TV - Écran plat

Hisense 65XT910

Par Jacques Guiot - Publié le 27/10/15
Mustav
Prix indicatif : 2 999 € TTC
Note AVCesar.com
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 163 cm
Standard : Ultra HD et 3D Ready
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui (1 000 Hz)
Contraste : 10 000:1
TNT : simple tuner (SD et HD)
HDMI : 4 (v 2.0, dont 2 arrières et 2 latérales)
Dim. (L x H x P) : 877 x 1 446 x 288 mm
Poids : 32 kg
,0 €
Amazon.fr
L’essentiel
Le banc d'essai que nous vous proposons aujourd'hui est une petite exclusivité, puisqu'il s'agit du premier téléviseur Ultra HD du fabricant chinois Hisense testé en France. Pour faire court, il s'agit ni plus, ni moins du modèle phare de la gamme 2015 de la marque, le 65XT910. Un spécimen sur le papier très intéressant puisqu'il intègre la fameuse et exclusive technologie Uled censée, d'après les dires de Hisense, venir concurrencer l'Oled au niveau de la qualité des contrastes. Des affirmations qui, au premier abord, peuvent paraître présomptueuses…

Vous constaterez cependant plus loin que ce téléviseur, dont certains membres de la rédaction avaient pu percevoir toutes les qualités et le potentiel à l'occasion de diverses présentations dans les plus grands salons internationaux d'électronique grand public, a littéralement surpris tout le monde sur ce point chez AVCesar.com ! Cela dit, repousser les limites du contraste avec le rétroéclairage LED n'est pas la seule ambition que s'est fixée Hisense. Tous les aspects audiovisuels de ce TV ont fait l'objet d'une attention particulière : colorimétrie, reproduction sonore, gestion multimédia, fonction Smart TV, fluidité, traitement vidéo, etc. Le Hisense 65XT910 serait‑il le Graal tant attendu pour profiter pleinement de l'Ultra HD ? Le tout pour un prix incroyablement attractif de 2 999 € pour la version 65" ? La réponse avec notre test réalisé comme d'habitude sans concessions, après avoir calibré, mesuré et étudié sous toutes ses coutures ce téléviseur durant deux semaines dans notre laboratoire...

En premier lieu, il s'agit de répondre à une question légitime qui vient à l'esprit naturellement en découvrant ce téléviseur et ses technologies, que se cache‑t‑il derrière cette appellation Uled ? Non, Hisense n'a pas essayé de tromper les consommateurs en faisant croire à une technologie hybride qui mixerait l'Oled et LED comme nous avons pu le lire parfois sur le net ou comme vous nous l'avez demandé dans certains de vos messages. Hisense explique en toute transparence ce qu'est l'Uled : U comme Ultra, pour Ultra HD, Ultra Dimming, Ultra High Contraste et donc Ultra LED. En fait, l'Uled n'est ni plus ni moins qu'un téléviseur Full LED premium (haut de gamme) qui combine un procédé Ultra Dimming avec une fonction Smart Peaking, des nanocristaux Quantum Dot et une dalle Wide Color Gamut, le tout, contrôlé par un système de rétroéclairage intelligent. Ouf ! Explications.
Hisense utilise donc une technologie appelée Ultra Dimming capable d'offrir un contraste perçu très impressionnant avec des noirs quasi parfaits ! Ce dernier est en fait un système de rétroéclairage Full LED Local Dimming comptant sur ce modèle 244 zones, lié à un algorithme de « Peaking » pour booster les zones très lumineuses ou brillantes de l'image sans affecter la profondeur du noir. Autant le dire tout de suite, cette technologie s'annonce très prometteuse pour exploiter le HDR que proposeront les futurs Ultra HD Blu‑Ray et les contenus Ultra HD/4K de Netflix ou Amazon.
Autre élément clé de l'Uled, la présence d'une compensation de mouvement MEMC (Motion Estimation/Motion Compensation) gérée par le processeur FRCX, en plus d'un processus Backlight Scanning (clignotement rapide du rétroéclairage pour contrer la rémanence) pour une fluidité d'image qui se veut exemplaire, même lors de séquences rapides (films d'action), de retransmissions sportives, ou encore, lors de l'affichage de jeu vidéo. Voilà pour l'essentiel des composantes de la technologie Uled.

On ne va pas se le cacher, avec un appareil construit en Chine, beaucoup se demandent si la qualité de fabrication est au rendez‑vous. Et bien coupons court à toute idée reçue, ce téléviseur jouit d'une excellente finition qui n'a rien à envier aux modèles haut de gamme de la concurrence. L'assemblage est parfait, avec une armature en acier très solide. Le coffre en PVC épais est cerclé par un cadre en aluminium brossé et la base de l'écran indique, via un dispositif lumineux, si le téléviseur est en veille ou allumé.
La dalle incurvée propose un indice de courbure 4000R et repose sur toute sa largeur sur un superbe pied chromé. Deux précisions toutefois : avec un tel pied, un meuble assez large est nécessaire, et le téléviseur reste irrémédiablement incliné (à 6° environ) vers l'arrière, ce qui gênera peut‑être certains utilisateurs. L'idéal serait de posséder un meuble bas, pour profiter d'une orientation de l'image parfaite une fois assis dans un canapé. Bon point, la dalle profite d'un traitement antireflet très efficace malgré son aspect brillant. Évidemment, s'agissant d'un modèle Full LED, le coffre est un peu profond (15,2 cm), mais rien d'outrancier.
Vous l'aurez compris, comme beaucoup de TV commercialisées en 2015, la dalle du 65XT910 affiche donc une résolution de 3 840 x 2 160 pixels, soit d'obédience Ultra HD, et est dotée d'une fréquence de rafraîchissement 100 Hz native et d'un affichage 3D actif. Du côté de l'Upscaling et du traitement vidéo, Hisense utilise le processeur vidéo Hi‑View qui va procéder à un Upscaling 2 160p de tous les contenus, associé à un algorithme pour renforcer les détails. De plus, un filtre de netteté gradué de 1 à 20 permet d'accentuer la précision de l'image.

Au niveau de la connectique, l'offre du Hisense 65XT910 (cliquez sur la visuel ci‑dessus pour zoomer sur les connecteurs) est plutôt complète avec quatre entrées HDMI 2.0a compatibles CEC, ARC, MHL 3.0, Deep Color, Rec.2020, HDR et xvYCC. Il faut ajouter à leur crédit la gestion des signaux 2 160p jusqu'en 60 Hz avec gestion d'un encodage luminance/chrominance des pixels en 4:4:4 et une profondeur des couleurs sur 10 bits, sans oublier le signal 3D 1 080p. Le reste de la connectique regroupe également deux ports USB 2.0, un port USB 3.0, une sortie optique, une entrée RCA stéréo, une sortie casque mini‑Jack 3,5 mm, un tuner DVB‑T2/DVB‑S2/DVB‑C, une entrée YUV, une Péritel, un port Ethernet, un port CI+, les compatibilités Wi‑Fi Direct, Anyview Cast (la fonction Miracast qui ne dit pas son nom) et Anyview Stream, une dénomination pompeuse et marketing pour désigner la fonction passerelle multimédia UPnP (DLNA).
On regrette l'absence d'un double tuner, d'une sorte caisson de basses, d'un lecteur de cartes SD ou d'une prise RS‑232. En revanche, le système audio de ce TV est surprenant par sa qualité et sa puissance malgré 2 x 15 W en Class D. Les deux haut-parleurs intégrés sont de bonne qualité, mais surtout la technologie dbx‑TV développées par la société américaine du même nom a été intégrée, notamment pour améliorer la spatialisation et la perception des détails sonores à faible volume. Ce traitement audio apporte un rendu sonore spatialisé et puissant avec des médiums un peu projetés, mais qui ont l'avantage de proposer des dialogues nets et très soutenus. Du rarement vu sur un TV pourtant très basique de ce côté‑là, en apparence !

En termes de compatibilités, le Hisense 65XT910 se hisse au niveau de la concurrence avec la gestion du VP9 pour recevoir YouTube UHD, le HEVC utile pour la section multimédia et, surtout, pour recevoir les futures chaînes Ultra HD (comme celle de Canal+ ou BeIN annoncées récemment), la lecture des formats AVI, MKV, MP4 UHD, Mov, FLV, DivX HD et SD, MPO 3D, JPS 3D, PNS 3D, WEBP 3D, WMA, Wav/LPCM, Ogg, HEVC, AVC/H.264, VP9, AAC, DTS et Dolby Digital. Bref, à l'usage, quasiment tous nos fichiers multimédias audio et vidéo ont été lus sans soucis. Cependant, nous ne pouvons pas parler de bonne gestion multimédia. En effet, nous avons rencontré trop de problèmes pour se passer d'un vrai lecteur multimédia. Les vidéos en 2.35:1, par exemple, sont étirées à l'écran pour supprimer les bandes noires, ce qui déforme l'image. La qualité de lecture n'est pas très bonne, et surtout il est impossible de changer de piste audio avec les fichiers MKV.
La section Smart TV est plutôt bien fournie et profite d'un processeur Quad Core pour plus de réactivité et de puissance avec les applications. On trouve les applications les plus utilisées comme YouTube, Netflix, Plex, un navigateur internet Opera, la certification HBBTV, un service de Catch‑Up TV avec Arte, la VOD de Wuaki.tv, un Game Center, une App Store, Picasa et des dizaines d'autres applications à télécharger sur l'App Store.
Du côté des réglages Image, là aussi c'est assez complet avec plusieurs modes :Cinema, Standard, Dynamique, Naturel, Sport, Jeux. Il est important de savoir que tous les modes ou presque affichent du Wide Gamut, c'est‑à‑dire un espace couleur étendu, proche du DCI pour des couleurs plus intenses. Seul le mode Cinema reste basé sur notre bon vieux Rec.709 utilisé par le Blu‑Ray et la TNT HD. Vous avez donc le choix entre Gamut Rec.709 en mode Cinéma, ou Wide Gamut avec les autres modes Image. À savoir, ce choix d'espace colorimétrique peut aussi être associé aux sources vidéo raccordées au TV, il est en effet possible d'assigner un mode Image différent à chaque entrée HDMI.
D'autre part, on retrouve les réglages habituels du système de rétroéclairage, activation ou pas du Local Dimming, conversion 2D/3D avec dosage de la profondeur, couleur, luminosité, contraste, netteté, overscan, réducteur de bruit de type DNR, teinte, contraste dynamique, et un réglage de la balance des blancs sur 2P ou 10P et enfin un CMS avec réglages des couleurs primaires et secondaires. Bref, tous les outils sont là pour réaliser un calibrage du TV dans les règles de l'art sauf peut être le choix des gamut Rec.709, DCI et Rec.2020, même si ce téléviseur restitue à peine le DCI et n'est clairement pas en mesure de reproduire le Rec.2020 (ce qu'aucun téléviseur ne permet pour le moment, il est vrai).

Avant d'entrer dans le vif du sujet avec le verdict technique de notre test, quelques dernières précisions sur le contenu du carton : on trouve une seule paire de lunettes 3D actives, deux télécommandes, la principale et une plus petite, de couleur blanche. Cette dernière est dédiée aux utilisations courantes du TV. En revanche, pas de caméra...
Concurrence
Malgré un positionnement tarifaire milieu de gamme, le Hisense 65XT910 est bien le modèle phare du constructeur chinois. Avec un équipement composé d'un rétroéclairage Full LED Local Dimming associé à des nanocristaux Quantum Dots, ses concurrents se situent dans le haut du panier et se comptent sur les doigts d'une main. Citons le Samsung UE65JS9500, lui aussi Full LED Local Dimming, doté de nanocristaux et compatible HDR et 3D active. Plus cher, il se démarque tout de même par la présence d'un double tuner TNT/Sat, d'une compensation de mouvement PQI 2400 entièrement paramétrable, et d'une compatibilité multimédia très avancée via UPnP ou USB.
On trouve également le Philips 65PUS9600, encore un Full LED Local Dimming avec 244 zones indépendantes, une compatibilité HDR et une gestion active de la 3D. En revanche, pas de nanocristaux mais la technologie Color Boost exclusive à Philips, une interface Smart TV Android, une compensation de mouvement PMR 2400, un double tuner TNT/Sat et surtout l'Ambilight Spectra 4 exclusif à la marque.
Enfin, même s'il a été lancé en 2014, le Panasonic TX‑65AX900E fait toujours partie du catalogue du fabricant japonais. Là aussi, il s'agit d'un Full LED Local Dimming avec dalle IPS, 3D polarisée donc, une compensation de mouvement BLB IFC Pro 4K 3000, pas de compatibilité HDR, mais une certification ISF et THX 4K Display.
Fiche technique
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 163 cm
Standard : Ultra HD et 3D Ready
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui (1 000 Hz)
Contraste : 10 000:1
Réception : télétexte, PAT, Infos+, EPG, TNT (simple tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+), SAT (simple tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+), Câble (simple tuner SD et HD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0, dont 2 arrières et 2 latérales), 1 entrée YUV (RCA), 1 entrée péritel (RVB), 1 entrée Stéréo + Composite (arrière), 1 sortie casque (latérale), 1 sortie audio numérique (optique), 1 port CI+, 3 ports USB Host (arrière et latéral), 1 port Ethernet, Wi‑Fi (b/g/n)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing), conversion 2D/3D
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (SD et HD), WMV (SD et HD), Mpeg2 (SD et HD), Mpeg4 (SD et HD), Jpeg, UPnP (DLNA), HBBTV, Podcast, WebTV (Widgets), accès Web
Usage : télécommande simple, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : température de couleur paramétrable (CMJRVB), balance des blancs paramétrable (RVB), rétroéclairage (dynamique par zone), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24), 3D
Son : puissance (2 x 15 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (dbx-tv), traitement audio (Dolby MS10), égaliseur, AVL
Consommation : 155 W (0,5 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 877 x 1 446 x 288 mm
Poids : 32 kg
ph image
Verdict technique
Comme lors de tous nos tests, avant d'analyser un téléviseur, passage obligatoire dans notre laboratoire pour calibrer ce modèle à l'aide d'un spectrophotomètre. C'est lors de cette phase de notre banc d'essai que nous nous sommes rendu compte que seul le mode Cinema était en mesure d'être calibré en Rec.709. Les autres modes vont adapter l'espace couleur de façon automatique sur l'espace couleur NTSC que le XT910 peut reproduire à 100%. Et ceci, que la source soit en Rec.709, DCI ou Rec.2020. Inutile de préciser qu'à l'heure actuelle, pratiquement tous les contenus disponibles sont proposés en Rec.709, ils seront donc avec ces autres modes « remastérisés  » en Wide Gamut pour offrir des couleurs riches avec un résultat assez bluffant, mais qui peut déstabiliser ceux qui aiment respecter les gamuts natifs. Précisons tout de même que, si habituellement ce genre d'amélioration des couleurs a tendance à saturer les visages et à offrir une image saturée, très peu naturelle, ici le procédé est tout de même bien réalisé puisque les teintes de peau sont respectées.

Revenons donc à notre calibrage. Autant être franc, en sortie de carton ce téléviseur n'était pas très bien réglé avec un delta E qui dépassait le chiffre 6 alors que l'on recherche au maximum un Delta E de 3. Il nous a fallu travailler la colorimétrie quelques heures, mais les réglages proposés sont suffisants pour arriver à un résultat proche de la perfection ! Par contre, au risque d'en décourager certains, sans matériel professionnel il sera bien difficile de s'en sortir, car ce type de téléviseur « nouvelle génération » est difficilement géré par les sondes grand public comme les Spyder, X‑Rite ou autres. On ne le répétera jamais assez, avec ce genre de matériels, il ne faut en aucun cas faire l'économie d'un professionnel pour profiter pleinement des qualités du TV. Car, si le travail est complexe, à l'arrivée le jeu en vaut la chandelle. Quelle image de toute beauté ! Les couleurs sont riches, les dégradés sont magnifiques et la dynamique de l'image époustouflante !

Il en est de même pour la profondeur des noirs dont la densité est tout simplement ahurissante. Pour être totalement honnêtes, nous n'avions jamais testé un téléviseur LED doté d'un contraste aussi puissant ! Et si l'homogénéité de la dalle n'est pas exempte de quelques traces de Clouding très légères, une fois le Local Dimming activé, celle‑ci devient parfaite, le Clouding disparaît totalement pour laisser place à une image dotée d'un contraste jubilatoire ! Pour être précis, nous avons mesuré un contraste séquentiel à environ 10 000:1 avec un noir à 0,012 cd/m², soit un chiffre très impressionnant et, surtout, inédit sur un téléviseur LED ! Mieux, ajoutons à cela que la plupart du temps, visuellement, le contraste nous paraît encore plus puissant que les mesures. Sur certaines scènes, il semble infini avec un noir abyssal ! Il n'y a aucun doute, ce téléviseur est fait pour les amateurs de salle dédiée, pour ceux qui aiment se plonger dans le noir pour regarder leurs films. Cerise sur le gâteau, le téléviseur arrive à offrir des pics lumineux intenses, même lors des scènes sombres, tout en conservant une belle profondeur de noir. Avec le film Sunshine par exemple, les scènes dans l'espace ne nous avaient jamais paru aussi impressionnantes ! Profiter des profondeurs glaciales de l'espace tout en étant ébloui par la puissance lumineuse des réacteurs du vaisseau spatial est une expérience nouvelle sur un téléviseur LED. De toute évidence, les contenus HDR devraient offrir un spectacle saisissant sur ce modèle. Malheureusement, au moment de rédiger ce test, la mise à jour HDR n'était pas encore disponible.

Un mot également sur la compensation de mouvement que l'on peut régler sur trois niveaux (Bas, Moyen et Haut) ou désactiver. Avec des contenus SD, HD et Ultra HD natifs (ce n'est pas la même histoire pour les contenus upscalés, voir plus bas), elle fonctionne très bien, sans saccades, sans artefacts, pour une fluidité vraiment parfaite, mais attention à ne pas trop pousser le curseur, car cette fluidité peut vite engendrer un effet « caméscope ». Malheureusement, on ne trouve pas de mode personnalisable pour affiner les réglages afin de trouver le juste équilibre entre précision et fluidité. On peut également lui reprocher un léger manque de précision dans les mouvements, c'est la contrepartie à cette superbe fluidité. Nous conseillons toutefois de ne pas dépasser le niveau Bas, sans quoi des artefacts seront visibles sur le niveau Moyen et Haut. Il s'agit d'une bonne compensation de mouvement qui présente l'avantage de ne pas saccader, mais c'est l'un des paramètres perfectibles de ce téléviseur...

Quant à la qualité du traitement vidéo, là encore, après maints tests, force est de constater que Hisense propose un des meilleurs Upscaling UHD du marché avec ceux de Sony et Samsung. Inutile d'opter pour un lecteur Blu‑Ray onéreux, le téléviseur s'occupe de tout. L'Upscaling UHD réalisé par le XT910 égale celui disponible dans les meilleurs lecteurs BD ou processeurs vidéo externes. Croyez‑nous, en attendant l'avènement de l'Ultra HD Blu‑Ray prévu début 2016, il est déjà réjouissant de profiter d'une telle image avec un « simple » BD 1 080p ou avec la TNT HD, qui pour le coup prend une tout autre dimension. L'amateur de belles et grandes images a largement de quoi flatter ses rétines en attendant plus de contenus en Ultra HD natif. Et si l'image reste parfaitement naturelle, à l'instar de quelques rares homologues UHD du marché, ce téléviseur procure un relief et une précision inconnue jusqu'alors. Le plus étonnant vient de la qualité des dégradés, parfaitement lisses, sans effet de Banding. Avec des Blu‑Ray de qualité comme Mad Max Fury Road, nous avons vraiment l'impression de voir un film encodé en 10 bits par couleur ! Par contre, si l'Upscaling 2 160p est donc très puissant, le filtre de netteté reste assez basique, pas aussi performant et complet que le Reality Creation de Sony, mais efficace ! D'autre part, le réducteur de bruit de type DNR n'est pas non plus des plus performants. Nous aurions aimé trouver en plus de ce DNR, un Mosquito Noise Reduction ou un réducteur d'artefacts de compression Mpeg. Cela aurait permis d'optimiser un peu mieux les chaînes et contenus SD.

À ce bilan jusqu'ici idyllique, il convient d'apporter un bémol avec les contenus SD/HD uspcalés en 2 160p depuis un lecteur Blu‑Ray par exemple. Dans cette configuration, la donne se complique un peu. Pour une raison que nous ignorons, certains menus sont grisés, bloqués sur un réglage différent en fonction des modes (en revanche, via USB avec une vidéo Ultra HD native, tous les menus sont accessibles). Par exemple, la compensation de mouvement sera désactivée en mode Jeu, alors qu'elle est positionnée sur Bas en mode Cinema, sur Moyen en mode Standard, sur Haut en mode Sport, désactivée sur les modes Naturel et Jeu. Idem avec les contenus 3D, la Compensation de mouvement, les réglages de Rétroéclairage et du Local Dimming sont tous grisés et réglés différemment sur chaque mode. Il s'agit de le savoir pour choisir le mode qui vous convient le mieux avant de calibrer et d'assigner correctement les sources. Au final, par exemple, si vous êtes adepte de la compensation de mouvement et de spectacle Blu‑Ray, il faut assigner le mode Standard ou Sport à l'entrée HDMI accueillant la platine BD et procéder ensuite au calibrage. C'est bizarre comme procédure, mais pas moyen d'y échapper pour profiter d'une image selon ses souhaits.

En parlant de 3D, après avoir opté pour le mode qui correspondait le plus à nos attentes (le mode Standard), le Hisense 65XT910 surprend encore une fois par la qualité de son affichage stéréoscopique. Il fait partie des plus belles images en relief proposées sur un TV LED de technologie 3D active ! L'effet fantôme est très réduit, presque invisible dans les films (il apparaît plus marqué au niveau des menus et sous‑titres), le relief est puissant et l'image très précise avec une belle profondeur de champ. C'est fluide, immersif, bref, totalement captivant que ce soit avec le jeu, les animations 3D ou les films.

Au final, ce téléviseur ne souffre que de très peu de défauts, si ce n'est une gestion multimédia assez décevante, une ergonomie perfectible, une colorimétrie assez compliquée à calibrer pour les utilisateurs non avertis et une gestion curieuse des modes Image en présence d'un signal Ultra HD, natif ou upscalés, et avec les BD 3D. Allez, pour faire les difficiles puisque nous sommes en présence du modèle phare de chez Hisense, nous aurions aimé un mode Personnalisé pour la compensation de mouvements. En dehors de ça, ce téléviseur propose une qualité d'image spectaculaire, d'une précision chirurgicale et parfaitement fluide, une colorimétrie riche et une 3D très immersive, en plus du contraste le plus puissant qu'il nous ait été donné de voir sur un TV LED. Même s'il faut se méfier de notre mémoire visuelle (une image devant nos yeux apparaît toujours supérieure à celle de concurrents absents), le Hisense 65XT910 une fois parfaitement réglé nous a très certainement offert la plus belle image jamais vu jusqu'alors sur un téléviseur LED. Et c'est pour cela, en dépit des quelques points faibles relevés (dont un calibrage fastidieux qui en rebutera plus d'un), que nous lui attribuons la note maximale. Franchement, pour un premier essai sur notre territoire, comment ne pas féliciter Hisense qui a su nous surprendre avec une technologie qui existe pourtant depuis plusieurs années. Un seul mot s'impose, bravo !
+ Les points forts
»  
Image ultra précise et Upscaling performant
»  
Contraste record pour un TV LED !
»  
Image très dynamique
»  
Colorimétrie très riche
»  
Parfaite fluidité
»  
Rendu 3D excellent
»  
Qualité audio étonnante
»  
HDMI 2.0a, HDCP 2.2, HEVC et VP9
»  
Rapport qualité-prix imbattable !
- Les points faibles
»  
Le MEMC donne un rendu un peu vidéo
»  
L'interface manque d'ergonomie
»  
Wide Gamut forcé sur la plupart des modes Image
»  
Gestion multimédia décevante
»  
Nécessite un calibrage
»  
Compensation de mouvement figée (selon les modes Image) sur contenus SD/HD upscalés
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