Goat : rêver plus haut
Qui arrêtera Sony Pictures Animation ? Certainement pas nous. En tout cas, depuis le révolutionnaire Spider‑Man : New Generation de 2018, le studio a assurément la main chaude. Outre la suite Across the Spider‑Verse, c'est à lui que l'on doit notamment le très fun Les Mitchell contre les machines ou encore le carton planétaire Kpop Demon Hunters.
Vineland Saga, c'est plus fort que toi
Dans Goat, mélange très assumé entre Zootopie et Space Jam, il est question de suivre le jeune Will Harris, qui rêve d'être sélectionné pour jouer au roarball, du basket un peu plus énervé auquel les espèces animales les plus grandes et fortes peuvent participer. Un vœu qui semble inaccessible pour ce bouc de petite taille. Qu'à cela ne tienne, suite à un concours de circonstances bien pratiques, Will va rejoindre son équipe favorite, les Thorns de Vineland.
Sans surprise, l'arrivée dans la ligue d'un premier joueur de petite taille ne va pas passer, y compris auprès de la joueuse iconique de l'équipe, Jett Fillmore. Mais comme dans tout film d'animation se destinant notamment aux enfants, à force de persévérance, de tolérance et de messages positifs, Will va faire sa place et tout le monde en sortira grandi. Là se trouve peut‑être le principal point faible du film : son déroulé, son contenu et ses messages sont hautement prévisibles. On ne retiendra donc pas Goat pour son scénario balisé, bien que celui-ci dispose de plusieurs personnages sympathiques et pourrait même générer des vocations chez les plus jeunes.

Là où le film Sony Pictures Animation brille une nouvelle fois, c'est au niveau de son animation absolument folle et à l'identité bien particulière. Imaginez Space Jam ou The First Slam Dunk sous cocaïne avec des couleurs, des effets et des mouvements de caméra comme sait si bien le faire le studio depuis Spider‑Man. L'ensemble est tellement dynamique, explosif et bourré de détails, notamment durant les matchs, que les yeux les moins habitués pourraient en sortir éreintés. Goat fait partie de ces quelques films qui peuvent épuiser durant leur visionnage, mais à qui on pardonnera leur énergie débordante tant elle est communicative et efficace.
Une animation qui rend chèvre
Comme dans Zootopie, l'utilisation des caractéristiques des animaux anthropomorphes est très bien dosée, notamment à des fins d'humour jamais trop lourd. Le doublage (en VO) fait également mouche, y compris du côté d'un certain Stephen Curry (également à la production) dont ce n'est pas le métier principal. On regrettera en revanche une bande‑son un peu en retrait, quand elle aurait pu élever encore un peu plus l'œuvre.
Malgré quelques défauts qui l'empêchent d'être aussi culte que ses modèles, il s'agit globalement d'un nouveau succès d'un studio qui n'a plus grand‑chose à prouver, en tout cas sur le plan visuel. Impossible de ne pas attendre de pied encore plus ferme Spider‑Man : Beyond the Spider‑Verse.