Landman saisons 1 & 2
Jamais une série récente n’aura aussi bien capté le Texas profond, ceux qui y débarquent et ceux qui y triment, au cœur de l’industrie pétrolière. Taillée sur mesure par le stakhanoviste du scénario Taylor Sheridan, la série reprend tous les ingrédients fétiches de l’auteur de Yellowstone : une certaine idée de l’Amérique, républicaine et conservatrice, une trame addictive, des personnages hauts en couleur, et un sens de la punchline sans filtre.
Landman, c’est Dallas passé au karcher et dopé à la kétamine. Au centre, Tommy Norris, incarné par un Billy Bob Thornton vieillissant mais toujours terriblement sympathique. Dentier impeccable, Stetson vissé sur le crâne, clope plantée au bec, il mène ses hommes et sa famille comme un cow‑boy chevauche sa monture, sans ménagement, mais avec une forme d’amour rugueux.
Texas, pétrodollars… Landman assume tout
Homme de terrain pour une compagnie pétrolière, Tommy doit gérer les intérêts de son richissime patron (Jon Hamm), les humeurs des ouvriers, une ex‑femme frivole et excentrique, une fille ado devenue jeune adulte aussi écervelée qu’insolente de beauté, tout en luttant contre des narcotrafiquants ultra‑violents. Et comme si ça ne suffisait pas, il doit encore composer avec son avocate, aussi hargneuse et mal embouchée que lui. Autant dire que Tommy Norris n’a pas le temps de s’ennuyer. Et nous non plus.

Tout est assumé dans Landman : le langage volontiers graveleux, le filtre jaune permanent, l’adoration du fric et du pétrole, le populisme et les stéréotypes ricains distribués à la chaîne. Mais l’ensemble reste étonnamment captivant, porté par un casting parfaitement calibré, d’Ali Larter à Michelle Randolph, en passant par Kayla Wallace et une Demi Moore presque spectrale.
Deux saisons réussies malgré quelques défauts
Landman a ce petit côté soap trempé dans la country. En première saison, le rythme est soutenu, le suspense quasi constant. En saison 2, la tension se fait plus diffuse, au profit d’un humour plus présent et de quelques saillies bien senties, notamment lorsque Tommy se retrouve face à son père, campé par le très bon Sam Elliott dans la peau d'un personnage vieillissant étrangement apaisant.
Sheridan tire parfois un peu à la ligne mais réussit sa fin de deuxième saison. Elle aurait d'ailleurs pu faire un solide final de série. Il faut croire que le bonhomme en a encore sous la pédale, puisqu’une saison 3 doit se tourner au printemps. Souhaitons simplement que ce ne soit pas la saison de trop : les deux premières se suffisaient déjà largement à elles‑mêmes.