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Teac NR-7CD

Par Gwendal Lars - Publié le 02/02/18
Mustav
Prix indicatif : 3 999 € TTC
Note AVCesar.com
Type : Tout-en-un audio
Puissance maximale : 2 x 230 W sous 4 ohms, 2 x 130 W sous 8 ohms
Amplification : Class D Ice Power
Réponse en fréquence : 5 Hz à 100 kHz
Distorsion harmonique totale : 0,008%
Rapport signal/bruit : 110 dB
Amplificateur casque : 2 x 500 mW
Impédance casque : de 16 à 600 ohms
Convertisseur N/A : AKM AK4490EQ
Lecteur CD : CD audio, CD-R, CD‑RW
Formats audio : PCM* jusqu'à 384 kHz/32 bits sur port USB (Wav, AIFF, Flac, Alac, MP3, AAC), DSD* jusqu'à 11,2 MHz
Entrées : Ligne sur RCA, 2 optiques, 1 coaxiale, port Ethernet, port USB‑A
Sorties : 2 paires de borniers, 1 prise casque
Liaison sans-fil : Bluetooth APT‑X/LDac
Affichage : double vumètre
Consommation : 130 W (0,5 W en veille)
Dimensions : 442 x 152 x 345 mm
Poids : 13,4 kg
* : les flux PCM 384 kHz/32 bits et DSD 11,2 MHz sont respectivement « downconvertis » en 192 kHz/24 bits
L’essentiel

Teac nous présente ici un véritable « ovni ». En effet, tout‑en‑un et monde audiophile ne font pas vraiment bon ménage, encore moins si l’on ajoute à cela la composante amplification numérique. Pourtant, c’est bien la cohabitation que souhaite établir le Teac NR‑7CD. Il associe au sein d’un même coffret un lecteur réseau, un lecteur CD audio, un Dac et des étages de puissance numériques.

 

 

Un équipement qui remplace ainsi à lui seul les principaux maillons d’une chaîne Hi‑Fi conventionnelle tout en offrant à chaque fonction la meilleure technologie actuelle. En effet, si la marque qui avait été l’un des fleurons de la Hi‑Fi dans les années 1970, est restée relativement discrète durant de longues années dans notre pays, c’est avec un positionnement haut de gamme qu’elle souhaite fêter son retour en force, et reconquérir le marché. Nous avions déjà pu constater cette tendance lors de nos prises en main des différents produits qu’elle propose.

 

Design néo-rétro

Néanmoins, Teac a souhaité conserver sa personnalité et, entre autres, offrir à ses productions une touche de nostalgie en termes de design. Pour répondre à ce choix, le NR‑7CD se pare en façade de deux superbes vumètres dont l’intérêt reste essentiellement esthétique. Certes, ils permettent de visualiser la charge qu’impose la restitution à chaque canal et la réserve de dynamique dont il dispose mais leur utilité technique reste limitée. Dans le même esprit de perfection du détail, la qualité de fabrication globale du NR‑7CD est irréprochable.

 

 

Son coffret se pare d’une façade et de flancs en aluminium brossé particulièrement épais (12 mm) offrant à l’ensemble une excellente rigidité pour mieux écouler les éventuelles vibrations que pourrait générer la platine CD audio durant la lecture des disques. Dans la même veine, toujours, le piétement de ce tout‑en‑un est particulièrement bien étudié. En effet, pour une stabilité parfaite, il se base sur trois pieds montés sur rotule. Ainsi, non seulement le NR‑7CD est toujours stable quels que soient les défauts de planéité du support qui l’accueille, mais, en plus, son état de surface n’a que peut d’importance. Même s’il n’est pas parfaitement lisse, chaque pied s’adapte au support grâce à leur montage sur rotule.

 

 

Configuration double-mono

On retrouve le même soin de recherche de qualité au niveau de l’électronique du NR‑7CD. Ce dernier est architecturé selon une configuration dite « double mono » c’est‑à‑dire que, sur le plan du câblage, tout se passe comme si deux amplificateurs mono étaient câblés côte à côte, au sein d’un même boîtier. Cette structure est présente dès l’alimentation du NR‑7CD. Si elle se base sur un transformateur type « EI » très largement dimensionné, les sections droite et gauche disposent chacune de leur propre dispositif de filtrage et de stabilisation, notamment au niveau des étages de pré‑amplification. Les étages de puissance, pour leur part, mettent à contribution des amplificateurs numériques de type Ice Power (cf. photo ci‑dessous).

 

 

Reconnus pour leur musicalité, ces étages de puissance possèdent aussi l’avantage de disposer d’un excellent rendement. Ils peuvent ainsi travailler à une puissance très élevée presque sans dégager de chaleur. Un point qui explique la quasi‑absence de ventilation du NR‑7CD en dépit de la puissance importante qu’il est capable de délivrer. Sous quatre ohms, elle peut en effet atteindre jusqu’à 2 x 230 watts ! Un autre atout de ce rendement élevé concerne l’alimentation. En effet, à puissance de sortie identique, l’architecture Ice Power consomme beaucoup moins d’énergie qu’une structure Class A/B par exemple. L’alimentation se trouve donc moins sollicitée, ce qui garantit un meilleur comportement sur les pics de dynamique.

 

 

Dac AK4490EQ

Toujours dans un but d’optimisation, Teac a aussi travaillé sur le trajet du signal sonore. Afin qu’il soit aussi court que possible, Dac et étages de puissance sont regroupés de part et d’autre d’une plaque d’aluminium de 10 mm d’épaisseur. Elle assure à la fois le rôle de blindage entre ces deux sections et celui de dissipateur thermique pour évacuer les quelques calories que dégagent les étages de puissance Ice Power durant les pics de dynamique. Pour la conversion numérique‑analogique, Teac a opté pour des Dac AK4490EQ d’origine AKM. Des composants identiques à ceux qui font le succès du lecteur réseau NT‑503 (désormais remplacé par la référence NT‑505).

 

 

Capables de travailler jusqu’en 32 bits jusqu’à 768 kHz en PCM ou 11,2 MHz en DSD, ces Dac acceptent sans soucis les flux Hi‑Res audio les plus actuels. De même, leur rapport signal/bruit de 120 dB garantit à la restitution une dynamique exceptionnelle. À savoir, les flux 384 kHz/352,8 kHz et 32 bits via réseau ou USB sont respectivement convertis en 192 kHz/176,4 kHz et 24 bits (il s'agit d'une limitation de la carte réseau). De même, les fichiers DSD 5,6 MHz, toujours via réseau, sont acceptés, pas plus, et les prises numériques optiques et coaxiale acceptent les fichiers jusqu’en 192 kHz/24 bits. Toutefois, le Teac NR‑7CD est capable d’« Upsampler » les sources PCM 44,1 kHz jusqu’en 352,8 kHz ou DSD 11,2 MHz et les sources PCM 48 jusqu’en 384 kHz ou DSD 12,2 mégahertz.

 

 

Pas de lecture SACD…

Le seul petit regret concerne la platine CD audio. En effet, elle reste exclusivement CD, voire CD‑R ou CD‑RW, mais n’assure pas la lecture des SACD. Un point regrettable puisque l’intégralité de la chaîne de traitement numérique du NR‑7CD est parfaitement compatible avec les flux issus de la lecture de la couche SACD. Un choix qui s’explique par la perte de vitesse du marché du SACD. Il ne représente plus qu’une infime partie des contenus Hi‑Res audio présents sur le marché. Il est vrai qu’un disque Nas ou une connexion au net font maintenant aussi bien, voire mieux, que la lecture d’un SACD. Seuls les collectionneurs disposant d’une discothèque SACD riche pourront regretter ce manquement. Visiblement, Teac mise sur le « dématérialisé ».

 

 

Connectique réduite mais ports réseau et Bluetooth APT-X/LDac présents

On retrouve cette philosophie au niveau de la connectique du NR‑7CD. Si elle est de très belle qualité, elle se limite au strict indispensable. Pour l’analogique, une unique entrée au niveau Line sur prises RCA est présente. Ici encore, une petite déception liée à l’absence d’entrée Phono afin de pouvoir connecter directement une platine vinyle standard au NR‑7CD. Les inconditionnels de ce support devront donc opter soit pour une platine avec pré‑amplificateur intégré, soit investir dans un pré‑amplificateur externe. Côté numérique, deux entrées optiques et une coaxiale sont présentes. Enfin, on retrouve une prise RJ‑45 Ethernet pour la fonction lecteur réseau et services en streaming, un transmetteur Bluetooth APT‑X/LDac pour dialoguer avec les équipements mobiles et un port USB pour accéder aux fichiers stockés sur un support nomade tel que disque dur de poche ou clé USB.

 

 

Tous ces accès sont regroupés sur la face arrière qui porte également les deux paires de bornes dédiées au raccordement des enceintes. En façade, seule une sortie casque est présente. Ici encore, petit manquement, le port USB brille par son absence. Il est clair que Teac mise beaucoup sur les fonctionnalités réseau, la connexion d’un équipement USB impliquant d’aller « bricoler » à l’arrière du NR‑7CD. Précisons à ce sujet que pour bénéficier pleinement des possibilités et de l’interactivité du NR‑7CD, le téléchargement de l’application Teac HR Streamer est indispensable. Elle n’est actuellement disponible que sous iOS, donc à télécharger depuis l’App Store, mais une version Android devrait arriver rapidement en ce début d’année.

 

Concurrence

Denon propose la Ceol RCD‑N9 proposée à 499 euros. Ce petit bloc combine lui aussi une platine CD audio, un lecteur réseau et un accès aux Webradios. Certes moins puissante, 2 x 65 W, et moins complète dans ses fonctionnalités, elle offre d’excellentes prestations adaptées aux pièces de volume modeste.

 

Le système MCR611 de Marantz à 699 € est aussi un petit tout‑en‑un combinant lecteur réseau et lecteur CD audio. Sa puissance modeste de 2 x 40 W le prédestine aux petites surfaces.

 

Avec le NC‑50D (899 €), Pioneer propose un système très complet associant lecteur réseau et platine CD audio intégrée. Pour séduire les nostalgiques, il se dote même d’une entrée Phono. Sa puissance, 2 x 50 W, lui confère une dynamique satisfaisante.

 

De son côté, Onkyo propose le R‑N855 à 749 euros. Bien que de dimensions réduites, il dispose d’une puissance de 2 x 70 W sous 4 ohms. Par ailleurs, son Dac interne est capable de travailler jusqu’en 768 kHz/32 bits. Lui aussi dispose d’une entrée Phono.

Verdict technique

Nous avons testé le NR‑7CD depuis ses divers modes de fonctionnement. En premier lieu c’est le lecteur CD audio qui a été mis à contribution. Ici, tout se passe strictement comme sur un lecteur conventionnel. La télécommande offre une bonne ergonomie pour naviguer dans les plages. Nous avons donc écouté nos musiques de test habituelles dans des conditions identiques à celles que propose toute chaîne Hi‑Fi standard.

 

 

Nous avons pu constater que le NR‑7CD disposait de beaucoup d’aisance pour affronter les envolées de dynamiques de l’orchestre philharmonique de San Francisco ou celles des percussions de Dave Brubeck dans Take Five. Indéniablement, il dispose d’une belle réserve d’énergie et s’avère capable de tenir avec une poigne d’acier les enceintes les plus exigeantes ou les plus gourmandes en courant.

 

 

Teac NR-7CD affirme sa polyvalence

Sur des ambiances sonores complexes et plus actuelles, comme celles que propose Massive Attack dans Risingson Underworld, les détails de l’orchestration ressortent avec beaucoup de précision sans être noyés dans l’accompagnement de basses à la fois très présent et profond joué durant toute la plage. Visiblement, la technologie Ice Power tient ici ses promesses et, contrairement à ce qui peut être le cas sur certains systèmes dotés d’étages de puissance numériques, l’aigu n’est jamais agressif tout en sachant rester bien présent et détaillé. Par ailleurs, la connexion d’un lecteur externe par l’intermédiaire de l’une des entrées optiques du NR‑7CD nous a permis de vérifier la qualité de ses Dac internes.

 

Pour les pousser dans leurs derniers retranchements, nous avons lu, depuis une clé USB, des fichiers Hi‑Res audio PCM 24 bits/192 kHz et DSD 5,6 mégahertz. Dans les deux cas, les flux numériques issus de ce support USB ont étés géré sans problème. Le NR‑7CD a su mettre en avant la richesse des détails qu’ils comptaient tout en leur garantissant, ici encore, une dynamique leur permettant de s’exprimer pleinement.

 

 

Application HR Streamer obligatoire

Les fonctionnalités réseau impliquent d’avoir recours à l’utilisation de l’application Teac HR Streamer (cf. photos ci‑dessus et ci‑dessous). Elle seule est en mesure d’offrir une ergonomie satisfaisante au NR‑7CD pour accéder à des flux en streaming ou même une Webradio. Une fois le flux sélectionné, le comportement du NR‑7CD est, ici encore, irréprochable. Certes, s’il sait être d’une précision analytique sur les signaux de bonne qualité, il mettra aussi en évidence les carences d’une prise de son de qualité médiocre ou celles d’un encodage mal maîtrisé. C’est la très belle « transparence » du NR‑7CD qui conduit à ce constat.

 

 

Amplification casque indépendante

Enfin, nous nous sommes aussi attardés sur la sortie casque. Tout comme celle du Teac NT‑503, elle bénéficie d’une amplification indépendante. Elle se dote de la technologie HCLD (High Current Line Driver) qui permet à l’amplificateur pour casque intégré de se tirer des situations les plus délicates et d’offrir beaucoup de limpidité à l’écoute. Son fonctionnement en Class A élargie n’est probablement pas étranger à la richesse des détails et autres micro‑informations que comporte la restitution, pour peu que le NR‑7CD soit associé à un casque de qualité. Il en est d’ailleurs de même pour les enceintes. Il ne faudra pas hésiter à investir dans ces éléments. Ici encore le NR‑7CD saura respecter leur personnalité tout en leur offrant la possibilité de s’exprimer pleinement.

 

 

Tout-en-un audiophile, avec Teac c'est possible !

C’est donc un véritable tour de force que réalise Teac en réussissant à réconcilier le monde des tout‑en‑un, souvent considérés comme des équipements un peu bâtards, faisant certes tout mais sans finesse, et l’univers de la haute‑fidélité audiophile toujours extrêmement exigeant en termes de « musicalité ». Un équipement d’un nouveau type, qui préfigure peut‑être une réelle tendance car, même si son prix reste élevé, à qualité équivalente le NR‑7CD est plus abordable que le cumul des prix des éléments qu’il remplace. En plus de ses énormes qualités de restitution sonore, le Teac NR‑7CD se permet donc d’être en plus une bonne affaire. Une réussite sur toute la ligne !

 

+ Les points forts
»  
Polyvalence
»  
Finesse de la restitution
»  
Dynamique
»  
Gestion des flux Hi‑Res audio (PCM et DSD)
»  
Qualité de fabrication
»  
Design élégant
»  
Finitions très soignées
- Les points faibles
»  
Pas de lecture des SACD
»  
Pas de port USB en façade
»  
Pas d’entrée Phono
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