Crime 101
Des vols de bijoux se multiplient sur la côte Pacifique. La police établit un lien entre ces braquages et les cartels colombiens. L’inspecteur Lou Lubesnick, lui, est convaincu que le véritable responsable se trouve ailleurs.
Le nouveau film du réalisateur britannique Bart Layton, à qui l’on doit Au plus profond et American Animals, se présente comme un pur polar de braquage. Un exercice de style plutôt solide sur le papier, mais qui évolue presque entièrement dans l’ombre écrasante de Heat. Il permet malgré tout à Chris Hemsworth de s’éloigner, au moins un peu, de sa zone de confort et de prouver qu’il peut faire davantage que rejouer la machine à testostérone qu’il a parfois incarnée ailleurs.

© Merrick Morton
Dans l'ombre de Mann
Hemsworth campe ici Mike Davis, un voleur professionnel qui, à l’image de Neil McCauley, le personnage de Robert de Niro dans Heat, ne laisse aucune trace derrière lui, au grand désespoir du détective Lou, policier obstiné et épuisé incarné par Mark Ruffalo, dont le mariage, comme celui d’Al Pacino dans le même Heat, est lui aussi en train de s’effondrer. Et ce n’est là que le point de départ d’une longue série d’analogies avec le classique de Michael Mann.
Car Crime 101, disponible sur Prime Vidéo depuis le début du mois, reprend presque tous les ressorts dramatiques de son illustre modèle, au point que chacun de ses personnages semble trouver son équivalent plus ou moins direct dans le film de 1995. Le problème, c’est que cette filiation appuyée ne joue jamais en sa faveur. Bart Layton, qui signe également l’adaptation du scénario à partir de la nouvelle de Don Winslow, a beau tenter d’injecter quelques éléments plus personnels, ceux-ci ressemblent surtout à des détails disséminés à la surface d’un ensemble qui reste profondément aimanté par le modèle mannien. Même son esthétique cherche à en retrouver la rigueur et la sophistication.

Des acteurs convaincants
Il faut reconnaître au cinéaste une vraie volonté de privilégier les effets concrets plutôt qu’un recours systématique aux images de synthèse, pour donner du souffle et du réalisme à ses séquences d’action. L’intention est louable, et le résultat a parfois de l’allure. Layton livre ainsi un polar élégant, bien tenu, souvent très regardable. Mais le film donne malgré tout la sensation persistante d’un objet réchauffé, incapable de s’émanciper de ses références.
Reste un trio d’acteurs qui tire clairement le projet vers le haut. Chris Hemsworth, Mark Ruffalo et Halle Berry s’en sortent tous les trois très bien et apportent une vraie tenue à l’ensemble. Mais dans ce jeu du film de braquage sous influence, Criminal Squad parvenait bien mieux à se détacher de Heat. Sans le surpasser certes, mais au moins en trouvant sa propre nervosité.
Crime 101, lui, reste constamment dans son sillage. Il se regarde sans déplaisir, mais la déception domine dans la mesure où l’on aurait aimé un peu plus d’audace et d’originalité dans cette approche certes sérieuse et appliquée du polar, mais finalement trop balisée pour pleinement marquer les esprits.