le 22 juin 2026 - 16h34

Bruno Mars au Stade de France, on y était

Samedi soir, Bruno Mars a enflammé le Stade de France pour le deuxième concert (sur trois) de son Romantic Tour. Un spectacle à l’énergie débordante, généreux à souhait, parfois un peu trop calibré malgré quelques belles surprises.

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Samedi 20 juin 2026, la canicule écrase la France depuis deux jours. L’idée d’affronter le Stade de France sous un soleil de plomb relève presque de l’inconscience. À 18 heures, le thermomètre affiche bien au‑delà des 30 degrés, et la soirée s’annonce étouffante. Pourtant, impossible de rater l’escale parisienne de Bruno Mars, le chanteur multi‑instrumentiste né à Honolulu. Qu’importe la fournaise : le show doit continuer.

 

L’échauffement avant l’incendie

À 19 heures pile, comme annoncé, DJ Pee .Wee ‑alias Anderson Paak‑ fait son entrée, perruque, lunettes de soleil et paillettes. D’un coup, il embrase le stade déjà surchauffé avec un son d’ABBA. Les 80 000 spectateurs ne sont pas encore tous arrivés, mais la moitié du duo Silk Sonic transforme le Stade de France en une piste de danse géante, avec un set que l’on rêverait d’avoir à son mariage. Las, l’ambiance retombe avec la deuxième première partie, Victoria Monét et ses danseuses, tout droit sorties des années 2000. Un sous‑Destiny’s Child vite oublié quand les écrans s’éteignent, annonçant l’arrivée de la star de la soirée.


Mars attaque

Soudain, la musique retentit. Les deux écrans latéraux s’allument, révélant Bruno Mars dans une église, priant pour son spectacle… et pour le public. Après ce prologue surprenant mais visiblement apprécié, le rideau se lève enfin. Le petit écran central s’élève, dévoilant le logo du Romantic Tour, la scène, les 12 musiciens et Bruno Mars lui‑même, tout de rouge vêtu, bandana assorti dans les cheveux.


Le show commence enfin. Le spectacle défilera à la vitesse d’un TGV sur ligne à grande vitesse. Au programme : quatre tenues différentes, une baguette de pain, une Cadillac rouge, Bruno au piano, à la guitare, aux congas, la reformation de Silk Sonic, une love cam, un rappel (contrairement à la veille), des déhanchés, des pas chaloupés, des bisous lancés au public, du rouge à perte de vue, des roses, et surtout… du kiff général. Le public, transgénérationnel et majoritairement féminin, était visiblement là pour cela et n’a pas été déçu. Le stade entier est conquis. La chaleur, elle, est partout, et on ne parle pas que de la météo. Ce Romantic Tour est un show généreux construit autour de la notion simple de plaisir partagé.

 

Un groupe aux accents Motown sur scène

Car ce n’est pas tant Bruno Mars que l’on a vu hier soir, mais un groupe à part entière. Douze musiciens parfaitement synchronisés, unis par le plaisir de jouer, de bouger, de chanter (parfois aidés, visiblement, par un discret playback). Du groove pur, des accents Motown ou James Brown : ils ont tout donné, le chanteur hawaïen avec eux, s’effaçant parfois pour laisser briller ses musiciens à leur meilleur.


Les tubes s’enchaînent, mêlant les titres du dernier album et les classiques absents des scènes depuis huit ans. La voix est limpide, le son impeccable, et la très belle réalisation vidéo permet aux spectateurs les plus éloignés de profiter tout de même du spectacle grâce aux écrans géants. Une nécessité, car la mise en scène n’est clairement pas conçue pour les stades. Premier bémol de la soirée. En second, un passage un peu mou (ou romantique, selon les goûts) quand Bruno s’installe au piano pour deux ou trois chansons.


Showman né, entertainer hors pair, souriant et pétillant, Bruno Mars n’a peut‑être pas la rage viscérale d’un Mick Jagger capable (plus jeune) de parcourir des kilomètres sur scène pour subjuguer chaque spectateur du public, presque un à un. Mais il dégage indéniablement une énergie contagieuse à laquelle il est bien difficile à résister. Pendant près de deux heures (trop courtes), la tornade Bruno Mars balaye le Stade de France. Les cuivres boostent Uptown Funk ou Locked Out of Heaven, taillés pour les foules. Et après une version sublime de Dance With Me, le public, rincé mais ravi, en redemande. Malheureusement, c’est fini.


Le temps d’une soirée, la canicule est oubliée, tout comme sans doute les soucis du quotidien. Le public fut projeté une autre planète, des étoiles plein les yeux et le cœur sur Mars.

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