03 septembre 2026 - 11h54

Les Maîtres de l'univers

VO
Master of the Universe
année
2026
Réalisateur
InterprètesNicholas Galitzine, Camila Mendes, Alison Brie, Idris Elba, Jared Leto, Kristen Wiig
plateforme
genre
sortie
22/07/2026
notes
critique
5
10
A
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En développement des enfers depuis Mathusalem (2007), la seconde adaptation en live‑action de Masters of the Universe, vénérable licence de Mattel lancée en 1982, est une miraculée. Sa sortie en 2026, avec un budget monstrueux de 170 millions de dollars qui plus est, n'était pas du tout gagnée. Cependant, avec un gros bide au box‑office aux États‑Unis et une sortie précipitée directement en streaming sur Prime Video chez nous, au moment de lancer le film de 2h20, tous les signaux sont au rouge.


Un scénario très épée

Pour les plus jeunes, qui ne sont probablement pas la cible de ce film utilisant une licence désuète qui ne parlera qu'aux grands enfants de plus de 35 ans, nous sommes dans le merveilleux et coloré univers d'Eternia. Mélange de fantasy et de science‑fiction totalement décomplexé et conçu initialement pour vendre des jouets, il est question d'y suivre un royaume attaqué par le vil Skeletor. Charge au Prince Adam de combattre et de sauver sa planète et ses amis à l'aide de l'Épée de Pouvoir, qui le transforme en l'homme le plus puissant de la galaxie, Musclor (ou He‑Man en VO).


Voilà globalement l'intrigue de la série animée originale (et de la version Netflix récente, sympathique) et du film. Cependant, ce dernier a décidé de faire un pas de côté avec une partie de son intrigue qui se déroule sur Terre. Avant de devenir Musclor en retrouvant son épée perdue, Adam doit en effet passer 15 ans seul sur Terre, où il va travailler dans les RH. L'occasion pour le film de Travis Knight de tenter de générer du drame et surtout de l'humour par décalage entre l'univers « débile » d'Eternia et notre univers terrien très sérieux.

 


Si certains gags fonctionnent et permettent de donner une certaine identité au projet qui ne fait pas qu'adapter bêtement la série, ce passage sur Terre heureusement assez court vient également renforcer le principal problème de Masters of the Universe. Il apparaît clair que le projet ne sait pas à qui il s'adresse ni sur quel pied danser. En moquant régulièrement les noms ridicules des différents protagonistes ou les règles absurdes de son univers, le film donne parfois le sentiment de juger ses fans, pourtant les premiers à le regarder.


Split Fiction

Heureusement, quelques scènes, surtout vers la fin, rendent mieux hommage au matériau de base en l'embrassant pleinement. C'est aussi et surtout le cas de Skeletor, principale réussite du film. L'antagoniste, très bien interprété par Jared Leto (incroyable mais vrai), est fier d'être méchant parce qu'être méchant « c'est cool ». Pas de justifications à rallonges ou de héros qui se cherche : c'est simple, c'est bête, c'est Masters of the Universe. Même constat pour le Man‑At‑Arms d'Idris Elba qui a l'air de s'amuser dans son armure, mais peut‑être que notre amour pour l'acteur pèse dans la balance.


Malgré quelques blagues moyennes « à la Marvel » qui viennent trop souvent désamorcer les rares moments d'émotion ou de bravoure, le long métrage est, malgré ses problèmes, honnête et généreux sur les effets visuels et la bagarre (même s'il manque des combats de groupe, chacun donne l'impression de combattre dans son coin). En n'arrivant pas à choisir entre une adaptation franche façon Barbie ou une simple adaptation assumée de la série façon Donjon & Dragons : l'honneur des voleurs, Masters of the Universe 2026 est hautement imparfait. Il pourrait malgré tout faire découvrir cet univers généreux aux néophytes ou rappeler de bons souvenirs aux connaisseurs les plus tolérants.

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