Cold Storage
Il y a vingt‑sept ans, un champignon extraterrestre extrêmement dangereux est arrivé sur Terre. Heureusement, il a été confiné dans un bunker ultra‑protégé de l’armée. Mais avec le temps, le site est devenu un centre de stockage pour particuliers. À cause du réchauffement climatique, le champignon n’est désormais plus confiné comme il le devrait. Travis et Naomi, deux employés de nuit, vont devoir faire face à sa libération soudaine…
Cool à flots et à sang
Réalisé par Jonny Campbell, dont c’est second film, Cold Storage a néanmoins été écrit par l’une des grandes plumes d’Hollywood, David Koepp, d’après son roman éponyme. Malheureusement, l’auteur n’y a pas insufflé tout le talent dont il est capable. Certes, on retrouve un peu de l’humour noir de Jurassic Park ou de la mécanique scénaristique ciselée de Mission impossible, mais on est très loin du compte.
Pourtant, le prologue à la Indiana Jones posait clairement les bases et promettait du fun, du gore et du régressif. À l’arrivée, si ces ingrédients sont bien présents, ils le sont à dose très homéopathique, noyés dans des dialogues interminables, faussement tarantinesques.

Passé le pré‑générique, le film met un temps fou à réellement commencer, au point que tout ce qui faisait son charme initial retombe très vite. Et pourtant, Cold Storage ne manque pas de qualités. D’abord, son huis clos labyrinthique. Diablement cinégéniques pour un film gore, les alignements de boxes de stockage et les empilements d’étages multiplient les recoins et les cachettes potentielles.
Mou du chat
Son sous‑texte écolo, façon The Toxic Avenger, fonctionne également très bien, notamment grâce à un malin plan‑séquence explicatif à hauteur de cafard. Drôle, fun et superbement exécuté. Mais c’est surtout le casting que l’on retiendra de ce Cold Storage finalement décevant, malgré des acteurs visiblement ravis de s’amuser. Quel plaisir de retrouver l’iconique Vanessa Redgrave, l’actrice de Blow‑Up, en fliquesse de zombies. Liam Neeson, toujours impeccable en vieux sage de série B débridée, malgré un dos en compote, et Joe Keery, un peu plus expressif que dans Stranger Things. Et bien sûr, la petite révélation Georgina Campbell, aussi à l’aise pour lancer des punchlines que pour faire tourner les têtes.
Au final, le film demeure suffisamment sympathique pour que l’on pardonne ses longueurs et son scénario prévisible. Cold Storage a le mérite d’exploser des têtes avec jubilation, de faire rire avec un chat qui s’empale ou un cerf coincé dans un ascenseur, le tout peuplé de zombies finalement assez drôles. Reste que son manque de rythme demeure problématique. Bref, une honnête série B, sans grande ambition, qui ne restera sans doute pas dans les annales.