Daredevil : Born Again saison 2
En 2025, la première saison de Daredevil : Born Again nous laissait un peu sur notre faim, et pas que pour sa production tourmentée. Globalement réussie, celle-ci manquait de souffle pour égaler les meilleurs moments de la précédente série par Netflix. On espérait alors beaucoup d'une saison 2 promise comme plus ambitieuse et chapeautée par l'équipe créative qui a sauvé la première saison. Quel constat tirer après ses 8 épisodes ? Mitigé.
New York avec loi (martiale)
Nous sommes six mois après le final de la S01, et comme promis, les enjeux sont bien là. Wilson Fisk dirige la ville d'une main de fer dans un gant en titane. Il use et abuse de son pouvoir de maire et de sa Task Force Anti Vigilantes pour mater la moindre opposition (Trump/ICE… toute ressemblance avec…). À l'instar de la très politique The Boys S05, impossible de faire un parallèle plus clair et glaçant avec notre réalité. Les pires exactions dans la saison 2 de Daredevil : Born Again ressembleraient presque à un lundi comme un autre aux États‑Unis en 2026.

SP © Disney+
Pour cela, impossible de ne pas saluer la volonté des scénaristes de dénoncer toujours plus clairement des pratiques abusives et une déformation permanente de la vérité, pour ne pas se contenter d'une simple série de super‑héros supplémentaire oubliable. D'autant que cette saison est toujours plus sombre et violente. Un contexte où il est toujours plus passionnant de suivre Fisk et son entourage problématique, mais aussi Bullseye, Matt et Karen. Que faire face à une violence permanente et à des abus de pouvoir quand tout semble verrouillé et inexorable ? Les avis et méthodes de nos différents protagonistes vont une nouvelle fois différer, pour toujours plus virer vers un gris intéressant.
Malheureusement, cette saison 2 de Daredevil : Born Again hérite probablement d'une partie de la production problématique de la première. Elle peine à décoller avec une première moitié un peu molle. Il faudra attendre le mitan pour que les promesses de guerre civile et de caméos, vues dans les bandes‑annonces, soient plus ou moins tenues. Nul doute que les choses seront plus concrètes sur ce dernier point dans la saison 3 déjà commandée, mais tout de même. Certains arcs de personnages secondaires manquent également d'inspiration pour pleinement passionner, dans une saison globalement inégale malgré quelques très bons moments.

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Le Fisk c'est chic
D'autant que si les enjeux, la pression et les tiraillements moraux de plusieurs personnages sont bien là, il est difficile de pleinement ressentir ou croire à cet affrontement à l'échelle d'une ville que la série essaye de nous vendre. La faute peut‑être à un budget limité qui empêche de proposer suffisamment de scènes et de plans d'ampleur comme le MCU peut le faire au cinéma. Heureusement, le show se rattrape sur la fin. Il est aussi parfaitement maîtrisé du côté des costumes ou de la réalisation. La mise en scène s'amuse régulièrement avec des mouvements de caméra marquants durant les combats (où la bestialité de Daredevil fait plaisir), des formats d'image variables en fonction des situations, ou encore un abus volontaire des couleurs pour proposer une véritable identité.
Si les promesses de la saison 2 ne sont donc qu'à moitié tenues, nous serons sans la moindre hésitation au rendez‑vous pour la saison 3. Celle-ci a désormais de bonnes conditions et toutes les cartes en main pour proposer une vision unique en s'appuyant sur ces bases solides. En revanche, on espère que vous avez vu les séries Marvel de Netflix avec Jessica Jones, Luke Cage et compagnie pour potentiellement mieux en profiter.