Sisu : le chemin de la vengeance
Comme le dit très justement Karim Debbache dans la formidable Chroma : « Certaines choses ne veulent simplement pas mourir ». C'est le cas d'Aatami, le Rambo taiseux et increvable de Sisu : de l'or et du sang. Le film americano‑finlandais de 2023 ayant fait survivre le personnage de Jorma Tommila, il y avait une place pour une suite lancée fin 2025 : Sisu : le chemin de la vengeance (ou SI2U). Reste à savoir si Jalmari Helander, toujours à l'écriture et à la réalisation, a trop tiré sur la corde ou bien transformé l'essai.
Alors que le premier film se déroulait fin 1944 dans la Laponie finlandaise occupée par les Nazis, direction cette fois la Carélie de 1946 occupée par les Soviétiques. Bien décidé à rebâtir la maison familiale en hommage à sa femme et à ses enfants assassinés, Aatami va cependant croiser la route d'Igor Draganov (Stephen Lang), l'homme responsable du drame et très motivé pour terminer le boulot. Nous voici donc repartis pour un mélange de survie et de vengeance.
Finnish him !
Comme le premier opus, Sisu : le chemin de la vengeance est un film d'action pleinement assumé au scénario anecdotique et aux dialogues encore plus rares. Mélange de guerre et de combats explosifs très graphiques, le tout teinté d'humour noir et de morts toujours plus exagérées, le film pourra faire soupirer les plus cartésiens. Mais si vous acceptez les tanks qui volent et autres absurdités du même acabit mises au service du divertissement pur et du massacre détendu de son prochain (pas des Nazis, dommage), nul doute que vous passerez un bon moment.
D'autant que SI2U n'en oublie pas d'être beau. La photo est véritablement léchée et plus d'une fois de magnifiques plans permettent de souffler et de profiter du paysage. On relèvera d'ailleurs que cette suite est dotée d'un budget deux fois supérieur à celui de son aîné (12 millions de dollars). Le film en profite à merveille, notamment du côté des effets spéciaux et visuels qui rendent presque crédible l'action débridée, toujours claire et régulièrement surprenante, qui ne s'arrête quasi jamais. Heureusement, grâce à son rythme maîtrisé et à sa durée raisonnable, le long métrage évite l'overdose.
Mad Jormax : Fury Road
Impossible également de ne pas apprécier le duel entre les personnages des charismatiques Jorman Tommila et Stephen Lang. S'ils en font tous les deux régulièrement des caisses, la présence de cet antagoniste qui fait quasi jeu égal avec Aatami permet d'ajouter un peu de tension et de chair à un squelette déjà solide. Ce Sisu fait le bon choix de descendre le potard des dialogues à presque zéro. Cela permet de mieux faire grimper celui de l'action jouissive et d'assumer pleinement son identité de film B guerrier à la limite du cartoon. Maintenant, laissez Aatami tranquille.