Amplificateur audio-vidéo

Marantz PM6006

Par Gwendal Lars - Publié le 20/03/17
Mustav
Prix indicatif : 599 € TTC
Note AVCesar.com
Type : ampli stéréo
Agrément THX : non
Décodage : sans
HDMI : sans
Puissance : 2 x 45 W
Dim. (L x H x P) : 440 x 105 x 370 mm
Poids : 7,6 kg
L’essentiel

Avec cet élément, Marantz vient compléter sa ligne de produits au design vintage. Un véritable retour aux sources qui comblera les puristes de matériel stéréo traditionnel. Ici tout rappelle les années 80, progrès technique en plus bien entendu.

 

 

Ambiance d'un autre temps

Le réglage de volume, par exemple, est confié à un véritable potentiomètre motorisé alors que sur la quasi‑totalité des équipements actuels cette fonction est confiée à un jeu d’atténuateurs numériques. Dans le même esprit, un réglage de tonalité grave/aigu type Baxendall trône en façade. À l’observer, le Marantz PM6006 pourrait parfaitement être issu d’un équipement analogique du siècle dernier. Détail amusant, si le sélecteur de sources propose une entrée mentionnée Network, elle ne donne pas directement accès au réseau domestique ou à internet. En effet, elle est simplement associée à une paire de prises RCA. En somme, une entrée auxiliaire au niveau ligne prédestinée à recevoir un lecteur réseau. Que les choses soient claires : le Marantz PM6006 ne porte ni prise RJ45 Ethernet, ni transmetteur Wi‑Fi. La seule concession qu’il fait aux technologies numériques actuelles se résume à la présence de deux entrées optiques et une coaxiale. Au niveau de la connectique, c’est d’ailleurs ici sa seule différence avec son prédécesseur, le Marantz PM6005, qui ne disposait que d’une unique entrée optique.

 

 

 

L'évolution dans la continuité

Comme nous avons pu le constater, le PM6006 reprend l’essentiel des spécification de son prédécesseur. Il est même difficile de les distinguer d’un simple coup d’œil. La façade des deux appareils est strictement identique à l’exception de la position marquée Mute du PM60005 à laquelle vient se substituer l’entrée Optical 2 (cf. photo ci‑dessous). En revanche, les poussoirs Source direct, Speakers A/B et Loudness sont inchangés.

 

 

De même, sur le PM6006, les étages de pré‑amplification et de puissance du PM6005 ont été conservés. Rappelons que pour préserver au mieux la pureté du signal sonore, Marantz a proscrit tout circuit intégré, qu’il s’agisse d’amplificateur opérationnel ou autre, sur le trajet du signal. L’intégralité des circuits analogiques sont réalisés autour de composant discrets de haute qualité : transistors, condensateurs, résistances de précision, etc. Pour cela, Marantz a conçu ses propres cartes électroniques dotées d’un trajet du signal aussi court que possible et adoptant une configuration « miroir » pour les deux canaux. Ainsi, non seulement cette structure limite les dégradations du signal qui peuvent survenir tout au long de son parcours mais, en plus, les signaux correspondant au canal droit et au canal gauche suivent strictement le même trajet ce qui évite tout décalage temporel, aussi faible soit‑il, dans leur propagation. Une architecture que Marantz a baptisé HDAM pour « Hyper Dynamic Amplifier Module ».

 

 

Amplificateur à contre-réaction de courant

Au niveau des étages de puissance, Marantz a conservé son choix de contre réaction en courant pour mieux s’adapter à tout type d’enceinte. Mais, pour encore plus de finesse dans la dynamique, le PM6006 bénéficie d’une optimisation de la gestion des pics de courants. Par ailleurs, l’alimentation des étages de sortie se base sur une structure très traditionnelle. Un volumineux transformateur toroïdal associé à des condensateurs de forte capacité garantisse un approvisionnement en énergie généreux des étages de puissance même lors des appels de courant les plus intenses que créent les pics de dynamique.

 

 

Look vintage mais technologies actuelles

Reste que s’il joue sur les lignes vintage, le Marantz PM6006 n’en bénéficie pas moins des technologies les plus actuelles. Un point particulièrement vrai au niveau de ses capacités de gestions des flux Hi‑Res Audio. Le cœur de son dispositif de conversion numérique‑analogique se base sur un circuit CS4398, de Cirrus Logic, compatible avec les flux 192 kHz/24 bits. À noter, pour éviter tout rayonnement parasite vers les sections analogiques, la section numérique est emprisonnée dans un blindage interne (cf. boîtier en haut à droite sur la photo ci‑dessus). On peut d’ailleurs deviner sa présence à la vue de la disposition des différentes prises d’entrées sur la face arrière de l’amplificateur. La prise coaxiale et les deux entrées optiques sont nettement séparées du groupe de prises RCA dédiées à l’analogique. La télécommande, de son côté, est des plus classiques et autorise le contrôle aisé et total de l'amplificateur. Sa finition aluminium est haut de gamme er offre une parfaite prise en main.

 

 

Signalons au passage que Marantz n’a pas hésité à offrir à son dernier‑né une connectique de belle qualité. Les bornes à vis dédiées au raccordement des enceintes, notamment, acceptent tant les fiches bananes que les câbles de forte section.

Concurrence

Technics propose le SU-G700. Un amplificateur doté d’une puissance de 2 x 70 W sous 8 ohms mais capable de délivrer jusqu’à 2 x 140 W sous 4 ohms. Orienté audiophile, il dispose d’algorithmes de sur‑échantillonnage des flux numériques particulièrement évolués pour une transparence d’écoute impressionnante. Cependant son prix public n’a pas encore été dévoilé.

 

Proposé à 1 599 €, le PMA-1600NE signé Denon dispose également d’une puissance de 2 x 70 W sous 8 ohms mais il est capable de délivrer jusqu’à 2 x 140 W sous 4 ohms. Son entrée USB‑B, à connecter sur un ordinateur par exemple, est compatible avec les flux 384 kHz/32 bits et DSD jusqu’à 11,2 mégahertz. Pour une grande douceur de restitution, ses étages de sortie se basent sur des transistors Mosfet de puissance (transistors à effet de champ). À noter aussi, l’entrée Phono dispose d’un commutateur MM/MC pour pouvoir gérer tant les cellules type aimant mobile que bobine mobile.

 

Plus proche du Marantz PM6006, tant en termes de caractéristiques que de prix, l’amplificateur A10, de Rotel, commercialisé à 499 € délivre une puissance de 2 x 40 W sous 8 ohms. 100% analogique, il ne comporte en revanche aucune entrée numérique. Il faudra donc l’associer à un Dac externe ou à un lecteur réseau pour accéder aux contenus numériques. 

Fiche technique
Type : amplificateur stéréo
Agrément THX : non
Décodage : sans
Puissance : 2 x 45 W
Entrées : entrées audio et vidéo (4 audio), sans entrée multicanale, phono (MC et MM), entrées numériques (2 optiques et 1 coaxiale)
Sorties :  sortie préampli (2.0)
Multimédia : , Bluetooth , NFC
Prises de façade : 1 sortie casque
Compatibilité audio : Dolby TrueHD
Consommation : 155 W (0,3 W en veille)
Finition : noir ou argent doré
Dim. (L x H x P) : 440 x 105 x 370 mm
Poids : 7,6 kg
ph image
Verdict technique

Comme c’est le cas sur tous les amplificateurs stéréophoniques, la mise en service du Marantz PM6006 est on ne peut plus simple. Il suffit de raccorder les sources et les enceintes pour qu’il soit prêt à l’usage. Un temps de rodage de quelques heures reste nécessaire pour qu’il s’exprime pleinement, mais il s’agit là d’une spécificité assez commune aux équipements de ce type.

 

Le plein d'informations

La première sensation qui se dégage dès les premières minutes de l’écoute est un ressenti de plénitude et de restitution fouillée, ultra‑riche en détails. Le Marantz PM6006 dispose d’un tempérament analytique. Il est capable de restituer avec une finesse impressionnante chaque micro‑information du message sonore. Un comportement qui se ressent même mors de l’écoute de nos plages test les plus dépouillées telles que l’incontournable version de Fever interprétée par Elvis Presley. Ici, le phrasé de la voix est irréprochable tandis que les claquements de doigts, ainsi que leur courte réverbération, bénéficie d’une redoutable précision.

 

 

Le plein de dynamique

Par ailleurs, en dépit de sa puissance assez modeste annoncée, le Marantz PM6006 dispose d’une excellente dynamique. Que ce soit à faible niveau de restitution ou lors d’écoutes plus soutenues, l’image sonore dispose d’un relief saisissant. Chaque instrument ou « objet sonore » se localise avec beaucoup de précision au sein d’un paysage sonore à la fois ample et profond. Si l’aigu est d’une rare transparence, sans jamais donner dans l’excès de brillance, le grave est également très bien servi. Il est à la fois franc, rond et profond. Trois spécificités que peu d’équipements arrivent à faire cohabiter. Dans ce domaine le PM6006 restitue avec autant d’aisance une grosse caisse ou une caisse claire, comme nous avons pu le constater lors de l’écoute du célèbre solo de batterie de Take Five de Dave Brubeck, que les graves profonds d’une contrebasse, notamment dans Fever ou même l’« avalanche » de graves de l’intro de Will Remember de Toto.

 

 

Le plein d'harmonie

Enfin, la restitution ne donne jamais dans l’agressif. L’équilibre tonal est excellent et, quelque soit le type de musique retenu, le Marantz PM6006 garantit toujours le respect total de l’œuvre enregistré et de la « couleur » qu’a souhaité lui offrir l’ingénieur du son chargé de sa captation. Dès les premières secondes il sera ainsi possible de reconnaitre la signature de la Motown ou celle, plus stricte, des meilleurs ingénieurs du son de la Deutsch Gramophone.

Le Marantz PM6006 ne manque ainsi pas d’atouts pour séduire, d’autant plus que grâce à ses capacités à gérer les courants élevés, il semble qu’il soit à même de gérer avec la même maîtrise des enceintes au comportement les plus variés tout en respectant leur tempérament (nous l’avons raccordé successivement à deux paires, dont une au rendement relativement bas, il s’en est sorti comme un chef. Toutefois, il eut fallu vérifier ces dispositions avec de nombreuses autres paires d’enceintes pour être totalement affirmatif dans nos écrits).

 

 

Le plein de super !

Bref, voilà un équipement auquel devraient définitivement s’intéresser les audiophiles et les puristes inconditionnels de véritable haute fidélité, d’autant plus que Marantz le propose à un prix particulièrement contenu. Pas étonnant que le Marantz PM6006 fut l’amplificateur stéréo « traditionnel » le plus vendu en Europe en 2016. Il mérite intégralement son succès.

+ Les points forts
»  
Subtilité de la restitution
»  
Transparence de l’écoute
»  
Dynamique
»  
Rondeur et chaleur du grave
»  
Qualité de fabrication
»  
Design élégant
»  
Entrée Phono
»  
Excellent rapport qualité‑prix
- Les points faibles
»  
Pas de port USB
»  
Pas de lecteur réseau intégré
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