Vidéoprojecteur

JVC DLA-X5500

Par Jacques Guiot - Publié le 25/09/17
Mustav
Prix indicatif : 4 990 € TTC
Note AVCesar.com
Type : D-ILA
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
Contraste : 250 000:1
Iris : dynamique
Modèle : fond de salle
Lens Shift : horizontal et vertical
Dimensions (L x H x P) : 455 x 179 x 472 mm
Poids : 15,4 kg
L’essentiel

Alors que la technologie Ultra HD commence franchement à se démocratiser, il faut bien avouer que pour les amateurs de vidéoprojection Home Cinéma qui s'intéressent à la 4K, le choix reste plutôt limité et, surtout, que le billet d'entrée coûte encore très cher ! Cela dit, il existe des solutions alternatives intéressantes comme ce que propose JVC ou Epson avec leur système e‑Shift par « wobulation » afin de simuler un affichage 4K à partir de matrices 1 080p D‑ILA (dérivées du procédé réflectif LCoS) exclusives au constructeur japonais. Pour rappel, il s'agit d'une très faible vibration ultra‑rapide des panneaux 1 080p qui permet, via la persistance rétinienne, d'augmenter la définition perçue. Certes, on sera toujours frustrés de ne pas pouvoir profiter d'une définition Ultra HD/4K native, mais visuellement c'est à s'y méprendre !

 

Aujourd'hui, nous testons la dernière génération de vidéoprojecteurs JVC compatibles HDR disponible (en attendant la série X5900/X7900/X9900 annoncée pour le mois de novembre) avec le modèle JVC DLA‑X5500 qui intègre la 4e génération e‑Shift, le spécimen le plus accessible de la gamme lancé au prix indicatif de 4 490 €, mais disponible à des prix plus attractifs en ce moment... Certes, certains connaisseurs pourraient dire que les innovations de la gamme 2017 sont peu nombreuses comparé à la gamme 2016. D’un autre côté, on peut se dire que JVC peaufine année après année sa technologie eShift et ses algorithmes pour parvenir aujourd’hui à une complète maîtrise du traitement d’image. Et, croyez‑nous, il vaut mieux un bloc optique 1 080p parfaitement maîtrisé qu'un vidéoprojecteur 4K natif mal exploité. Sur ce, passons à la présentation détaillée de ce spécimen.

 

 

 

Présentation du JVC DLA‑X5500 

Inutile de s'attarder sur le châssis, parfaitement connu car strictement identique depuis plusieurs années avec une qualité de fabrication irréprochable et des possibilités d'installation vraiment agréables grâce aux Lens Shift, Zoom et Focus entièrement motorisés. Le JVC DLA‑X5500 dispose donc d'une superbe coque épaisse et solide, intégralement en aluminium avec une robe blanche ou noire, au choix. Son châssis conserve des dimensions standards, 455 x 179 x 472 mm, pour un poids de 15,4 kg, soit un gabarit largement plus compact que le Sony VPL‑VW550ES (cliquez sur la référence pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d'AVCesar.com) testé en début d’année. Sous le châssis, on trouve un large pied fixe à l'arrière et deux pieds à vis à l'avant pour régler l'inclinaison de l'appareil, donc de l'image projetée.

 

Au final, nous sommes en présence d'un design sobre, classe et discret, exactement ce que l'on est en droit d’attendre d'un tel appareil. On retrouve également l’un des atouts maîtres des vidéoprojecteurs JVC, une superbe optique large et motorisée, cerclée de métal, très stable, associée à un Lens‑Shift, un zoom x2 et un focus. Les réglages s’avèrent extrêmement fluides, réactifs et dotés d'une précision remarquable. Le décalage de l’axe optique est de, plus ou moins, 80% verticalement et 34% horizontalement. Avec toutes ces fonctionnalités, l'installation ressemble à un jeu d'enfant, d'autant plus que le menu propose des mires pour ajuster l'image à la perfection, avec une précision d'orfèvre, y compris lorsque l'appareil n'est pas aligné avec le centre de la toile de projection.
La connectique, assez classique, rassemble deux entrées HDMI 2.0b compatibles 3D, 2 160p60, HDR10 et HLG (Hybrid Log Gamma utilisé en diffusion Broadcast), une interface RS‑232C, une sortie Trigger 12V via mini‑Jack, un port 3D Vesa pour connecter un émetteur RF 3D externe et un port Ethernet. Précision, l'émetteur RF 3D JVC PK‑EM2 et les lunettes RF 3D JVC PK‑AG3 sont disponibles en option.

 

 

La télécommande est toujours aussi élégante, fine et légère, avec une robe noire mate et un revêtement Soft‑Touch et des touches rétroéclairées. Il est également possible de manipuler le menu depuis l'appareil lui‑même grâce à plusieurs touches situées à l'arrière de la coque. Bon point, cette télécommande propose de nombreux raccourcis pour effectuer des réglages rapides ou accéder à des réglages mémorisés en pressant une seule touche.
Autre atout du JVC DLA‑X5500, son niveau de bruit en fonctionnement ! En effet, en mode Lampe Bas, malgré la précision de notre décibel‑mètre, impossible de mesurer le niveau de bruit qui se confond avec le bruit ambiant mesuré à 28,5 dB dans notre salle de projection. Ce vidéoprojecteur est l'un des plus silencieux du marché ! Par contre, en mode Lampe Haut, le bruit devient plus audible, mesuré à 40,5 dB. Cela dit, en dehors de l'affichage HDR ou pour utiliser le vidéoprojecteur dans un environnement éclairé (pour le jeu par exemple), ce mode génère une telle luminosité qu'il est rarement conseillé, d'autant plus que le noir se grise et donc l'image perd en profondeur et dynamique (cf. notre Verdict plus loin).

 


Revenons sur le bloc optique… Si l'installation est, donc, d'une simplicité enfantine, il en est de même pour le confort d'utilisation. Ajuster l'image aussi précisément et finement que souhaité est un vrai plaisir ! Pour notre part, nous n'avons pas eu à intervenir sur les réglages d'alignement des panneaux. Cela dit, cet alignement est toujours aussi performant avec une précision au 1/16e de pixel près sur une image dotée de 121 zones qui peuvent être ajustées indépendamment. On trouve également une correction des trapèzes au cas où votre appareil serait décalé par rapport au centre de la toile de projection, ou encore la possibilité de passer d'un format d’image 1.78 à 2.35 pour offrir encore plus de souplesse. On peut également mémoriser les réglages (zoom, focus, positions) pour ceux qui disposeraient de plusieurs lieux de projection (salon, salle dédiée, etc.). Bref, tout y est !

 

Des menus toujours aussi complets pour un calibrage qui frise la perfection ! 

Évidemment, pour le grand plaisir de tous les professionnels de l'image certifiés ISF ou THX, on retrouve un autre point fort des vidéoprojecteurs JVC, des menus riches et tous les réglages nécessaires pour un calibrage qui frise la perfection. Au menu, un Color Management System sur trois axes (CMS), plusieurs modes de Gamma préréglés dont les gammas 2.4 et 2.2, mais aussi la possibilité d'ajuster le gamma manuellement (Custom 1, 2 et 3) avec une grande précision. Autre outil intéressant et propre à JVC, une base de données qui regroupe quasiment toutes les toiles d’écran des constructeurs connus avec un code associé à chaque toile afin de simplifier la correction colorimétrique. Ce code va appliquer une pré‑correction au vidéoprojecteur.


La plus grande partie des réglages Image se trouve dans le premier onglet de l'interface avec les habituels ajustements de base comme Contraste, Luminosité, Couleur et Teinte. On trouve également les Modes dont certains préréglés (Cinema, Animation, Natural, HDR) et d'autres réglables (Modes Personnels de 1 à 5). On peut dont gérer la température de couleur, choisir le Gamut (Rec.709, DCI/P3 ou BT.2020) et l'éditer pour ajuster l'espace couleur, ou encore ajuster la compensation de mouvement Clear Motion Drive (CMD) qui a été améliorée, et évidement le procédé MPC qui réunit à la fois les réglages e‑Shift, mais aussi le post‑traitement vidéo.

 


De même, on peut toujours régler les Offset et Gain RVB pour ajuster la balance des blancs ou encore les teintes, saturations et luminosité des couleurs primaires et secondaires. Précisons que certains réglages qui n'étaient pas souvent utilisés comme la possibilité de passer la gamme HDMI de 16‑235 à une gamme étendue en 0‑255 deviennent bien plus intéressants avec la compatibilité HDR, car ils ont un impact sensible sur la dynamique de l'image (contraste et couleurs). En conséquence, il faut donc procéder à un calibrage spécifique pour chaque gamme (SDR et HDR). Cela dit, pour ceux qui ne veulent pas s'embêter pour les divers réglages, le mode Auto marche parfaitement bien avec un dématriçage correct. On trouve même un mode Super White assez rare, puisqu'il propose une gamme de couleur peu commune en 16‑255.


Sachez également que JVC fournit un logiciel gratuit pour calibrer automatiquement le DLA‑X5500. Le fonctionnement est simple et permet au vidéoprojecteur de diffuser ses propres mires, ce qui évite de passer par un logiciel de type CalMan ou un générateur de mires, matériels au prix souvent prohibitifs. Le seul souci vient de la compatibilité limitée aux sondes Spyder 5 Elite/Pro et X‑Rite i1 Pro2. Cela dit, l'initiative est intéressante et beaucoup moins onéreuse que le matériel que nous utilisons habituellement pour réaliser nos mesures et calibrages.


Enfin, pour finir sur ces réglages colorimétriques très complets permettant d'atteindre la perfection colorimétrique, signalons toutefois que si la gestion HDR est automatique, nous avons dû forcer l'espace couleur en BT.2020 manuellement pour avoir un rendu couleur correct avec les disques Ultra HD Blu‑Ray. Les réglages et possibilités de calibrage HDR nous ont paru perfectibles dans l'ensemble, nous revenons plus loin dans ce test sur nos impressions avec les contenus HDR.

 

Concurrence

Comme évoqué en introduction de ce test, même si l'offre du marché est assez complète en termes de choix, chaque fabricant occupe une tranche de prix différente. À l’heure d’écrire ces lignes, JVC avec le modèle DLA‑X5500 ne souffre pas réellement de concurrence avec un produit extrêmement bien positionné compte tenu de ses performances. La marque occupe un espace tarifaire (même si les modèles milieu et haut de gamme sont au niveau de certains modèles Sony), à cheval entre Sony qui propose de la 4K native à des prix plus élevés, et Epson qui propose de la simulation 4K par « wobulation », comme JVC, mais à des tarifs plus abordables pour des modèles légèrement moins performants en rendu cinéma. Par exemple l’Epson EH‑TW9300, capable de simuler la 4K et compatible HDR10, est proposé au prix indicatif de 3 699 €, un rapport qualité‑prix défiant toute concurrence !

 

Chez Sony, le billet d'entrée est donc bien plus cher. Avec toutefois la promesse de découvrir la définition 4K native avec le Sony VPL‑VW320ES proposé au prix indicatif de 6 990 euros. Tous ces modèles sont évidemment compatibles avec les Ultra HD Blu‑Ray et les Blu‑Ray 3D.

Un constat amené à évoluer dans les mois à venir avec les annonces du dernier salon IFA de Berlin (cf. notre actualité IFA 17 > Sony VPL‑VW260ES, Sony VPL‑VW360ES et Sony VPL‑VW760ES laser, mise à jour prix indicatifs et disponibilité)

Fiche technique
Type : D-ILA
Résolution native : 1 920 x 1 080 pixels
Standard : HD Ready 1 080p et 3D Ready
HDR : HDR10, HDR HLG
Luminosité : 1 800 lumens
Contraste : 250 000:1
Iris : dynamique
Lampe : UHF, 265 W, 4 500 h
Modèle : fond de salle
Lens Shift : horizontal (piloté) et vertical (piloté)
Zoom : 2x (piloté)
Mise au point : pilotée
Connectique : 2 entrées HDMI (v 2.0), 1 port Ethernet, 1 port RS-232, 6 ports USB dont 2 USB 3, 1 sortie Trigger
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24), 3D (côte à côte, dessus/dessous, frame packing), conversion 2D/3D
Usage : CEC, Auto LipSync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, zoom Letterbox, zoom Letterbox sous-titres, zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan, télécommande rétroéclairée
Réglage : température de couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs (20P), réglage de gamma (paramétrable), renforcement des noirs (dynamique), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, 3D, en Ultra HD (2 160p/24
Consommation : 380 W (0,5 W en veille)
Bruit : 38 dB
Dim. (L x H x P) : 455 x 179 x 472 mm
Poids : 15,4 kg
ph image
Verdict technique

Bien sûr, la question que se posentde nombreuses personnes est de savoir l'écart qualitatif qui existe entre un vidéoprojecteur 4K natif comme le propose Sony et un modèle 1 080p qui simule l'affichage 4K via un procédé comme l'e‑Shift comme ce que propose JVC ? Et c’est vrai, qu’au regard de l'écart de prix, la question est légitime ! Alors, pour répondre au mieux à cette interrogation, nous allons préciser et argumenter notre réponse tout au long de ce verdict technique. Mais, au difficile et incomplet exercice du résumé, on peut dire que JVC propose une image de rêve avec les Blu‑Ray 1 080p, mais que Sony va logiquement plus loin avec les contenus Ultra HD Blu‑Ray. À chacun de réfléchir à ce qu'il souhaite privilégier, mais de toute évidence, le JVC DLA‑X5500 réalise un travail exceptionnel avec une source 1 080p. L'Upscaling réalisé par le système e‑Shift est vraiment sublime ! Le traitement vidéo MPC atteint un niveau de performance exceptionnel au niveau du piqué et du relief tout en proposant une image très naturelle. C’est réellement bluffant, notre regard se perd dans les paysages tellement la profondeur de champs est grandiose !

 

Colorimétrie parfaite après calibrage, mais dépendante de nombreux facteurs… 

C'est le gros souci de la vidéoprojection. L'environnement et la qualité de la toile jouent un rôle si important au niveau du résultat que le rendu et le relevé de mesures peuvent énormément varier d'une toile à l'autre, d'une salle à l'autre, d'un salon à l'autre. À partir de ce postulat, la justesse colorimétrique en sortie de carton peut grandement varier (ci‑dessous, nos mesures réalisées lors de la mise en route du X5500). Cela dit, si on part d'une installation assez classique, avec une toile dotée d'un blanc standard et d'un gain à 1, d'un environnement avec murs noirs, la colorimétrie est très juste dès la première mise en route. Clairement, il est possible de profiter de son vidéoprojecteur dans de très bonnes conditions juste avec quelques réglages, sans réaliser de calibrage ISF. En moyenne, nous relevons un Delta E aux alentours de 2 au niveau des saturations des couleurs avec le Gamut Standard. Par contre, l'échelle de gris est moins juste avec un Delta E moyen à 5 comparé aux standards du cinéma à 6 500K.

 

 

Mais une chose est certaine, après un calibrage réalisé avec un spectrophotomètre professionnel comme le Klein K‑10A, le JVC DLA‑X5500 propose tous les outils nécessaires pour obtenir une colorimétrie parfaite avec des résultats qui frisent la perfection afin de profiter de ses Blu‑Ray 1 080p dans les meilleures conditions. Après calibrage (cf. les captures avant/après ci‑dessous), que ce soit au niveau du Gamut Rec.709 ou de la balance des blancs, les Delta E sont inférieurs à 0,5.

 

 

 

 

Par contre, avec les disques Ultra HD Blu‑Ray, nous devons nous contenter du préréglage HDR qui affiche de plus grandes erreurs de Delta E, en moyenne aux alentours de 5. D'autre part, l'espace couleur couvre à peine plus que le Rec.709, ne gère pas vraiment le DCI, encore moins le Rec.2020. Cependant, les coordonnées restent tout de même bien respectées avec une colorimétrie correcte. Quant au HDR, même si la fonction de transfert SMPTE (ST.2084) est bien gérée, il faut avouer que nous avons bien du mal à retrouver les sensations que procure le rendu HDR sur un bon téléviseur. Dès qu'un objet lumineux apparaît à l'écran, les noirs se grisent considérablement. Il est toujours possible d'optimiser ce rendu UHD, que ce soit le rendu HDR ou même colorimétrique en passant par un processeur vidéo externe, mais c'est une autre histoire.
En résumé, autant le JVC améliore considérablement le rendu des Blu‑Ray 1 080p, autant il affiche des limites avec des disques Ultra HD Blu‑Ray même si l'image projetée s’avère tout de même magnifique. Mais trop de limites en termes de définition native, de largeur de l'espace colorimétrique Rec.2020 et au niveau du contraste intra‑image ne permettent pas d'exploiter pleinement le potentiel des nouveaux contenus.

 

 

La référence en termes de contraste et profondeur de noir 

Malgré certaines limites pour exploiter le rendu HDR, inhérentes à tous les vidéoprojecteurs du marché (les modèles Sony compris) il faut bien l’avouer, JVC a toujours été LA référence du marché en termes de contraste et le DLA‑X5500 ne déroge pas à la règle. Ce spécimen affiche des noirs exceptionnels, d'une profondeur abyssale ! C'est probablement ce qui se fait de mieux sur le marché en dehors des grands frères DLA‑X7500 et DLA‑X9500 qui font légèrement mieux sur ce point. Dans de bonnes conditions, dans une salle avec des murs noirs, le noir On/Off se mesure à 0 nit, ou pas loin, et le contraste Ansi tourne autour de 350:1 ! C'est énorme en vidéoprojection, mais pour le HDR cela reste évidemment trop limité comparé à une technologie comme l'Oled (ou même LED qui offre des contrastes Ansi supérieurs à 8 000:1). Cela dit, si nous mesurons le contraste On/Off en activant l'Iris dynamique, et en orientant la sonde vers l'optique, nous trouvons des valeurs très proches de celles annoncé par JVC, c'est‑à‑dire environ 150 000:1 et pas loin de 250 000:1 en mode HDR ! Quant à la luminosité, nous relevons pratiquement 1 000 lumens en mode Lampe Bas et plus de 1 900 lumens en mode HDR.


Ces performances sont plus que parfaites pour profiter des Blu‑Ray dans d'excellentes conditions avec une image d'une grande dynamique, d'autant plus que sur des tailles d'image dépassant les 3 m de base, l'impression subjective de dynamique est renforcée. Par contre, la technologie HDR n'apporte rien de plus et nous dirons même que certains préféreront visionner leurs films Ultra HD en SDR pour conserver une bonne profondeur de noir lors des scènes sombres. Relativisons, encore une fois, ce constat est exactement le même avec un vidéoprojecteur 4K natif Sony, même si des progrès évidents ont été faits depuis l’émergence du HDR.

 

 

Le MPC, un traitement vidéo performant ! 

Comme nous le mentionnions en introduction de banc d’essai, le JVC DLA‑X5500 ne « ringardise » pas d’un coup, d’un seul, le JVC DLA‑X5000. Mais, de toute évidence, à force de petites améliorations et en partant d'une base solide, on arrive à de superbes résultats, notamment en termes de traitement vidéo ! En dehors de l'e‑Shift nouvelle génération qui affiche une image très précise, très naturelle avec un piqué fabuleux et une mise à l'échelle très performante, le procédé MPC propose quelques réglages pour affiner les résultats.

 

On trouve donc un paramètre Réglage de netteté très fin qui, bien ajusté, durcit beaucoup moins l'image, améliore sa dynamique et peut même lisser quelques imperfections. On trouve plusieurs filtres :

• Enhance : pour renforcer le piqué. C'est un filtre qui traite les hautes fréquences de l'image et qui doit être manié finement car, s’il améliore sensiblement le piqué, il peut vite durcir l'image.

• Dynamic Contrast  : un filtre qui agit sur les moyennes fréquences pour booster le contraste intra‑image et donc la dynamique. Il peut visuellement accentuer la vivacité des couleurs et améliorer la profondeur de champ.

• Smoothing : un filtre qui agit sur les basses fréquences pour adoucir l'image, surtout les contours des objets, les lignes, diagonales, effets d'escalier, etc.

• NR (Noise Reduction) : ce filtre est donc un réducteur de bruit pour gommer les imperfections, artefacts, le grain trop prononcé… Très utiles avec les Ultra HD Blu‑Ray issus de pellicules argentiques qui ont tendance à afficher pas mal de grain et de bruit, surtout en HDR.

 

Au final, nous pouvons réellement affirmer que traitement vidéo associé a cette simulation 4K via e‑Shift donne des résultats exceptionnels. Cela permet clairement de redécouvrir ses Blu‑Ray avec une image à mi‑chemin entre la qualité 1 080p et 2 160p native. Pour être francs, avec les Blu‑Ray 1 080p, nous avons préféré l'image offerte par le JVC DLA‑X5500 que celle du Sony VPL‑VW550ES, et avec l'Ultra HD Blu‑Ray nous avons préféré l'image délivrée par le Sony.

 

 

L'immersion 3D est à couper le souffle ! 

Rien à dire de ce côté‑là, nous ne nous attarderons pas sur le sujet puisqu'aucune évolution n'est proposée, mais il faut préciser que le rendu stéréoscopique était déjà très impressionnant sur les anciennes gammes. On retrouve toutes les options connues pour gérer les différents formats stéréoscopiques (Framepacking, Side‑by‑side, Top&Bottom), réglage de parallaxe ou de profondeur de champs, possibilité de calibrer en 3D, un CMD compatible 3D, etc.

Contrairement aux fabricants de TV, les fabricants de vidéoprojecteurs continuent de proposer l’option stéréoscopique, même si les lunettes ne sont pas fournies. Il faut dire que l'expérience est bien plus convaincante que sur un téléviseur. La première fois qu'on découvre un film ou un jeu en 3D on prend réellement une grosse claque tellement l'immersion est énorme sur une image en relief de 3 m de base ! Quelle profondeur de champs ! Quel relief et quel réalisme ! C'est vraiment une expérience à vivre, que ce soit avec les films comme les jeux, d'autant plus que l'image ne souffre quasiment pas d’effet fantôme et conserve une parfaite fluidité sans « flickering ».

 

Clear Motion Drive, pour des images parfaitement fluides 

JVC améliore chaque année la fluidité, mais surtout la précision de l'image en mouvement, sans oublier le naturel du rendu tout en conservant des travellings parfaitement fluides, avec une source 1 080p 2D, 3D ou 2 160p. Pour rappel, de son côté, Sony ne propose pas vraiment de compensation de mouvement avec les contenus 4K ou Ultra HD. 

Pour être honnête, les appréciations sur les différentes compensations de mouvement du marché dépendent des goûts de chacun : certains préfèrent sans CMD (Clear Motion Drive), d'autres apprécieront les rendus typés caméscopes, d'autres affectionneront des rendus typés cinéma… Ceci étant dit, le CMD de JVC permet d'afficher un rendu fluide avec diverses intensités de fluidité, sans artefact de mouvement en mode Bas et une très belle précision de l'image en mouvement. Comme souvent, le mode Haut en fait un peu trop à notre goût et entraîne des artefacts autour des objets en mouvement.
Nous avons également réalisé quelques mesures d'Input Lag pour les joueurs, car cette année JVC introduit un mode Faible Latence. Évidemment, nous conseillons de l'activer avec un signal jeu vidéo, même si cela va désactiver le CMD pour obtenir une meilleure réactivité. Dans ces conditions, le JVC DLA‑X5500 affiche de très bonnes performances avec 35,5 millisecondes. Par comparaison, avec le CMD activé affiche plus de 130 millisecondes. Ce mode est donc une très bonne nouvelle et les progrès sont importants d’une année sur l’autre. L'an dernier, même en désactivant le CMD, l'Input Lag était mesuré à 130 ms et montait à 200 ms avec le CMD activé !

 

 

 

Pour conclure

Pas de grosse révolution donc avec ce vidéoprojecteur par rapport à son prédécesseur, mais plusieurs petites améliorations bienvenues qui font du JVC DLA‑X5500 une référence dans sa gamme de prix. Sans aucune hésitation. Il s'agit d'un vidéoprojecteur de très grande classe doté d'une superbe qualité de fabrication, à l’installation enfantine grâce à une optique entièrement motorisée et d'une précision chirurgicale. Comme tous les ans, nous retrouvons les grandes forces de JVC : un contraste surpuissant avec des noirs abyssaux et un système e‑Shift + MPC qui affiche probablement la plus belle image du marché pour profiter des Blu‑Ray 1 080p. Le tout avec une fluidité sans reproche et une colorimétrie qui frise la perfection après calibrage ! Et l'expérience 3D est tout simplement bluffante de réalisme et d'immersion ! Lorsqu'on découvre une telle merveille d'image stéréoscopique on ne peut qu'espérer que les éditeurs continueront de proposer des contenus 3D, malgré l'abandon de ce format par les fabricants de TV.

 

Cependant, à l'instar de tout ses concurrents UHD/4K, le JVC DLA‑X5500 reste perfectible en ce qui concerne la gestion des disques Ultra HD Blu‑Ray. Le rendu HDR peine à convaincre, la colorimétrie BT.2020 n'apporte pas grand‑chose de plus qu'en Rec.709 à cause d'un espace couleur assez limité et d'un manque de réglages HDR. Nous remarquons seulement une légère amélioration de la finesse du grain avec des titres référence comme The Revenant. Au risque de se répéter, les améliorations proposées par le JVC DLA‑X5500 sont subtiles (elles se situent au niveau des fonctions MPC et du CMD) et les nouveautés peu nombreuses comparé à son devancier. Rien toutefois, vous le constater, susceptible de lui enlever la note maximale

 

Mais posséder un JVC DLA‑X5500, c’est l'assurance d'une base solide capable de performances élevées avec n’importe quel type de signal, d'une parfaite maîtrise des algorithmes e‑Shift (qui, rappelons‑le, ont été optimisés) et un nouveau mode Faible Latence pour améliorer grandement l'expérience avec les jeux vidéo. La gestion des disques Ultra HD Blu‑Ray reste très satisfaisante avec une compatibilité 2 160p/60 en entrée, HDR10, HLG et BT.2020. En attendant un spécimen 4K natif accessible chez JVC, le DLA‑X5500 s’impose donc comme une valeur sûre, un des meilleurs vidéoprojecteurs du marché et une référence dans sa gamme de prix, sans aucun doute possible !

+ Les points forts
»  
Probablement la plus belle image 1 080p du marché !
»  
Compatible 2 160p/60, HDR10 et HLG
»  
Excellente qualité de fabrication
»  
Lens‑Shift, Zoom et Focus motorisés et précis
»  
Excellence de l'eShift et du MPC
»  
Réglages colorimétriques complets
»  
Input Lag réduit à 35 ms
»  
Parfaite fluidité en 24p
»  
Rendu 3D exceptionnel !
- Les points faibles
»  
Pas d'affichage Ultra HD/4K natif
»  
Couverture colorimétrique trop juste en BT.2020
»  
Apport du HDR peu convaincant
»  
Soucis de synchronisation HDMI (Handshake)
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