Netflix avait récemment exprimé son opposition à la hausse de ses investissements dans la production française, imposée par la législation actuelle. Depuis lors, la plateforme a fait appel auprès du Conseil d’État, suivie également par Prime Video et Disney+, rapporte Satellifacts.
Pour rappel, les plateformes de streaming diffusées chez nous ont pour devoir d’investir dans la production française si elles veulent continuer à faire des affaires sur notre territoire. Et une nouvelle loi impose à ces services d’investir 20% supplémentaires de leur chiffre d’affaires national dans les documentaires, films d’animation et performances en direct français.
L'exception culturelle française quoi qu'il en coûte ?
La goutte d’eau qui fait déborder le vase, puisque les plateformes estiment que le gouvernement outrepasse son autorité, sachant qu’elles doivent déjà céder 75% de leur chiffre d’affaires si celui-ci dépasse les 50 millions d’euros annuels. « Ces nouvelles règles doublent soudainement notre obligation d’investir dans ces genres, ciblent uniquement les services de streaming et finissent par orienter notre offre éditoriale sans tenir compte des attentes du public », a déclaré Pauline Dauvin, vice-présidente de Netflix France, dans le quotidien Le Monde.
« Il ne s’agit pas de fuir nos responsabilités ni de remettre en cause l’exception culturelle française, a-t-elle ajouté. Il s’agit de défendre un principe qui compte pour chaque créateur et chaque spectateur : une véritable liberté de création, soutenue par des règles justes, proportionnées et non discriminatoires ».
Moins de liberté, moins de qualité ?
Prime Video a également confirmé son recours : « Notre action devant le Conseil d’État ne remet pas en cause notre engagement en faveur de la création française - bien au contraire, a déclaré un porte-parole de la plateforme à Deadline. Elle vise à garantir un cadre réglementaire équilibré, équitable et juridiquement solide, dans l’intérêt du public, des créateurs et de l’ensemble de la filière. Ajouter de nouvelles contraintes, alors que les obligations prévues par le décret sont déjà les plus lourdes de l’Union européenne, risque d’affaiblir cette dynamique positive plutôt que de la renforcer ».
Alors que les plateformes semblent déjà traiter par-dessus la jambe leurs productions françaises, avec au final très peu de qualité pour le spectateur, on peut légitimement se poser la question de les pressuriser davantage, pour des contenus « bleu blanc rouge » toujours moins regardables…