Arco
En 2932, Arco, 10 ans, subtilise une cape aux couleurs de l’arc‑en‑ciel pour voyager dans le temps et se retrouve propulsé en 2075. Là, il rencontre Iris. Ensemble, ils vont tout faire pour l’aider à rentrer chez lui.
L’ovni tender
Avec ses faux airs de remake animé d’E.T., Arco a emballé tout le monde, à juste titre. Hugo Bienvenu, dont c’est le premier film, a pris par surprise la planète cinéma en raflant pléthore de prix et encore plus de nominations pour une œuvre assez inclassable et joliment surannée.
Il faut dire que l’univers féerique qu’il propose et son trait graphique, à mi‑chemin entre Miyazaki et Jade Khoo (la BD Terre ou Lune), ne manquent pas de charme. D’autant que le réalisateur a porté une attention toute particulière à la musique ainsi qu’à la bande‑son de son film. Il en résulte une œuvre homogène, somptueuse de bout en bout, à laquelle il sera bien difficile de résister.
L’inventivité est de presque tous les plans et la poésie colorée irradie le film du début à la fin. Le scénario n’est pas en reste, puisque le film s’affranchit des fioritures et des digressions narratives pour aller à l’essentiel : l’émotion. À la fois fable adulte et conte enfantin, Arco se révèle être une invitation permanente à la réflexion sur la crise climatique, la place de l’homme et, bien sûr, le temps qui passe. Avec au passage une petite pique sur la modernité, créatrice de solitude.

© Remembers/MountainA
Jolis mômes
On pense aux Maîtres du temps, et pas seulement à cause du twist final, ou encore au Roi et l’Oiseau, et plus largement à une certaine animation européenne, plus proche du neuvième art que du septième. Hugo Bienvenu vient de la bande dessinée, et cela se ressent.
On perçoit également son parcours éclectique, lui qui, fils de diplomate oblige, a vécu entre le Guatemala, le Tchad et le Mexique. Il y a un peu de tout cela dans Arco, et c’est assez rafraîchissant. D’autant qu'Arco fleure bon l’artisanat et le travail à taille humaine. Le film a mis cinq ans à voir le jour, notamment grâce au soutien de Natalie Portman. L’attention portée aux détails qui imprègne chaque scène est palpable jusque dans le choix des voix du film.
Naïveté assumée
Bien sûr, on pourra lui reprocher une certaine naïveté, un humour pas toujours très inspiré et surtout une histoire sans réelle prise de risque à hauteur d’enfant. D’autant que les antagonistes sont assez mal esquissés et presque anecdotiques.
Qu’importe : Arco reste une jolie découverte, la naissance d’un réalisateur avec un univers qui lui est propre, loin du pessimisme ambiant dans lequel baignent de nombreux films actuels, même animés. Mais surtout, c’est surtout une belle explication de l’existence des arcs‑en‑ciel…