomique, très plaisant à l'usage, extrêmement bien pensé et toujours doté d'une excellente pré‑amplification, « made in Yamaha ». Comparé au modèle RX‑V773 de l'an dernier, testé ici même, le timbre reste identique, neutre, doté d'une bonne musicalité et d'une spatialisation très immersive qui vous englobe de toute part et vous plonge en cœur des films. De plus, ses très nombreux DSP s'avèrent diablement efficaces sur les longs‑métrages, quel que soit leur style : action, aventure, drame, etc. En revanche, les DSP musicaux nous ont paru moins indispensables...

Si sur le terrain, à l'instar de son prédécesseur, le Yamaha RX‑V775 n'est pas le plus puissant des amplificateurs que nous ayons eu entre les mains, il convient toutefois parfaitement pour sonoriser un salon de bonne superficie, de 20m² à 30 mètres carrés. Son amplification de 300 W, revue légèrement à la baisse par rapport à l'an dernier (350 W), peut limiter, selon la configuration Home Cinéma, sa dynamique et sa vivacité lors des scènes d'actions pures et dures. Il est donc conseillé de lui adjoindre des enceintes dotées d'un bon rendement, supérieur à 90 dB si la pièce dépasse 30 m². Dans ces conditions, nous avons pu le constater, tout rentre dans l'ordre.
La possibilité de lui adjoindre un bloc de puissance est un atout très intéressant, autorisant une évolution de la configuration en termes de dynamique et de puissance, sans devoir changer d'amplificateur. Attention, à cet instant de notre banc d'essai, il nous faut remettre les choses dans leur contexte : dans l'immense majorité des cas de figure, la puissance du Yamaha RX‑V775 reste satisfaisante et suffisante au regard du prix de ce matériel, destiné avant tout au plus grand nombre. Mais, vous nous connaissez, nous adorons pousser les matériels à leurs limites…
Pour les autres, possesseurs d'un système haut‑parleurs nécessitant un amplificateur à fort courant, ou une pièce d'écoute spacieuse, le constructeur japonais offre au sein de sa gamme des modèles beaucoup plus puissants.

Pour le reste, c'est un sans faute. Le décodage de l'étage de pré‑amplification, aidée par d'excellents convertisseurs Burr‑Brown, propose une gamme dynamique très intéressante, capable de délivrer un signal (très) riche en détails, des aigus raffinés et définis, un bel équilibre tonal, un son limpide et une très belle assise dans les graves. Cette précision se retrouve également au niveau des dialogues, parfaitement intelligibles et soutenus. En termes de timbre, il est difficile de ne pas trouver son bonheur grâce à plusieurs modes YPAO qui changent la tonalité de la restitution sonore. Et si cela ne suffisait pas, pour les plus exigeants, il est possible d'intervenir manuellement de façon très précise sur l'égalisation de tous les canaux. Seul le canal de graves a été oublié, dommage pour les salles dont l'acoustique est un peu difficile. À savoir, la correction acoustique automatique YPAO‑R.S.C offre des résultats très cohérents, même si de menues corrections sont parfois nécessaires. Cela dit, là encore, pour l'immense majorité des utilisateurs, elle constitue déjà une très bonne base pour profiter rapidement de cet amplificateur sans devoir passer des heures à le paramétrer.

Au chapitre des fonctionnalités, le Yamaha RX‑V775 n'est pas le dernier. Certes, on regrette l'absence d'accès à des services de musique à la demande comme Qobuz, Deezer, Aupeo!, ou TuneIn… Bonne nouvelle, apparemment Spotify devrait débarquer très prochainement par le biais d'une mise à jour Firmware. Autre petite ombre au tableau, Yamaha n'a toujours pas intégré la compatibilité NTFS via USB.
Excepté ces reproches, le Yamaha RX‑V775 est plein de ressources et ce qu'il fait, il le fait bien ! Citons, par exemple, un accès aux Webradios intelligemment pensé. Ou la fonction AirPlay qui, tout comme l'OSD, dispose d'une interface dédiée avec affichage des pochettes. De même, la lecture audio via USB, ou la fonction passerelle audio UPnP (DLNA) profite de l'affichage des logos, pochettes d'albums, tags et contrôle de lecture. Il est même possible de connecter directement un iPhone/iPod/iPad sur le port USB pour profiter de son contenu. Bien sûr, on trouve aussi le support d'applications iOS et Android, dont la fameuse AV Controller pour piloter les amplificateurs Yamaha. Sans oublier, on le rappelle, les très nombreuses configurations d'enceintes possibles : 5.1, 7.1, 7.2, avec ou sans Presence (physiques ou virtuelles, avec la possibilité de simuler des enceintes Presence avant), bi‑amplification, possibilité d'exploiter un amplificateur de puissance externe via la sortie Pre‑Out 7.2, ou encore une gestion multiroom avec la zone 2.

Sur le plan vidéo, le traitement embarqué est assez basique. Il réalise cependant un Upscaling 1 080p et Ultra HD de bonne facture, idem pour le désentrelacement. Suffisamment intéressant en tout cas pour améliorer le rendu visuel des chaînes télévisées en sortie de la box TV ADSL et rehausser le plaisir de visionner une nouvelle fois sa collection de DVD.

Au final, le Yamaha RX‑V775 s'affirme donc comme un excellent choix. Et s'il s'inscrit dans une belle continuité, sans révolution par rapport au modèle de l'an dernier, cela a pour avantage de disposer d'un appareil fiable, au comportement stable et sans bugs, offrant un réel plaisir d'usage au quotidien. Polyvalent, il s'avère idéal pour sonoriser un salon de petite ou moyenne taille, une chambre ou un grand bureau. Il se révèle aussi très intéressant pour les amateurs d'autres marques d'amplificateurs ou ceux désireux de sonoriser un grand salon ou une salle dédiée Home Cinéma, en associant l'excellentissime section pré‑amplificateur audio‑vidéo du Yamaha RX‑V773, extrêmement fonctionnelle, à un autre amplificateur de puissance, plus musclé. Bref, le Yamaha RX‑V775 est à l'aise dans toutes les situations.
+ Les points forts
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Une excellente pré‑amplification
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Une spatialisation de référence
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Un amplificateur stable, solide, ergonomique et design
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Modes DSP, mode Scenes et calibrage YPAO‑R.S.C
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Passerelle audio UPnP (DLNA)
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Certification AirPlay
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Connectique très complète
- Les points faibles
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Dynamique et puissance un peu juste pour une grande pièce
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Traitement vidéo non paramétrable
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Pas de connecteurs HDMI 2.0
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Pas de gestion du NTFS via USB
»  
Pas de lecture Gapless
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