Cinécult’
Dirty Harry : justice façon Seventies
Les cinq Dirty Harry ne sont sans doute qu'un volet dans l'immense carrière de Clint Eastwood, voué et dévoué à la réalisation en sens noble du terme. Mais quelle époque. Retour sur une des sagas les plus marquantes de l'histoire du cinéma.
Trente ans après son apparition sur les écrans, Harry Callahan demeure probablement l’inspecteur le plus célèbre et le plus populaire du cinéma américain. Aujourd’hui, une vingtaine d’années après la reconnaissance critique (et tardive) de Clint Eastwood, la saga est devenue un classique. Mais si Harry est désormais devenu intouchable, il n’en a pas toujours été ainsi…

L'Amérique paranoïaque
Début des années 70. L’Amérique vit l’une des crises morales et sociales les plus graves de son histoire : la guerre du Viêtnam, les assassinats politiques, les faits divers sanglants (le massacre de la famille Manson en 1969) ont marqué les esprits. La paranoïa est palpable. Le taux de criminalité fait un bond de 144 % entre 1960 et 1970, et Richard Nixon, candidat républicain briguant la présidence contre Johnson, conduit toute sa campagne sur des thèmes sécuritaires. Le respect de la loi, l’anéantissement des groupuscules terroristes, des structures mafieuses et des délits, même mineurs, forment le socle de son discours. Les Américains approuvent. Nixon est élu.

Plus de Mal que de Bien ?
Le scénario de L’inspecteur Harry (Dirty Harry en anglais) voit le jour dans ce contexte trouble où une grande partie de la population, fatiguée de la montée de la violence, aspire à une réaction forte et massive de l’État. Harry Callahan, flic intransigeant, est taillé sur mesure pour traverser cette époque. « Je suis encore en vie grâce à ma méthode », dit-il dans le film. Coincé entre une hiérarchie corrompue et passive et des malfrats de plus en plus intouchables, il fait justice selon sa propre conception du Bien et du Mal, quitte à tomber dans l’ultra-violence. À la fin du premier opus de la série, Scorpio (Andy Robinson), le tueur, subit un passage à tabac qui dépasse en violence les exactions du criminel lui-même (principe évidement repris sous l'ère Bush avec la série 24 heures chrono par exemple). Dès l'écriture, se pose évidemment la question du premier rôle. Qui ?

Rôle taillé sur mesure
Le rôle est tout d'abord proposé à Paul Newman, puis à Frank Sinatra. Mais au dernier moment, ce dernier refuse. La Warner récupère le projet et fait appel à Don Siegel pour prendre les rênes du film. Ancien monteur des bandes-annonces de la Warner, il est le grand spécialiste de la série B de l'époque (L’invasion des profanateurs de sépultures et L’ennemi public sont déjà des classiques). Il est également l’auteur de quelques polars urbains remarquables comme Madigan et surtout Un shérif à New York, symbole du retour de Clint Eastwood après avoir été starisé grâce au rôle de l’Homme sans nom dans la trilogie des Dollars de Sergio Leone. L'association des deux hommes comptera parmi les plus inventives du cinéma américain de ces trente dernières années.

Succès public mais pas critique
Clint Eastwood accepte donc le rôle sans imaginer une seconde l’impact de ce dernier sur sa carrière. Nous sommes en 1971 et le film obtient un succès phénoménal. La critique ne suit pas et assassine le film. Accusé de promouvoir une idéologie fasciste basée sur la répression et la violence, L’inspecteur Harry est boudé, voire conspué. Le public, lui, se rue dans les salles… En dépit du succès et des projets faramineux qu’on lui propose alors, Eastwood décide de passer à la réalisation et revient à ses premières amours, le western (il se fit connaître du grand public grâce à la série Rawhide). Il signe alors un conte onirique où il s’octroie le rôle d’un justicier fantomatique, L’homme des hautes plaines. Puis vient Breezy. Mais la tentation est trop grande pour Warner, qui souhaite profiter du succès de son nouveau héros : Harry Callahan.

De l'idée dans les suites
Le studio fait alors appel à John Milius et Michael Cimino pour écrire la suite. Ce sera Magnum Force réalisé par Ted Post. Dans ce nouvel opus, Clint Eastwood entend rectifier le tir et régler le malentendu provoqué par le premier opus. Cette fois-ci, il lutte contre une organisation extrémiste de la police qui a décidé de faire la justice elle-même. Le long métrage, loin du mysticisme du premier, est plus consensuel mais très en prise avec la vague des films prônant l’autodéfense (Un justicier dans la ville de Michael Winner…). La saga ne s’arrêtera pas là. Suivront The Enforcer (qui développe la facette sensible du personnage), Sudden Impact (le dernier opus de qualité) et The Dead Pool, qu’Eastwood tournera à un moment creux de sa carrière, après l’échec public de Bird.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 27/06/08






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