Insaisissables 3
Trois jeunes magiciens surdoués ont monté un spectacle qui copie les Cavaliers. Ils sont recrutés par Daniel pour dérober un précieux joyau aux mains d’une redoutable organisation criminelle.
Illusions perdues
Le premier Insaisissables (2013), réalisé par le Français Louis Leterrier, avait agréablement surpris. Le deuxième opus (2016), plus poussif, n’avait néanmoins pas trop déplu. Notamment grâce à une scène mémorable de franchissement de portique de sécurité avec une carte volante. Ce troisième volet, lui, se révèle être le film de trop.
Certes, on savait son réalisateur, Ruben Fleischer, capable du « meilleur » avec Bienvenue à Zombieland comme du pire (Venom, Uncharted). On espérait donc le meilleur. Las, ici, on est clairement du côté du pire, même s’il faut reconnaître que la bande des Cavaliers reste toujours aussi sympathique, les nouveaux venus comme les anciens. Mais ne spoilons pas…
Quelques rares moments spectaculaires, largement inspirés par Nolan
Cette fois, la sauce ne prend pas vraiment. L’illusion et la prestidigitation ont laissé place, modernité oblige, à un numérique tout‑puissant, ce qui tue en partie le concept de base de la saga.
Insaisissables 3 file à vive allure, mais sans réelle cohésion. Le rythme de cet opus est même assez éprouvant et semble n’exister que pour masquer des abîmes scénaristiques qui, eux‑mêmes, peinent à dissimuler les nombreuses invraisemblances. Le tour de magie est trop gros, on voit les ficelles !
D’ailleurs, depuis les précédents épisodes, l’ensemble est devenu assez prévisible. La magie du concept initial a déserté depuis longtemps. Pire, il n’y a vraiment plus rien d’impressionnant, ni dans l’inventivité des tours, ni dans les dialogues que s’échangent les Cavaliers. Il reste heureusement quelques bonnes punchlines et de rares moments spectaculaires, mais largement inspirés par Nolan…
Très vite, ce qui nous est présenté comme l’ossature du film, à savoir le combat entre jeunes loups et vieux briscards, tourne à vide pour laisser place à une obscure intrigue de diamantaires nazis. Rosamund Pike, dans le rôle de la grande méchante, semble à chaque scène se demander ce qu’elle fait là, en tentant vaguement de jouer les femmes fatales.
Écran de fumée
Toutefois, ce troisième Insaisissables reste un divertissement certes fade, mais dans lequel les acteurs semblent heureux de retrouver leurs costumes de magiciens façon Robin des Bois. Ouf : le duo Jesse Eisenberg et Woody Harrelson fonctionne encore, dix ans après, épaulé par Dave Franco, qui s’en donne lui aussi à cœur joie. C’est vaguement communicatif.
Mais ce casting trois étoiles d’il y a dix ans a perdu de sa superbe en 2026, au point que l’on se croirait presque face à une variation pour ados des Expendables. Heureusement, la dynamique de groupe conserve un certain charme et reste agréable à suivre. Mais elle manque de fraîcheur et surtout de renouvellement. Au final, c’est un peu léger pour faire un bon film, ou même un film tout court.