12 février 2026 - 10h00

Marty Supreme

année
2026
Réalisateur
InterprètesTimothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Fran Drescher
éditeur
genre
sortie salle
18/02/2026
notes
critique
7
10
A
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New York, années 50. Marty Mauser, jeune vendeur de chaussures à l’ambition et au bagout démesurés, est prêt à tout pour réaliser son rêve : devenir champion du monde de ping‑pong.

 

Enfin seul

Oublié le coup d’essai The Pleasure of Being Robbed, réalisé seul après quatre films avec son frère (Lenny and the Kids, Mad Love in New YorkGood Time et Uncut Gems), le réalisateur Joshua Safdie se lance avec Marty Supreme dans une carrière solo. Grand bien lui en a pris : porté et même initié par Timothée Chalamet, le film fait déjà figure de favori aux Oscars.


Il faut dire que la performance de l’acteur franco‑américain (déjà récompensée par un Golden Globe et un Critics Choice Award) y est pour beaucoup. Ajoutez à cela un casting de stars sur le retour (Gwyneth Paltrow, Fran Drescher, Abel Ferrara), une histoire qui file à dix mille à l’heure, une bande‑son aux petits oignons truffée de tubes iconiques, et une photographie signée Darius Khondji, et vous obtenez le film dont tout le monde parle, même ceux qui ne l’ont pas vu.

 

Chalamet bien

Depuis sa projection au Festival de New York, Chalamet n’a pas son pareil pour faire parler du film à coups de happenings promotionnels aux couleurs des balles de ping‑pong de son personnage. Producteur du film, il n’épargne pas sa peine, d’autant qu’il le porte littéralement sur ses épaules. Présent dans quasiment chaque plan, il parvient tour à tour à nous faire aimer puis détester son personnage, tout en bluffant par la justesse de son jeu. C’est lui qui insuffle au film son rythme déjanté. Et il en faut tant Marty Supreme oscille entre épopée sportive, film noir, drame, coming of age et parfois comédie !

 

Cela part un peu dans tous les sens, au point de frôler l’indigestion voire l’épuisement. Heureusement, Chalamet est là en fil conducteur. Durant les presque trois heures de film, son personnage tente de dompter le chaos qu’il engendre lui‑même pour trouver l’argent nécessaire à l’accomplissement de son rêve. C’est fascinant et c’est tout le sel du film. Un mélange improbable d'After Hours et de La légende du saint buveur… 

 

Mégalomane, égocentrique, arrogant, et pourtant terriblement attachant, Marty ne peut laisser indifférent, pas plus que Chalamet. Boutonneux et binoclard, tout en mimiques et en énergie débordante, on le voit grandir sous nos yeux, prendre ses responsabilités, accepter enfin de renoncer à certains rêves puéril et égotiques. Ne plus penser uniquement à lui‑même : devenir adulte.


Ce n’est certainement pas un hasard si le film s’ouvre sur Forever Young d’Alphaville pour se conclure sur Everybody Wants to Rule the World de Tears for Fears. Le message est limpide, la démonstration un peu appuyée, mais le plaisir de cinéma est bien là.

 

 

Safdie pas grand‑chose

Car en la matière, Marty Supreme, tout indigeste qu’il soit, demeure un pur moment de cinéma. La caméra virevolte à la vitesse d’une balle de ping‑pong smashée, esthétise le moindre plan et magnifie ses acteurs. Le grain de l’image est superbe, les couleurs chaudes fleurent bon les années 70, et le film est un plaisir visuel de chaque instant. À l’image de son personnage principal, il verse dans l’esbroufe et le show‑off, mais cela finit par passer et participe même à son charme. Tous les personnages mentent, comme le film qui se révèle finalement assez malhonnête mais séduit tout le temps, comme avec cette scène de fessée déculottée qui fera couler beaucoup d'encre.

 

Sous son foisonnement, Marty Supreme est au final assez creux, sans doute à l’image de son héros dont il épouse la personnalité dans une parfaite symbiose. Le film ne raconte pas grand‑chose ou un peu trop, en survolant son propos. Mais il le fait avec une telle énergie qu’on ne peut jamais vraiment lui en vouloir. On se laisse porter par un scénario aux multiples rebondissements dont on devine la fin dès les premières minutes. Qu’importe : le plaisir de spectateur est bel et bien là.


Sa scène finale magnifique nous laisse KO, comme après une finale de championnat du monde. Mais une finale  malheureusement sans véritables enjeux, au regard des adversaires en présence.

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test
4k
cover
Prix : 34,99 €
disponibilité
19/06/2026
image
1 UHD-99 + 1 BD-50, 149', couleurs
2.35
HD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
bande-son
Français Dolby Atmos
Français Dolby TrueHD 7.1
Français Audiodescription
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
sous-titres
Français, français pour sourds et malentendants
9
10
image

C'est en 4K UHD que vous bénéficierez de la photographie et du rendu réellement voulus par le réalisateur et son chef opérateur, Darius Khondji (Seven de Fincher). Plus précise et plus fidèle au rendu Fifties recherché, elle est de toute beauté et rend hommage au travail sur les costumes et les décors qui ne font jamais toc. En revanche, si vous êtes adepte des images lisses sans aspérités, attention, vous risquez de souffrir. 

Jamais agressif, le HDR Dolby Vision apporte sa clarté et sa lumière (en Blu‑Ray, l'ambiance diffère avec moins de précisions et moins de nuances en termes de contrastes). Filmé à toute vitesse au plus près de ses personnages en 35 mm, le film renvoie une énergie folle sans jamais sacrifier la précision. Les couleurs sont plus franches qu'en Blu‑Ray, les contrastes mieux tenus, les éclairages en clair‑obscur plus incisifs. La compression se montre solide et les noirs restent lisibles pour une tenue globale de toute beauté et une vision de l'auteur magnifiée. Un geste cinématographique fort.

9
10
son

Le relief des matchs est incroyable, mais pas que. Certains moments intimes sont également traités comme de véritables scènes intenses avec amplification de tous les sons extérieurs. Là encore, le réalisateur impose son style, sa cadence, son imaginaire. 

Pour cela, la VO Dolby Atmos est impeccable : nerveuse, précise, constamment en mouvement, vivante. Pas une seconde de répit et la sensation d'évoluer aux côtés de Marty, dans la « vraie vie ». Les ambiances de salles, la foule, les déplacements, les claquements de balle, les respirations, les éclats de voix… ça ne s'arrête jamais. Et bien sûr la musique anachronique (ah Peter Gabriel) pour un effet complètement intemporel. 

 

Dans le détail, la scène frontale se montre large, très active, avec des dialogues parfaitement ancrés au centre. Une bonne chose tant le film est bavard. Les surrounds renforcent efficacement l’immersion avec les ambiances de public, les mouvements, les conversations parasites et les effets de spatialisation. La verticalité Atmos propulse une bulle sonore qui donne de l'air et du volume aux environnements les plus animés. Au final, un chaos organisé et galvanisant, soutenu par quelques graves bien placés. Une superbe dynamique pour un film « d'époque » finalement taillé pour les Home Cinéma exigeants. 

Bien sûr, VO plus que conseillée pour son bagou typique, même si la VF propose le même mixage.

7
10
bonus
- Rêver en grand : dans les coulisses de Marty Supreme (20')
- Test caméra (4')
- Commentaire audio de Josh Safdie
- Promo et bande-annonce

De très bons compléments au film en compagnie du principal intéressé, le réalisateur Joshua Safdie. Au‑delà de son commentaire audio passionnant, il revient sur le projet, sa vision, son approche des différents personnages, le choix de ses comédiens, sa passion pour le ping‑pong (son oncle joue aussi), le livre offert par sa femme, à l'origine de toute cette aventure. Le test caméra commenté par lui‑même est aussi intéressant à plus d'un titre. On y voit Timothée Chalamet et Gwyneth Paltrow « tomber amoureux » avant même le film. Petite anecdote : le pongiste Endo, dans le film, est un joueur professionnel sourd. Et excellent comédien, donc.

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