06 janvier 2026 - 07h10

La femme de ménage

année
2025
Réalisateur
InterprètesBrandon Sklenar, Sydney Sweeney, Amanda Seyfried
éditeur
genre
sortie salle
24/12/2025
notes
critique
4
10
A
soutenir

Millie Galloway, galérienne, tente de survivre au jour le jour dans sa voiture. Un coup de chance se présente enfin quand Nina Winchester l’engage comme femme de ménage, avec une chambre pour la loger à l’étage. Mais rien ne va se passer comme prévu.


Une page dure à tourner

À l’instar du roman éponyme de Freida McFadden (2023) dont il est adapté, La femme de ménage est un film si bien huilé que ses 2h10 passent sans qu’on les voie. Un véritable page‑turner sur pellicule. Pour autant, est‑ce un bon film ? La réponse est assurément non. Tout comme le livre n’est pas de la grande littérature, le film n’est pas un chef‑d’œuvre non plus. Les deux sont efficaces, mais on préférera le matériau original à son adaptation. La réalisation de Paul Feig est tout bonnement impersonnelle et surtout sans imagination, elle trahit même souvent l’esprit du roman. Pire : elle édulcore la violence du livre et du coup une partie de son message, difficile à évoquer sans spoiler la mécanique diabolique de l’intrigue.

 

Même en faisant abstraction du livre, La femme de ménage version pelliculée déçoit. Son esthétique années 90 et sa sexualisation outrancière finissent par prêter à rire. Le décolleté de Sydney Sweeney (Millie) et les muscles saillants de Brandon Sklenar (Andrew) sont certes photogéniques, mais leur omniprésence à l’écran ne suffit pas à justifier la tension sexuelle entre les deux personnages. Une tension prévisible à des kilomètres, qui culmine dans une scène de sexe d’un kitsch absolu. Il ne manquait que la musique avec synthétiseur…

 


La réalisation fait le minimum syndical et abuse des voix off. Trop pratiques pour expliciter une intrigue ‑il faut bien l’admettre‑ complexe. Le film échoue à créer une réelle tension, à l’exception de la scène avec la mère d’Andrew, un personnage sacrifié par le scénario. La relation mère‑fils, peu développée, manque de profondeur, tout comme l’incompréhension, le désarroi puis la panique de Millie face à l’attitude incohérente de Nina (Amanda Seyfried) et de sa fille.


Les personnages trop manichéens ne suscitent aucune empathie. Même le twist, pourtant génial sur le papier, perd de sa force à l’écran. Le changement de ton de l’histoire est ici quasi anecdotique et ne fait ni chaud ni froid aux yeux des spectateurs.


Du muscle et des jumps scare

Il faut dire que la performance de Brandon Sklenar, tout en débardeurs maculés et sans nuance, alourdit l’ensemble qui n’était déjà pas très léger, à base du jumps scare inutiles (ah, le personnage du jardinier !). Face à lui, Sydney Sweeney se contente de rouler ses grands yeux sans réelle conviction. Seule Amanda Seyfried tente d’apporter une touche de subtilité à ce film rapidement insipide. Mais la seconde partie du film, plus centrée sur son personnage, est trop vite expédiée pour qu’elle puisse explorer toute la subtilité de son personnage.


Au final, les nombreux lecteurs du roman seront partagés : ils retrouveront certes leur livre de chevet, fidèlement adapté mais seront déçus car vidé de sa malice et de sa dualité. Les autres prendront certainement plaisir à découvrir une intrigue bien huilée, mais finalement sans vraiment saisir la raison de l’engouement autour du livre dont tout le monde parle…

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4k
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Prix : 34,99 €
disponibilité
24/04/2026
image
1 UHD-99 + 1 BD-50, 131', couleurs
2.35
HD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
bande-son
Français Dolby Atmos
Français Dolby TrueHD 7.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
sous-titres
Français, français pour sourds et malentendants
8
10
image

Une esthétique proprette sur elle, cossue, où tout paraît trop beau pour y croire. Élégamment définie et mise en lumière, dotée de beaux décors, de textures luxueuses et de détails architecturaux, l'ensemble est visuellement très cinégénique mais ne fait jamais vraiment écho aux propos plus sombres du film, de ce qui se passe réellement sous le vernis des apparences.

 

Ce ne sont pas les gros plans sur Sydney Sweeney et Amanda Seyfried qui profitent le plus du HDR Dolby Vision, mais bien quelques détails et reflets qui renvoient avec force la lumière. Le film gagne ainsi en densité et montre sa maîtrise en toutes circonstances. 


C'est beau, parfois aussi un peu lisse, sans réelle prise de risque. Dommage.

7.5
10
son

Là encore, beaucoup de sagesse, une copie soignée mais qui réserve peu de surprises côté son. Les nombreux dialogues sont toujours clairs, nerveux et bien centrés. On apprécie surtout la sensation d'espace apportée par le Dolby Atmos, avec quelques effets bien placés. Les deux mixages se valent d'ailleurs de ce côté‑là. Mais ne vous attendez pas à une pure séance démo.

 

Les moments de silence et autres petits détails sonores sont eux aussi importants, au même titre que les passages plus surprenants ou dramatiques. Pour résumer, une belle dynamique, quelques montées en pression bien senties et des graves « d'ambiance ».

5
10
bonus
- Commentaires audio du réalisateur
- Commentaires audio du réalisateur et de l'équipe
- Making of (36')
- Le secret de la maison Winchester (12')
- Featruette (2')
- Scènes coupées (8')
- Bande-annonce

Un réel effort de la part de Metropolitan qui ne lésine pas sur les commentaires audio, ni sur les modules « coulisses ». De quoi étancher un peu la soif des nombreux fans de ce succès mondial, et un peu de cinéma avec quelques indications et commentaires techniques et/ou artistiques. Intéressant.

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