Bowers & Wilkins 800 Series Diamond D5 : reportage au cœur de l'usine anglaise et secrets de fabrication
Direction Worthing, dans le sud de l'Angleterre, pour une visite exclusive des coulisses du constructeur d'enceintes Bowers & Wilkins. Pour célébrer son soixantième anniversaire cette année, la légendaire marque britannique d'acoustique nous a ouvert les portes de son usine historique afin de lever le voile sur les secrets de conception et d'assemblage de sa toute nouvelle série haut de gamme, la 800 Series Diamond D5.
Depuis six décennies, Bowers & Wilkins s'efforce de concrétiser la vision de son fondateur John Bowers (cf. photo ci‑dessus) : reproduire la musique dans sa plus pure vérité acoustique. Historiquement installée dans le paisible comté du West Sussex, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Brighton, elle‑même à environ 1 heure de Londres en train, l'usine de Worthing est le centre névralgique de ce savoir‑faire, complétée par le centre de recherche et développement SRE (Southwater Research & Engineering) de la marque. C'est ici que s'organisent notamment les impitoyables sessions de comparaison sonore (le constructeur s'impose une règle stricte : toujours comparer les prototypes face à ses propres produits pour jauger précisément de l’évolution acoustique). Une véritable expérience audio, quasi sensorielle (cf. photos ci‑dessous), dont nous avons profité avec des écoutes successives des modèles 805 D5/805 D4, 804 D5/804 D4, 803 D5/803 D4, 802 D5/802 D4 et 801 D5/801 D4. I‑nou‑bli‑a‑ble !

© Vincent Morette

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Si le constructeur possède une seconde usine à Zhenhai en Chine dédiée aux séries 600 et 700 et à ses enceintes encastrables, Worthing reste le berceau de l'excellence B&W. C'est dans ces lieux que sont designés et conçus 100% de ses produits. L'ambition de la firme est claire : être considéré d’abord comme une marque de performance acoustique intransigeante, avant d'être une marque de luxe. Une exigence technique qui séduit les professionnels du son depuis des décennies (le constructeur équipe les mythiques studios Skywalker Sound et les célèbres studios Abbey Road depuis 1979 et en est devenu depuis un partenaire officiel), mais qui rayonne aussi dans les secteurs automobile, marine et audiovisuel grâce à plusieurs partenariats, par exemple Philips pour une sélection de ses téléviseurs ou des marques de voitures prestigieuses (Aston Martin, BMW, McLaren). Dans ce dernier secteur, pas moins d'un million de systèmes Car Audio siglés B&W ont été commercialisés en 2025.

Sept modèles pour toutes les configurations
Bâtie sur le succès de la série D4, cette cinquième génération de la série 800 (D5) a été revue et corrigée dans les moindres détails pour réduire encore les distorsions, offrir une restitution toujours plus transparente, une dynamique magnifiée et un découpage parfait des différents plans sonores. C'est simple, comme nous l'a expliqué Andy Kerr (cf. photo de gauche ci‑dessous), le directeur marketing produit de B&W, la série d'enceintes 800 D5 s'impose comme la meilleure que Bowers & Wilkins sache fabriquer.

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La famille 800 s'articule désormais autour de sept références distinctes pour répondre aux besoins des audiophiles, des studios d'enregistrement ou des installations Home Cinéma extrêmes. On retrouve le fleuron absolu, la monumentale colonne 801 D5, suivie par les modèles 802 D5 et 803 D5 (qui se distingue comme étant la plus compacte à arborer l'emblématique Tête Turbine séparée). De son côté, la 804 D5 bénéficie de son côté d'une toute nouvelle tête en aluminium (cf. photo ci‑dessous) pour garantir une rigidité absolue du haut de l'ébénisterie. La série se poursuit avec l'enceinte bibliothèque 805 D5. Enfin, le Home Cinéma n'est pas en reste puisque la gamme propose deux enceintes centrales de très haut niveau, les HTM81 D5 et HTM82 D5, spécialement développées pour s'accorder avec le reste de la famille.

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Le bois courbé et le nouveau renfort Matrix Assembly
Dès les premières secondes de notre visite des chaînes de fabrication, on comprend que cette cinquième génération d'enceintes Series 800 ne laisse rien au hasard. Le grand atelier où sont fabriquées les caisses est constamment humidifié à un niveau strict pour préserver l’élasticité des lamelles de bois de hêtre massif, en provenance d’Europe du Nord, afin de pouvoir les courber sans les briser. À savoir, de 12 à 26 minutes sont nécessaires pour confectionner l’ébénisterie brute d'une seule enceinte. Les techniciens superposent ainsi 12 couches pour une 805 D5 et jusqu'à 18 couches pour la monumentale 801 D5. La forme arrondie en « U » de l'ébénisterie trouve aussi sa justification, elle élimine les angles droits, sujets aux résonances et elle permet de renforcer considérablement le cabinet. Une fois superposées, les feuilles encollées sont placées dans des presses spécifiques colossales exerçant une pression thermique extrême pendant plusieurs heures.

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Pour parfaire cette coque, les ingénieurs ont développé de nouveaux concepts de renforts. L'enceinte accueille en son cœur un assemblage de renforts internes entièrement repensé (dénommé New Matrix Assembly, il nécessite deux heures de pression pour un collage à toute épreuve), désormais couplé à la nouvelle ossature Space Frame Bracing en aluminium destiné à rigidifier à l'extrême le coffret (cf. photo ci‑dessous). Associé à des panneaux de contreplaqué massif (hêtre et bouleau) en lieu et place de l'ancien MDF, ce squelette inédit optimise l'amortissement interne. Car les haut‑parleurs de graves génèrent une pression acoustique phénoménale à l'intérieur de l'enceinte. Sans cette ossature, les parois en bois gonfleraient et vibreraient, ce qui brouillerait le son (la « coloration de caisse »). Grâce à cette structure, l'ébénisterie reste inerte et silencieuse : seuls les haut‑parleurs bougent, ce qui garantit des basses d'une netteté et d'une précision absolues.

Finitions millimétrées : amortissement global et esthétique épurée
Véritables pièces d'orfèvrerie, les enceintes arborent un placage de bois véritable (noyer, bois de rose... cf. photo de gauche ci‑dessous)) ou de multiples couches de peinture vernie (cf. photo de droite ci‑dessous). Pour ces dernières, le secret d'une finition parfaite réside dans la pose d'une fine feuille de papier recouvrant l'ébénisterie pour servir d'apprêt à la peinture.

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Le ponçage minutieux des caisses est d'abord confié à des robots de très haute précision, garantissant des arêtes d'une netteté absolue avec une tolérance de découpe pour l'intégration des haut‑parleurs mesurée à 0,2 mm près. Le laquage et le polissage sont ensuite effectués manuellement par une équipe d'artisans, exigeant plusieurs semaines de travail pour obtenir une brillance dite miroir. Sur cette génération D5, B&W soigne également l'intégration au sol avec un nouveau socle. Celui‑ci dissimule des stabilisateurs et embarque un inédit système d'amortissement par masse accordée conçu pour dissiper les ultimes résonances indésirables (cf. photo de gauche ci‑dessous). Le sommet de l'ébénisterie profite lui aussi d'un traitement particulier, avec l'intégration d'une toute nouvelle plaque supérieure en aluminium associée à un collier d'amortissement repensé pour assurer un découplage parfait.

Moteurs Signature, filtres haut de gamme et Tweeter diamant
Le son caractéristique de la série repose bien sûr sur des transducteurs maison. Sur cette série 800 D5, B&W a implémenté de nouveaux systèmes de moteurs magnétiques de spécification Signature pour doper la dynamique et le contrôle des registres grave et bas‑médium. Les haut‑parleurs de graves exploitent toujours la technologie Aerofoil, tout comme les médiums sont confiés à un cône Continuum (cf. photo ci‑dessous).

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Surtout, la fameuse technologie de tweeter à dôme en diamant a bénéficié d'améliorations pour accroître encore sa transparence acoustique, à commencer par l'intégration d'une toute nouvelle grille de protection métallique directement héritée des modèles 800 D4 Signature. Réalisé par un prestataire externe, ce dôme en diamant de synthèse réclame un procédé chimique extrême (CVD, pour Chemical Vapor Deposition). En pratique, les particules de carbone sont chauffées à 3 000° pendant 6 heures pour être transformées en diamant. Le résultat est impressionnant avec une réponse en fréquence allant de 3,5 kHz à 72 kHz, filant bien au‑delà de la fréquence finalement utilisée afin d'éviter le moindre stress au tweeter. Pour parfaire la finition, ce dernier est ensuite revêtu d’une élégante peinture au coloris platine (cf. photo ci‑dessous).

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Ce dôme de 40 microns d'épaisseur est logé dans son propre tube Nautilus, usiné dans un bloc d'aluminium de 3 kilos (cf. photo ci‑dessous). En pratique, la fabrication se déroule dans des fours pressurisés et chauffés à des températures extrêmes. Un gaz riche en carbone, généralement du méthane, y est injecté jusqu'à former un plasma. Les atomes de carbone se séparent alors du gaz et viennent se déposer doucement, couche par couche et atome par atome, sur un moule reprenant la forme exacte du tweeter. En cristallisant, ils « poussent » pour former un diamant synthétique d'une pureté absolue. L'autre grande évolution de cette génération se cache à l'intérieur : de nombreux composants de filtrage ultra‑haut de gamme, autrefois réservés aux très exclusives éditions Signature, sont désormais intégrés de série, tout comme un faisceau de câblage interne entièrement mis à jour pour optimiser le trajet du signal.

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Des tests impitoyables en chambre sourde
En fin de chaîne de production, chaque unité produite passe impitoyablement par la chambre sourde (anéchoïque) de l'usine, où un balayage de fréquences est mesuré et comparé à la signature acoustique de référence (cf. photo de gauche ci‑dessous). C'est au prix de ce niveau d'exigence maniaque que Worthing parvient à sortir une centaine de paires de Série 800 D5 par semaine (et une cinquantaine de paires annuelles pour les mythiques Nautilus assemblées, (cf. photo de droite ci‑dessous).

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La série Bowers & Wilkins 800 Series Diamond D5 est d'ores et déjà référencée et disponible en quatre finitions : Stealth Black (noir laqué furtif), Warm White (blanc chaud satiné), Light Walnut (noyer clair) et Dark Walnut (noyer foncé). Prix indicatifs :
• 12 000 € pour une paire de bibliothèques B&W 805 D5
• 18 000 € pour une paire de B&W 804 D5,
• 30 000 € pour une paire de B&W 803 D5
• 37 000 € pour une paire de B&W 802 D5
• 50 000 € pour une paire de B&W 801 D5

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Côté voies centrales, la HTM81 D5 est affichée à 12 000 € l'unité et la HTM82 D5 à 10 000 € l'unité. Pour parfaire l'intégration de ces modèles, B&W propose les pieds dédiés FS‑805 D5 (1 800 € la paire) et FS‑HTM D5 (1 300 € l'unité). Enfin, le constructeur confirme que ses caissons de basses haut de gamme (DB1D, DB2D et DB3D) ont été mis à jour esthétiquement pour s'accorder parfaitement avec les nouvelles finitions Stealth Black et Warm White de la série.
Rappel des caractéristiques clés de la série Bowers & Wilkins 800 Series Diamond D5 :
• Type : enceintes premium colonnes, bibliothèque et centrales
• Finitions : Stealth Black, Warm White, Light Walnut, Dark Walnut
• Conception : ébénisterie en U constituée de 12 à 18 couches de bois de hêtre massif sous haute pression
• Structure interne : maillage de renfort repensé (New Matrix Assembly) associé à une ossature en aluminium et contreplaqué massif
• Socle : base optimisée avec système d'amortissement par masse accordée
• Sommet : nouvelle plaque supérieure en aluminium et collier d'amortissement inédit
• Tête médium/aigu : nouvelle conception en aluminium sur la 804 D5, tête Turbine découplée sur les modèles 801, 802 et 803
• Haut-parleur tweeter : Diamond Dome avec chambre d'amortissement allongée Nautilus et nouvelle grille acoustique type Signature
• Haut-parleur médium : cône Continuum
• Haut-parleurs boomers : membranes Aerofoil
• Motorisation : intégration de moteurs magnétiques de spécification Signature sur les médiums et boomers
• Filtrage : intégration de série des filtres ultra‑haut de gamme hérités des éditions Signature et nouveau câblage interne
• Production : 100 % designée et fabriquée dans l'usine historique de Worthing (Angleterre)