par NicolasBellet
01 septembre 2026 - 16h30

The Dog Stars

année
2026
Réalisateur
InterprètesJosh Brolin, Jacob Elordi, Margaret Qualley, Guy Pearce
éditeur
genre
sortie salle
26/08/2026
notes
critique
6
10
A
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Une pandémie a décimé la société. Hig, un ex‑mécanicien, vit avec son chien et un ex‑Marine, Bangley, sur une base aérienne abandonnée. Pilote, il sillonne les cieux en quête de ravitaillement. Un jour, une transmission passe par la radio de son Cessna : un message d’espoir, qui laisse penser qu’une vie meilleure existe quelque part.

 

Une vie de chien

Encore une fois, il ne faut pas trop se fier aux promesses de la bande‑annonce de The Dog Stars, tant les as du marketing ont décidé de nous vendre le nouveau film de Ridley Scott comme une sorte de film d’action post‑apocalyptique, mâtiné de pseudo‑zombies. Les lecteurs du roman éponyme dont le film est tiré, La constellation du Chien de Peter Heller, auront sans doute rectifié d’eux‑mêmes. Oui, le film se situe dans un monde post‑apo. Oui, le danger, personnifié par des hordes de pilleurs sauvages, est constant. Et bien entendu, le réalisateur d’Alien, de Blade Runner, de Gladiator, etc., s’octroie quelques scènes d’action… Mais c’est surtout pour nous prouver qu’à presque 90 ans, il n’a toujours pas perdu la main. Car le sujet du film est visiblement ailleurs.

 

The Dog Stars est surtout un film sur le deuil et le renoncement, mais aussi un sublime hommage à Mère Nature qui trouve toujours le moyen de traverser les épreuves causées par l’Homme. Sans être totalement contemplatif, le film offre de sublimes plans de nature et d’animaux reprenant leur territoire dans des villes abandonnées. Par un hasard hollywoodien, et surtout pour des raisons économiques, le film a été tourné en grande partie en Italie, dans les Dolomites. Le résultat est saisissant à l’écran. Il faut dire que dans ce western moderne, l’avion a remplacé le cheval et que Jacob Elordi part de road trip en road trip afin de mettre un peu de distance avec son colocataire d’infortune campé par Josh Brolin, qui l’insupporte autant qu’il l’adore. Situation qui donne lieu à pas mal d'humour. 

 

 

Mother Nature's son 

Il en résulte de longues balades dans les airs, au‑dessus des montagnes, où le passé publicitaire de Ridley Scott fait des merveilles pour sublimer chaque image. Peu à peu, le film se dévoile. Au début, il ressemble à un récit survivaliste quasi muet, comparable à Seul sur Mars, autre film de Ridley Scott. Mais son véritable sujet apparaît à mesure que son héros montre ses failles : le manque cruel de sa femme et le renoncement à retrouver un semblant de la vie d’avant.


Comment survivre quand ceux que nous aimions ne sont plus là ? Comment garder l’espoir malgré tout, et surtout, comment conserver son humanité ? Ce sont quelques‑unes des questions posées par un film qui arrive à surprendre le spectateur malgré des rebondissements prévisibles. On l’aura compris, ces derniers ne sont pas le cœur du film, qui lorgne davantage vers la fable humaniste que vers le blockbuster sauvage.

 

Avec son père de substitution Josh Brolin, Jacob Elordi nous offre deux visions du monde qui vont peu à peu se rejoindre. L’un est désabusé, ayant perdu foi en l’humanité, tandis que l’autre court après l’espoir, et parfois après son chien. Lorsque surgit un autre duo, composé d’un père et de sa fille, Margaret Qualley et Guy Pearce, le film trouve un nouveau rythme, sans forcément trouver l’émotion qui lui manquait au début de l’histoire, tout en rassemblant au passage toutes les scènes d’action.

 

Étrange film que The Dog Stars, qui porte d’ailleurs bien mal son titre. À la croisée de pas mal de chemins, ce western moderne à la conclusion « mormone » un peu ambiguë, possède pourtant un charme indéniable.

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