Silo saison 3
En regardant sa saison 3 ‑déjà assurée d'être suivie d'une saison 4 qui sera la dernière‑, il est très plaisant de définitivement pouvoir classer Silo dans la catégorie des « séries qui savent où elles vont ». Tout au long de ces 10 nouveaux épisodes, la série d'Apple avance à un rythme aussi constant que satisfaisant, laissant de côté les longueurs qui égrenaient les premières époques et pouvaient rendre l'ensemble un peu mou.
En début de S03 (qui ne prend pas par la main, un petit résumé s'impose), quasi amnésique, Juliette est revenue dans le Silo 18 après son excursion à l'extérieur. Dans ce dernier, la rébellion est terminée et a engendré quelques changements, à commencer par la désignation de Juliette comme nouveau maire, et la prise de poste de Camille, la femme de Robert Sims, en tant que Head of IT. Cette nouvelle antagoniste aux motivations compréhensibles est d'ailleurs l'une des nombreuses réussites de cette saison.

La mémoire dans le silo
Dès son démarrage, en jouant avec la question de la mémoire et en jonglant entre deux temporalités narratives, à savoir le présent dans le silo et le passé dans « notre présent » teasé en fin de saison 2, Silo brouille à merveille les cartes. Elle le fait sans pour autant rajouter trop de mystère, au risque de rendre l'ensemble, déjà nébuleux, indigeste. Les nouveaux questionnements sont savamment dosés et, surtout, énormément de questions, anciennes ou nouvelles, trouvent des réponses.
Si vous attendiez des explications sur le pourquoi et le comment des silos, cette saison 3 va sans aucun doute vous satisfaire, aussi bien en quantité qu'en qualité. Pas de panique, il reste encore bien des choses à dévoiler pour une saison 4 qui s'annonce encore différente si l'on en croit la fin de la 3 (l'attente va être looooooongue). À l'instar des personnages qui comprennent de plus en plus la réalité de leur monde souterrain, le spectateur progresse à chaque épisode dans sa compréhension de l'univers de Hugh Howey. Nous avons d'ailleurs plus que jamais envie de lire les romans dont s'inspire la série.

Marches ou grève
Les phases dans le passé sont également l'occasion de moins se cantonner au gris et au marron du silo, ajoutant une certaine fraîcheur et des alternances bienvenues à un ensemble toujours fort bien produit. Impossible aussi de ne pas mentionner les sympathiques nouveaux personnages (et acteurs) introduits pour l'occasion, que l'on prend un vrai plaisir à suivre, tandis que leur intrigue, qui fait quelques incursions dans notre réalité véritable, rattrape doucement celle des autres. On sent que les scénaristes ont su mettre à profit la fin du show qui se profile en saison 4.
Un brin moins complexe, politique (quoique) et verbeuse que les premières saisons, Silo va un peu plus droit au but sans pour autant perdre sa finesse, sa tension et son intérêt. Le poids des responsabilités qui repose sur les épaules de plusieurs personnages est massif et captivant, et les relations entre certains groupes sont un réel bonheur à suivre malgré la mise au second plan de quelques protagonistes.
Si Silo était déjà l'une des meilleures séries d'Apple TV et de SF de ces dernières années, avec sa saison 3, le show renforce véritablement sa place. Ne reste plus qu'à espérer que la saison 4 réussira l'atterrissage, mais nous sommes très confiants.