Amplificateur audio-vidéo

Denon PMA-2500

Par Gwendal Lars - Publié le 26/01/16
Mustav
Prix indicatif : 2 999 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli stéréo
Agrément THX : non
Décodage : sans
HDMI : sans
Puissance : 2 x 80 W
Dim. (L x H x P) : 434 x 182 x 431 mm
Poids : 25 kg
L’essentiel
Denon nous présente ici deux nouveaux éléments dont l’ambition est de satisfaire les amateurs de musique les plus exigeants. En somme, une recherche de perfection et de prouesse technologique assez coutumière pour la marque dès qu’elle se fixe un cahier des charges axé en priorité sur la qualité et le « haut de gamme » pour concevoir de nouveaux éléments. Nous avons donc pu tester, dès leur disponibilité en France, l’amplificateur stéréo Class A/B intégré Denon PMA‑2500 associé au lecteur SACD Denon DCD‑2500. Une association qui, outre une parfaite harmonie esthétique, garantit une grande cohérence pour l’exploitation de supports physiques. Pour les sources dématérialisées, comme nous le verrons plus loin, Denon dispose déjà de lecteurs réseau de qualité dans sa gamme.

On peut d’ailleurs s’étonner que Denon conçoive encore de nouveaux lecteurs optiques, la tendance actuelle étant plutôt orientée vers les contenus dématérialisés, le streaming ou les supports physiques de nouvelle génération tels que disque dur, clé USB, voire carte SD. Certains détracteurs des lecteurs de CD audio ou autres supports optiques n’hésitent parfois pas à parler d’acharnement thérapeutique sur des médias en pleine obsolescence. Mais, pour justifier son choix, Denon a doté son dernier‑né de spécificités et de caractéristiques d’exception. En premier lieu, le DCD‑2500 est un lecteur optique polyvalent. Il lit aussi bien les CD audio que les SACD. À noter, pour exploiter au mieux leurs contenus, il applique aux flux PCM le traitement Avanced AL32, spécifique à la marque, basé sur un ré‑échantillonnage 32 bits associé à l’extrapolation d’échantillons pour une meilleure finesse du signal analogique final. Dans le même esprit, le cœur de ce lecteur s’articule autour d’un Dac T.I. Burr Brown PCM1795 compatible avec les flux PCM 192 kHz/32 bits et capable d’exploiter les flux DSD, issus des disques SACD, nativement en 1 bit/5,6 mégahertz. Enfin, outre un mécanisme de haute précision, le DCD‑2500 se dote d’une double horloge à très faible jitter, la première pour les multiples de 44,1 kHz, la seconde pour ceux de 48 kilohertz.

En effet, cette platine ne se limite pas à la lecture des CD ou des SACD. Même si elle ne se dote d’aucun port ou entrée numérique, elle est compatible avec les flux audio Hi‑Res de dernière génération. C’est là toute son originalité. Il suffit de graver ces derniers sur un DVD, qu’il soit +R, -R, +RW ou –RW, pour qu’elle puisse les exploiter. Une manière originale de « rematérialiser le dématérialisé » assez séduisante pour les allergiques à l’informatique ou les collectionneurs invétérés de supports physiques. Alors, bien sûr, cet état de fait a conduit Denon à ne doter son lecteur CD que d’une connectique assez minimaliste. Outre le port « IR Control », celle‑ci se limite à une sortie analogique stéréo, basée sur une paire de prises RCA, une sortie optique et une sortie coaxiale. Impossible donc d’utiliser le Dac interne du lecteur pour exploiter des flux numériques autres que ceux issus de la lecture d’un support optique. C'est dit.

L’amplificateur intégré PMA‑2500 mise, lui aussi, sur une qualité irréprochable tant en ce qui concerne sa conception que son comportement ou ses finitions. Cet effort est d’ailleurs perceptible dès la lecture de ses caractéristiques. En effet, si Denon annonce sa puissance comme étant de 2 x 80 W sous 8 ohms, ce qui nous a semblé être une valeur extrêmement prudente par rapport aux écoutes que nous avons pu faire, celle‑ci valeur passe à 2 x 160 W sous 4 ohms. Preuve que l’alimentation « tient le choc » et que le système, dans son ensemble, est capable de délivrer des courants de sortie particulièrement intenses avec une bonne marge de sécurité. L’ouverture du coffret du PMA‑2500 nous a permis de constater que ce comportement n’avait rien de surprenant. En effet, Denon n’a pas lésiné sur l’alimentation de son amplificateur. Elle s’articule autour de deux très gros transformateurs associés à des condensateurs, non moins conséquents, de 12 000 microfarads chacun et capables de supporter une tension de 71 volts. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, chaque transformateur n’est pas associé à un canal, comme ce qui est le cas sur les structures baptisées double mono. Ici, les transformateurs sont montés en configuration dite LC (Leakage Canceling). L’un prend en charge la génération des tensions positives, l’autre celle des tensions négatives. De plus, dans cette configuration, les champs magnétiques parasites issus de chaque transformateur s’annulent mutuellement. Une spécificité qui diminue le niveau de parasitage interne entre les divers éléments et améliore ainsi le rapport signal‑bruit de l’ensemble. À savoir, pour préserver la qualité des signaux analogiques, Denon a particulièrement travaillé l’architecture du PMA‑2500. En premier lieu, la disposition interne de ses différents étages est conçue de manière à offrir au signal un trajet aussi court que possible. Par ailleurs, des blindages internes délimitent six sections différentes limitant encore l’interaction entre l’alimentation, les étages analogiques et les unités de traitement numérique.

Pour les puristes, Denon propose même d’aller très loin en ce qui concerne la chasse aux parasites indésirables. En effet, outre le mode d’utilisation Normal, le PMA‑2500 dispose de deux modes annexes de fonctionnement en pure analogique. Lorsque le premier mode est enclenché, l’intégralité des traitements numériques est interrompue à l’exception de l’affichage de la source en cours d’utilisation. Dans le second mode, même l’affichage s’éteint. Le PMA‑2500 se comporte alors comme un amplificateur 100% analogique.
Néanmoins, si le PMA‑2500 a de quoi séduire les inconditionnels de l’analogique, il se dote même d’une entrée Phono à sensibilité ajustable (MM/MC) pour pouvoir gérer l’intégralité des cellules phono disponibles sur le marché, il intègre des sections numériques de dernière génération. Son Dac interne est même capable de gérer des flux DSD jusqu’à 11,2 MHz ou des flux PCM 32 bits/384 kHz pour peu que l’on utilise l’entrée USB‑B asynchrone de l’amplificateur.

Côté connectique, le PMA-2500 est correctement doté, sans tomber dans l’excès. Pour l’analogique, cinq entrées sont présentes dont une dédiée aux platines vinyles dotées tant de cellules à aimant mobiles (MM), que de bobines mobiles (MC). Une entrée annexe propose de piloter directement les étages de puissance pour utiliser, par exemple, un préamplificateur externe ou utiliser le PMA‑2500 au sein d’une installation multicanale. Une sortie « Recorder » est dédiée à un enregistreur analogique. Elle présente les signaux issus de l’entrée en cours d’utilisation sans action du réglage de volume. Pour le numérique, outre le port USB‑B pour connecter le PMA‑2500 à un amplificateur, deux entrées optiques et deux entrées coaxiales sont présentes. Enfin quatre paires de bornes à vis sont dédiées au raccordement des enceintes et une prise casque est présente en façade. On regrettera juste l’absence d’un port USB Host qui aurait permis au PMA‑2500 d’accéder directement aux contenus d’un disque dur nomade ou d’une clé idoine.
Concurrence
En son temps, Sony avait surpris le monde audiophile en présentant son amplificateur TA‑A1ES intégralement analogique. Proposé à 1 999 €, il dispose d’une connectique de très belle qualité et offre des prises XLR pour l’associer à des éléments très haut de gamme. Il ne contient en revanche ni Dac ni traitement numérique.
Disponible à 2 399 € le Yamaha A‑S2100 se cantonne lui aussi à l’analogique pure. Dédié à un public audiophile, il accepte les meilleures sources grâce à des entrées XLR.

L’amplificateur intégré A-9000, qu’Onkyo propose à 1 699 €, offre une configuration assez proche de celle du PMA‑2500. Lui aussi dispose d’une entrée USB asynchrone pour qu’il soit possible de connecter un ordinateur à son Dac interne. Retour aussi de Technics sur la scène audiophile avec le SU‑C 700 (1 299 €) qui propose même des ensembles associant Dac, amplificateur et enceintes pour disposer d’un système au comportement cohérent sans devoir se poser trop de questions. Dans ce cas, le tout reste de savoir si la signature sonore Technics convient aux goûts de l’utilisateur.

Avec le PM-11S3, commercialisé à 3 999 €, Marantz dispose aussi d’un amplificateur intégré haut de gamme intégralement dédié au monde analogique. Pour accéder à des sources numériques, ou des contenus dématérialisés, il faudra donc lui adjoindre des éléments spécifiques tels que Dac externe ou lecteur réseau.
Fiche technique
Type : amplificateur stéréo
Agrément THX : non
Décodage : sans
Puissance : 2 x 80 W
Entrées : entrées audio et vidéo (4 audio), sans entrée multicanale, phono (MC et MM), entrées numériques (2 optiques et 2 coaxiales)
Multimédia : , Bluetooth , NFC
Autres : 1 port USB asynchrone
Prises de façade : 1 sortie casque
Consommation : 310 W (0,2 W en veille)
Finition : argent
Dim. (L x H x P) : 434 x 182 x 431 mm
Poids : 25 kg
ph image
Verdict technique
Comme nous avons reçu ces équipements pour test dès leur disponibilité, les produits qui nous ont été livrés n’avaient jamais été mis sous tension. Même si nous n’avons pas pu résister à faire une première écoute, au demeurant prometteuse, dès le déballage des cartons, nous avons respecté une période de « rodage » de plus de cinq jours durant lesquels nous les avons laissés tourner 24h/24 en alternant écoutes à volume soutenu puis à volume réduit avant de nous prononcer sur leur rendu sonore. Nous avons également mis à profit cette période pour pratiquer des tests purement techniques complémentaires.

Il s’est notamment agi de la gravure de DVD. En effet, Denon annonce que le lecteur DCD‑2500 est capable de lire les flux audio Hi‑Res portés par un DVD. Nous avons donc gravé sur un DVD‑RW une série de flux audio PCM en 16 bits, 24 bits échantillonnés en 88 kHz puis 96 kHz et 192 kHz sur un ordinateur iMac. Nous avons ainsi pu vérifier que les différents flux étaient correctement décodés et transmis au PMA‑2500 comme en témoignait son afficheur. En effet, sauf si le mode Pur analogique maximum est enclenché, le petit afficheur de l’amplificateur précise toujours la source en cours d’utilisation et, si elle est numérique, les caractéristiques du flux. Signalons que, lors des premiers essais de sélection de source, la position mentionnée « Network » nous a surpris. En effet, aucun lecteur réseau ni « web tuner » n’est intégré au PMA‑2500. En fait, cette position est simplement associée à une entrée analogique, sur prises RCA portant également une sérigraphie Network, dédiée au raccordement d’un lecteur réseau. Signalons que Denon propose divers produits de ce type comme le DNP‑F109 ou le DNP‑730. Inutile donc de chercher un port Ethernet RJ45 ou quelque autre liaison Wi‑Fi sur le PMA‑2500, il n’en dispose pas.

Comme pour tout système stéréo, le câblage de cet ensemble d’écoute est simple à mettre en œuvre. À noter, la double sortie enceinte est appréciable pour réaliser un bi‑câblage de l’installation. Le seul point un peu plus délicat concerne probablement le raccordement USB destiné à la lecture des fichiers stockés sur un ordinateur. Dans notre cas, un iMac étant mis à contribution, l’interconnexion s’est également faite de manière très simple. Il suffit de sélectionner le PMA‑2500 comme sortie dans le menu de paramétrage des périphériques audio. Sur PC, l’installation d’un driver spécifique est nécessaire, mais la notice d’utilisation fournie détaille très clairement l’installation.

Une fois la phase de rodage achevé, le PMA‑2500 révèle son tempérament, et il n’en manque pas. La franchise qu’il offre aux attaques est l’un des points les plus marquants. Ce comportement vif et franc est lié à la faculté qu’ont ses étages de puissance à délivrer des courants instantanés particulièrement intenses. Cette franchise se traduit aussi par beaucoup de limpidité et de détail sur l’ensemble de l’image sonore et ce, quel que soit le type de musique choisie. Les moindres subtilités deviennent audibles et la dynamique est remarquable, tant dans les envolées en puissance que dans les détails les plus subtils. Cette sensation de transparence s’affirme encore sur les flux audio Hi‑Res, qu’ils soient issus d’un DVD ou acheminés par l’intermédiaire de la liaison USB, même si dans le cas de flux 44,1 kHz/16 bits issus d'un CD audio, le traitement Avanced AL32 offre beaucoup de subtilité.

Avec ces deux éléments Denon propose donc de composer un système, certes coûteux mais pas non plus inaccessible, aux performances impressionnantes et jubilatoires. Entendez par-là que les écoutes sont enthousiasmantes avec la satisfaction de l'auditeur qui croît à chacun des nouveaux morceaux. Il a, plusieurs fois, vraiment fallu nous raisonner pour arrêter nos sessions de test tellement les moments passés en compagnie de cet ensemble étaient agréables. Bref, si ce duo amplificateur‑lecteur CD audio dispose de sérieux atouts, la cohérence en premier lieu, et ne manquera pas de séduire les amateurs les plus exigeants, sachez que le PMA‑2500 s'accommodera très bien d'autres compagnons de jeu. Nous avons pu en avoir confirmations avec des sources de tous horizons, présentes dans notre laboratoire lors de ce banc d'essai. De même, il se joue avec une grande facilité de tous les types d'enceintes même les plus difficiles. Il a notamment parfaitement « bougé » nos modèles à bas rendement et membranes de grande taille, véritables juges de paix et révélateurs des amplifications anémiques. Nous regretterons juste l’absence d’un port USB en façade du PMA‑2500. Il aurait permis d’accéder très simplement aux contenus d’un disque dur nomade ou d’une clé USB. Un petit manquement que vient cependant compléter l’adjonction d’un lecteur réseau à l’installation.
+ Les points forts
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Fermeté des attaques
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Détails et dynamique de la restitution
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Tenue en puissance
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Entrée phono MM et MC sur l’amplificateur
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Section USB Dac ultra performante
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Lecture des flux audio Hi‑Res gérés sur DVD
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Double possibilité de réglage pour le mode « tout analogique »
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Affichage des caractéristiques des flux en cours d’écoute
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Qualité de conception et de fabrication
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Télécommande commune aux deux appareils
- Les points faibles
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Pas de port USB Host pour la lecture directe d’une clé USB
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Pas d’entrée XLR
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Poids élevé (mais nécessaire)
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