Amplificateur audio-vidéo

Pioneer VSX-1131

Par Gwendal Lars - Publié le 03/10/16
Mustav
Prix indicatif : 649 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby Atmos et DTS:X
Paramétrage automatique par micro : oui
HDMI : 7 entrées (v2.0a, dont 1 frontale)
Puissance : 7 x 160 W
Dim. (L x H x P) : 435 x 173 x 370,5 mm
Poids : 10 kg
699,00 €
Darty
699,00 €
Darty
599,00 €
Darty
L’essentiel

Évolution des modèles VSX‑930 et VSX‑1130 de la marque apparus dans les magasins l’an dernier, le Pioneer VSX‑1131 s’en distingue essentiellement par une refonte du système MCACC, maintenant capable de gérer l’auto‑calibrage des canaux supplémentaires Dolby Atmos, et une nouvelle interface graphique de navigation.

 

Puissance généreuse

Côté amplification de puissance, le VSX‑1131 (première référence 7.2 de la gamme 2016) reprend des étages de sortie aux caractéristiques proches de celles de ses prédécesseurs. Basés sur des push‑pulls de transistors travaillant en classe « A‑B » ils sont capables de délivrer jusqu’à 160 W efficaces sous 6 ohms. Une valeur qui, comme de tradition, ne peut être atteinte que lorsqu’un unique canal est en charge. Il est bien évident que lorsque les sept canaux travaillent conjointement, l’alimentation ne dispose pas d’une puissance suffisante pour leur permettre de délivrer 7 x 160 W même si elle est conçue pour répondre aux appels de courant liés aux pics de dynamique. À noter, cette remarque est valable pour tous les amplificateurs multicanaux disponibles sur le marché. Sans exception !

 

 

Cependant, il ne faut pas en conclure qu’il s’agit là de valeurs de puissance trompeuses annoncées par les constructeurs. En effet, lors de la restitution des ambiances sonores même les plus chargées, tous les canaux ne délivrent pas la même puissance au même instant. De même, le son émis par chacune des enceintes n’est pas un bruit de niveau constant. Tout est question de fluctuation de dynamique. Lors d’une restitution réelle, les différents étages de puissance ne sont donc jamais sollicités tous en même temps au maximum de leur puissance. En revanche, pour une bonne dynamique sur l’ensemble de la scène sonore, il est capital que chacun d’eux soit en mesure de délivrer ponctuellement une puissance importante ou, du moins, une puissance identique à celle des autres canaux.

 

Sur ce point le VSX‑1131 est donc plutôt généreux et les 7 x 160 W dont il dispose, contre 7 x 150 W pour le VSX‑930 et le VSX‑1130, lui permettent de restituer les dynamiques les plus extrêmes. Précisons que cette spécificité permettra aussi au VSX‑1131 d’exploiter pleinement la qualité des flux Hi‑Res audio. En effet, son Dac interne (convertisseur numérique‑analogique), un AKM AK4458 384 kHz/32 bits, est capable de restituer toute la finesse des flux Wav, Alac, Flac, AIFF ou même DSD en qualité Studio Master.

 

MCACC avec Reflex Optimiser

Reste que l’une des évolutions majeures du VSX‑1131 réside dans son nouveau système d’auto‑calibrage. Jusqu’ici, si le système MCACC était déjà très efficace pour calibrer une configuration 5.1 ou 7.2, il ne travaillait que dans le plan horizontal. Le VSX‑1131 se dote d’une version améliorée de ce dispositif. Il s’intéresse maintenant aux configurations 5.2.2 du Dolby Atmos et, plus particulièrement le son en provenance des « enceintes hautes », obtenu par réflexion sur le plafond de la pièce d’écoute. En effet, il est assez peu pratique, dans un salon par exemple, de fixer des enceintes au plafond. De nombreux constructeurs proposent donc des petites enceintes auxiliaires, assez directives, à poser sur les enceintes stéréo principales, et orientées vers le plafond. Ainsi l’auditeur ne perçoit le message sonore qu’après sa réflexion sur le plafond, d’où la sensation d’enceintes virtuelles placés au‑dessus de lui. Si le système est efficace, il modifie en revanche considérablement la longueur du trajet que parcourt le son. En effet, dans le cas d’enceintes fixées au plafond il se résume à la distance séparant l’enceinte de l’auditeur. En cas de coffrets posés sur les enceintes principales, le son commence par monter vers le plafond puis redescend vers l’auditeur, ce qui conduit à un trajet plus long d’où un retard plus important ainsi qu’un déphasage accru. La nouvelle fonction, baptisée Reflex Optimiser prend donc en compte ce paramètre pour offrir une restitution cohérente en Dolby Atmos, que des enceintes bien réelles soient présentes au plafond ou que l’effet « sonore venant du ciel » soit obtenu par réflexion. 

 

Fonction Google Cast et FireConnect

À signaler également, le VSX‑1131 est très ouvert au multiroom. Compatible Google Cast, il se dote également de la technologie FireConnect. Cette liaison sans‑fil propose d’associer très simplement des haut‑parleurs optionnels et compatibles pour équiper son habitation d’une diffusion multiroom de l’ensemble des sources connectées au VSX‑1131, y compris une platine vinyle. En effet, même si cet amplificateur bénéficie des technologies numériques les plus abouties et s’adresse plutôt à l’amateur Home Cinéma, il se dote d’une entrée dite « Phono ». Serait‑ce là un indice annonçant un retour du son vintage propre au platine vinyles ? N’oublions pas que Pioneer dispose dans sa gamme de la PL‑30. Certes, cette platine est équipée d’un préamplificateur intégré lui permettant de se connecter à toute entrée dite « auxiliaire » ou « line », mais la présence de l’entrée Phono sur le VSX‑1131 prouve que Pioneer ouvre le VSX‑1131 au « son vintage » et à toutes les platines vinyles qui dorment dans les greniers.

 

 

Wi-Fi, Bluetooth, AirPlay et DLNA

Pour la vidéo, outre la fonction « Pass‑Through », le VSX‑1131 est compatible avec les signaux jusqu'en 2 160p/60 et 4:4:4. Il intègre aussi un Upscaling performant. Doté d’un traitement Deep Color 36 bits et compatible HDR, il convertit tout flux HD 1 080p en flux Ultra HD 2 160p. Enfin, on retrouvera des fonctionnalités plus habituelles et présentes sur de nombreux amplificateurs audio‑vidéo comme la possibilité de coupler des canaux pour une bi‑amplification des enceintes principales ou de les affecter à la sonorisation d’une autre pièce par le bais de la fonction « Zone 2 ». De même, outre son transmetteur Wi‑Fi bi‑bande, le VSX‑1131 se dote de connexions Bluetooth, AirPlay et de la fonction passerelle audio UPnP (DLNA), pratiques pour piocher ponctuellement dans les contenus musicaux stockés sur un smartphone, une tablette, ou un disque dur/ordinateur partagé sur le réseau domestique.

 

Concurrence

Avec son modèle RX‑V581, Yamaha annonce un amplificateur compatible Dolby Atmos doté de très nombreux effets DSP. À l’instar du modèle Pioneer, lui aussi dispose d’une gestion multiroom à travers les fonctionnalités MusicCast. Son prix est affiché à 599 euros. Marantz propose le SR5011, un amplificateur A/V doté d’une connectique très complète. Un point qui, malheureusement « gonfle » son prix de vente : 1 000 euros.

 

Denon, pour sa part, propose l’AVR‑X1200W doté d’une puissance de 7 x 145 watts. Il dispose de la correction acoustique Audyssey MultEQ XT. Onkyo, propose le TX‑NR656 au tarif de 749 euros. Sa puissance généreuse, atteignant 160 W par canal lui confère une belle dynamique. En revanche, pas de fonction multiroom au menu.

Fiche technique
Type : amplificateur 7.2
Agrément THX : non
Décodage : Dolby Atmos et DTS:X
Paramétrage automatique par micro : oui
Puissance : 7 x 160 W
Entrées : 7 entrées HDMI (v2.0a), 1 entrée YUV (RCA), entrées audio et vidéo (4 audio et 2 vidéo), sans entrée multicanale, phono (MM), entrées numériques (2 optiques et 1 coaxiale)
Sorties : 2 sorties HDMI (v2.0a)
Autres : 1 port USB Host, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (b/g/n), 1 port USB asynchrone
Prises de façade : 1 entrée HDMI, , 1 sortie casque, 1 entrée balladeur
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Flac, Alac, DSD, AIFF, UPnP (DLNA), Bluetooth , NFC, Airplay, Webradios, Accès Web
Compatibilité audio : 11 modes DSP, écoute au casque (1), Dolby Pro Logic oui, DTS-Neo, Dolby Digital EX, DTS‑ES, Dolby Digital Plus, Dolby TrueHDDolby Atmos, , DTS‑HD, DTS:X
Traitement audio : Ciné Re‑EQ, gestion dynamique du volume (propriétaire Volume), égalisation automatique par micro (paragraphique), nombre de mesures au micro (multiple), égalisation manuelle (paragraphique), égalisation du caisson, gestion onde stationnaire, gestion phase acoustique, gestion réverbération, gestion X curve
Traitement vidéo : transparence au xvYCC, transparence au Deep Color, transparence au 1 080p/24, transcodage vidéo (vers HDMI), Upscaling vidéo (Ultra HD), Gestion du zoom 16/9 à partir de sources SD 4/3 (basique), , Auto LipSync
Fonctions : pilotage via IP, OSD (français, couleur, via HDMI), télécommande universelle (préprogrammée), CEC, ARC, Tuner FM
Consommation : 570 W (0,15 W en veille)
Finition : noir ou aluminium
Dim. (L x H x P) : 435 x 173 x 370,5 mm
Poids : 10 kg
ph image
Verdict technique

Comme de tradition sur les installations Home Cinéma, l’installation et le câblage des multiples sources et enceintes sont des opérations lourdes. En mode multicanal nous avons choisi de tester le VSX‑1131 en mode Dolby Atmos 5.1.2, en lui associant une paire de petites enceintes orientées vers le plafond. Une configuration qui monopolise donc l’intégralité des canaux disponibles de l’amplificateur. Les extraits de notre Blu‑Ray de test encodés en Dolby Atmos se sont avérés assez convaincants sur le plan de la restitution sonore, réellement en 3D. Si la séquence concernant le décollage d’un hélicoptère est surtout là pour mettre en exergue les sensations restituées dans l’axe vertical, les ambiances sonores tridimensionnelles de Mad Max : Fury Road, Game of Thrones ou Jupiter Ascending sont restituées avec beaucoup de réalisme. Visiblement, la fonction Reflex Optimizer du système MCACC fait preuve de beaucoup d’efficacité. Il est bluffant de retrouver chez soi, dans un local d’écoute finalement restreint, des sensations éprouvées dans une salle de cinéma. Un vrai bonheur.

 

 

 

Écoutes stéréo excellentes

Ensuite, nous avons également évalué le comportement du VSX‑1131 en stéréophonie conventionnelle. Ici, pour solliciter l’ensemble des enceintes qui lui sont attribués, l’amplificateur propose de nombreux traitements pour « spatialiser » le son ou tenter de lui donner plus d’ampleur. Si de telles fonctions sont assez séduisantes ou amusantes, la restitution manque souvent de naturel, voire tourne au caricatural, dans bien des cas. Heureusement une touche « Pure Direct » est présente en façade. Son utilisation désactive tout traitement, à l’exception du décodage des différents flux numériques bien entendu. Son utilisation nous a donc permis d’évaluer le comportement du VSX‑1131 tant sur des flux Hi‑Res Audio stockés sur un disque dur nomade que depuis des sources plus conventionnelles telles qu’un lecteur de CD audio.

 

 

Dans tous les cas, le comportement du VSX‑1131 s’est avéré excellent. Les attaques sont franches, l’écoute est limpide et la dynamique excellente. Par exemple l’ambiance sonore dépouillée de notre enregistrement test de Fever d’Elvis Presley, est parfaitement restituée. Les claquements de doigt sont reproduits avec beaucoup de présence tandis que la contrebasse bénéficie d’une restitution ferme à souhait tout en bénéficiant de beaucoup de profondeur. Pour aller un peu plus loin dans l’évaluation du comportement dynamique du VSX‑1131, nous avons écouté l’incontournable Take Five de Dave Brubeck. Le long solo de batterie bénéficie de beaucoup de réalisme, de l’énergie de la caisse claire à la brillance des cymbales en passant par l’impact de la grosse caisse ou des toms.

 

Enfin, nous nous sommes orientés vers des musiques plus actuelles. Les basses amples et profondes des ambiances Reggae de Baz‑Baz dans Dis‑Le ou celle de Bernard Lavilliers dans Stand the Ghetto, par exemple, n’ont pas dérouté le VSX‑1131. De même, l’électro, qui n’hésite pas à explorer les extrémités du spectre, est restituée avec beaucoup d’aisance. En somme, le VSX‑1131 bénéficie d’une belle polyvalence et, si pour les canaux d’ambiance des coffrets de qualité plus modestes peuvent être utilisées, il mérite d’être associé à des enceintes de qualité sur les voies principales. Voilà un spécimen Home Cinéma tout à fait à l’aise en Hi‑Fi, c’est important de le souligner. À noter, par curiosité, nous avons ressorti notre vielle platine Thorens TD‑166 pour tester son entrée Phono. C’est presque avec émotion que nous avons retrouvé le son chaud et feutré de nos vinyles…

 

 

Section vidéo sans surprise

Côté performance vidéo, pas de surprise, on retrouve exactement le comportement du VSX‑930 de l’année dernière, à savoir un traitement vidéo très satisfaisant pour mettre un signal HD à l’échelle en Ultra HD (les signaux 480i/480p ou 576i/576p ne sont pas convertis en HD ou UHD). Et si les résultats obtenus sont sensiblement en‑deçà de ceux procurés par la puce Qdeo en charge du traitement vidéo des modèles 2014 et précédents, on le répète une nouvelle fois, cet aspect est largement à relativiser. En effet, en présence d’une source de qualité (lecteur Pioneer BDP‑LX58/88 par exemple), mieux vaut en effet désactiver le traitement de l'amplificateur pour profiter de celui de la source. Ou alors laisser faire le traitement vidéo du diffuseur (téléviseur, vidéoprojecteur…), le plus souvent de performance supérieure dans une configuration Home Cinéma qui se respecte.

 

 

Géniale application iControlAV5 !

Un mot, rapide, sur l’application iControlAV5, proposée sous iOS ou sous Android. Elle est toujours aussi géniale. Cette dernière transforme la tablette en super télécommande avec un accès à l’ensemble des réglages du VSX‑1131 et un excellent confort de navigation, même pour sélectionner des contenus disponibles sur le réseau ou via streaming. C’est réellement magique ! Impossible de ne pas souligner l’effort de la marque cette année avec une refonte totale de la télécommande (cf. visuel ci‑dessus). Cette dernière, délestée, de nombreux boutons inutiles est beaucoup plus clair et agréable à utiliser que les années précédentes. Une bonne alternative pour le contrôle du VSX‑1131 si vous n’êtes pas adepte des smartphone/tablette et des applications.

 

 

En conclusion, on retrouve sur le VSX‑1131 tout le savoir‑faire du constructeur japonais en matière d’amplificateurs Home Cinéma démontré depuis 2011. Mais le modèle VSX‑1131 possède un atout maître supplémentaire, il offre de remarquables séances d’écoutes stéréo, ce qui n’est pas donné à tous les spécimens Home Cinéma naviguant dans ces eaux tarifaires. Et comme son usage au quotidien via l’application iControlAV5 relève du plaisir total, il fut bien difficile de ranger le produit dans son carton quand la date de la remise du produit fut venue.

+ Les points forts
»  
Puissance généreuse
»  
Gestion du Dolby Atmos
»  
Auto calibration MCACC avec Reflex Optimizer
»  
Dac compatible flux Hi‑Res audio 192 kHz/24 bits
»  
Compatible avec les flux Ultra HD 60 im/s 4:4:4, 36 bits
»  
Upscaling des flux HD en Ultra HD 60 im/s
»  
Wi‑Fi double bande intégré
»  
Entrée Phono
- Les points faibles
»  
Connectique analogique réduite
»  
Télécommande à l’ergonomie moyenne (malgré sa refonte cette année)
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