Paramount+ et HBO Max, fusion de raison

le 03 mars 2026 - 10h29

Pendant que le patron de Netflix continue de jurer que l’avenir passera aussi par les salles, celui de Paramount, lui, avance ses pions sur un autre front. Ce dernier a en effet confirmé que HBO Max (Warner) et Paramount+ avaient vocation à fusionner au sein d’une seule et même offre directe au consommateur.

L’opération reste suspendue à la finalisation du rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance, un chantier encore encombré par plusieurs obstacles réglementaires. Mais du côté de David Ellison chez Paramount, le cap est déjà fixé : « Nous prévoyons bien de réunir les deux services, ce qui nous donne aujourd’hui un peu plus de 200 millions d’abonnés directs au consommateur. Nous pensons que cela nous place vraiment en position de rivaliser avec les leaders du secteur ».

 

Autrement dit, la nouvelle entité ne vise rien de moins qu’un changement de braquet face aux mastodontes du streaming. Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video sont clairement dans le viseur.

 

HBO, la crème de la crème pour Paramount

Paramount est d’ailleurs déjà au travail pour réunir Paramount+, Pluto TV et BET+ sur une infrastructure commune d’ici mi-2026. HBO Max devrait, à terme, suivre la même trajectoire. Une logique d’agrégation industrielle assumée, où la rationalisation des plateformes devient presque aussi stratégique que les contenus eux-mêmes.

 

Pour autant, pas question, selon Ellison, de diluer HBO dans l’ensemble. La marque continuerait d’opérer de manière indépendante. En clair, HBO doit rester HBO, soit la caution prestige de l’édifice, la griffe premium qu’il serait suicidaire de banaliser.

 

Le futur groupe portera toutefois un fardeau conséquent, avec environ 79 milliards de dollars de dette et 6 milliards d’économies attendues. Il continuera aussi d’alimenter le marché en licences, en cédant films et séries à d’autres studios et plateformes. Une manière de rappeler qu’à Hollywood, même les empires intégrés ne renoncent jamais totalement à monétiser leurs catalogues partout où cela est possible.

 

Hollywood joue au grand chamboule-tout

Ellison a également réaffirmé son ambition pour les deux studios, avec environ quinze sorties en salles par an et une fenêtre d’exploitation de 45 jours. De quoi afficher une foi intacte dans le modèle cinéma, sans pour autant renoncer à la grande consolidation en cours côté streaming.

 

Au fond, la promesse est simple : faire grossir la machine sans toucher, en façade du moins, à l’ADN des marques. Paramount restera Paramount, HBO restera HBO. Jusqu’au prochain grand chamboulement.

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