Vidéoprojecteur

Sony VPL-VW550ES

Par Jacques Guiot - Publié le 13/02/17
Mustav
Prix indicatif : 9 990 € TTC
Note AVCesar.com
Type : SXRD
Résolution native : 4 096 x 2 160 pixels
Standard : Ultra HD + 4K et 3D Ready
Contraste : 350 000:1
Iris : dynamique
Modèle : fond de salle
Lens Shift : horizontal et vertical
Dimensions (L x H x P) : 495 x 195 x 463 mm
Poids : 14 kg
L’essentiel

Le vidéoprojecteur Sony VPL‑VW550ES en test aujourd'hui dans nos colonnes est une évolution du VPL‑VW520ES, lui‑même une déclinaison du VPL‑VW500ES (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com). Tout cela pour expliquer que si quelques différences séparent ces divers spécimens, certaines importantes nous allons le voir dans ce banc d’essai, ils reprennent le même châssis, la même optique et la même interface. Nous sommes donc toujours en présence d’un vidéoprojecteur 4K basé sur la technologie SXRD avec trois panneaux 4K natif (cf. illustration plus bas), évidemment compatible Ultra HD (3 840 x 2 160 pixels) pour conserver l'affichage 16:9 utilisé au cinéma et sur les disques Blu‑Ray, qu’ils soient d’obédience Ultra HD ou 1 080p. On retrouve, bien sûr, le célèbre processeur ultra‑puissant X‑Reality Pro 4K en charge de la mise à l'échelle et le traitement vidéo Reality Creation compatible 2D, 3D, 1 080p et 4K, intégrés depuis plusieurs années au sein des vidéoprojecteurs et téléviseurs du fabricant.

 

 

Listing des évolutions…

Du point de vue « hardware », les chipsets HDMI ont évolué en connecteurs HDMI 2.0a pour la gestion du HDR10 et HDR HLG (Hybrid Log Gamma), ce dernier étant plus que pressenti pour être utilisé pour les diffusions HDR Broadcast. Pour une meilleure gestion du HDR, Sony a également revu les performances en termes de luminosité et contraste (statique et dynamique) grâce, entre autres, à une nouvelle lampe au mercure plus puissante (280 W pour une durée de vie de 6 000 h en mode Lampe Bas). Dorénavant, ce vidéoprojecteur est capable d'afficher une luminosité de 1 800 lumens pour un contraste natif On/Off annoncé à 350 000:1. Parmi les autres évolutions, notons une compensation de mouvement Motionflow améliorée et un Input Lag plus rapide. En revanche, si le Motionflow est effectivement plus fluide et naturel, il n'est toujours pas compatible Ultra HD/4K en dehors d'un mode Impulsion assez particulier. Nous y revenons plus en détail dans le chapitre Verdict Technique.

 

 

Sony, seul acteur de la vidéoprojection 4K native à ce tarif

Le prix du Sony VPL‑VW550ES est fixé à 9 990 €, soit identique à ses prédécesseurs. La constance de son tarif s’explique en grande partie par un manque de concurrence. En effet, en dehors de rares spécimens très onéreux, par exemple le JVC DLA‑Z1, Sony reste le seul acteur dans le milieu de la vidéoprojection 4K native « grand public », si tant est que l’on puisse qualifier ainsi ces matériels au regard de la somme demandée. Comparé à son grand frère VPL‑VW1100ES vendu au‑delà de 20 000 €, forcément, le VW550ES assume quelques concessions, notamment au niveau de l'optique, plus petite, simplifiée et composée davantage de PVC.

 

Cette dernière, identique depuis les débuts de la série VW500ES est donc plus sensible aux variations de température, ce qui a occasionné de nombreux problèmes de stabilité au niveau du focus et de l’alignement des panneaux lors de la commercialisation de ces modèles en 2013. Ceci dit, l’honnêteté conduit à préciser que Sony a réussi à corriger le problème d'alignement des panneaux que nous avions relevés lors du test du VW500ES. Évidemment, la possibilité d'aligner les panneaux LCD par zone et par couleur, le tout avec une précision de 0,1 pixel, reste tout de même présente.

 

 

 

Et la forme ?

On retrouve donc un vidéoprojecteur doté d'une belle coque en PVC épais, de couleur blanche sur notre exemplaire de test, mais qui existe aussi en noire. Même s'il est pratiquement deux fois plus petit que son grand frère (et donc bien plus simple à intégrer dans un salon), il conserve des dimensions généreuses de 495,6 x 195,3 x 463,6 mm pour un poids de 14 kilos ! Sous le châssis se trouvent deux pieds à vis pour régler l'inclinaison de l'appareil et donc de l'image projetée. On le répète, c'est un vidéoprojecteur qui a vraiment de l'allure, de l'élégance et une certaine classe. Il ne laisse clairement pas indifférent avec sa belle robe blanche (il existe aussi en finition noire) et son optique très large, cerclé de dorures.

 

Sa connectique plutôt complète rassemble deux entrées HDMI 2.0a, une interface RS‑232C, trois mini‑jack pour le déport IR et deux Trigger 12V, un port USB dédié aux mises à jour Firmware et un port Ethernet (RJ45, 10 et 100Base‑TX). Précision, le transmetteur RF est intégré, mais les lunettes RF (Sony TDG‑BT500A) sont vendues en option, tout comme le transmetteur vidéo sans‑fil WHDI (Sony IFU‑WH1). Pour rappel, ce vidéoprojecteur conserve la fonction Étalonnage auto pour faciliter l'étape du calibrage à ceux qui ne possèdent pas de sonde ou les connaissances requises.

 

 

 

Réglages optiques optimums 

Revenons sur le bloc optique qui conserve évidemment tous ses outils motorisés pour faciliter l'intégration du vidéoprojecteur dans n'importe quel salon avec la possibilité de régler le zoom x2,06, le focus et le Lens Shift à fort débattement vertical/horizontal (+/‑ respectivement 85% et 31%) depuis la télécommande. L'installation est donc d'une simplicité enfantine, d'autant plus qu'il est possible de projeter des grilles pour aider à l’ajustement de l’image au pixel près. On peut également mémoriser les réglages (zoom, focus, positions) pour ceux qui disposeraient de plusieurs lieux de projection (salon, salle dédiée, etc.). Bref, tout y est !

 

Pour être totalement franc, ajuster l'image aussi finement et simplement est un vrai plaisir. D'autant plus que nous n'avons nullement eu à intervenir sur les réglages d'alignement des panneaux. Obtenir de la sorte une telle précision sur un bloc optique 4K de cette taille, relativement petite, voilà qui constitue un réel exploit ! Évidemment, le piqué de l'image bénéficie grandement de cette amélioration d'alignement et de stabilité.

 

 

Fonctionnalités vidéo 

Toujours présente, la compatibilité TriLuminos. Cet algorithme très efficace permet de remasteriser les couleurs de l’espace couleur Rec.709 en Wide Gamut. Les coordonnées colorimétriques ne sont pas bêtement étirées pour offrir des couleurs plus saturées, elles sont entièrement recalculées pour exploiter tout l'espace colorimétrique étendu, afin d'offrir des couleurs plus riches tout en restant naturelles, notamment au niveau des teintes de peau. Cette fonction est d'autant plus efficace en présence de Blu‑Ray 1 080p masterisés en 4K signés Sony Pictures Home Entertainment. En effet, ces titres intègrent des données dites « vestigielles » (présentes à l'état de vestiges donc…) récupérées par le diffuseur lors de l'Upscaling Ultra HD pour opérer un calcul plus efficace des coordonnées colorimétriques.

 

Comme son prédécesseur, le Sony VPL‑VW550ES n'est toujours pas certifié ISF, mais il propose tout de même un Color Management System (CMS) avec la possibilité de calibrer très précisément l'espace colorimétrique sur les couleurs primaires et secondaires. Par contre, plus de gamuts DCI ou Adobe au menu, on trouve désormais un espace Rec.2020 en plus du Rec.709 (afin de mieux gérer les sources Ultra HD évidemment). Bien sûr, sont toujours présents les Espace Couleur 1, 2 et 3 (à personnaliser par l’utilisateur, par exemple en DCI‑P3), en plus de divers modes pour la température des couleurs (D93, D75, D65, DCI, D55 et Personnalisé 1, 2, 3, 4 et 5). Notez que seuls les modes Personnalisé (via le menu Couleur) permettent de régler l'échelle de gris manuellement. À savoir aussi, en optant pour le mode xvColor (ou xvYCC), tous les paramétrages de Gamma préréglés sont grisés.

 

Nouvelle fonctionnalité HDR 

Évidemment, un nouveau réglage fait son apparition, il s'agit du mode HDR que l'on peut activer, désactiver ou mettre sur Auto. De plus, comme sur les téléviseurs Sony, on peut désormais régler le format d'entrée HDMI en Standard ou Amélioré, ou encore la gamme de couleurs sur Étendue ou Limitée. Évidemment, le format Amélioré permet de gérer le flux vidéo Rec.2020, HDR10 et YCbCr 4:4:4 en 10 ou 12 bits proposés par les lecteurs Ultra HD Blu‑Ray. Par contre, chose étonnante, nous avons remarqué que le rendu HDR10 était de meilleure qualité lorsque nous forcions la gamme de couleurs sur Étendue (donc en 0‑255 au lieu de 16‑235), même en présence d’une source réglée en gamme HDMI Limitée. Habituellement, avec les autres diffuseurs, la cohérence doit être de mise avec la source. Ainsi, l'image apparaît plus dynamique et les noirs plus profonds alors même que la source est réglée en YCbCr 4:4:4 et donc en gamme Limitée !

 


Sinon, on retrouve évidemment le réglage Resolution de 0 à 50 pour améliorer la netteté de l'image, et un réducteur de bruit qui agit directement sur le fourmillement en arrière‑plan. Enfin, on peut également profiter de deux autres réducteurs de bruit, DNR et Mpeg NR. Ces deux derniers étant accessibles uniquement sur un signal 1 080p. On note également la possibilité de choisir le mode Lampe Haut ou Lampe Bas, un réglage Blanc clair, et un correcteur de couleur. Également présents, un iris dynamique et la possibilité de régler l'ouverture du diaphragme pour juguler la luminosité. Des réglages de l'échelle de gris sont disponibles avec la possibilité d'ajuster les courbes RVB et l'Offset RVB (polarisation des couleurs). Par contre, il n'est pas possible d'éditer le gamma. Ici, seuls des réglages de gamma prédéfinis sont proposés : Gamma 1,8, 2,0, 2,2, 2,4, 2,6 et Gamma 7, 8, 9, 10 ou Off.


Après ce petit tour du propriétaire, il est temps de passer à l'analyse de ce superbe appareil au design très réussi, statutaire, doté d'une construction solide et livré avec une télécommande rétroéclairée.

 

Concurrence

Le Sony VPL‑VW550ES ne rencontre malheureusement aucun concurrent à l'heure actuelle ! En effet, sous la barre des 10 000 € on ne trouve que des vidéoprojecteurs qui simulent un affichage UHD/4K avec des résultats très intéressants, certes, notamment chez JVC ou Epson, mais aucun ne propose des panneaux 4K natifs. Pour trouver des modèles 4K natif, il faut s'orienter vers des spécimens vendus plus de 20 000 euros !

Fiche technique
Type : SXRD
Résolution native : 4 096 x 2 160 pixels
Standard : Ultra HD + 4K et 3D Ready
Luminosité : 1 800 lumens
Contraste : 350 000:1
Iris : dynamique
Lampe : UHF, 280 W, 6 000 h
Modèle : fond de salle
Lens Shift : horizontal (piloté) et vertical (piloté)
Zoom : 2,06x (piloté)
Mise au point : pilotée
Connectique : 2 entrées HDMI (v 2.0), 1 entrée Data (Sub-D15), 1 port Ethernet, 1 port RS-232, 1 port USB
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing), conversion 2D/3D
Usage : CEC, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, zoom Letterbox, zoom Letterbox sous-titres, zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan, télécommande rétroéclairée
Réglage : température de couleur (paramétrable en CMJRVB), balance des blancs (CMJRVB), réglage de gamma (paramétrable), renforcement des noirs (dynamique), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, 3D, en Ultra HD (2 160p/24
Consommation : 410 W (0,5 W en veille)
Bruit : 28 dB
Dim. (L x H x P) : 495 x 195 x 463 mm
Poids : 14 kg
ph image
Verdict technique

Inutile de tourner autour du pot, le Sony VPL‑VW500ES était déjà une très belle réussite, le VPL‑VW550ES va encore plus loin en corrigeant les petits défauts d'alignement des pixels que nous avions pu relever lors de notre test il y a trois ans. Dorénavant, tous les pixels sont parfaitement alignés à l'allumage et le resteront toute la durée de la séance. Alors, certes, en chipotant, en regardant à la loupe, on peut apercevoir des zones perfectibles, mais aucun souci, on apprécie justement la possibilité d'affiner l'alignement zone par zone via l'OSD. Les plus exigeants pourront donc parfaire l'image, mais même sans passer par là, la magie opère !

 

De toute évidence, avec un meilleur alignement, on gagne forcément en précision et en piqué. L'image offre une définition, une profondeur de champ et un relief exceptionnel ! C'est vraiment très impressionnant de pouvoir profiter d'une telle précision sur une image de 2,20 m de base, bien plus pour ceux qui disposent d'une grande salle dédiée. Évidemment, avec de telles tailles d'image, l'apport des disques Ultra HD Blu‑Ray est largement plus flagrant que sur un téléviseur. Alors, bien sûr, le VPL‑VW1100ES va encore plus loin avec ce type de contenus grâce à son optique de meilleure qualité, mais l'écart ne vaut sûrement pas le double du prix, le VW550ES est déjà excellent.

 

 

Mesure de contraste

En dehors de cela, la seule vraie nouveauté, c'est évidemment le rendu HDR, une technologie que nous n'avions pas pu essayer lors de notre test du VPL‑VW500ES. Attention toutefois, pour réellement profiter d'une expérience HDR optimale, la taille de l'image va grandement jouer sur le résultat final. Plus l'image sera grande, moins elle sera lumineuse, et moins l'apport du HDR se fera sentir. Avec l'appareil réglé sur notre toile de projection de test, 2,20 m de base on le répète, nous procédons aux mesures en dirigeant la sonde vers le vidéoprojecteur et nous relevons une luminosité de 1 527 lumens en mode Lampe haut.

Cependant, cela ne représente qu'un contraste natif On/Off de 12 000:1, mesuré directement sur la toile, pour un contraste Ansi de 350:1, et un noir inférieur à 0,01 nit. Comparé à un téléviseur, cela peut sembler un peu juste, mais pour un vidéoprojecteur ce sont d'excellentes performances ! À savoir aussi, ces mesures dépendent beaucoup de l'environnement, couleur du mur, type de toile, du recul et de la taille de l'image. Avec la même toile, le même recul, mais avec des murs blancs, le contraste chute considérablement et avoisine 6 000:1.

 

Mode HDR efficace !

Cela dit, en toute franchise, avant ce test, nous étions assez dubitatifs sur l'apport de la technologie HDR en vidéoprojection, mais force est de constater que Sony nous a fait changer d'avis. Sur une base de 2,20 m, toujours, le VW550ES délivre suffisamment de luminosité et un contraste dynamique très puissant pour un rendu HDR très convaincant ! L'apport est indéniable et tous les spectateurs qui ont pu assister aux tests ont clairement ressenti un gain en dynamique et en réalisme ! Avec des films comme The Revenant, les paysages sont absolument splendides, surtout les passages à contre‑jour ou avec couchers de soleil. L'image délivre une grande dynamique et une luminosité puissante qui renforcent considérablement le réalisme et donne cette divine sensation d'être en train de regarder une scène réelle à travers une grande fenêtre.


Évidemment, nous ne sommes pas en face d'une technologie émissive et, donc, plus la lampe est sollicitée pour émettre une forte luminosité, moins le noir sera profond. Lorsqu'un objet très lumineux apparaît dans une scène sombre, pas de miracle, le noir perd en profondeur et se « grise ». C'est le cas, toujours sur The Revenant, lors des quelques scènes de nuit autour d'un feu par exemple. Au passage, nous tenons à préciser l'importance de la toile utilisée, celle‑ci va également influer sensiblement sur la qualité du rendu HDR. En effet, il existe des sociétés (comme Xtrem Screen) qui proposent d'excellentes toiles de projections optimisées pour la technologie HDR afin de réduire la réflexion lumineuse, augmenter la profondeur du noir et, donc, améliorer le contraste intra‑image et la dynamique. Ce genre de toiles doté d'une directivité plus importante permet vraiment d'améliorer le rendu HDR avec des résultats très convaincants !

 

 

Inutile de revenir sur les performances de l'Upscaling Ultra HD et le traitement vidéo Reality Creation. Ce sont des références dans le domaine, cela n'a pas changé, et même si on ne se lasse pas de découvrir chaque nouveau film en Ultra HD Blu‑Ray, on prend toujours autant de plaisir à revoir les Blu‑Ray 1 080p tellement l'image est bonifiée par la puce X‑Reality Pro 4K ! En dehors de l'absence de technologie HDR et d'une colorimétrie moins riche, le piqué est parfois très proche d'un contenu Ultra HD natif. C'est dire l'excellent travail de mise à l'échelle Ultra HD/4K !

 

Mention spéciale pour la justesse colorimétrique 

Autre belle surprise, la colorimétrie a toujours été l'un des points forts des diffuseurs Sony, généralement très bien calibrés en sortie de carton, que ce soit en Rec.709 ou en Rec.2020. Le VPL‑VW550ES ne déroge pas à la règle et, si on peut regretter une couverture colorimétrique un peu juste en rec.2020, la colorimétrie est en revanche très juste ! En effet, le Rec.2020 et le DCI ne sont couverts, respectivement, qu'à 66,3% à 88,9%, là où certaines TV sont capables de couvrir plus de 75% du Rec.2020, voire plus avec les gammes 2017 qui arrivent. Cependant, nous le répétons souvent, il est visuellement préférable d'avoir une colorimétrie juste, mais un peu plus étroite que large et mal calibrée. Notre œil ne voit pas une grande différence entre un DCI à 88% et à 95%...


Sinon, les meilleurs résultats sont obtenus en mode User, mais il faut bien ajuster les réglages. Le mode Cinema Film 1 est entièrement préréglé, pratiquement prêt à l'emploi, mais moins juste en sortie de carton (cf. photo plus haut). Avec le mode User nous mesurons un Delta E moyen de 2 au lieu de 4,5 en mode Cinema Film 1. Toutefois, en lançant l'étalonnage automatique en mode Cinema on peut ramener le Delta E à 3. Pour rappel, en dessous de 3, l'œil ne fait quasiment plus de différence. Pour aller plus loin, il faudra passer par un calibrage professionnel. Mais sans être trop exigeant, on peut très bien s'en passer.

 

 

Étape calibrage et modes Lampe

Une fois calibrée avec des outils professionnels, la colorimétrie atteint la perfection (cf. ci‑dessous), les différents gamma sont parfaitement linéaires avec l'Iris désactivé (malgré l'absence d'éditeur de gamma), les différents modes de température de couleur sont très justes, le D65 a été mesuré à 6 455 K° alors qu'on recherche un idéal de 6 500° K degrés. C’est dire… De plus, la grande nouveauté par rapport au VPL‑VW500ES vient de la possibilité de calibrer l'image en Rec.2020 pour une parfaite gestion des disques Ultra HD Blu‑Ray. Lorsqu'on active l'Iris Dynamique, le gamma est forcément moins linéaire, mais le contraste dynamique plus puissant profite au rendu HDR.

 

À savoir, le mode Lampe Haut fait toujours un peu de bruit en fonctionnement alors qu'il est indispensable pour une belle expérience stéréoscopique ou HDR. Le bruit reste très supportable, tout dépend de la proximité des spectateurs vis‑à‑vis de l'appareil. Le mode Lampe Bas, largement suffisant en termes de luminosité pour les contenus SD et 2D, est par contre très silencieux. Avec une petite réserve tout de même, dans cette configuration la luminosité n'est pas « énormissime », et en présence d'une toile de 4 m de base l'appareil affiche ses limites, nécessitant alors l'utilisation du mode Lampe Haut. Dans ces conditions toujours, mode Lampe Bas, la luminosité sera peut‑être un peu juste en affichage HDR et stéréoscopique, car les lunettes actives de Sony assombrissent sensiblement l'image.

 

 

À quand une compensation de mouvement en Ultra HD/4K ?

Cela étant dit, on va se répéter, mais quel spectacle grandiose ! La qualité générale est vraiment excellente : contraste intra‑image élevé, image dynamique, piqué sublime et sensation de réalisme très prononcée, expérience HDR convaincante malgré une légère perte de profondeur du noir et, pour couronner le tout, image d’une parfaite fluidité. C’est pourquoi il est d’autant plus dommageable de ne pas profiter de la compensation de mouvement en présence d’un signal Ultra HD/4K natif, en dehors d'un mode Impulsion qui entraîne un effet stroboscopique qui peut en gêner plus d'un ! Dommage, car avec les contenus 1 080p la fluidité est parfaite, sans aucune saccade, pour un rendu très naturel ! Il y a en a pour tous les goûts, que vous aimiez les images typées cinéma, ou ultra fluide typées « caméscope », le Motioflow propose plusieurs modes, tous très efficaces !

 

Quid de la 3D?

Enfin, un mot sur l'affichage stéréoscopique. Alors que les TV compatibles 3D commencent à devenir de plus en plus rares, difficile de ne pas s'extasier devant l'expérience en relief offerte par un tel appareil ! Aucun changement par rapport à son devancier, mais il s'agit sans aucun doute d'un des spectacles les plus impressionnants qu'il nous ait été donné de voir. La 3D ne souffre quasiment d'aucun effet fantôme réellement gênant. Il n'est pas totalement absent, nous avons pu le déceler avec des Blu‑Ray au relief prononcé, lors de scènes très contrastées, mais dans la grande majorité des cas on ne le remarque pas, on profite simplement du spectacle. Avec une telle taille d'image, l'immersion offerte par la 3D est vraiment captivante ! Et cerise sur le gâteau, le procédé MotionFlow est parfaitement fonctionnel pour une 3D fluide. Et surtout, avec l'Upscaling 4K, l'image gagne en relief et en réalisme.

 

Bref, une image 3D superbe, fluide, lumineuse, au piqué magnifique ! En un mot comme en cent, tous ces facteurs conjugués permettent de proposer tout simplement la plus belle expérience stéréoscopique que nous ayons pu voir à domicile. On regrette juste quelques lacunes en termes de réglages au cas où le lecteur ne les proposerait pas (pas de gestion de la 3D côte à côte, ni de choix sur le sens de lecture, ni de réglages de parallaxe ou de champ pour renseigner la taille de l'image projetée).

 

 

Quel spectacle !

Au final, et sans être une grosse révolution comparé à son prédécesseur le VPL‑VW520ES, le Sony VPL‑VW550ES va néanmoins plus loin dans tous les domaines, notamment avec la compatibilité HDR, un vrai plus pour les contenus Ultra HD. Globalement, il ne souffre quasiment d'aucun défaut et propose de grosses performances dans tous les secteurs : projection Ultra HD, rendu HDR, affichage stéréoscopique, Upscaling des Blu‑Ray 1 080p, ou même avec le jeu vidéo ! En effet, comme mentionné au début de ce test, Sony a considérablement réduit l'Input Lag (de 110 ms à 31,2 ms en mode Game, ce qui est un très bon score), autorisant le jeu en ligne ! De plus, ce vidéoprojecteur propose une excellente colorimétrie en sortie de carton, en Rec.709 et en Rec.2020, en plus d’un étalonnage Auto efficace !

 

Que demander de plus alors ? Un Motionflow enfin fonctionnel avec les contenus UHD/4K et, évidemment, un prix plus accessible. À 9 990 €, trop peu de personnes peuvent accéder au bonheur de la vidéoprojection 4K native à domicile...

+ Les points forts
»  
Qualité de construction et de l'optique
»  
Belle image, précise avec un beau relief
»  
Rendu HDR convaincant (luminosité et contraste puissants !)
»  
Upscaling 4K (2D et 3D) exceptionnel
»  
Affichage stéréoscopique sans effet fantôme (ou presque)
»  
Très bonne colorimétrie en sortie de carton
»  
Outils de calibrage complets
»  
Compensation de mouvement très efficace
»  
Grandes facilités d'installation
- Les points faibles
»  
Pas de réglages ISFccc
»  
Pas de Motionflow en Ultra HD/4K natif
»  
Couverture du Rec.2020 un peu juste
»  
Lunettes 3D en option (à ce prix !)
»  
Nécessite une toile assez chère pour optimiser le rendu HDR
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