Il y a trois ans déjà, Boy George aurait dû se produire à l’Enghien Jazz Festival, mais l’événement avait été annulé au dernier moment. Cette fois‑ci, il est bien au rendez‑vous, accompagné de sept musiciens, dont deux choristes, puis rejoint pour le rappel par une violoniste. L’entrée du bouddhiste le plus connu de la scène pop internationale n’est pas vraiment tonitruante. En tout cas, bien moins classe que celle de sa première partie, Typh Barrow, arrivée elle par bateau, micro à la main…
Boy’s Club
Affublé de son iconique chapeau oversize qui cache un peu trop son visage, Boy George déboule donc du fond de la scène à 21h45, sous les ovations d’une foule assez hétérogène, venue pour entendre les hits incontournables. C’est mal connaître George Alan O’Dowd, alias Boy George. Ce soir, il se produit en solo et non avec Culture Club ! Ce sera d’ailleurs sa seule venue hexagonale de l’année (il tourne actuellement soit en solo, soit avec son ex‑groupe).
Le set, d’un peu plus de 2 heures, commence donc avec Mind Your Own Existence, le single écrit avec Dark Globe, histoire de nous rappeler que le bougre a également une carrière de DJ. Le titre, très électro, décontenance quelque peu la foule. Qu’importe : le groupe a de l’énergie à revendre et enchaîne avec un morceau peu connu, avant qu’arrive le premier titre de Culture Club, It’s a Miracle, mais avec une réorchestration si éloignée de l’original que l’on a du mal à le reconnaître.
Très en joie, Boy George enchaîne les blagues et les éclats de rire tonitruants, non sans se plaindre au passage que la scène est très loin du public.
Ce qui n’est pas vraiment faux. Le concert a littéralement les pieds dans l’eau, ce qui, ajouté au coucher de soleil derrière la scène, rend le spectacle intemporel et magnifique. Mais effectivement, la plus grande scène flottante d’Europe est beaucoup trop éloignée des spectateurs. Et si Typh Barrow avait fait l’effort, pour son final, de traverser le ponton pour rejoindre le public, ce ne sera malheureusement pas le cas de Boy George, qui restera donc un peu éloigné de ses « choux‑fleurs ».
Les chansons s’enchaînent, dans des orchestrations assez funky, et la voix de l’ex‑chanteur de Culture Club électrise peu à peu la foule. Il faut dire (et c’est assez notable pour ce genre de configuration en extérieur, qui plus est au bord de l’eau) que l’acoustique est plutôt bonne. On entend chaque instrument, chaque intonation de voix, et peu à peu, le charme opère.
Après une dizaine de chansons, Do You Really Want to Hurt Me résonne. Le public ovationne, mais là encore, Boy George s’amuse. Sa version du tube de Culture Club est très funk et fait la part belle aux vocalises de ses choristes. La foule semble apprécier, et ce n’est que justice.
Culture Pop
Le concert continue de plus belle, les nouvelles chansons de Boy George s’enchaînent, inconnues de la plupart des spectateurs, mais l’ambiance est là, les déhanchés chaloupés aussi. Très en verve, le chanteur rappelle que ce 4 juillet est le jour de la Pride anglaise et qu’il la fête donc avec nous. Il nous parlera de tolérance et, bien sûr, d’amour. Peu à peu, le concert se transforme en une kermesse pop dans laquelle la star enchaîne les standards de Bowie (Let’s Dance), Wham! (I’m Your Man), Prince (Purple Rain), des Stones (Sympathy for the Devil), et même Lou Reed avec un couplet de Walk on the Wild Side.
Assurément, le public et l’auteur de ces lignes étaient venus voir un concert best of de tubes de Culture Club et de Boy George solo. Ils resteront sur leur faim, mais seront tout de même rassasiés de bonnes ondes, mélange de reggae, de funk et d’un peu de rock. On ne peut pas tout avoir.
Le rappel est un boost d’énergie à lui tout seul, et le final sur une version déchaînée de Karma Chameleon met des sourires sur tous les visages. Il est presque 23h30, Boy George a à peine quitté la scène qu’un feu d’artifice dantesque éclaire le ciel (pour fêter les 25 ans du festival) et embrase le lac d’Enghien.
De la bonne musique, un bon esprit, un superbe écrin, un beau feu d’artifice… et tout ça, gratuit ! Que demander de plus ?