Stuart Fails to Save the Universe
Elles ne sont pas si nombreuses que cela, les séries qui auront profondément marqué leur époque et laisseront probablement une trace des années, voire des décennies, après la fin de leur diffusion. Qu'on l'aime ou qu'on la déteste, la sitcom The Big Bang Theory fait partie de ces œuvres marquantes pour certaines générations (et chaînes TV qui la diffusent toujours en boucle). Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que la chaîne CBS n'a jamais réellement capitalisé sur son petit joyau. Certes, il y a eu le spin off Young Sheldon, puis le spin off du spin off Georgie and Mandy's First Marriage, mais il aura fallu attendre sept ans pour revenir à une nouvelle proposition orientée geek avec Stuarts Fails to Save the Universe.
Comics de répétition
Dans cette dernière, dont la première saison se cantonne à 10 épisodes de 20 minutes, il est question de retrouver Stuart Bloom, le propriétaire de la boutique de comics que fréquentent souvent Leonard, Sheldon et les autres. Accompagné de sa petite amie Denise, de son ami Bert et de Barry Kripke, notre héros malgré lui va se voir charger de rétablir la réalité et de sauver l'univers. À l'aide de l'appareil conçu par Leonard et Sheldon à l'origine de cette crise, nos héros vont donc voyager à travers des versions alternatives de l'existence.
Stuarts Fails to Save the Universe choisit de changer d'univers à chaque épisode, permettant de varier les genres et les plaisirs (post‑apo, magie, hôpital psy, ou des choses plus bêtes…). Cela nous prive aussi de véritable fil rouge, mais après tout, nous sommes dans une courte sitcom. Embrassant volontairement un côté assez cheap qui rappelle parfois Future Man, Twisted Metal et évidemment The Big Bang Theory, le show s'assume comme un divertissement qui ne vole pas très haut. Rarement très originale malgré la multiplication des situations, la série est aussi modeste que les personnages de second plan de la série mère.
Sans trop en dévoiler puisque la communication le met beaucoup en avant, la série s'amuse également à multiplier les caméos. Là encore, elle aurait pu aller plus loin et n'en fait pas grand‑chose en dehors de quelques trop rares blagues bien senties. Le personnage de Kripke est aussi définitivement problématique. Pénible, égoïste, méchant, sexiste et tout simplement détestable dès qu'il ouvre la bouche, on aimerait qu'il soit laissé dans un univers et oublié pour laisser plus de place aux autres. Il n'apporte rien de positif à la dynamique de l'ensemble.
Échec et vannes
Délaissant les rires enregistrés, Stuarts Fails to Save the Universe parvient de temps à autre à être drôle grâce à des situations absurdes ou de l'humour de répétition, mais jamais assez pour décrocher de gros éclats de rire sincères. Décomplexée et relativement fun, la série aurait pu être bien pire que cela. Mais elle demeure tout à fait facultative et un brin datée, même pour un fan hardcore de The Big Bang Theory, qui risque de l'oublier dès la diffusion terminée. D'autant que le dernier épisode tombe un peu à plat et ne conclut rien, laissant augurer une hypothétique suite si le succès est au rendez‑vous. Il n'est pas certain que nous y soyons, malgré l'idée assez originale de départ.