Retour à Silent Hill
En perdant le contrôle de son véhicule, James ne savait pas qu’il allait rencontrer à la fois la femme de sa vie et la future ville où il habiterait avec elle : Silent Hill. Mais ce bonheur idyllique ne dura qu’un temps, puisque Mary décède rapidement après leur mariage. Une mort que James ne peut accepter. Persuadé que sa femme est encore en vie, il décide de retourner à Silent Hill, ville désormais interdite suite à un accident, afin de la retrouver.
Jeux est un autre
Il y a près de vingt ans, en 2006, Christophe Gans réalisait Silent Hill sur un scénario de Roger Avary (le scénariste, entre autres, de Reservoir Dogs). Le résultat était plus que convenable, tout comme son succès au box‑office, qui entraîna d’ailleurs la mise en chantier d’une suite, Silent Hill : Revelation 3D, réalisée six ans plus tard par Michael J. Bassett.
Comme avec son premier Silent Hill, le réalisateur du Pacte des loups s’est fortement inspiré de la franchise vidéoludique éponyme pour ce Retour à Silent Hill. Malheureusement, il faut rapidement en convenir, avec beaucoup (beaucoup) moins de réussite. Clairement, le film s’adresse aux fans du jeu et plus spécifiquement à ceux de Silent Hill 2 sorti en 2001 sur PlayStation 2. Les néophytes n’y comprendront pas grand‑chose ou, du moins, seront rapidement mis de côté.
Le scénario empile les incohérences comme cette route barrée qui empêche d’accéder à Silent Hill alors qu’un petit chemin adjacent y mène en un rien de temps, ou encore les délires sectaires de Mary que James semble ne jamais voir. Ce qui fonctionnait manette à la main peine grandement sur grand écran. L’histoire est confuse, sans véritable ossature, et ce n’est pas le twist central (bien pratique) qui améliore les choses. Non seulement il est prévisible, surtout pour les joueurs, mais il est en plus très mal exploité par la suite du film.
Retour en farce
En ce qui concerne le côté horrifique du film, hormis deux ou trois jump scares et un inframonde à l’esthétique largement pompée sur celle de Stranger Things, ce Retour à Silent Hill ne va certainement pas rassasier les fans de gore ou de grosses frayeurs. Clairement, on est en présence d'un film hybride qui n'assume pas son statut d'horror movie et vise sans doute un mix arty horreur. Spoiler : c'est raté !
Malheureusement, le film ne peut pas non plus compter sur ses deux acteurs principaux, Jeremy Irvine et Hannah Anderson, bien pâlots et à vrai dire un peu perdus dans ce grand n’importe quoi. Dommage, le film tient beaucoup sur leurs épaules et leur expressivité. Encore raté.
La main de Gans toujours là
Reste que Christophe Gans, qui n’avait rien tourné depuis plus de dix ans, n’a visiblement pas trop perdu la main. Il suffit de voir les sublimes plans sur Silent Hill, endormie dans un voile de cendres grises, pour se replonger directement dans les souvenirs des plus beaux cadres du Pacte des loups et de La Belle et la Bête. La patte Gans est toujours là, et le réalisateur sait parfaitement placer sa caméra. Même les acteurs en deviennent parfois saisissants, c'est dire. Mais cela ne suffit pas.
Une direction artistique, si belle soit‑elle, n’a jamais pallié un manque de direction d’acteur ou de direction scénaristique. Seuls les nostalgiques du jeu de Konami pourront sans doute apprécier ce Retour à Silent Hill. Pour les autres, ce n'était vraiment pas la peine de revenir pour cela.