Cinécult’
John Wayne : le corps de l’Amérique
Il fut et restera le Duke. L'emblème de l'Amérique conquérante, courageuse, frondeuse. Plus qu'une génération, une époque ou même un genre, il marqua à jamais le cinéma. Retour sur John Wayne, ou le western incarné.
Le 22 juillet 1984, Ronald Reagan, alors président des États‑Unis, dit de lui : « Peu d'hommes de notre vivant ont autant marqué que lui toute une génération, comme il l'avait déjà fait à l'époque des jours sombres de la Deuxième guerre mondiale, alors que son appel au courage et à la détermination nous incitait à l'effort, et donnait l'espérance à notre Nation en lutte ».

Les débuts
John Wayne, de son vrai nom Marion Michael Morrison, est né en 1907 dans une petite ville de l’Iowa. Dix ans plus tard, sa famille s’installe en Californie à quelques miles d’une colline que l’on vient de baptiser Hollywood. D’abord accessoiriste pour la Fox au milieu des années 20, son physique massif et imposant attire l’œil de John Ford, qui lui propose de faire de la figuration. Mais c’est en 1930, grâce à Raoul Walsh, qu’il tourne son premier grand film, La piste des géants. Une major nommée Republic, intéressée par sa stature, son jeu d’acteur et sa présence immédiate à l’écran, lui permet alors de tourner durant les années 30 une série de westerns de série B.

Ford et les autres
Mais ce n’est qu’aux côtés de John Ford qu’il va prendre toute sa grandeur et démarrer une carrière qui l’emmènera jusqu’à participer à plus de deux cents films ! Le cinéaste, qui pourrait presque résumer à lui seul le cinéma américain, lui offre le rôle principal de La chevauchée fantastique en 1939. C’est un succès, et à partir de ce moment, John Wayne fait partie intégrante de l’âge d’or du septième art et se promène de long métrage en long métrage dans son genre de prédilection : le western.

L'icône, le père défenseur, le héros courageux
Sous l’œil de John Ford toujours, dont il deviendra l’acteur fétiche (ensemble, ils tourneront une quinzaine de films), de Howard Hawks (La rivière rouge, Rio Bravo), de Hathaway ou de John Sturges, Wayne va devenir l’icône de l’Amérique, le héros courageux et intègre, le père défenseur d’une Nation et dépositaire de ses valeurs. « Le cow-boy a existé seulement pendant un siècle, mais il a inspiré plus de chansons, de romans, de poèmes et de films qu'aucun autre personnage ou héros, déclara-t-il un jour. On ne peut le comparer qu'au samouraï ». La chose est dite. Sa personnalité est essentielle au cinéma de l’époque, elle fait l’unanimité. Car John Wayne, c’est avant tout une présence, une stature imposante et un jeu d’acteur basé sur la nonchalance et l’élégance.

Le Duke
En 1959, il tourne Rio Bravo de Howard Hawks et incarne le Duke, un shérif intègre qui, épaulé par un ex-alcoolique (Dean Martin), un vieillard (Walter Brennan, second couteau fordien) et un jeune idéaliste, va tout faire pour empêcher que sa prison ne soit assiégée par une bande de hors-la-loi, les Burdett, dont il détient l’un des membres. « Pendant un demi-siècle, déclara le président Carter en 1979, le Duke a symbolisé les idéaux américains d'intégrité, de courage, de patriotisme et de force, et a offert au monde nombre des valeurs les plus profondes que respecte notre pays ».

Unique Oscar
Mais la fin des années 60 et les soubresauts qui agitent alors le pays vont l’écarter du système. Il réalise même en 1968 un film défendant la présence des troupes américaines au Vietnam, Les bérets verts. Deux ans plus tard, il tourne 100 dollars pour un shérif, qui lui vaut son unique Oscar. La fin de sa carrière approche. L’acteur est opéré à cœur ouvert en 1973, ses apparitions se font plus rares. En 1974, il promène sa silhouette vieillissante dans Un silencieux au bout du canon de Sturges et achève cette longue période de gloire avec Le dernier géant de Don Siegel, où il incarne avec ironie son propre rôle (un ancien tueur d’élite malade se retire dans une petite ville afin d’y mourir en paix). John Wayne décède le 11 juin 1979, quelques jours après avoir remis à Michael Cimino l’Oscar du meilleur réalisateur pour Voyage au bout de l’enfer. Pour l’Amérique, sa disparition fut un jour de deuil national.

Filmo (très !) sélective
1930 à 1949 : La piste des géants (Raoul Walsh), Le massacre de Fort Apache (John Ford), La charge héroïque (John Ford)
1950 à 1959 : La prisonnière du désert (John Ford), Rio Bravo (Howard Hawks)
1960 à 1969 : Alamo (John Wayne), Le jour le plus long (Ken Annakin et Andrew Marton), El Dorado (Howard Hawks)
1970 à 1976 : Brannigan (Douglas Hickox), Le dernier des géants (Don Siegel)
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 12/07/12






Nouvelle Newsletter
inscrivez-vous
OK
Merci !

Les informations recueillies sont destinées à AVCesar.com pour vous assurer l'envoi de votre newsletter.

Vous bénéficiez d'un droit d'accès et de rectification de vos données personnelles, ainsi que celui d'en demander l'effacement dans les limites prévues par la loi.

Vous pouvez également à tout moment revoir vos options en matière de ciblage. En savoir plus sur notre politique de confidentialité.

PLANNING
30/09/20 The Hunt
01/10/20 Un flic
01/10/20 Les randonneurs
BONNES AFFAIRES
- 32 %
59 €
39.9 €
Voir l'offre
INTERVIEWS
Ken Follett - Un monde sans fin
https://www.avcesar.com/source/interview/137/photo_0142105021.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/158/photo_0627103424.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/161/photo_1108160423.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/152/photo_0641125609.jpg
ken-follett
kyan-khojandi
priyanka-chopra
nic-pizzolatto